Que tous nous voient cueillir sur la rive le triomphe doré !

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Lun 7 Aoû - 20:39
Tandis qu'une folie épouvantable broie
Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant ;
- Pauvres morts ! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !...

A.R



L'Arrembaggio diminua de voile et vira au vent. Il ne fallait pas qu'ils le perdent. Dans la course du brigantin, le Royal Rover ajusta son cap. Tandis que l'équipage à bord du navire de Phadransie La Noire s'abîmait les mains sur les cordages, le maître pilote, ajustant ses lunettes sur son nez, tenait la barre d'une main ferme. Il fallait en avoir, de l'expérience, afin de parvenir à manœuvrer dans ce cimetière d'épaves ! Et si Phadransie, pour y avoir menée sa barque déjà trois fois, en était tout à fait capable, il fallait bien quelqu'un afin de la relayer lorsqu'elle prenait un peu de sommeil. Même si Phadransie La Noire dormait très peu, tous le savaient. Elle aurait pu confier ce poste à sa chère Renarde, Renarde à la jambe unique, mais elle savait que les compétences de cette dernière excellaient davantage lorsqu'il convenait de traiter des pièces, plutôt que de la barre. Elle avait ainsi insisté sur ce point à Port-Suppure : un bon maître pilote ! Pas un fieffé Aracnor, pas un fils de pute d'Elfe, pas un cuistre Virenpien, pas un pédé de Xen. Ils s'étaient finalement arrêté sur un  Elfin imberbe, mais pourtant passé la quarantaine, et qui, à ce qu'il prétendait, avait déjà fait le cimetière d'épave plusieurs fois au cours de son existence. Jusqu'à cette heure, il n'avait pas offert à sa noire Capitaine matière à se plaindre de ses capacités.

Comme il était impossible de donner ordre aux morts, Black Jack avait dû aussi, sans doute, désigner un pilote compétent à bord de son Royal Rover. Si les épaves et les noyés refuseraient de s'écarter sur le passage des deux navires, il fallait bien que des hommes, à la barre de ces derniers, s'écartent de leur passage à eux. Comment diable, songeait Phadransie La Noire du pont de L'Arrembaggio, des vaisseaux aussi gigantesques que ceux du Roi Pirate, le Seventh et le Eighth Son, faisaient-ils afin de se frayer un passage parmi ce cimetière d'épave. Elle avait entendu une fois dire à Port Suppure que le meilleur moyen de survivre en traversant le cimetière d'épave, était la voie des airs ! Avec un bâtiment, on ne prenait que trop le risque d'ajouter une épave de plus au lugubre cimetière. Dans un canot de rade ou une chaloupe ? L'endroit regorgeait, paraissait-il, de monstres marins qui n'attendaient que cela ! Et il était impensable de tenter sa chance à la nage...

L'Arrembaggio étant bon voilier, il tint bon sa route. Vers le milieu de l'après midi, on mit en panne, et La Noire fit ordonner par signaux l'arrêt au Royal Rover. Le navire le mieux monté des deux, songeait-elle souvent. Il lui tardait de reprendre sa BlackWasp !

On fit alors invitation au Capitaine Lupan, et il mit bientôt une chaloupe à la mer, les deux avirons battant silencieusement l'air avant de s'enfoncer dans un même mouvement au creux de l'eau noire. Lorsqu'il monta à bord de L'Arrembaggio, Renarde et Phadransie La Noire l'accueillaient.

« Que faisons-nous à présent ? demanda le Lupan à Phadransie La Noire. Vous n'avez pas de carte, et le cimetière d'épave est vaste. Nous pourrions passer des années ici, à scruter la hausse et la baisse et de la marée sans jamais ne rien découvrir.

A cela, Phadransie répondit toute fière en désignant du crochet deux prisonniers que l'on faisait sortir de la cale ! Sans doute cette vision surprit le pirate, même si il n'en montra rien. Les deux prisonniers, mâle et femelle Xen et Royalistes -on le devinait par leur accent et les supplications qu'ils faisaient- solidement encadrés par les marins de L'Arrembaggio furent jetés aux pieds de Phadransie La Noire, Renarde et Black Jack. Les deux avaient les poignets enchaînés dans le dos, et leur visage trahissait de nombreuses ecchymoses et plaies. Malgré cela, Noire brandit un crochet fier devant le visage de la femme, qui devait encore être à l'âge de fille !

- Ah ! Il m'en a fallu de la patience et de la retenue mes laiderons, je vous l'assure, pour vous garder intact et en un seul morceau tout le long de la traversée !

En guise d'explication, elle se redressa lentement, et tourna la tête vers Black Jack avant de cracher entre ses lèvres pincées :

- Des Royalistes ! Je les ai capturés lors d'une de mes chasses ! Ils croisaient au large de Ray'Bauz, les tourtereaux ! Un bâtiment de ligne et un voyage de noces je crois, ou une connerie du genre, j'ai pas trop bien compris en fait. Et je m'en tape !

Elle posa son pied sur le thorax du jeune Xen mâle qui, suffoquant et allongé au sol, ne trouve plus rien à répondre à ce grand oeil noir qui le dévisageait de façon fort méchante !

- Alors mon petit moineau, dis-moi. Lequel de vous deux est meilleur nageur ?

Ce disant, la pirate à la chevelure en cascade s'était saisis de son pistolet, passé à sa ceinture, et qu'elle avait amorcé sans tilter. Comme aucun des deux prisonniers ne se décidait à répondre à la question, Noire s'en indigna ! Elle balança un coup de pied rageur au visage du Xen, avant de pointer l'arme sur lui. Le pointer sur lui, jusqu'à lui enfoncer le canon dans la bouche, à un bon pouce de profondeur !

- Ma parole que c'est bouché ces oiseaux là ! Des oiseaux de mauvais augure ces Royalites, j'vous jure ! Peut-être qu'un peu de poudre dans les plumes vous rendrait plus volubiles, mes trésors ?

Elle avait soupiré, enfonçant encore un peu le pistolet, l'index caressant la détente. Déjà, l'équipage avait reculé d'un bon pas, peu soucieux de se salir avec des débris de chair, de sang et de cervelle, lorsque La Noire se déciderait à appuyer !

- Je répète donc ma question, puisqu'il se trouve que vous êtes tous deux bouchés comme des queues de pipe à pétun ! Par May'Veal, et moi qui faisait des effort pour être gentille avec les aristos du Royaume ! LEQUEL DE VOUS DEUX EST LE MEILLEUR NAGEUR ???

Elle avait hurlé ces derniers mots, de la rage et de la folie furieuse entre les dents !
Alors la jeune femme avait imploré, balbutiant que son compagnon nageait fort bien ! S'estimant satisfaite, Phadransie La Noire avait approché ses lèvres, doucement, de la tempe du jeune Xen pétrifié, pour y déposer un baiser.

- Tout le succès de mon entreprise dépend donc de toi, petit rossignol !

Elle avait alors désamorcé son pistolet et s'était éloignée de sa proie. Puis elle fit un signe de la tête, et claqua des doigts. Deux solides humains, hauts comme des armoires et munis de marteau, avancèrent. Alors, tandis qu'on maintenait au sol la jeune femme, ils lui brisèrent les jambes avec la plus grande violence !

- Voilà l'affaire mon petit pioupiou, reprit La Noire après avoir jouis d'un tel spectacle, le soleil est déjà haut dans le ciel. Tu as jusqu'à la tombée de la nuit pour explorer le cimetière d'épave. Ce que je cherche est...

Elle avait murmuré quelque chose à son oreille, après avoir écarté du bout de son crochet quelques mèches de ses cheveux blonds.

- Puis, poursuivit la pirate, tu reviendras à bord m'indiquer l'emplacement et la route à suivre. Si tu ne reviens pas me rendre compte...

Elle claqua des doigts et on abattit de nouveau le terrible marteau sur les jambes de la jeune fiancée qui se morcelèrent de nouveau en un lugubre craquement d'os !

- Je la bute.

Mais l'étendue d'une telle scène ne suffisait apparement pas à l'orgueil de Phadransie La Noire, et elle poursuivit :

- Si tu reviens trop tard. Si tu nous envoies sur une mauvaise route. Ou même si tu n'as rien trouvé...

Elle se redressa alors, toute accroupie qu'elle était, et envoya rouler son Xen au sol d'un coup de botte ! On défit les chaînes qui retenaient ses mains derrière son dos tandis que La Noire rangeait son pistolet ! L'air d'un exécuteur entouré de ses aides, on balança alors à la mer le pauvre Xen qui, les larmes aux yeux, se changea aussitôt en un grand poisson argenté, et disparut sous la surface de l'eau ! La Noire claqua de sa main sur sa cuisse, et on amena alors, sur un petit plateau d'argent recouvert d'une cloche, un bol de punch ainsi que trois verres à pied ! Phadransie La Noire, à l'aide d'une petite cuillerée, remplit le premier verre jusqu'à mi-bord, et le tendit à la Xen, gémissante et pleurante sur le pont du navire. Ses jambes se tordaient en des sens anguleux et indescriptibles. Du sang avait d'ailleurs tâché le pont.

- Bois petite colombe ! lui sourit Phadransie. C'est du punch, je te garantis qu'il n'y en a pas de meilleur sur toutes les eaux du Sud d'Arcaëlle ! Tu vois comme je suis gentille ? Je m'efforce, dans la mesure de mon possible bien sur, d'egayer un peu votre lune de miel Royale ! Goûte, tu verras que c'est bon !

Mais, comme sa victime restait au sol à pleurer, La Noire prit cela en ombrage. Elle vida d'un trait le petit verre de punch qu'elle tenait à bout de doigt, et le tendit à Renarde la Rousse jamais très loin qui s'en saisit sans un mot !

- Il te faut choisir, murmura alors la Capitaine à l'attention de sa victime. Le punch ou..

Elle tendit son crochet, qu'elle amena jusque sous la nuque de la belle enfant.

- Le crochet.

Comme elle n'obtint toujours aucune réponse, elle éclata de rire ! Elle ordonna alors à ce qu'on "offre" à cette tourterelle son dû de punch ! Ce qui fut exécuté, par le biais des deux pirates au marteau qui, délaissant leur arme pour se saisir du bol et de la petite cuillère, la tombèrent à maintes reprises entre les lèvres de la Xen qui s'etouffa à demi avec, suite à la grande délicatesse de l'opération ! Phadransie La Noire ordonna alors qu'on amène la prisonnière dans sa cabine ! Elle invita Black Jack ainsi que sa Renarde à la suivre !

- Il ne nous reste plus qu'à attendre ! Le Xen localisera l'île immergée, c'est certain. Nous l'attendrons donc, en sirotant avec notre royal gosier un bol de punch ! »
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Ven 25 Aoû - 10:42
Le Black Jack n'avait pas bronché lorsque l'on avait brisé les jambes de la xen, il n'avait pas non plus bronché lorsque qu'on avait contraint son conjoint à se jeter à l'eau pour aller repérer les lieux et trouver cette foutue grotte immergée. Une violence spectaculaire et inutile songea-t-il, mais au combien efficace. De plus, Jack n'était pas sur son bâtiment, ce n'était donc pas à lui de décider du sort de ces malheureux. Le lupan respectait certaines règles de bienséance qui lui permettait en général de s'éviter des ennuis avec ses compères et associés qui n'avaient pas forcément les mêmes méthodes que lui, et l'une de ces règles était de ne pas se mêler de leurs affaires.

Il ne réagit donc pas non plus lorsque la pauvre mariée fut obligée de boire cette immonde liqueur que lui proposa Phadransie. Il se contenta de la suivre lorsqu'elle lui en fit signe.

- Il ne nous reste plus qu'à attendre ! Le Xen localisera l'île immergée, c'est certain. Nous l'attendrons donc, en sirotant avec notre royal gosier un bol de punch !
- Encore de l'alcool... J'espère sincèrement que tu ne m'obligera pas à en boire comme cette malheureuse jeune mariée. Enfin bref... Très spectaculaire ta façon de faire ! J'apprécie ! Cela me rappelle bien des choses.

C'était un jour de Sapen, et comme aujourd'hui, Jack ne portait pas son long manteau noir de charbon à cause de la chaleur écrasante qu'il faisait, gardant cependant son simple gilet. Sa carrure semblait tout de suite moins imposante malgré le fait qu'il mesurait toujours deux mètres de haut. Un soleil de plomb miroitait sur l'océan qui s'étendait à perte de vue et le capitaine lupan en avait presque des migraines tant son reflet lui faisait mal aux yeux, mais il n'en montra rien. Son agacement était dissimulé derrière un sourire enjoué, celui d'un pirate tombé sur un gros butin.

En effet, c'est après une lutte intensive que les pirates avaient fini par mettre la main sur un important navire de commerce, faisant prisonnier tout l'équipage à son bord. L'un de ces prisonniers  pendait misérablement à une corde, la tête en bas. L'un des pirates le poussait pour qu'il bascule d'avant en arrière tandis que les autres riaient, même Jack s'amusait de la situation.


- Je dois avouer que cela m'amuse un peu ! Et je pourrais demander à mes hommes de continuer de vous balancer encore un peu comme ça, mais ma patience a des limites, très cher monsieur. Maintenant, seriez-vous disposé à nous révéler l'emplacement de la clef de ce coffre ?
- Je vous le répète ! s'écria le pauvre bougre d'une voix implorante. Nous n'avons pas la clef... Celui qui l'avait, c'était le capitaine, et vous l'avez passé par dessus bord, bande de sauvages !
- Tut tut tut ! Allons allons ! Je sais bien que je suis un lupan, mais me traiter de sauvage... moi et mes hommes d'ailleurs... c'est très très impoli de votre part. Vous pensez sincèrement que je vais croire un malotru de votre genre ?
- Maudits pirates...
- Bien... je vous le redemande encore une fois : où est cette fichue clé ?
- Je viens de vous le dire !!! C'était le capitaine qui...
- Et je vous le répète, je n'en crois pas un traître mot !! Les gars ! Vous vous rappelez de cette tradition de Zaï'Lou qui consiste à taper dans une jolie poche pleine de gourmandise pour la faire éclater ?

Il y eut des ricanements et des hochements de tête positifs. L'homme pendu par les pieds se mit à pleurer et à supplier tandis qu'une dizaine de pirates se saisissaient de planche en bois avant de se mettre à le tabasser avec. Après quelques secondes, le Black Jack en fut agacé et tonitrua:


- Roh ! Comme c'est pénible ces types qui ne peuvent pas s'empêcher de hurler de douleur... Monsieur T ! Faites en sorte que les hommes chantent assez fort pour que je n'entende plus cet imbécile pleurer sa génitrice.

Un grand homme à la peau noire, qui s'avéra être son second, Monsieur T, se tourna vers le capitaine et hocha de la tête.

- Haï, Capitaine ! Allez tout le monde ! Le capitaine veut que ça chante !! Chantez les gars !

Et ils chantèrent tandis que les autres battaient à mort le malheureux. Jack ouvrit un livre et se délecta des chants ainsi que de la lecture de cet ouvrage.

Le capitaine lupan termina finalement son récit tandis qu'il prenait ses aises à bord de l'Arrembaggio. Il en avait même retiré ses bottes tant il souffrait de la chaleur. Il posa ses pieds velus et griffus sur le bureau de La Noire, se basculant légèrement sur sa chaise. Le temps allait être long, aussi était-il convaincu que le récit de ces croustillantes anecdotes pourraient faire passer le temps plus agréablement.
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Lun 4 Sep - 15:31
Puis, quand j'ai ravalé mes rêves avec soin,
Je me tourne, ayant bu trente ou quarante chopes,
Et me recueille, pour lâcher l'âcre besoin :

A.R



« Qu'en penses-tu ma Renarde ? C'est une belle histoire que nous raconte le Capitaine Tout plein de poils, hein ? Mais si voyons, je vois que tu tires un peu la gueule !

Phadransie La Noire ricana, tout en portant à ses lèvres le goulot d'une bouteille de rhum. L'opération fut tant alambiquée qu'elle en renversa un petit peu sur le sol, ainsi que sur elle-même, gouttant à l'intérieur de son chemisier. On ne pouvait pas dire que sentir le rhum, pour Phadransie La Noire, était un problème de grande ampleur. Elle se laverait demain ! Ou après-demain ! Dès qu'elle saurait où trouver le Seventh Son et le Eighth Son, et qu'elle s'en emparerait ! Elle posa à son tour ses bottes sur le bureau, assise face au Capitaine Lupan, et, en équilibre sur deux pieds de sa chaise, elle leva ses bras en arrière, manquant au passage de faire tomber la bouteille que sa fidèle Renarde, debout derrière elle, récupéra :

- C'est c'que j'ai toujours dis avec ces aristos Xen et Royalistes, 'toutes façons ! C'est comme la crème Démocrate, ça ! Les plus fouettés sont toujours les meilleurs !

Et ils rirent à gorge déployée ! Bien partie dans son élan, La Noire pointa le Lupan du doigt, mimant un pistolet avant de poursuivre, toujours en équilibre !

- Hé ! hé ! Le poilu ! T'sais ce que tu dis quand tu vois un Xen en train de ramper dans Port-Suppure ?

Elle rit puis claqua des doigts, reprit son rhum, en but une gorgée et annoça l'épilogue de cette merveilleuse vanne :

- Tu arrêtes de rire et tu recharges !

C'est à ce moment qu'on vint les déranger, disant que le soleil était tombé, et le Xen de retour ! La Noire bondit plus qu'elle ne se leva de sa chaise, La Renarde et Le Black Jack sur ses talons ! Effectivement, le Xen était là, sur le pont dégoulinant d'eau et aussi nu qu'à son premier jour. Il ne vient même pas à l'idée à la pirate d'offrir à son prisonnier une couverture afin qu'il puisse par là s'éponger. Impatiente, elle le brusqua dans ses réponses ! Le jeune ailé lui apprit alors qu'il avait repéré, avec difficulté car les eaux du cimetière d'épave étaient sombres et infestées de monstres, ladite grotte. Il donna ses indications à la pirate borgne, et immédiatement La Renarde fit mettre le cap dessus ! Le pilote prit le gouvernail et guida avec expertise le bâtiment entre les carcasses de navires et les hauts-fonds. Le Xen leur indiqua enfin le point indiqué, et ils mirent à l'ancre.

- Il n'y a plus qu'à attendre que la marée se retire...murmura Phadransie La Noire de façon sinistre.

D'un autre côté, elle fit carguer les voiles, à l'exception du foc et d'un perroquet, et préparer les canons en cas d'attaque. Tendus, les marins restèrent sur le quai-vive, attendant que la marée baisse, tendus comme la corde d'un arc à la seule idée de voir se dessiner dans la brume nocturne le Seventh ou le Eighth Son. Mais aucun des deux bâtiments ne vint, et très vite la marée baissa, effectivement.

- Et ben ! cracha La Noire tandis que se dessinait effectivement la grotte immergée. Voilà bien un secret ancien qui a perdu tout son sens ! Le temps l'avait emporté avec lui. Jusqu'à ce jour...

S'humectant les lèvres, elle ordonna qu'on prépare à la hate une chaloupe et désigna cinq hommes pour venir avec elle ! Renarde resterait à bord, afin de préparer l'Arrembaggio à un quelconque affrontement. Tandis qu'ils glissaient sur l'eau, silencieuse comme un lac, une eau noire dénudée de tout reflet lunaire, quelque chose parut frémir sous la surface, non loin d'eux.

- Edward, fais pas le con et enlève ta main de l'eau, glapit la Capitaine au gars qui laissait pendre son bras par-dessus les bord de la chaloupe.

Pistolet en main et crochet en avant, debout à la proue du canot, Phadransie La Noire sentait battre son coeur dans sa poitrine avec une force gigantesque ! Elle ne savait pas exactement ce qu'elle allait trouver à l'intérieur de ce repère. Des coffres ? Un artefact ? Du courrier ? Un livre de bord ? Un gardien.

Elle se corrigea mentalement. Probablement des gardiens. Des monstres, des créatures marines ! Au loin, un "plouf" inquiétant se fit entendre ! La brume leur dissimulait l'origine de ce son. Pour donner du courage à ses forbans, La Noire grinça des dents :

- Souquez ferme les gars. Nous y sommes...

Effectivement, ils arrivèrent près de la grotte. Les roches, sous la nuit, semblaient d'un noir d'encre. Phadransie, le pistolet toujours en avant, le chien mis, avança en tête de file. Derrière elle, Black Jack, l'air tout aussi prudent. Ils furent très vite rattrapés par les ténèbres de la grotte. Sous ses bottes, le terrain, tranchant, glissant, très irrégulier, l'obligea vite à ralentir l'allure. Elle ordonna alors un arrêt, afin d'allumer plusieurs fanaux, et le cortège lugubre de forbans reprit sa marche. S'enfonçant toujours plus dans les ténèbres, La Noire fut surprise de trouver là une grotte véritablement profonde. Un rugissement, semblant émaner du dernier cercle des enfers, parut remonter jusqu'à elle ! Lorsqu'elle demanda au Lupan si il avait entendu quelque chose, il répondit par la négative. Alors elle avança, encore. Enfin, devant elle se trouvait ce qui semblait être un précipice. De combien de pieds profond ? Avec cette obscurité, impossible à dire.

- Merde.

La Noire posa à côté d'elle son fanal, laissa tomber une petite pierre du bout de sa botte, et compta le nombre de secondes avant d'entendre le "clac" final.

- C'est peu profond. On y va.

Mais derrière elle, personne ne semblait décidé à entamer cette nouvelle épopée spéléologique !

- Mieux vaut retourner à l'Arrembaggio, c'que j'en dis. Pour dire aux ailés d'y aller eux. Nous on peut pas, dit l'un de ses hommes. »

Énervée, Phadransie La Noire consulta son compagnon Lupan du regard. Si il était du même avis, elle devrait trouver autre chose. Et rapidement ! Elle n'oubliait pas que dans cette aventure terrifiante, la marée -et donc le temps !- jouait contre eux.
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Lun 4 Sep - 18:52
Le Black Jack fulminait intérieurement. « Mieux vaut retourner à l'Arrembaggio ? » Et puis quoi encore ? Se couper les couilles et les offrir au Roi Pirate ? Le lupan avait une bien meilleure idée, une idée qui ne nécessiterait pas de perdre du temps bêtement à aller chercher deux trois ailés.

- Vous ne pouvez pas ou vous ne voulez pas ? Je connais un mot pour définir les gens de votre espèce : des lâches !

Le capitaine lupan sortit un pistolet de son étui et le pointa sur la tête du malheureux qui avait osé suggérer une telle idiotie.

- Alors maintenant c'est simple, cabrón ! Soit tu passes le premier avec une chance de t'en sortir soit je te colle un pruneau dans la tête !
- Vous oseriez pas ?
- Vas dire ça à Billy qui est mort de faim dans les cales de mon navire !
- Cap'taine ! protesta-t-il en se tournant vers La Noire.

Mais celle-ci n'en avait rien à faire, on contraire, il était dans son intérêt d’accélérer les choses. Voyant que son capitaine ne ferait rien pour lui, l'homme regarda Jack d'un air mauvais et cracha à ses bottes avant de se diriger vers la crevasse.

- T'es un fumier, Jack !
- Mais non ! Considérez que je suis plutôt... un révélateur de courage et de talent ! Avec un peu de chance, vous ne vous romprez pas le cou !

Le forban lança un dernier regard au lupan avant de se diriger vers la crevasse. Il s'accroupit et commença à tenter une descente. L'homme avait les mains et les pieds qui glissait sur la pierre encore humide. Il ne le sentait pas... non il ne le sentait pas du tout même. Cette descente était foireuse. Que Jack soit maudit, lui et son rafiot. Il ne pouvait aller plus loin.

- Ca... Ca glisse trop ! On peut... on peut pas descendre plus en avant !

Il entendit le craque d'un chien que l'on charge. Jack pointa son canon vers la crevasse.

- Assez de défaitisme ! C'est marche ou crève maintenant !
- Si j'm'en sors vivant, j'te jure que j'te bute, enfant d'putain !
- De grâce... Ces grossièretés ne sont pas digne d'un homme comme vous !
- J't'en foutrais des... aaaaaaah !!!

Il glissa, lâcha prise, et une chute s'ensuivit. Le pirate n'eut pas longtemps avant de pousser un cri de douleur accompagné de copieux jurons. Jack se pencha au-dessus du puits et hurla :

- Et bien on dirait que tu es toujours en vie !
- Ouais ! Et pas grâce à toi ! Sale chien !
- Vous voyez, vous autres ? Ce n'est pas si profond ! Si vous êtes un peu brave et que vous faites attention, vous ne vous romprez pas le cou ! Aller ! Bougez-vous tas de chacals des mers ! Plus vite !

C'est enfin que les pirates se mirent à la descente de la crevasse, avec plus ou moins de succès. L'un d'eux se foula la cheville, l'autre se fit un hématome de la taille de son bras, mais aucun ne se rompit le cou. Au final, Jack avait vu juste, aucun d'eux ne mourut dans l'opération.

- C'est à notre tour, La Noire ! Si tu le permets... Je vais nous faire gagner du temps !

Jack se saisit de Phadransie par la taille et la serra contre lui avant de se jeter dans le trou. Il s'agrippa au bord du ravin avec ses griffes avant d'en descendre, d'un bond pour atterrir sur le sol dur et glissant qui se trouvait en bas. Il lâcha La Noire et au moment même de se redresser, il glissa et se rétama sur les fesses.

- Ah putain ! Merde ! Fallait que ça arrive... Je fais un truc bien bien classe et je me rétame juste derrière... Quelle pitié ! Argh... Mes reins... Tssss !
- On dirait qu'y a une justice dans ce monde, hein Jack ? maugréa le premier pirate a être descendu.
- La ferme ! Je suis le seul ici à avoir eut assez de courage pour descendre ! Aller... On avance... bordel... Je me mets à jurer maintenant...
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Mar 5 Sep - 13:13
C'est l'instant, Messieurs, ou jamais,
D'être audacieux, et je mets
Mes deux mains partout désormais !

Paul


« La faute à tes vieux os ça ! lâcha Phadransie La Noire tandis que son partenaire se relevait en maugréant, le poil trempé et hérissé.

Un sourire aux lèvres, elle se permit de taquiner du bout du verbe le Capitaine tout plein de poils, avant de très vite être rattrapée par l'urgence de la situation dans laquelle ils venaient tous de s'engager jusqu'au cou ! Derrière elle, s'élevant dans son dos comme les édifices d'une forteresses, le gigantesque mur de pierre, trempé, d'un noir d'encre. Et déjà elle entendait les marins qui l'accompagnaient, dont l'un d'eux cheville foulée et qui s'appuyait désormais sur l'épaule de ses deux camarades pour avancer, maugréer :

- Et comment on va faire putain, pour remonter tout ça ?

Elle voulut leur dire que les Capitaines du Eighth et du Seventh Son venaient très souvent ici, se retrouver ou se laisser des instructions et donc que, par soucis d'utilité, il devait forcément y avoir un e autre sortie. Mais plus ils avançaient au fond de la grotte immergée, plus les parois se rétrécissaient, plus l'air se faisait rare et la pierre noire. Et Phadransie, toute Noire qu'elle était, commençait très sérieusement à se demander ce qu'ils trouveraient au fond de ce tunnel. Car ils trouveraient quelque chose, elle en était certaine ! Déjà, elle voyait se profiler devant son œil noir des dizaines et des dizaines de coffre débordants d'or ! La rançon du Roi Pirate !

Mais elle déchanta vite. Devant eux, se trouvait à présent un mur.

- Merde. C'est fichu !
- C'est quoi ce bordel !
- Tout ça pour rien ?!
- Il est où le trésor qu'on nous avait promis ?
- La ferme ! gueula Phadransie en menaçant de son crochet le premier individu que son bras croisa ! Vous pouvez pas la fermer un peu grand morbleu de merde ! Le premier qui caille encore une fois il crèvera le bouche ouverte, sur May'Veal !

Cette menace eut son petit effet, et tous la fermèrent.

- L'obscurité nous empêche de bien voir. Il y a forcément une descente quelque part. Ou une porte dissimulée. Bougez-vous ! Tous au travail, trouvez-moi ça !

Les pirates se mirent alors à chercher, à tatons malgré la faible lueur des lanternes. Finalement, l'un deux glapit de surprise ! Il venait de trouver un passage, effectivement, au coeur de la muraille noire. Une sorte de corridor naturel qui passait à travers la roche.

- Gros Nez, tu passes en premier !
- Pourquoi moi ?

Sérieusement agacée, légèrement sur les nerfs, La Noire balança un coup de crochet en plein visage du malheureux qui hurla de douleur, tomba au sol, pissant le sang de l'entaille profonde qui lui ouvrait désormais la tête en deux ! Alors qu'on l'aidait à le relever, bandant comme on le pouvait cette plaie mauvaise qui avait, par miracle, épargné les yeux, La Noire gueula encore plus fort !

- QUELQU'UN D'AUTRE POUR CONTESTER MON AUTORITÉ ?!

Une sorte de mugissement lui répondit, mais à voir la réaction de ses comparses, personne d'autre ne l'avait entendu.

- Bon alors Edward, tu y vas en premier.

Ce dernier grommela mais s’exécuta. Il fut obligé de se baisser, presque passer à quatre pattes afin d'atteindre l'autre côté. Mais il passa ! Et toute la file de forbans avec lui. Ce fut un peu plus compliqué pour Black Jack, mais Phadransie fut soulagée de voir qu'il se débrouilla afin de passer lui-aussi.

- Pas trop de mal l'ami ? s’enquit La Noire.
- Ca va aller, grogna-t-il de sa grosse voix.
- CAPITAINE !!!


Spoiler:
 


- C'est quoi ça ?!
- Un crabe ? Au fond de l'eau ?
- ON SE TIRE D'ICI !!!

La Noire pointa le monstre de son canon, et tira ! Un CLAC sonore lui répondit ! Rien ! La poudre était visiblement mouillée ! Elle jura tandis que la bête se jetait sur eux, rugissant de toute sa hargne ! Autour d'elle, des dizaines d'autres monstruosités géantes -ne la surpassant cependant pas en taille !- émanaient de derrière les rocheuses ! Alors la panique gagne les pirates qui prirent leur jambes à leur cou, bloqués au milieu de ce nid sous-marin ! Les lanternes se brisèrent dans la cahute, et bientôt La Noire et le Black Jack se retrouvèrent au milieu des ténèbres, prisonnier du cimetière d'épaves, au coeur de ce nid de monstres qui grouillait ! Autour d'eux, les deux Capitaines entendaient les leurs se faire faucher sans pitié ! Phadransie fut même aspergé de sang dans le processus ! Son sabre en main, elle avala sa salive, consciente qu'elle allait devoir se battre violemment afin de conserver sa vie !

- C'est chacun pour soi maintenant ! cria-t-elle à Black Jack.

Ce dernier acquiesça.

- Le trésor du Roi Pirate, tu parles !

Phadransie La Noire s'élança alors ! Elle parvint à tailler dans l'une des gigantesque pattes qui se jetait sur elle, qu'elle ne put voir qu'au dernier moment ! La pire des conditions pour un combat déjà inégal ! Déjà, n'entendant plus le cris des malheureux, La Noire jugea tous ses hommes morts !

- Ce ne sont pas des crabes ! cria-t-elle à l'attention du Lupan, qu'elle ne voyait même plus à présent. Ce sont des araignées !

De nouveau, une sorte de rugissement guttural lui parvint, semblant cacher des mots ! Alors, comme si la situation n'était pas assez désespérée, se sentant entourée de toutes parts par ces monstres, le courant s'engouffra en flots à l'intérieur de la grotte, et, jaillissant du corridor et par-dessus la falaise, la heurta de plein fouet ! Elle perdit son sabre des mains alors qu'elle perdit l'équilibre ! Tandis que le niveau de l'eau montait de plus en plus, elle eut l'ultime réflexe de s'accrocher à..quelque chose ! La carapace de l'une des araignées, sûrement, qui passait près d'elle et qui plongeait ! La Noire s'y aggripa de tous ses doigts, tandis qu'effectivement, la créature nageait ! Elle fila comme une flèche, ses pattes crochues agrippant la roche noire afin de se hisser par-dessus, puis filer à l'intérieur de ce couloir, dépasser l'entrée de la grotte submergée ! Alors elle remonta à la surface ! La Noire faillit lâcher prise sous le choc, mais elle sentit le monstre détruire à grands coups de pattes l'Arrembaggio avant de replonger ! De nouveau, elle s'accrocha à la carapace, retint son souffle ! Elle tenta d'attraper le couteau qu'elle gardait passé dans son étui, autour de son ventre, mais la vitesse de cette nage folle l'empêchait de décrocher son unique main de son appui !

Après ce qui lui sembla être une éternité, sous un tonnerre de hurlements sortis droits de l'enfer ! -ou du corps de l'araignée géante !- elle perça enfin la surface des flots ! A bout de forces, La Noire tomba de nouveau à l'eau, incapable de battre des jambes afin de nager ! Ce fut une main griffue qui la rattrapa : Black Jack, encore accroché, lui aussi, à la carapace !

Très vite, La Noire sentit des mains épaisses les tracter tous deux hors de la bête. Black Jack lâcha prise, et tous deux roulèrent, toussant, la tête pleine d'eau, sur ce qui paraissait être le pont d'un gigantesque navire. Phadransie toussa, plusieurs fois. Autour d'elle, des dizaines et des dizaines d'hommes étaient penchés. Puis un bruit de pas. Des talons sur le pont. Elle put enfin ouvrir les yeux, se redressant à demi. Ils étaient à bord d'un navire de ligne, effectivement gigantesque. Trois mâts. Cinq-cents tonneaux. Et une femme aux yeux rouges leur faisait face ! A elle particulièrement.

- Je vous souhaite la bienvenue à bord du Eighth Son ! Je vois que vous avez fais connaissance avec notre Gardien, mes félicitations. Je suis la Capitaine Léone Bartholomë Lamiedo, semi Aracnor et huitième fille du Roi-Pirate d'Arcaëlle !

Elle sourit sinistrement à Phadransie.

- Tout comme toi. Je sais qui vous êtes. »


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Mer 6 Sep - 16:43
Le chemin fut long à l'intérieur de ce tunnel sombre et humide qui sentait la marée. Malgré les torches allumées, les pirates n'y voyaient pas grand chose, hormis peut-être Jack, dont les yeux fauves pouvaient percevoir plus de détails dans l'obscurité. Une capacité qui lui avait été utile dans le passé et qui compensait un peu le fait qu'il distinguait difficilement les couleurs. Arrivés face à un cul de sac, les pirates déchantèrent très vite et il y eut des protestations. Jack se saisit discrètement de son pistolet mais Phadransie avait rapidement calmé le jeu. Les recherches reprirent.

Jack scruta la paroi rocheuse face à eux pour voir s'il n'y avait pas un passage secret, un mécanisme à enclencher pour ouvrir un porte dérobée. Finalement, au bout de quelques interminables minutes, plongées dans la pénombre et le doute, un homme hurla pour faire part de sa découverte. Jack s'avança en bousculant l'un des marins qui les accompagnaient et pu constater qu'effectivement, un passage se trouvait là. S'ensuivit une altercation entre La Noire et un certain Gros Nez, qui effectivement, possédait un pif assez impressionnant. Pif qui fut vite entaillé par le crochet de la capitaine qui défia quiconque contesterait son autorité.

Combien de temps cela faisait-il que Jack n'avait pas eut à faire à l'insubordination des arcaëlliens à son commandement ? Oui...

***

C'était il y a deux ans, alors que celui-ci était encore un jeune capitaine sans beaucoup d'expérience. Il faisait un temps grisâtre, et une petite bruine tombait du ciel comme un fin rideau d'argent. Cela faisait déjà plusieurs jours que le Royal Rover naviguait sans rencontrer aucun autre navire. Rien ni personne à piller, pas même l'ombre d'un trésor, et encore moins le profil d'un pavillon à l'horizon. Le moral était bien maussade dans l'équipage, et des bruits de couloir commençaient à circuler sur le navire. La confiance qu'avait les arcaëlliens envers leur capitaine commençait à s'étioler, et ils désespéraient un jour de croiser ne serait-ce qu'un bateau de pêche.

L'un d'eux, un certain John le Fôl, ce jour là, ce présenta avec quelques membres de l'équipage, armés et menaçant, face à un Jack qui les regardait d'un air amusé. John était un elfin, aux traits tirés, au visage creux et livide, avec des cheveux grisonnant et gras et dont le crâne était recouvert d'un bandeau qui cachait sa calvitie.


- Qu'est-ce qui se passe, le Fôl ? C'est quoi cet attirail là ?
- On en a marre ! Tout l'monde ici pense que t'es un mauvais capitaine. Tu nous a mené dans un endroit désert, y a personne dans ces eaux là ! On va tous finir par crever la gueule ouverte, alors les gars et moi, on te conseille de changer de cap, si tu veux pas avoir une mutinerie sur le dos.
- Ah oui ? Vraiment ?

Jack descendit du pont inférieur, descendant les marches d'un pas solennel, avec une démarche qui semblait funèbre. Le bois craqua sous ses bottes. Le Fôl resta silencieux, l'observant avec haine, mais aussi crainte. Il n'aurait su dire pour quelle raison, mais le jeune capitaine lui inspirait une certaine frayeur. Peut-être était-ce ses crocs ? Peut-être était-ce son regard fauve et glacial ? Ou bien était-ce sa carrure impressionnante ?

- Veux-tu bien me le redire en face ?
- On... On en a marre ! Change de cap ou...
- Ou quoi, Le Fôl ? Tu crois m'impressionner ? Vous croyez m'impressionner ? Vous croyez que j'ai peur de vous ?
- Tu devrais !!! On n'écoutera plus tes ordres désormais !! Le capitaine va prendre sa retraite !

Jack soupira et décrocha son pistolet de son étui avant de tirer sans somation en pleine tête de l'elfin qui explosa et rependit du sang et de la matière grise sur le bâtiment et les vêtements propres du capitaine. Les autres pointèrent leurs armes vers le Black Jack mais avant qu'ils n'aient pu faire quoique se soit, une voix grave et à l'accent prononcé s'éleva du pont supérieur.

- A votre place je ne ferais pas ça ! Encore un geste et je vous envoie pleurer dans les jupes de Jurk !

Jack se tourna légèrement et observa du coin de l’œil le pont supérieur, sur lequel était dressé un grand homme à la peau noire : Monsieur T. Les autres baissèrent leurs armes et se mirent alors à implorer le pardon du capitaine.

- Règle numéro une : toujours être bien rasé, et propre sur soi ! énonça Jack. Règle numéro deux : pas de jeux d'argent sur mon navire ! Règle numéro trois... Tout ceux qui contesteront mon autorité, de quelque manière que se soit, par des suggestions, des doutes, ou des actes...

Jack planta son épée dans le ventre d'un des mutins, son visage tout près du sien.

- Finiront comme ce cher Le Fôl !

Les autres mutins eurent à peine le temps de reprendre les armes que Monsieur T. en troua un d'un plomb dans le torse tandis que d'autres marins, plus fidèles à Jack, se jetèrent sur ceux restant pour les maintenir en respect. Le Capitaine retira son sabre du corps de l'aracnor face à lui, qui se recroquevilla sur lui avant de mourir dans des derniers soubresauts. L'un des traîtres fut jeté au pied du Black Jack qui le regarda de haut, une colère froide se dessinant dans ses yeux.

- Navire en vue !! hurla la vigie à ce moment là.
- C'est vraiment pas de pot... A quelques minutes près, vous n'auriez pas fomenté tout ça... La vie aurait continué et...

Il enfonça son sabre dans la gorge du type face à lui qui agita ses bras vers la lame pour l'arrêter, dans un espoir vain de la retirer, d'effacer ce geste, comme si le temps pouvait revenir en arrière.

- Vous n'auriez pas perdu la vie... Qu'on attache ceux qui restent en vie et les cadavres à la proue !! Je veux que nos futurs rencontres sachent ce qui leur arrivera s'il se montre un peu trop... dissidents. Monsieur T. ! Cap vers ce navire ! Nous allons les saluer !
- A vos ordres, Capitaine ! Aller, remuez-vous tas de feignasses ! Déferlez les focs ! Vent de travers ! Plus vite que ça !

Jack remonta sur le pont supérieur et posa sa grosse main griffue et velue sur l'épaule de son second.

- Je vous remercie ! Je saurais m'en souvenir, Monsieur T. !
- J'ai confiance en vous, Capitaine !
- Alors, je ne vous décevrais pas !

***

Jack était en train de se débattre et de ramper dans ce conduit trop petit pour lui avec la grâce d'un bsurt qui aurait eut les pattes arrière ligotées. Il gratta la roche pour se tirer de ce maudit trou, maudissant sa grande taille et l'humidité de cette grotte qui salissait ses vêtements.

- Pas trop de mal l'ami ? s’enquit La Noire.
- Ca va aller, grogna-t-il de sa grosse voix tout en s'agitant comme un ver.

Il eut à peine le temps de se relever qu'un des forban cria :

- CAPITAINE !!!

Jack leva les yeux et vis alors, éclairée par la lueur des torches, une gigantesque créature, immonde, pleine de pattes, sortie tout droit des pires enfers d'Özan. Par tous les démons de cette terre, qu'elle était donc cette abomination ?

- C'est quoi ça ?! s'écria Jack en même temps que La Noire.
- Un crabe ? Au fond de l'eau ?
- ON SE TIRE D'ICI !!!


Jack se saisit de son pistolet et tira. Paf ! Une détonation étouffée retentit, mais le projectile ne partit pas.

- Foutue humidité !! grogna le lupan.

Ce fut rapidement la panique, car le monstre ne semblait pas être seul. Il y en avait tout un tas d'autres avec lui. Il y en avait de tout part. Les pirates prirent leurs jambes à leur cou... en vain. Jack le sentait déjà, tout cela allait mal finir et son instinct le trompait rarement. Il dégaina son sabre et le fit tourner devant lui. Il découpa la mandibule d'une des créatures qui s'était approché un peu trop près de lui. Mais avant qu'il n'ait pu entamer plus avant le combat, la lumière se fit manquer et il fut plongé dans le noir.

- C'est chacun pour soi maintenant ! cria La Noire.
- Le trésor du Roi Pirate, tu parles ! Si je m'en sors vivant, j'te jure que j'te... commença Jack qui fut arrêté net par une insoutenable douleur au bras.

L'une des créatures venait de lui arracher un bout de chair d'un coup de pattes. Oeil pour œil, dent pour dent, Jack se vengea derechef d'un rapide coup de sabre qui découpa l'intégralité de la patte. Le monstre poussa un horriblement hurlement de douleur mais ne s'en tint pas là. Il donna des coups au hasard dans le noir tandis que Jack tentait de s'en protéger en se jetant à terre.

- Ce ne sont pas des crabes ! cria La Noire à l'attention du Lupan, qu'elle ne voyait même plus à présent. Ce sont des araignées !

Jack grogna et hurla alors qu'un terrible grondement se faisait entendre.

- Non ? Sans blague ? Au lieu de nous balancer des évidences tu ne pourrais pas... Oh oh...

Le Black Jack venait de comprendre d'où venait ce bruit étrange et sinistre. Avant même de pouvoir crier quoique se soit à La Noire, un courant d'eau violent se fit sentir et emporta Jack contre la roche. Il voulu pousser un cri de douleur mais l'eau l'aspergea et il but à moitié la tasse. L'eau montait vite, trop vite pour qu'il réfléchisse à un moyen de se sortir de là. Il pataugea dans l'eau glaciale de l'océan avant de se mettre à battre des bras et des jambes pour rester la gueule à la surface. Un acte désespéré de survie, même s'il doutait de s'en sortir. La chance sembla cependant lui sourire. Il sentit les remous autour de lui des créatures arachnéens qui gesticulaient comme des démentes. La plus grosse d'entre elle donna un coup de patte qui manqua le lupan de peu. Il s'y accrocha fermement et y planta même ses griffes. La créature se jeta en avant, quittant précipitamment la grotte par un couloir que Jack jugea ne pas être celui qu'ils avaient emprunté. Ou peut-être bien que si ? A vrai dire, il était plus préoccupé par le fait de survivre qu'autre chose.

Le monstre agita ses grandes pattes et Jack finit par lâcher prise. Il crut finir au fond des eaux lorsqu'une autre créature, plus petite, le percuta dans le dos. Par réflexe, il s'y agrippa avant que celle-ci ne cogne la coque d'un navire, revenant à la surface.  L'enfer ne s'arrêta cependant pas. Il avait réussi à s'extirper de l'eau pour reprendre son souffle mais la créature avait repris de plus belle sa nage dans les eaux tourmentés du cimetière.

C'est à ce moment là qu'il l'aperçut, accroché également à la carapace de la créature, La Noire tenait tant bien que mal. Elle ne semblait pas se porter bien. La créature regagna à nouveau la surface tandis que Phadransie lâchait prise.

« Chacun pour soi maintenant ! » lui avait-elle dit. Cet égoïsme aurait dû pousser Jack à en faire de même et à laisser La Noire se noyer. Et il l'aurait fait si une soudaine envie ne l'y avait pas incité. Il ne savait pas pourquoi, mais il ne voulait pas l'abandonner à son sort, ni être le seul à devoir affronter les tourments qui l'attendaient. Il se saisit de son bras et la tira sur la carapace.

« Oh non ! Pas maintenant ! J'te laisserai pas t'en sortir comme ça aussi facilement, ma jolie ! » pensa-t-il.

Ce fut avant de se faire saisir par des mains épaisses qui les tractèrent tous les deux hors de l'eau avant de les lancer vulgairement sur le pont d'un navire. Des visages non amicaux étaient tournés vers eux tandis qu'il crachait des flots d'eau salée. Il leva les yeux, d'un air dépité et se retrouva truffe à nez avec une femme à la peau sombre, et aux yeux d'un rouge inquiétant.

- Je vous souhaite la bienvenue à bord du Eighth Son ! Je vois que vous avez fais connaissance avec notre Gardien, mes félicitations. Je suis la Capitaine Léone Bartholomë Lamiedo, semi Aracnor et huitième fille du Roi-Pirate d'Arcaëlle !

Elle sourit sinistrement à Phadransie.

- Tout comme toi. Je sais qui vous êtes.
- Je sais, j'avais dit que j'arrêterai de jurer... soupira Jack avant de faire une pause et de reprendre. Mais... putain... c'est la merde...
- Et crois-moi, ça ne fait que commencer... cabrón ! siffla Léone avec un sourire mauvais.
- Mon nom c'est Jack !! Black Jack !
- JE SAIS qui tu es... Jack... Le toutou du Royaume qui s'est pris pour un pirate ! Ton rêve de piraterie s'arrête ici ! T'as fait le mauvais choix, Black ! T'aurais du éviter de refiler ta laisse à La Noire...
- Personne ne me tient en laisse ! Je crache sur le Royaume ! Je crache sur tous les dirigeants de ce monde ! Et je crache sur le Roi Pirate !

Léone se mit à rire et son équipage l'imita avant qu'elle ne colle un puissant revers à Jack qui tomba sur le pont, à moitié sonné.

- Ça, par contre, t'aurais du l'éviter, stupide chien ! Ahahah ! Crois-moi, tu vas le regretter !
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Jeu 7 Sep - 22:50
Fier, content, respirant l'air libre à pleins poumons,
Il faut que j'aie une ombre et qu'elle dise : Aimons !
Il faut que de mon âme une autre âme se double,
Il faut que, si je suis absent, quelqu'un se trouble,
Et, me cherchant des yeux, murmure : Où donc est-il ?

Hugo


On avait passé d'épaisses chaînes autour des patoches immenses de Black Jack, avant de le jeter derrière les barreaux du Eighth Son. A vrai dire, on lui avait aussi enchaîné les chevilles, tout comme l'on avait immobilisé celles de Phadransie, en plus du cou. Les deux personnages, physiquement à bout, se trouvaient tous deux comme rats de cale, croupissant au fond de l'estomac du Eighth Son. Instinctivement, Phadransie avait passé main et crochet autour de son collier de fer, tentant de forcer la serrure de ce dernier, tentant de le rompre, le briser, mais c'était peine perdue ! A coté d'elle, le Capitaine Lupan ne disait rien, restait immobile, le regard apparemment dans le vide. Ce ne fut qu'au bout de plusieurs minutes, que Phadransie cracha sur le sol, avant de lâcher dédaigneusement :

« La peste soit de ce vaisseau d'Ozan !

Black Jack avait tourné vers elle sa grosse tête velue. Les deux avaient été, bien sur, désarmés et partageaient la même cellule. Phadransie se demanda si Renarde la Rousse était toujours en vie. L'Arrembaggio avait-il survécu à l'attaque de ce "Gardien" ? Elle en doutait. Il lui semblait avoir vu le bâtiment sombrer, doucement...

- Nous sommes dans de beau dra...

Elle ne put terminer sa phrase, qu'on entendit un claquement sec. Celui de l'écoutille menant aux ponts inférieurs. Puis des bruits de cahute, et de chaînes. On amenait un groupe de prisonniers ! Phadransie et Le Black Jack les reconnurent, en dépit de la pénombre. Il y avait là, en piteux état, des hommes de l'Arrembaggio et du Royal Rover réunis. Parmi eux, La Noire reconnut Monsieur T, celui qui secondait son camarade velu. On emmena en trois fois différents petits groupes de survivants, mêlant hommes de La Noire et hommes de Black Jack. Certes, ils avaient échappés à la noyade. Cependant, étaient-ils pour autant -tout comme leurs capitaines- en de meilleures dispositions ? On l'ignorait. Ce qui était sûr ? L'Arrembaggio et le Royal Rover étaient au plus profond des domaines de May'Veal.

Pour Phadransie, une autre l'était. Sa chère Renarde était en vie ! Elle l'avait clairement vue, reconnue grace à sa tignasse purpurine au milieu des abysses, tandis qu'on la ferrait dans une geôle lointaine, avec un autre groupe de pirate captifs. Les choses, songeait-elle alors, s'arrangerait vite.

On les laissa, elle et Jack, de nombreuses heures à l'intérieur de leur cellule. Puis enfin, un aracnor velu aux mandibules proéminentes vint leur ouvrir. Toujours enchaînés, on fit sortir à grands coups de bras et de pied les prisonniers ! Et c'est lorsqu'ils furent tous sur le pont, obligés de s'agenouiller sous les arquebuses, fusils et pistolets des quartiers-maître, qu'apparut de nouveau la Capitaine du Eighth Son.

- Une jolie pêche que nous a ramené là notre Gardien ! Vous n'êtes pas de mon avis vous deux ?

Comme ni La Noire ni le Jack ne bronchait, Léone tira de son baudrier un pistolet finement travaillé avec une crosse en ivoire, qu'elle braqua sur l'un des marins !

- Cet homme là ! gueula-t-elle ! Vous le connaissez ?

La Noire et Black Jack se regardèrent, au milieu de leurs chaînes. Il s'agissait du pilote Elfin de l'Arrembaggio, que Phadransie avait engagé à Port-Suppure. Ses ailes, effilées, trempées, semblaient se ratatiner derrière son dos de façon pitoyable.

*PAN*

El l'Elfin s'écroula au milieu de ses anciens camarades. Mort !

- C'est avec ça que vous comptiez mener votre révolution !? beugla alors Lamiedo !
- Révolutioooon ! crailla le corbeau noir perché sur son épaule.
- Et cet Aracnor là ? A qui appartient-il ?!
- A elle, répondit le Capitaine Jack.
- A lui ! cracha au même moment Phadransie.

Encore une fois, les deux se dévisagèrent d'une expression neutre.


*PAN*


Cela n'avais pas empêché Léone de lui loger une balle en pleine tête ! Et elle éclata de rire !

- Par Ozan ! Et vous vouliez défier le Roi Pirate ? Avec CA ?!

Phadransie serra les dents, sentant le canon glacial des hommes de la Capitaine du Eighth à quelques pouces de sa propre tempe !

- Et lui, il a un nom ?

*PANN*

- Et ce Xen ?

*PANNN*

Black Jak réagit enfin, criant quelque chose à Lamiedo ! Mais La Noire le prit de vitesse ! Elle s'était levé en un bond, en une seconde, braquant sur cette infortunée batarde Aracnor son crochet étincelant d'or ! Elle avait appuyé son pistolet sur la tempe de Renarde !

- CA SUFFIT !
- CA SUFFIT QUOI ? Alors ? Phadransie Lamiedo la fieffée mutine du Roi Pirate d'Arcaëlle qui s'inquète pour ses hommes ?
- Je te défends de...
- DE QUOI ?
- D-E  Q-U-O-I ! craillarda l'emplumé en changeant d'épaule !
- Je sais ce que vous voulez, tous les deux ! rit alors la pirate aux yeux rouges ! Vous complotiez contre mon père ! Notre père ! ajouta-t-elle à l'attention de Phadransie !
- Absolument p...commença Black Jack.
- Oui ! beugla Phadransie d'un regard mauvais !
- Et vous imaginiez quoi, serieusement ? Bande de sous merdes ! Vous emparer du Eighth Son ? Confondre le Seventh ? Défier le Roi Pirate !?
- Cela n'était pas nos intentions ! se défendit d'un ton courtois le Lupan.
- Je ne suis pas là pour défier le Roi Pirate, espèce de pute ! Je suis là pour le buter !

A coté d'elle, Phadransie La Noire put entendre Black Jack soupirer, l'air blasé. Alors elle avança d'un bon pas vers Léone !

- Au lieu de te pavaner en faisant sauter la tête de mes hommes...
- Vous avez perdu ! cracha la Capitaine du Eighth Son en avançant d'un bon pas vers Phadransie ! -Les deux femmes faisaient exactement la même taille !- Si tu n'avais pas renié tes origines, si tu ne portais pas ce cache-œil de merde pour dissimuler ton ascendance Aracnor, tu aurais pu faire un avec notre Gardien ! Tu aurais pu le comprendre et échanger des informations avec lui ! C'est comme ça que nous faisions, nous, les enfants du Roi Pirate ! Mais non ! Phadransie Lamiedo était trop fière ! Il fallait que ça soit "La Noire" !
- Crôôa ! La Noire ! répéta l'oiseau en perdant quelques plumes !
- La vérité, reprit Léone en se penchant très près de sa demi-sœur à l’œil sombre, c'est que tu n'étais pas à la hauteur du Seventh Son ! Tu ne savais pas commander, tu t'es vautrée, tu as essayer de tuer Terrentt, tu as essayer de doubler notre Père et Maître, et voilà le résultat ! Ton orgueil ne supporte pas ton échec !

Face à toutes ses accusations, Phadransie La Noire cracha littéralement ! Au pied de cette pute de Léone !

- Tu veux une preuve, salope ? Je te prouve ma valeur quand tu veux, par l'enfer !

Alors, esquissant un sourire, la Capitaine était allée s'asseoir l'air de rien sur la ligne de hauban qui grimpait le long du Grand Mât.

- Hmm... C'est vrai que ça fait longtemps que je ne me suis plus amusée sur ces eaux...

Elle claqua des doigts, et aussitôt les quartiers-maître, véritables armoires à glace, se saisirent d'elle pour l'extirper du cercle des prisonniers ! Léone susurra, caressant son corbeau osseux :

- Que dis-tu d'un duel, chère Phadransie "La Noire" ? Cela pourrait, je l'espère, au moins me distraire un peu ! Si tu échoues, tu diras aurevoir à tous tes petits rêves d'ascension et de rébellion sur les mers ! Je tuerai un par un tous tes hommes, même lui ! Le poilu ! Et tu y assisteras ! Car je te tuerai, toi, en tout dernier...

Elle s'étrangla d'un rire guttural avant d'ajouter, croisant sa jambe de bois sur sa jambe de chair :

- Mais si tu vaincs...
- Je veux le Eighth Son ! trancha net Phadransie.
- Pardon ?
- C'est sans condition et sans équivoque ! Si je te bute, le Eighth Son me reviendra de droit !

Des rires. Des rires éclatèrent autour d'elle, que Léone fit cesser d'un geste de la main.

- Le jeu en vaut la chandelle, j'accepte !

A son tour, la huitième fille éclate en rire, et de nouveau ce fut tout l'équipage du Eighth Son qui repartit de plus belle à persifler en se tenant le ventre ! On décrocha les chaînes autour des bottes de Phadransie !

- Ma pauvre soeur ! rit Léone Bartolomë ! Tu te crois capable de me battre en duel, alors que je n'ai qu'à tendre la main pour t'écraser entre mon pouce et mon index !
- Dêêêx ! cria le corbeau !

Elle s'extirpa des haubans !

- Sois gentille, essaie de me tenir tête au moins cinq minutes ! D'accord ?

On tendit un sabre à Phadransie tandis que Léone Lamiedo se saisissait de la poignée du sien ! Un contact minime mais qui parut pourtant faire tressaillir chacune des âmes que portait le Eighth Son !

- Tu sais quel est le nom de mon navire ? sourit à son tour Phadransie La Noire tout en faisant jouer son poignet. La BlackWasp. Parce qu'il n'y a pas de meilleur prédateur pour l'araignée que la guêpe !

Léone cesse de sourire.

- Finalement j'ai changé d'avis. Tu es une honte pour notre Père. Je te tuerai vite ! »

Les deux femmes s'élancèrent l'une sur l'autre tandis que pirates et prisonniers s'écartaient du pont principal !

La Noire. Tu n'as pas le droit à l'erreur maintenant !
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Ven 8 Sep - 11:23
Jack était là, le regard vide, fixant d'un air absent les planches de la geôle qu'il partageait avec Phadransie, elle même se débattant avec le collier de métal qui lui enserrait le cou. Elle se mit à cracher et à vociférer.

- La peste soit de ce vaisseau d'Ozan !

Black Jack tourna sa tête vers elle, l'air dépité. Pour rien au monde il aurait voulu être seul dans cette prison. Il ne regrettait donc point son geste, celui d'avoir sauver La Noire. Il se demandait cependant s'il n'aurait pas mieux fait de ne pas la suivre. Léone avait peut-être raison finalement... Il avait suivi Phadransie par caprice et avidité, mais le résultat était un échec sonnant.

La Noire se mit à parler, mais le lupan n'écoutait pas, elle fut interrompue dans sa phrase. On poussait de force des hommes et des femmes dans la pénombre de ces geôles. Jack les reconnu immédiatement : son équipage et celui de l'Arrembaggio. Il croisa le regard de Monsieur T. qui semblait jeter des éclairs. Il ne dit pas un mot à son capitaine mais lui fit quelques signes. Le lupan comprit sans problème, son second continuait de lui faire confiance et lui envoyait un message : ne pas abandonner. Oh ça non, Jack n'abandonnerait sûrement pas, dusse-t-il perdre la vie dans une tentative de mutinerie, pour s'échapper de l'emprise de la fille du Roi Pirate.

Ce qui était cependant sûr, c'est que le Black Jack avait perdu le Royal Rover, et ça, il le ferait payer, et pas seulement à Léone. Tous, allaient devoir payer pour lui avoir arraché son navire, son bébé, le navire sur lequel il avait fait ses débuts. Jack avait pris des risques inconsidérés, mais il refusait d'en porter seul la responsabilité. Il allait y avait du sang et des larmes pour couler sur ce maudit Eighth Son.

Le Black Jack se rapprocha des barreaux et vit plus loin son second, le fixant, toujours cet air furieux sur le visage. Lui aussi pensait à la même chose : la vengeance. Monsieur T. frappa sur les barreaux avec ses chaînes, suivant un rythme bien précis. Le capitaine lupan tendit l'oreille, et après un moment de silence, il se mit à frapper également contre les barreaux, comme pour répondre à son second. S'ensuivit le même jeu un petit moment, avant que Jack n'esquisse un sourire mauvais. Il frappa une dernière fois avant que La Noire ne se mette à jurer sur le lupan d'arrêter son merdier. Jack resta alors silencieux, gardant un air neutre, qui ne trahissait pas la colère qui bouillait en lui, cette colère qu'il allait utiliser pour se venger.

Après un long moment passé dans ces cellules, on les fit finalement sortir, accompagnés par des gros bras portant de gros fusils. Ils s'agenouillèrent sur le pont, tous mis en joue.

- Une jolie pêche que nous a ramené là notre Gardien ! Vous n'êtes pas de mon avis vous deux ? s'exclama la Capitaine du Eighth qui apparut à leurs yeux.

La Noire ne broncha pas, ni Jack d'ailleurs. Il ne pipa mot, mais son regard était éloquent. Un regard froid et plein de haine, un regard bestial, presque primaire, venant des tréfonds de ses instincts de lupan. Il le sentait, sa propre fureur aurait pu le pousser à perdre toute dignité et à venir arracher la tête de Léone à mains nues.

- Cet homme là ! gueula-t-elle ! Vous le connaissez ?

Léone avait à présent son pistolet braqué sur la tête du pilote de l'Arrembaggio. L'elfin morvait et tremblait comme un animal destiné à l'abattoir. Jack crut même un instant que l'homme se faisait dessus. Mais peut-être n'était-ce que l'eau qui coulait sur lui. Le cœur du Black Jack se mit à battre frénétiquement et ce qu'il craignit arriva. Après une détonation, l'elfin s'écroula, une balle dans la tête.

- C'est avec ça que vous comptiez mener votre révolution !? beugla alors Lamiedo !
- Révolutioooon ! crailla le corbeau noir perché sur son épaule.
- Et cet Aracnor là ? A qui appartient-il ?!
- A elle, répondit le Capitaine Jack, quasiment persuadé que ce n'était pas l'un de ses hommes.
- A lui ! cracha au même moment Phadransie.

Jack et Phadransie se regardèrent, impuissants. Leurs hommes se faisaient abattre comme des chiens. Le lupan avait l’œil humide, serrant les dents. Il sentait déjà le poids de la mort de ses propres marins peser sur lui tandis qu'ils quittaient se monde pour rejoindre celui du Royaume des Morts. Mais il ne pouvait en supporter d'avantage. Il se leva malgré les chaînes à ses pieds, la gueule grande ouverte, ses crocs brillant d'un éclat effrayant.

- ESPECE DE …

Mais le lupan fut arrêté par Phadransie qui bondit, crochet en avant et hurla.

- CA SUFFIT !
- CA SUFFIT QUOI ? Alors ? Phadransie Lamiedo la fieffée mutine du Roi Pirate d'Arcaëlle qui s’inquiète pour ses hommes ?
- Je te défends de...

Phadransie... Lamiedo ? Le Black Jack avait du mal entendre. LAMIEDO ??? Alors La Noire était la fille du Roi Pirate ?

- DE QUOI ? vociféra la capitaine du Eighth Son
- D-E  Q-U-O-I ! craillarda l'emplumé en changeant d'épaule !

Exactement ! DE QUOI ? C'est cette question qui revenait sans arrêt dans la tête de Jack. La traîtresse ! La vipère !! Elle lui avait bien cacher ça ! S'il l'avait su, s'il avait eut le moindre soupçon sur la chose... Jamais il n'aurait accepté ! La diablesse !

- Je sais ce que vous voulez, tous les deux ! rit alors la pirate aux yeux rouges. Vous complotiez contre mon père ! Notre père ! ajouta-t-elle à l'attention de Phadransie.
- Absolument p... commença Black Jack.
- Oui ! beugla Phadransie d'un regard mauvais !

« Mais ferme-la ! » pensa-t-il alors. « Ce n'est pas le moment de la provoquer, sombre idiote ! Il faut nous faire gagner du temps, pas nous en faire perdre ! Tu vas nous faire tuer, La Noire...  »

- Et vous imaginiez quoi, sérieusement ? Bande de sous merdes ! Vous emparer du Eighth Son ? Confondre le Seventh ? Défier le Roi Pirate !?
- Cela n'était pas nos intentions ! tenta Jack, d'un ton qui se voulait courtois.
- Je ne suis pas là pour défier le Roi Pirate, espèce de pute ! Je suis là pour le buter !

Le Black Jack soupira. « Ca y est... On est mort... Merci, La Noire... Enfin pour ce que ça change... »

S'ensuivit un dialogue entre La Noire et sa sœur, enfin demi-sœur à ce que compris Jack. Pendant ce temps là, l'ex-capitaine du feu Royal Rover ne resta pas les bras croisés. Il jeta un regard vers son second et lui fit un petit signe de la tête, lui désignant l'homme derrière lui. Il fit une grimace en tordant le coup sur le côté et Monsieur T. regarda son capitaine avec un air incompréhensif. Le Black Jack soupira à nouveau et refit une tentative de communication gestuelle, il tordit ses doigts, mimant l'acte d'étrangler quelqu'un. Monsieur T. compris enfin. Ensuite il pointa plusieurs gars de son équipage du doigt et tenta d'expliquer quelque chose, mais le grand gaillard ne sembla pas saisir.

Jack soupirait et faisait des mimiques de désespoir. Plus ça allait, et plus il s'agitait comme un dément. L'un des quartiers maîtres posa le canon de son tromblon tout contre sa tête.

- Qu'est-ce que tu manigances ? Si tu gigotes encore, je te trous la cervelle.
- Mes excuses, cher monsieur, je crains avoir attrapé des puces. Cela me démange horriblement !
- Silence !! Et gardes tes puces !

Le lupan fit silence et entendit alors Léone parler du « poilu ». Il n'y avait aucun doute, on parlait de lui. Il était visiblement question de l'exécuter après un duel.

- Je veux le Eighth Son ! trancha net Phadransie.
- Pardon ?
- C'est sans condition et sans équivoque ! Si je te bute, le Eighth Son me reviendra de droit !

Des rires. Des rires éclatèrent autour d'elle, que Léone fit cesser d'un geste de la main.

- Le jeu en vaut la chandelle, j'accepte !

Les rires recommencèrent avec plus d'intensité. Ils étaient tous occupés à rire, les crétins. Jack en profita pour glisser discrètement sa main vers le poignard qui pendait à la ceinture du type qui était censé le tenir en joue - qui était surtout occupé à se plier en deux de rire - et la tira doucement en dehors de son étui. D'un rapide mouvement, il la cacha sous sa botte et jeta un regard vers Monsieur T. Jack lui fit un clin d’œil auquel il répondit.

On tendit un sabre à Phadransie pour son duel, et les deux sœurs se firent face. Évidemment, La Noire ne put s'empêcher de lancer une dernière pique à Léone. Celle-ci vociféra des menaces et les deux femmes se jetèrent l'une contre l'autre. C'était le moment idéal songea Jack. Il donna le signal à Monsieur T. qui bondit en avant et se mit alors à crier.

- Allez-y, Capitaine !!! Montrez-lui à cette pute !!! Enfoncez-lui le dard de la Guêpe dans son sale cul !!
- Hé !! Rassis-toi !!! Ou j'te colle du plomb dans la tête !


Les autres membres du Royal Rover l'imitèrent et crièrent des encouragements à La Noire, ou des insanités à Léone, piétinant lamentablement à cause des chaînes. Les arcaëlliens de l'Arrambaggio se regardèrent tous avec surprise, comme s'ils ne comprenaient pas. Ils hésitèrent, mais poussé par l'effet de groupe, ils imitèrent leurs camarades du Royal Rover. L'homme derrière Jack se détourna de lui et pointa son arme vers le groupe. Le lupan en profita pour se saisir de la dague, attraper le type par la jambe et le faire tomber à terre, profitant que son équipage soit debout pour camoufler aux yeux de leurs gardes son acte. Il se débattit avec lui, lui plongeant la main sur la bouche pour l'empêcher de crier à l'aide. De son autre main, il plongea la lame du poignard dans sa gorge tout en lui tordant le cou.

- Rasseyez-vous sales chiens !! Ou on vous truffe de plomb !! Rasseyez-vous !!!

Il y eut un tir, et un des hommes du Royal Rover tomba, les yeux révulsés. Le Black Jack ce maudit et jura mais se saisit du fusil de sa victime et visa Léone. Ses hommes continuaient de donner du mal à ceux du Eighth et faisaient en sorte de se serrer autour de leur capitaine pour cacher ses manigances.

- J'te fais confiance La Noire, mais juste au cas où...

Il arma le fusil et le pointa vers les jambes de Léone. Si par malheur, sa jambe de bois venait à exploser, le duel ne serait pas caduc, ces choses là arrivent. Et puis Jack ne pourrait pas être tenu responsable de l'avoir tuer traîtreusement. En tout cas, il ne comptait pas laisser La Noire perdre. Un autre tir, un autre de ses hommes morts. Ils commencèrent à se rasseoir, piétinant le cadavre du garde... cachant du mieux qu'ils le pouvaient Jack et ses entourloupes. Il espérait en tout cas que Monsieur T. était prêt à agir s'il se faisait prendre la main dans le sac...
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Dim 10 Sep - 0:49
Seigneur, quand froide est la prairie,
Quand dans les hameaux abattus,
Les longs angelus se sont tus...
Sur la nature défleurie

Rimbaud



L'équipage du Eighth Son paraissait plus amusé qu'autre chose à l'idée de ce duel entre Phadransie La Noire et Léone Lamiedo. D'ailleurs, qui était-elle, cette pute ? Léone Bartolomë Lamiedo, qu'elle se faisait appeller. Sans déconner, qui utilisait trois noms pour son patronyme, de nos jours ?

« Sois gentille, essaie de me tenir tête au moins cinq minutes ! D'accord ?

On tendit un sabre à Phadransie tandis que Léone Lamiedo se saisissait de la poignée du sien ! Un contact minime mais qui parut pourtant faire tressaillir chacune des âmes que portait le Eighth Son !

- Tu sais quel est le nom de mon navire ? La BlackWasp. Parce qu'il n'y a pas de meilleur prédateur pour l'araignée que la guêpe !

Léone cessa alors de sourire, et sa bouche abrita alors un rictus tout-à-fait haineux. Sur son épaule, le volatile bavard crailla quelque chose d'incompréhensible !

- Finalement j'ai changé d'avis. Tu es une honte pour notre Père. Je te tuerai vite !

Les deux femmes s'élancèrent l'une sur l'autre tandis que pirates et prisonniers s'écartaient du pont principal !

CLANG !

Les deux sabres se frappèrent fermement ! Les deux lames glissèrent l'une contre l'autre ! On avait filé à La Noire une arme tout à fait banale qui, sans être mauvaise, n'avait rien d'exceptionnel. Quant à Léone, elle pouvait le remarquer tout de suite, tenait fermement entre ses doigts un sabre d'une facture et d'une taille remarquable ! D'un poids remarquable aussi !

Phadransie La Noire tenta le tout pour le tout ! Elle misa tout sur sa vitesse ! Sans cesse mobile, louvoyant, les chevilles légères, le poignet finassant dans l'air, elle misa tout sur un jeu agressif dès le départ ! L'offensive, voilà sa meilleure attaque ! Mais, alors que son adversaire aurait dû être gênée par cette gigantesque épée qu'elle portait parfois même à deux mains, pas une fois les coups de Phadransie ne l'atteignirent ! Au contraire, à chacun d'eux elle contrait ou esquivait, puis attaquait à son tour, l'air aussi légère que La Noire ! Et chacun des coups de Léone faisait mouche, Phadransie s'exposant dangereusement dans son jeu d'offense ! Au bout de plusieurs secondes, La Noire hurlait intérieurement ! Poisseuse de sang, elle avait été percée de plusieurs côtés par la main de son adversaire, alors que celle-ci n'avait rien ! Et c'est Phadransie qui prenait à chaque fois l'initiative ! Elle ne comprenait pas !

Ou plutôt si. Elle comprenait que la maîtrise de Léone la surpassait, que son arme avait quelque chose d'anormal et que elle-même, à vouloir frapper vite et en premier, ne faisait que précipiter sa défaite !

- Pffft, cracha presque Léone ! Tu n'es pas digne de reprendre le Eighth Son ! Tout ce que tu mérites, c'est de finir les boyaux percés sur ma lame ! Tu ne m'amuses même pas. Finissons-en !

CLANG !

Tout en parlant, elle avait encore paré l'une des attaques de Phadransie, qui, jouant le tout pour le tout, s'était servi de son crochet en or pour bloquer la main de son adversaire ! Le crochet enroulé autour du poignet de Léone, elle s'était servie de nouveau de sa main gauche pour frapper d'un revers du sabre le flanc de la fille du Roi Pirate ! Et cette fois, elle fit enfin mouche ! Elle entendit nettement le craquement des tissus, des ceinturons et peut-être même du corsage de sa rivale sous le coup ! Puis du sang ! Mais bien peu de sang, comparé aux coups qu'avait pris Phadransie et qui commençaient à présent à tâcher le pont du navire !

- AAAAARGGGG !

Au moment où Phadransie La Noire se jetait littéralement sur Léone, prête à enchaîner coups sur coups sans lui laisser une seconde de répit, cette dernière posa avec fureur la pointe de son sabre sur le pont du Eighth Son ! Alors Phadransie La Noire la vit ! Elle étincelait de mille feux ! L'émeraude, sur le pommeau de l'épée de Bartolomë ! La salope ! Une Gemme !
Alors que les formidables facultés de sa demi-soeur s'expliquaient d'elles-même aux yeux de Phadransie, son coup ne porta pas ! Un halo de lumière, comme un éclair sourd, sembla frapper l'air autour d'elle d'eux ! Et la seconde d'après, jaillissaient du pont du Eighth Son des dizaines de corps faits de bois ! Le même bois que celui du vaisseau, et qui se jetaient tous en même temps sur elle, la désarmant et l'immobilisant ! Pieds, jambes, cuisses, bras, mains ! Elle avait beau lutter, tous ces êtres sortant droit du cœur du navire avaient l'écorce solide et l'avantage du nombre ! C'était le navire tout entier qui se rangeait sous l'autorité de sa chienne de Capitaine ! Non, pas de sa Capitaine ! songea Phadransie ! De son épée ! De sa Gemme émeraude ! De Khan !

Tandis que Léone posait le plat de sa lame sous le menton de la vaincue, un sourire empli de suffisance entre les lèvres, La Noire cracha :

- En fait, tu ne vaux rien sans ton épée ! Qui c'est qui te l'a donnée ? Le Roi Pirate ?

Et elle éclata de rire, immobilisée comme elle l'était entre des dizaines de mains de bois !

- Et tu prétends valoir quelque chose ! Avec une Gemme Khan, n'importe quel fils de pute remporte un duel au sabre ! Ma pauvre Léone ! Si j'étais à la place de notre père, je s'rai consterné d'avoir une fille comme ça à la tête d'un de mes navires !

Un coup de poing de la part de la Capitaine du huitième fils la fit ravaler ses mots !

- Ferme-la, Phadransie ! Ton babillage ridicule ne sauvera pas ta vie ! Tu sais quoi ? Je vais conserver ta tête dans un sac, et je l'offrirai à Ildezzeeth lorsque je le verrai. C'est-à-dire dans peu de temps !

La Capitaine aux yeux rouges arma alors son bras, prête à décapiter sans outre préliminaires la pirate borgne qui avait osé la défier jusque sur son bâtiment ! Phadransie ne ferma pas l'oeil, voyant le coup venir. Elle pensa plutôt qu'il était temps pour elle de placer ses derniers mots. Elle n'avait que très peu de temps pour se décider :

- Fieffée pétasse ! »

Pourquoi pas !
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Dim 10 Sep - 10:06
Jack visait, mais ne pouvait tirer. Chaque fois qu'il en avait l'occasion, Phadransie se retrouvait devant lui. Le combat était furieux et les deux femmes dansés comme des diablesses aux rythmes des coups d'épée. Malgré sa dextérité, La Noire était surpassée. Léone Lamiedo se mouvait comme une démone des enfers d'Özan et pas un seul coup ne lui fut porté, aucun jusqu'à ce que son adversaire lui agrippe le poignet de son crochet et ne lui colla un coup de sabre dans l'abdomen. Mais ce fut une bien maigre blessure comparée à tout ce qu'avait subit Phadransie.

C'est à ce moment précis que le Black Jack vit un éclat lumineux provenant de l'épée de Léone. De stupeur, il ouvrit grand la bouche et les yeux : une gemme ! « Maudite soit-elle ! » se dit-il avant de remarquer soudainement l'air qui s’alourdissait autour de lui. Elle allait s'en servir ! Son instinct animal fit se dresser ses poils, il sentait la magie arriver, a après avoir été ébloui par un éclair de lumière, il put constater que ses peurs étaient fondées : des pantins de bois, animés par le fluide de la gemme, maintenaient La Noire à la merci de son adversaire.

- En fait, tu ne vaux rien sans ton épée ! Qui c'est qui te l'a donnée ? Le Roi Pirate ? vociféra La Noire.

Et elle éclata de rire, immobilisée comme elle l'était entre des dizaines de mains de bois !

- Et tu prétends valoir quelque chose ! Avec une Gemme Khan, n'importe quel fils de pute remporte un duel au sabre ! Ma pauvre Léone ! Si j'étais à la place de notre père, je s'rai consterné d'avoir une fille comme ça à la tête d'un de mes navires !

Un coup de poing de la part de la Capitaine du huitième fils la fit ravaler ses mots.

- Ferme-la, Phadransie ! Ton babillage ridicule ne sauvera pas ta vie ! Tu sais quoi ? Je vais conserver ta tête dans un sac, et je l'offrirai à Ildezzeeth lorsque je le verrai. C'est-à-dire dans peu de temps !

Elle leva son bras armé, prête à décapiter Phadransie, cette dernière qui n'eut pour seuls mots que les suivants :

- Fieffée pétasse !

PAN !

Sans la moindre hésitation, Black tira avec son arquebuse. Le plomb fila à toute vitesse et arracha les doigts de Léone qui poussa un hurlement de douleur. La lame qu'elle tenait auparavant vola en l'air et passa par dessus bord, tombant ainsi dans les abysses du cimetière des épaves, et avec elle sa magie, qui se dissipait peu à peu, permettant à La Noire  de se défaire de l'emprise des hommes de bois.

- Celle là, tu l'auras pas volée, salope ! gueula Jack. Monsieur T, c'est à vous !

Alors qu'il criait ses ordres, les hommes de Léone pointèrent leurs armes sur Jack et tirèrent, découvrant la supercherie. Deux membres de son équipage tombèrent sous les coups : une xen et un humain. Le Black Jack, lui, s'écroula au sol, l'épaule percé d'un tir de pistolet.

- Argh... J'compte sur toi, La Noire... pesta-t-il entre ses dents.

Tandis que le Capitaine Lupan perdait connaissance petit à petit, il entendit les crépitements de la foudre. Les yeux de Monsieur T. s'étaient révulsés tandis qu'il prononçait des mots dans une ancienne langue arcaëllienne. Le fluide autour de lui se chargea en électricité avant de d'éclater en une multitude d'éclair qui frappa une partie de l'équipage du Eighth Son. La poudre contenue dans leur fusil leur éclata dans les mains et au visage, les mutilants pour la plupart à mort. D'autres n'eurent pas cette chance...

Ils ne furent d'ailleurs pas les seuls à en subir les conséquences. La foudre avait également frappé une partie des équipages de l'Arrembaggio et du Royal Rover. Quant à dire s'ils étaient vivants ou juste sonnés... personne n'aurait pu le savoir de visu. Les derniers cris de panique et de fureur, provenant de ses ennemis comme de ses alliés, parvinrent une dernière fois au Black Jack avant qu'il ne perde totalement connaissance.
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Mer 13 Sep - 14:44
Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d'une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

Baudelaire



Tout s'était déroulé très vite ! Phadransie La Noire sut qu'elle n'aurait pas d'autre chance que celle-là ! Alors au milieu des éclairs, du fluide, de la sueur et du sang, oubliant les dizaines de plaies et meurtrissures qui la morcelaient, la pirate se saisit d'un sabre passé à la ceinture d'un forban Aracnor au plus près d'elle, et fonça sur Léone Lamiedo afin de la terrasser ! La main pourfendue d'un tir de pistolet, ce qui restait de doigts seulement maintenus à la paume par un amas emmêlé de nerfs, Léone ne réussit à esquiver le coup de la lame qui lui perça le cœur en un clin d’œil ! Alors que Phadransie se délectait de sa victoire le fluide crépitant autour d'elle au point de lui faire siffler les oreilles, elle enfonça, pouce après pouce, sa lame dans la poitrine de sa rivale, avant de parvenir jusqu'à son oreille, lui susurrer :

« Je te laisse t'arranger avec Gar'Haz. Transmets-lui le nom d'Ildezzeeth, de ma part ! Qu'il lui réserve une place bien au chaud ! Je enverrai brûler en enfer sa carcasse, juste derrière la tienne ! »

D'un coup de botte bien placé, elle dégagea la Huitième fille de sa lame, la faisant rouler sur le pont du bâtiment ! Déjà, les éclairs palpitant jusque dans la mature s'étaient tus, et La Noire put alors constater l'évident : elle était la seule survivante de ce carnage. Un champ de cadavres jonchait le pont du Eighth Son. Les fils d'Özan, le corps de la Capitaine -ex Capitaine !-, ses propres marins, Monsieur T, les quelques hommes du Black Jack. Tous morts. Et Renarde...

Elle gisait, elle aussi. Sur le pont, touchée -sans doute perforée !- par l'un de ces éclairs.

Alors, sans un mot, Phadransie recommanda l'âme de sa fidèle amante à Gar'Haz, avant de marcher, lentement, perlant de sueur et de sang, jusqu'au gouvernail du Eighth Son. Elle posa sa main et son crochet sur les drisses, d'un bois d'ébène, en soupirant. Le prix pour barrer ce joyau des mers avait été fixé. Et payé, paraissait-il...

Elle l'acceptait. De toutes façons, qui d'autres à part elle aurait pu commander ce magnifique bâtiment ? Elle louait la fidélité de Renarde et le courage du Lupan. Sans eux, c'est évident, la prise du Eighth Son aurait tourné à la catastrophe. Elle redressant le regard espérant réussir à caler l'erre du Eighth sur l'un des alizés, permettant de raccourcir les voyages au long cours en hautes mers.

Perché quelque part sur la mature, probablement sur la vergue d'Artimon, le corbeau bavard jacassait, craillant à répétition un charabia incompréhensible, lorgnant la nouvelle Capitaine de ses petits yeux rouges perçants.

Mais Phadransie ne le regardait plus. La tête lui tournait. Elle perdait du sang. Ses pieds paraissaient se dérober du sol. Elle espérait encore réussir à amarrer le Eighth Son quelque part, rapidement, puis faire valoir sa possession avant de sombrer dans le néant. Peut-être définitivement.
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