L'Aube des Mondes
Bonne visite dans notre univers.

L'Honneur ou la Mort.

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Mar 10 Oct - 16:04
Nulle étoile en tombant n’a fait jaillir l’écume,
Rien ne trouble les monts, les cieux, le feu, les eaux,
Excepté cet envol horizontal de plumes
Qui révèle la chute et la mort d’un oiseau.

Desnos



Le Reanspell et le Prince de Hytraz jetèrent l'ancre sur les côtes de Zaï'Lou, plusieurs semaines après avoir quitté les Cités Banches. Le Pygargue désirait mettre pied à terre de façon discrète, afin de voir un peu l'état des choses en ce nouveau continent. L'Anarchie régnait en maîtresse, paraissait-il. Il confia la garde temporaire du navire à Maître Jonathan Edward Drake, et mit une chaloupe à la mer une fois la nuit avancée. Il gagna donc le village côtier de Gran'Dez, seulement accompagné du Capitaine du Prince, Horace De Klemmens. Comme on pouvait sentir dans un bois des ailes sous les feuilles, on sentait en Gran'Dez des poignards sous les manches. Ils accostèrent sans mal, mais le climat agressif qui les accueillait aux portes de Gran'Dez les pressait déjà. Sur la plage, des Lupans au regard inquiétant se battaient, ivres. Aux pieds des palissades qui encerclaient le village, quelques boucaniers Elfins, Lupans ou Humains faisaient cuire de la viande boucanée sur le grill. Ils se faisaient passer, de bouches à bouches, le goulot de deux bouteilles qui devaient être de rhum. Les portes de Gran'Dez n'étaient pas même gardées. A moins que le clan de boucaniers qui se repaissaient aux pieds du village étaient les gardes eux-même ?

Ils entrèrent donc sans mal dans la ville. A cette heure-ci, tous les villageois étaient cloîtrés en leurs demeure. Le Pygargue et le Capitaine De Klemmens passèrent devant deux duellistes, en pleine rue. Le Pygargue reconnut tout de suite en l'un des deux hommes un certain manque de souplesse dans le corps que l'autre avait probablement dans l'âme ! Puis, rapidement, après trois brefs échange de sabre, la rapière du second buta sur l'os du crâne du premier, et ce dernier s'écroula, mort. Cling. Clang. Merci. Aurevoir. Telle était donc la loi en Zaï'Lou. Elle ne rappelait que trop bien au Pygargue les affres qui régnaient en maîtres et en lois à Port-Suppure, tout à l'est d'Arcaëlle.

A chacun de leurs pas, Le Commodore et le Capitaine laissaient échapper entre leurs lèvres un petit nuage de vapeur. L'air était mordant. Ils n'étaient plus à Hytraz, ici, et le climat le leur rappelait bien !

« Voilà bien...commença Horace De Klemmens tout en portant à sa cigarette une allumette.

Mais il ne termina point sa phrase car, à deux pas des deux Xen, un Lupan rempli de rhum ou de cognac hurler, face au ciel. L'on aurait dit une bête.

- Voila bien le triste asile de toute la truanderie et la friponnerie de l'Ouest, Capitaine De Klemmens, finit pour lui Le Pygargue.

Sous leurs semelle, une fine particule de neige crissait à chaque pas. Le Pygargue songeait qu'ils devraient songer à acheter des vêtements chauds, en plus de se ravitailler en eau plate.

- De quel aveugle espoir nous laissons nous entraîner ici, Commodore ? demanda Klemmens au Pygargue en tirant une bouffée sur sa cigarette.

Ce dernier ne répondit pas tout de suite. Le village de Gran'Dez n'était pas grand. Ils dépassèrent un quartier qui empestait la ruine et la fange, grouillant de rats. Face à eux, se profilait un grand bâtiment qui paraissait être l'auberge et la taverne du village. La bâtisse principale. C'est là qu'ils se rendaient.

- Notre Très Sainte Mission, Capitaine, est de pacifier cette terre de coquins et de forbans au nom de Sa Majesté.

Le Pygargue enjamba un homme à demi-mort. Un autre. Un pirate gardait la porte de l'auberge, se servant de son sabre afin de se curer les ongles. Un instant, Le Pygargue s'arrêta devant la porte, attendant que l'Elfin lui demande son nom, ou la raison de sa présence en Gran'Dez, mais il semblait s'en soucier comme d'une guigne ! Les deux Xen entrèrent donc en se découvrant, au nez et aux poils du Lupan qui utilisait à présent son acier comme coupe-ongle.

La chaleur du feu de cheminée fut la première chose qui parut aux yeux du Pygargue. Cela, ainsi que l'abondance et l'épaisseur du nuage de fumée de pipe qui emplissait toute l'auberge. Un nuage si dense, une odeur de tabac piquante, qui irrita de suite les yeux du Xen. Ce dernier prit soin de refermer la porte derrière lui, empêchant par là le courant d'air de s'infiltrer à l'intérieur de la pièce, et prit son mal brûlant en patience. Très vite, sa gorge s'habitua à cette insupportable exhalaison. Les deux Royalistes purent alors voir que l'auberge était pleine !






Il y avait essentiellement des Humains. Mais un bon nombre de Lupan, ainsi que quelques Elfins, Mzekils et Virenpiens peuplaient la taverne. Les hommes étaient peu vêtus, ils portaient essentiellement de la peau de bête. Tous, ou presque, avaient la pipe aux lèvres et les doigts gras de viande qu'ils mangeaient alternant la bouchée et la fumette. Une coutume des plus répugnante ! Horace De Klemmens allumait déjà sa seconde cigarette qu'il avait roulé de tabac. Le Pygargue entendait tout autour de lui des paroles nées de coeurs empoisonnés. La fumée lui brûlait les yeux, le tabac la gorge. Les soudards riaient gras ! Très vite, Le Commodore oublia même le pourquoi de sa venue en Gran'Dez ! Il songea un instant à tourner les talons, guider son pas jusqu'à la plage, reprendre les rames et quitter cette terre d’écœurants ruffians !

Si j'écoute les soupçons dont mon âme est emplie, m'est avis que nous dussions mieux joindre le Général Tullius sans perdre plus de temps. Ces animaux là soufflent la civilisation telle une bougie !

Mais les râles sourds d'un Lupan de haute taille, occupée à maintenir sur la table qu'il occupait la tête d'une jeune Tahora le dissuada. Le Lupan aux poils noirs, les crocs étincelants de malveillance, la bave aux babines et le poitrail colossal découvert travaillait la jeune femme aux ailes blanches, profondément entré en elle. Et comme elle criait à chacun de ses à-coups, qui faisaient vaciller la fragile table de bois autour de ses camarades Lupans, cela semblait l'encourager et il versait davantage en ses malversations ! Du vin avait été renversé sur la table, du vin dans lequel baignait déjà la chevelure blonde de la jeune femme, entièrement nue, et qui ne paraissait point destinée à échapper un jour à cet odieuse agression dont même les mots manquent afin de la décrire ! Une si belle créature, songea Le Pygargue désolé, paraissait ne pas être autre chose que la forme qui sort des cieux éblouissants, la flamme au milieu de l'obscurité ! Il posa alors une main à la garde de sa rapière et, d'un pas sûr, se dirigea vers le Lupan !

- Nous voici maintenant en proie aux abominations qui n'ont plus de nom ! l'interpella-t-il.

Mais ce dernier, au coeur du tumulte ambiant, ne paraissait point l'avoir entendu !

- Messire ! appela Le Pygargue.

Comme le Lupan se déchaînait davantage à la tâche, montant, remontant et déchirant les fesses de la jeune Tahora, Le Pygargue l'arrêta en pointant sa rapière sous sa gorge, de manière à lui caresser la glotte !

- Messire, vous puis-je en sûreté confier mes projets ? Je raillerai en vous voyant saigner ! Pour le bien et pour l'honneur du Royaume, il n'y aurait rien de plus doux à ce qu'on vous crache au visage, et à ce qu'on marche sur vous ! Cessez-là toutes vos vilenies, votre exhibitionnisme et vos basses actions ! Veuillez laissez cette Damoiselle à sa broderie, à ses jupons ! Vous voyant agir de la sorte, je sens l'immensité de l'étau qui me mord ! Et je me vois dans l'obligation de vous arrêter sur l'heure au nom de Sa Majesté la Reine Tahora'Han !

Un silence suivit sa menace, puis l'auberge entière éclata en rire ! Déjà, la jeune femme s'était relevée, et éloignée discrètement !

- Par Othab, mais c'est qui celui-la !

D'un coup de patte, Le Lupan projeta Le Pygargue qui roula sous la table, renversant avec lui calices, verres, cognac, vin et viande ! Il se redressa néanmoins sans mal, s'envolant avant de se poser sur une table voisine ! Le Lupan avait dégainé une hache gigantesque et ses yeux exprimaient clairement son mécontentement !

- Vas-y, annonce ton nom, le Xen ! Que je le grave sur ton caveau !

Il cracha, afin de se donner meilleure contenance.

- Sus à Gran'Dez ! Lorsque le Royaume prendra possession de ces terres, j'escompte bien faire raser ce nid de parasites !

Enfin, les deux adversaires s'élancèrent l'un sur l'autre ! Le silence éteignit alors tous les bruits, puis vint le choc ! L'acier s'entrechoqua, Le Pygargue ne put que reculé, gêné par les immenses mouvements que faisait le Lupan ! Il se plia en deux afin d'esquiver deux coups de hache, mais se trouva bien vite bloqué par l'étroitesse de la taverne ! Alors se passa quelque chose qu'il n'avait pas prévu ! L'un des Lupans, dans son dos, et totalement ivre, vint briser sur son crâne une jarre à demi pleine de vin, et il s'écroula au sol ! Moitié sonné, Le Pygargue eut à peine le temps de sentir les lourdes mains poilues qui se glissaient sous ses aisselles, l'immobilisant entièrement face à son adversaire !
Ce dernier avait laissé tomber sa hache, et se craquait à présent les poings ! Il expédia au Xen bloqué par plusieurs adversaires un direct du droit qui lui brisa la pommette droite ! Un autre coup lui ouvrit la lèvre, et un troisième lui parut avoir cassé en deux plusieurs de ses os ! Il avait moins de mal, en vérité, mais la douleur sur le coup était fort vive !

- Apprend, le Royaliste ! beugla le Lupan en lui postillonnant au visage. Qu'ici c'est moi le chef ! Que la pute que tu prends en pitié m'appartient ! Que c'est mon esclave, et que je l'ai payée de mes écus ! Et que ce que je viens de lui mettre n'est rien comparé à ce que je vais te foutre à toi !
- Animaux qui pratiquez l'esclavage de nos jours !

A l'instant où le Lupan s'apprêtait à tuer Le Xen sous ses poings, une lame fine lui ouvrit la gorge proprement, et il s'écroula mort ! De Klemmens se révéla alors, debout derrière le cadavre, rapière en main. Le Pygargue se saisit de l'occasion afin de se dégager de ses adversaires !

- Mickaël !

Klemmens lui lança sa propre rapière, qu'il intercepta au vol ! Alors, faisant preuve de tous ses talents d'escrimeurs, Mickaël Vinzent De Everhell se transforma en danseur impitoyable ! Un danseur souple, au pas léger, à la balade efficace ! Il paraissait aussi léger qu'une plume, tournant sur un pied, un talon, frappant de taille et d'estoc, et bientôt plusieurs Lupans s'écroulèrent au sol, morts ou en l'état de l'être ! Une vague de panique gagna l'auberge de Gran'Dez et le clan de Lupan et d'Humain fuirent à toutes pattes ! Le Pygargue récupéra alors son arme et cala son haut-de-forme sous son aisselle. Horace De Klemmens lui tendit, de la poche de son veston, un mouchoir de soie qu'il utilisa afin d'essuyer son visage maculé de sang.

- Des criminels perdus à la lointaine justice de notre patrie, Capitaine De Klemmens.

Horace ne sourit pas. Cela n'était point dans ses habitudes, mais il congratula son ami d'une main amicale sur l'épaule. Le Pygargue tendit alors la sienne à la jeune Tahora qui émergea de derrière le comptoir.

- N'ayez crainte, dit Le Pygargue à la douce beauté.

En égard à sa nudité, il se découvrit lui-même, afin de passer sa veste ainsi que sa cape sur ses épaules. Puis il la porta, se rappelant de la légère couche de neige qui tapissait le sol à l'extérieur de l'auberge, en égard à ses pieds nus. Horace De Klemmens jeta au sol sa cigarette, qui commença à embraser le bois.

- Que du joug dont je vous vois tout accablée et toute livrée, triomphe la compassion et la justice d'Uoc'Thuy en ce jour. Convenons qu'il soit bon que je vous amène en sécurité, à bord de mon bâtiment qu'est le Reanspell.

~



Sitôt que l'on se sût occupé de lui à bord du Reanspell, le Capitaine De Klemmens ayant regagné son bord, Le Pygargue, de nouveau présentable, coiffé et lavé, se présenta devant la jeune femme. Elle avait passé un déshabillé fort indécent, qui laissait deviner la rougeur de ses seins sous le tissu. Ses jambes nues étaient impudiquement livrées au regard. A l'abri de ces derniers néanmoins, elle contemplait l'horizon infini, par delà le hublot de la cabine qu'on lui avait assigné.

- Maître Jonathan Drake qui est le Second commandant à bord de ce bâtiment, attaqua direct l'aristocrate aux ailes noires, vous a interrogé et m'a fait part de ce rapport.

La jeune femme croisa l'une sur l'autre ses jambes, qu'elle avait par ailleurs fort belles.

- Vous n'étiez point leur esclave, soupira Le Pygargue. Vous étiez avec eux.
- Tharnoc Croc-Fer m'avait bien achetée comme esclave, sur le marché, sourit cette-dernière. Mais il m'a rendu ma liberté depuis. Nous sommes devenus amants.

Ce disant, elle porta, sourire en coin, une coupe d'eau à ses lèvres aux teintures de fraises. Le Pygargue soupira.

- Le Capitaine De Klemmens et moi-même avons versé le sang, pensant vous sauver la vie, Damoiselle.
- Apprenez "Messire" que je n'ai besoin de personne pour être sauvée. Je manie fort bien la lame, moi-même.
- Nous vous vîmes pourtant à l'abri des coups, derrière l'établissement lors de la rixe.
- Vous vous débrouilliez trop bien pour moi, avoua la jeune femme.
- Une question j'escompte cependant. En dépit du fait que vous tâchiez, apparemment, d'être dépravée et fort pernicieuse en vos amours. Pourquoi m'avoir suivi sans mot dire jusqu'au Reanspell ?

Alors, et pour la première fois depuis qu'elle la voyait, son sourire provocateur s'effaça, laissant filtrer un visage clair et doux.

- Je vous avais pris pour un autre.
- Parmi les brumes ou les voiles, je le conçois bien ! Cependant, en ce lieu ? Perdu dans le sein de bestiaux sans foi ni lois et de crapules prodigieusement laides ! Je vous en prie ! Damoiselle, avec lequel d'entre eux auriez-vous pu me confondre !
- J'en ai connu un, il y a quelques années. Qui vous ressemblait beaucoup.

Le Pygargue laissa tomber au sol le haut-de-forme qu'il portait sous le bras.

- Avez-vous un frère, Commodore ? Je vous jure qu'il avait le même visage que vous. Bien qu'un peu plus rustre ! Mais très beau garçon, et galant homme ! Nous étions amants.

Elle le vit tout pâle.

- Commodore ?

Comme il ne répondait plus, la jeune Tahora déposa sur la table son verre avant de poser ses pieds nus sur le sol. Elle s'approcha de l'élégant personnage qui était venu la trouver dans sa chambre, posant une main sur son poitrail.

- J'admire votre courage et votre éducation. Cela me change des pirates avec qui j'ai l'habitude de travailler. Vous devez être bien seul, à commander un bâtiment de cette taille. Sur les océans depuis si longtemps...

Et, telle une chatte, elle vint s'enrouler d'elle-même dans ses bras. Le Pygargue ne la repoussa même pas.

- Son nom.
- Qui ? Ah. Baldassare. Baldassare Everhell. Il s'alimente en ce moment sur Mar'Baal.

Le Pygargue la repoussa avec violence. Il referma la porte de sa cabine, ordonnant qu'on la transfert dans les geôles du Reanspell ! Il gagna sa cabine au pas de course, pressé de réfléchir ! Une fois que de l'ordre fut fait dans son esprit tourmenté, il convoqua immédiatement son Second afin de lui faire part de sa décision. Et cette dernière était sans appel ! Il s'agissait pour le Reanspell et le Prince de Hytraz de quitter immédiatement les eaux et les caps de Zaï'Lou afin d'accoster sur Baal ! Il comptait bien sûr retrouver le général Tullius ultérieurement. Mais Jonathan Drake ne semblait pas partager l'avis du Pygargue !

- Le Général attend le Reanspell à quelques milles d'ici. Mon Commodore, avec tout mon respect, les ordres que vous avez reçus de la part de Sa Majesté sont clairs !

Il savait que son cher Horace lui donnerait raison.

- Dites-moi Maître Drake, si une menace de bien plus grande importance que celle que nous combattons actuellement est placée sur notre route par la volonté des Dieux, vaudrait-elle la peine d'être bafouée par de tels propos ?
- Vous vous égarez, Commodore ! Si nous quittons les eaux de Zaï'Lou pour Mar'Baal, cela s'appelle de la désertion !
- Quel mot s'élève en votre comportement ! Vous frisez l'insubordination Maître Drake !
- Commodore, je vous prie de réfléchir attentivement à votre décision !
- C'est tout réfléchi ! Pussé-je voir en vous un auxiliaire à notre cause, et non un rebelle.
- Commodore...
- Occupez-vous de la manoeuvre, Maître Drake ! Transmettez un courrier à bord du Prince de Hytraz. Changez notre cap.
- Commandant, si vous voulez bien...

Le Pygargue l'arrêta d'un geste de la main.

- Des ruffians qui débauchent des femmes d'honneur, il y en a partout sur Arcaëlle ! Même sur Mar'Baal, veuillez me croire !

Mais Jonathan avait tiré son épée.

- Je suis désolé Commodore. Mais si vous désertez de la sorte, ça sera tout l'équipage que l'on condamnera aux geôles de Hytraz !
- Si les geôles de Hytraz vous sont odieuses, restez donc loin d'elle ! Mais cela ne vous donne en aucun point le droit de vous dresser contre moi, Maître Drake. Je suis le Commandant en chef à ce bord !
- Commodore De Everhell, je comprends que vous souhaitiez arrêter votre frère mais...

Cette fois, Le Pygargue se mit en rage :

- Avec ses actions, il bâtit sa prison ! J'ai passé dix ans en mer à chasser ce pirate notoire ! J'ai vu des choses, Maître Drake, que vous ne pouvez imaginer ! Des cités ravagées, des villages pillés, des femmes retournées, des bâtiments incendiés ! Je répondrai de mes crimes devant la cour martiale, cela je puis vous l'assurer ! Mais je ne renoncerai point à cette traque ! Point si près du but !

Jonathan s'était mis en garde.

- Renoncez, Commodore.
- Il n'y a qu'un précipice, où rampent les larves, les violeurs et les crimes ! »

Le Pygargue tira sa rapière également.
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Sam 14 Oct - 17:10
Au large des côtes de Zaï'Lou, l'un des plus grands navire de la flotte du Royaume, Victoire, un vaisseau de ligne, restait en stationnement depuis maintenant quelques jours, attendant que toutes les forces de leur marine se rassemble. Il fallait mater ce continent de sauvage, ce nid de pirates, de brigands et d'adorateurs d'Özan. C'est pour cela que le Général Tullius avait mobilisé ses troupes, sur ordonnance royale. C'était un vieux tahora aux cheveux gris, très très courts, avec un regard bleu glacial et un physique olympique. Il portait sur lui une grande armure blanche et argentée.

- Mais qu'est-ce qu'il fout ? tonitruait-il pour la trente-et-unième fois. Ce n'est pourtant pas compliqué de suivre un cap ! Morbleu de merde ! Mais qu'est-ce qu'il fout ?
- Général ! Général !! Nous avons reçu un message de l'Intrépide. Ils disent qu'ils ont croisé le Prince d'Hytraz et le Reanspell il y a peu. Ils ont changé de cap !

Le général se tourna vers l'homme qui s'adressait à lui, un xen, plutôt jeune, dans des vêtements d'officier.  

- Quoi ? Répète-moi ça, gamin !
- Heu... Le... Le Reanspell et le Prince d'Hytraz... Ils ont changé de cap ! Le capitaine de l'Intrépide est formel !
- Ah le fumier !!! AH LE FILS DE PUTE !!!

Tout le monde ce tourna vers le Général Tullius qui fulminait.

- Général ?
- Je m'en doutais, morbleu de couille ! Je m'en doutais !! On ne peut pas faire confiance à ces putains de corsaires !!! Ah l'enfant de salaud !!!
- Votre langage, Général...
- Rah ! Oui, gamin ! Je sais ! Je dois montrer l'exemple, tout ça ! Merci mais j'ai pas besoin de toi pour m'en rappeler !

Le xen sembla quelque peu offusqué et protesta.

- C'est officier Gulrad, Général.
- Aaaaah ! Et ben officier Gulrad ! Vous avez ma permission pour vous jeter du haut de ce pont et vous briser la nuque !
- Mais je...
- Mais rien du tout, gamin ! Je tuais du pirate avant même que ta mère ne te torche les fesses ! Alors ferme-la un peu et écoute attentivement, ça t'apprendra deux ou trois trucs !

L'officier se redressa un peu et se mit au garde à vous.

- Oui, Général !
- On n'a pas assez de navire pour lui courir après et attaquer Zaï'Lou ! Mais si on ne lance personne à sa poursuite, tout le monde va se permettre de faire comme bon lui semble ! Tu saisis ?
- Oui, Général !
- Alors on va faire un communiquer, expliquant bien à toutes ces petites têtes vides que si y en a un qui décide de prendre la poudre d'escampette, on l'envoie par le fond sans coup de semonce !
- Mais... Général ! Et nos lois ?
- On n'est pas aux Cités Blanches, ici ! Donc la loi, c'est moi ! Le prochain qui a des envies de liberté, je lui fait bouffer du plomb !
- Du calme, général, du caaaalme ! Cela ne sied point à votre auguste personne, si je puis me permettre la remarque.
- Nom de n...

Le Général Tullius se tourna alors vers l'importun qui osait lui donner des ordres. Il tomba nez à nez avec un xen aux ailes oranges tachetées de motifs blancs et noirs. Son accoutrement était des plus nobles, tout comme sa démarche. De Vulpère s'inclina devant la haute autorité suprême de la marine royale avant de se présenter.

- Maître De Vulpère, pour vous servir, cher mon seigneur et haute instance suprême de la marine Royale, Général Tullius.
- Qu'est-ce qu'il me baragouine encore, celui-là ? De Vulpère ? C'est vous le « très spécial » messager de la Reine ?
- Lui même, seigneur général Tullius ! Et pour être plus précis : le Maître messager de la haute cours suprême de sa Majesté la Reine Amäly Tahora'Han, suzeraine du Royaume des Citées Blanches sur lequel le soleil ne se couche jamais.

« Oh, putain ! Je sens qu'il va me gonfler lui ! » se dit à lui même le Général Tullius dont la veine temporale vibrait dangereusement. Son air sévère ne l'avait jamais autant été face à cet homme dont le visage rappelait celui du renard, avec cette tignasse rousse et ses yeux plissés. Que lui voulait-il d'ailleurs ? Ce n'était pas le moment de faire des courbettes et de se présenter à lui. A moins qu'il ne tienne à avertir la Reine de la défection du Commodore De Everhell.

- Oui... hum... Abrégez, je vous pris ! On n'a pas toute la journée ! Que me voulez-vous ?
- Général Tullius, j'escomptais bien mener seule une entreprise qui vous semblerait bien folle. Il en va de mon devoir envers la Reine, notre Majesté Amä...
- J'ai dit, faites court, De Vulpère !
- Maître De Vulpère ! rétorqua le xen, offensé.
- Si ça vous amuse ! Court, concis et précis, morbleu !
- Quelle vulgarité... Soit... Laissez moi la charge de prendre la poursuite du Commodore de Everhell. Je me chargerai personnellement de cet individu !
- Et comment comptez-vous rejoindre les navires de ce traître et de son Capitaine en second ? Hum ? Vous n'espérez tout de même pas que je vais vous donner le commandement d'un de mes vaisseaux ?
- Par Thäa, bien sûr que non ! Ah ah ah ! Vous me voyez, moi, aux commandes d'un tel nombre de soldats, amiraux et officier de tout genre ? Par tout ce que Thäa a fait de bon en ce monde, jamais je n'eus cet espoir ! Cette folie des grandeurs ! Non, Général Tullius, haute autorité de...
- Court... concis... siffla Tullius entre ses dents.
- Hum... Excusez mon enthousiasme, je m'égare ! Je vais lui préférer une voie plus... originale ! Il me faut juste la direction que le Reanspell a pris, et je me débrouillerai par moi-même.
- Par quel moyen, morbleu ?
- Il est de fait que je fus né xen, général, le savez vous ? Évidemment que vous le savez, mes ailes en font foi ! J'eus, à bien des égares, de nombreux moyens de me déplacer et cela sans l'aide d'un véhicule quelconque. Laissez-moi partir à sa recherche, et je vous promets que le sieur De Everhell ne pourra échapper à la justice du Royaume !
- Pfff... Pour ce que ça peut me faire... Très bien, Maître De Vulpère ! Vous avez mon aval ! Je ne sais pas comment vous allez vous débrouiller pour vous rhabiller là bas, mais j'aurai payé cher pour vous y voir arriver nu comme un ver !
- Il est vrai que je risque de me retrouver dans mon plus simple appareil suite à cette aventure, mais n'ayez crainte ! Je suis un professionnel ! Quelle direction ?
- Le nord ! Il a pris la direction du Nord, sans doute pour aller à Mar'Baal vu son cap, précisa l'officier Gulrad.
- Je me demande bien ce qu'un seul homme pourrait faire contre tout un équipage de pirate avec à sa tête un des plus retors de tous, grommela le général.
- Ah ah ah ! Demandez-vous autrement quel genre d'homme pourrais-je être pour ainsi tenter l'aventure en étant sûr qu'elle se soldera par une victoire !

Le Général Tullius ne répondit rien, mais ce questionnement trotta dans sa tête. Quel genre de fou était prêt à faire cela ? Apparemment Maître De Vulpère en faisait partie. Il réfléchis un moment, levant la tête pour regarder le ciel avant de se tourner à nouveau vers le xen. Celui-ci avait disparu à sa grande stupéfaction, à la place il ne restait qu'un tas de vêtements.

- Par Kaliqua... Ce De Vulpère est bien singulier...
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