L'Aube des Mondes
Bonne visite dans notre univers.

Lun 17 Avr - 11:11
Que veux-tu que je devienne
Si je n'entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s'en va ? Je ne sais pas.

Hugo



Le Général Sal'Han en venait à la conclusion de ses nominations et promotions au sein de l'armée royale ou de la marine royale. Mais pour le Pygargue, dont l'âme se pâmait d'adoration, d'émoi et de trouble, le monde avait cessé de tourner dès lors que sa Souveraine avait posé sur lui une main aux doigts cristallins, doux comme la soie, afin de la gratifier d'un sourire plus doux encore. Ce sourire avait chassé de ses pensées Lancelm, Bervers, Le Prince de Palmyre et tout un tas d'autres idées. Dans sa poitrine, le cœur cognait si fort qu'il eut l'impression que l'audience royale qui lui avait été accordée quelques jours en avant n'était plus qu'une broutille au prix de cette cérémonie d'intronisation.

Bientôt, tous les soldats se relevèrent. Parmi un groupe d'Arcaëlliens ailés, demeurés un peu à l'écart, et en uniforme de marine, un Xen que le Pygargue identifia comme un cousin de Horace vent le saluer. Il portait épinglé à son uniforme le statut d'amiral de la marine Royale. Le Pygargue baissa les yeux sur la propre insigne qui décorait à présent son pourpoint. Il était Commodore pour la Reine Amäly Tahora'Han. Un immense honneur auquel il n'avait point espéré.

Il se demanda ce qui allait bien pouvoir se passer à présent que les promotions avaient été distribuées. Horace De Klemmens, à l'ombre de la cour, s'entretenait avec cet autre Klemmens maintenant que le Général semblait avoir finis son discours. Mais il lui sembla que la cérémonie n'était pas encore terminée La Reine allait-elle parler ? A ce propos, le Pygargue la chercha du regard mais ne la trouva point.

Il mit à profit cet instant de répit que les Dieux semblèrent lui accorder afin d'empêcher son cœur de battre trop fort et se modérer. Au-dessus de sa tête, un aigle planait sur un couloir de vent. Le Pygargue salua cette performance. Combien cela faisait-il de temps qu'il n'avait pas volé ? Pour une fois, il en éprouva l'impérieux besoin.

C'est en tant que Everhell qu'on l'avait, cette fois, présenté à la Reine. Pas un seul faux pas ne serait toléré, à présent. Chacun de ses mots, chacune de ses phrases, de ses actions, de ses pensées, devrait être une prose en l'honneur du Royaume et sa Reine, ou ne serait pas.
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Le masque de Kaliqua

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Mar 18 Avr - 14:49
La Reine s'était éclipsé un moment, attirée par une affaire qui demandait son attention immédiate. Elle espérait que personne n'ait remarqué cette soudaine absence. Dans une petite alcôve de la cour, à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes, la souveraine était à présent face à un gentilhomme aux cheveux roux et aux allures de renard. Le Maître De Vulpère se tenait souriant, droit et confiant, avec cependant des airs de comploteur, ce qui ne rendait pas la Reine très à l'aise à dire vrai, elle était plutôt même anxieuse. Comme à son habitude dans ces situations là, elle se mordait discrètement la lèvre inférieure.

- Je vous écoute, Maître De Vulpère ! Mais faîtes vite !
- Il se trouve que j'ai, à votre demande, enquêté sur le compte du Comte... Ahahaha ! Le compte du Comte ! Elle est pas mal celle là ! Je devrais la ressortir plus...
- Venez-en au fait, ce n'est point l'heure de la plaisanterie, sieur Godfrey !
- Ahahah ! Petit trait d'humour mal placé... J'en suis navré ! Et bien il s'avère que j'ai découvert quelque sombre affaire, il serait possible que l'homme se soit arrogé quelques droits par des alliances quelques peu douteuses...
- Quelles alliances ? Quels droits ? Avec qui ?
- Cela, Majesté, il me faudra vous le renseigner en un lieu plus propice aux discussions telles que celle-ci. Il ne serait pas bon d'ébruiter à une oreille indiscrète ces choses. Mais vous aviez raison... Il y a bien des personnes de votre cour qui ne sont point bien attentionnés ! La cupidité et l'égoïsme les ont rongé, votre Altesse. Ils craignent tant pour eux même qu'ils semblent que certains se soient alliés à des coquins... Des hommes de peu de vertu, basés à Port Suppure...
- Des pirates ? Des arcaëlliens de ma propre cour pactisent avec des forbans ?
- Et pas forcément les mieux intentionnés, si je puis me permettre. Il y a des pirates qui ne sont pirates que par l'appât du gain, ou par aspiration à la « liberté » qu'ils chérissent tant... même si je qualifierai plutôt cela de débauche et d'anarchisme. Mais ceux-là ont des intentions bien plus mauvaises, je le crains. Leurs ambitions semblent se tourner vers quelque chose de plus... dangereux. Mais les détails, je vous les donnerai en lieu sûr... entre quatre murs sourds !
- Et bien... Il me tarde d'apprendre ces choses... Veuillez vous rendre à mes appartements et contacter Maître Alphare ! Il saura vous faire patienter tandis que j’accomplis mon devoir de souveraine. Soyez là à mon retour !
- J'y veillerai, ma Reine ! Je saurais me montrer patient dans l'attente de revoir votre royale et sublime personne.

La Reine se mordit à nouveau la lèvre avec un air agacé et le rouge lui montant aux lèvres.

- Trêve de flagornerie, Maître Renard. Laissez-nous à notre devoir et attendez-nous au lieu dit !
- Certes, votre Majesté, certes ! J'y galope de ce pas !

Le renard finit par s'en aller, gagnant discrètement l'aile du palais destinée aux appartements de la Reine tandis que cette dernière regagnait la place en milieu de cour et imposa ainsi, par sa seule présence, un silence des plus cérémonials. Son sourire était voilé cependant par une inquiétude qui ne toucha point les arcaëlliens présent en ces lieux, hormis le Pygargue qui pouvait sentir à quel point la clarté de ce sourire était pale en comparaison de ce qu'il était il y a quelques instants de cela. Les choses devaient probablement se gâter mais il fallait que la Reine reste inflexible et montre à quel point elle ne céderait pas à la peur.

- Officiers et soldats de la Marine Royale, je souhaite encore vous féliciter pour votre dévouement à notre grande et belle nation. Notre peuple aura toujours besoin de votre protection, de votre bonté autant que de votre rigueur militaire. S'il est des choses que nous ne pouvons cependant accepter au sein d'Arcaëlle, ce sont bien la débauche, la cupidité, et la vanité ! Nous devons nous montrer digne de la confiance que nourrit notre peuple en nous, envers la Couronne. Je vous demanderai, messieurs, de toujours vous rappeler de votre devoir, et de ne jamais y déroger. Il est temps de prendre des mesures spéciales puisque nous sommes dans une situation exceptionnelle.

La souveraine prit un temps pour s'arrêter et respirer, ce qui ne manqua pas de laisser tous les arcaëlliens présents, accrochés aux bords de ses lèvres dans l'attente de la suite de son discours.

- Aujourd'hui, Arcaëlle est en proie au chaos, à la débauche et à la corruption. La situation à Kaïl m'est parvenue il y a peu, et elle est catastrophique ! Les fidèles d'Özan pillent le continent, et l'Alpha lui même a offert des terres à ces barbares en échange de leur aide contre une force nouvelle, appelée le Domaine. Nous ne pouvons laisser cela faire, nous ne pouvons regarder nos frères et nos sœurs des autres nations mourir sans agir. C'est pourquoi, je décrète officiellement que le Royaume rentre en guerre. A compté de ce jour, nos efforts seront unis afin de pacifier les pays neutres et y instaurer la paix et l'ordre. De même, nous nous unirons aux efforts de la Principauté pour contrer les projets de l'Alpha qui a décidé de bafouer la démocratie que les Kaïléens avaient eu tant de mal à instaurer il y a de cela plus d'un siècle !

Elle s'arrêta alors que des murmures d’appréciation comme d’appréhension commençaient à s'élever. Ce n'était que pour reprendre de plus belle.

- La pacification des territoires neutres passera également par un rappel à l'ordre aux personnes coupable de piraterie, et ceci passera par la prise de possession de Port Suppure, une infâme citée, havre de débauche, de dépravation, de crime et de violence ainsi que de manque de considération envers la vie, car ils se sont également rendu coupable de marchandise d'êtres vivants ! Nous ne pouvons tolérer que ces agissements n'aient lieu plus longtemps. Arcaëlle brillera à nouveau, et si le Royaume doit être le Soleil qui repoussera les ténèbres qui s'y sont installé, alors nous le seront.
- Vive la Reine ! Longue vie à la Reine ! s'écria un officier.

Une clameur s'éleva face à cette déclaration. Cela annonçait bien des troubles futurs pour le Royaume, mais aussi la promesse d'un avenir peut-être meilleur pour tous... hormis pour les pirates.
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Sam 29 Avr - 0:21
Quand mon orage succombe,
J'en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d'azur.

Hugo



« Nous voila entré en guerre contre les Démocrates, lança Le Pygargue à l'attention du nouvellement promu Capitaine Horace De Klemmens.

Près d'eux, le Xen dénommé Lucrace De Klemmens, cousin de Horace, Capitaine de son état. Ce fut cet homme-là qui répondit au Pygargue :

- Dès lors que l'amour des démocrates pour l'ordre est traité de révolte et d'anarchisme...

Le Xen ne termina point sa phrase, et Horace acquiesça du chef, sans rien dire, les traits tirés et graves.

- En guerre contre l'Alpha et contre Port-Suppure, reprit Lucrace. Du mérite éclatant notre reine bien-aimée hait surtout la discorde et l'esclavage en Arcaëlle.
- Je l'escompte bien, répondit le Pygargue en hochant imperceptiblement la tête. Port-Suppure est le caveau de la luxure et la rage. Aucun temple ne l’importune, et son impiété voudrait anéantir les Dieux qui l'ont eux-même quitté.
- Une guerre ouverte contre la piraterie, murmura Horace De Klemmens, voila bien là une sombre affaire.
- Une guerre ouverte contre les hérétiques, corrigea le Commodore ailé. Nul ignore en ce lieu que la Suppure est le quartier des apostats. Et toute une hiérarchie d'hérétique s'est construise et a pris possession des mers d'Arcaëlle.
- Que les Dieux éradiquent rapidement cette vermine, conclue Lucrace.

Lorsqu'il se fut éloigné, Le Pygargue souffla à l'attention de son fidèle ami.

- Les Dieux ? Par le biais de notre Reine, ils viennent de faire de nous leur bras armé.

Autour des deux Xen, l'agitation constante liée à la cérémonie d'intronisation s'était apaisée. De nombreuses heures s'étaient écoulées. Le Pygargue était en train de se demander ce qu'il allait faire, lorsqu'un Tahora aux yeux profonds vint les trouver tous-deux. Il se présenta comme l'habilleur officiel de la cour, et les embarqua sur l'instant en son atelier.

- Il vous faudra faire fabriquer des tenues officielles à votre taille, sur mesure, expliqua-t-il aux deux hommes.

Armés de nombreux outils divers, il les invita à se dévêtir tandis qu'il prenait les mesures nécessaires. Le Pygargue apprit qu'on le rappellerait avec le Capitaine De Klemmens à la cour d'ici quelques jours, une fois que les tenues officielles seront prêtes. Cela soulagea le jeune aristocrate. Plus loin il demeurait du manoir de sa Maison, mieux il se portait. Non pas qu'il avait déplu à Lancelm aujourd'huy, mais la situation l’étouffait presque autant que les exigences de son père. Il avait hâte de reprendre la mer et courir la vague, arborant haut dans le ciel le pavillon du Royaume.

Ils quittèrent l'atelier du maître habilleur bien deux heures après y être entrés. Horace De Klemmens, de nouveau hors de la cour royale, se permit d'allumer une cigarettes. Tous deux se trouvaient près des portes du palais, comme des dizaines de soldats et marins allaient et venaient, la plupart vers la ville, pressés d'aller boire un coup après une telle journée. Beaucoup étaient requis par-ci par-là, de droite de gauche, afin de prendre acte de tel ou tel décret, recevoir sous scellé tel ou tel ordre, le commandement de tel ou tel bâtiment, tel ou tel régiment. L'habilleur de la cour n'en menait point large également, et sa journée promettait d'être longue. Le Pygargue observait muettement son ami, et voyait ses yeux clairs lancer vers le port des regards envieux. Mon très cher Horace ! Vous aussi, noble Capitaine, la mer vous appelle !

Le Pygargue passa le temps en compagnie de son ancien Second, dans l'optique de réussir à intercepter le Général Sal'Han, de qui il prenait désormais ses ordres. Le Général Virenpien placerait-il à bord du Reanspell, ou bien du Prince de Palmyre, quelque Lieutenant ou Second qui lui serait proche ?

- On nous fait Capitaine non moins que Commodore mon cher Klemmens, cependant nous voilà bien pris par l'étau de cette gloire. Le Général possède aujourd'huy la main bien mise sur nos deux gouvernails.

Le Capitaine Horace De Klemmens expira un sillon de fumée grise et légère.

- Plus vous accorderez à sa Majesté de prise à votre bord, et moins vous pourrez douter de la puissance du Royaume. concéda-t-il avec sagesse. »
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Dim 30 Avr - 2:08
C'est d'un air amusé que le grand général virenpien s'avança vers les deux braves xens qui étaient en pleine discussion pour les interrompre avec bienveillance. Il était sacrément imposant et il avait du donner un sacré travailleur au tailleur officiel du Royaume pour la confection de sa tunique. C'était un véritable colosse, même pour un virenpien, mais étrangement, ce n'est pas la peur qu'il inspirait, mais plutôt un respect qui émanait de sa personne, une aura puissante d'autorité.

Et bien messieurs, si cela peut vous rassurer, je ne compte point vous donner d'ordres restrictifs. Vous êtes peut-être désormais sous mes ordres directs, mais j'attends de vous que vous vous montriez force de proposition et autonome comme devraient l'être des officiers et gentilshommes dignes de ce nom.

Il fit un signe de main pour imposer le silence aux deux xens qui auraient pu avoir quelque chose à y redire, une excuse à prononcer, ou un semblant d'explication. Le général n'attendait point cela, il aimait que les choses soient directes sans détour ni décorum. Il n'avait pas besoin de politesse, ni de jolies phrases, il était à bien des égards, plus enclins à parler aux marins en eux plutôt qu'aux aristocrates qu'ils étaient malgré tout.

Vous m'attendiez à ce que je constate. C'est fort bien, car moi-même je vous cherchais. Il me faut vous parler de certaines choses concernant les écrits qui sont les vôtres et que vous m'eûtes confié il y a peu. Ils ont été des plus... intéressants et prometteurs. Il me faut également vous mettre au courant des mesures que nous prendrons quant à votre équipage et des hommes que nous mettrons sous votre commandement. Il est clair que ceux qui ne rejoindront pas les rangs de la marine royale devront quitter le bâtiment, mais nous les dédommageront gracieusement pour leur peine. Si vous voulez bien me suivre, j'aimerai continuer cette discussion dans un lieu plus propice. Mon bureau nous attend à la caserne.

Le Général Sal'Han fit signe aux xens de le suivre, et ils n'eurent d'autre choix que de s’exécuter face à telle autorité d'autant qu'ils en dépendaient désormais. Un instant, un très court instant, le Pygargue crut être suivi, non pas lui en particulier mais plutôt le groupe qu'ils représentaient à eux trois. Était-ce le fruit de son imagination ? Peut-être que tout ce stress l'avait travaillé et qu'il n'avait fait que l'imaginer, mais à plusieurs reprises, il crut entre-apercevoir quelqu'un les suivre. Cependant, une fois arriver à la caserne, nul ne pouvait plus les suivre, ils étaient bels et biens à l'abri des regards et oreilles indiscrets. Ils pénétrèrent dans une grande enceinte où des hommes de l'armée royale allaient et venaient, sous les ordres ou dirigeant selon leur rang et leurs activités. Ils parcoururent ainsi ce bâtiment fortifié de long en large avant de se retrouver dans un bureau plutôt grand et confortable, là s'y trouvait à la fois le portrait de la Reine Amäly ainsi que celui d'un virenpien qui de toutes évidence, était le géniteur de celui qui était actuellement en face des deux nobles xens, lui même revêtant les habits de général. Une histoire de famille semblait-il, Sal'Han ne semblait pas y échapper non plus.

Le virenpien leur présenta deux somptueux sièges de cuir brun, tirant sur le bordeaux, avec des accoudoirs terminés par des soleils sculptés à leur bout. Le grand bureau de bois noble et ciré, accueillait une pile impressionnante de parchemins dont le contenu devait sûrement être des plus importants et des plus officiels. Le Général prit également place, face à eux, dans un fauteuil tout aussi confortable, mais largement plus imposant afin d'accueillir sa propre personne qui n'était pas des moindres. Il se racla la gorge dans un son roque qui ressemblait à si méprendre à un éboulement de roches.

Bien... Tout d'abord commençons par le début. Je vous veux réactifs, messieurs. En tant qu'officiers, vous n'êtes pas de simples soldats qui suivent bêtement les ordres. Je veux des arcaëlliens compétents et sûrs d'eux. Vous nous avez prouvé que c'était le cas, je n'attends pas moins de vous si ce n'est mieux encore. A présent, vous êtes ceux qui connaissent le mieux la situation à Port Suppure, c'est pourquoi je vous laisse l'entier commandement des opérations qui auront lieux là-bas. Des objections ?

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Lun 1 Mai - 18:28
L'amour fait comprendre à l'âme
L'univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l'infini

Hugo



Des objections ? Le Pygargue et son camarade n'en avait point. Le Xen se plaisait à ressentir et se gorger de cette aura de puissance, de parfaite assurance, couronnée d'un zeste de noblesse et qui définissait le Général Virenpien Sal'Han. L'épaisseur de ses biceps émanant de sa tunique brodée de fils d'argent et d'or pouvait faire pâlir plus d'un Arcaëllien. Pourtant, quiconque se serait trouvé à sa place ou celle de son fidèle Second, songeait-il, aurait ressenti sans détour cette fiable assurance. N'y avait-il rien de plus appréciable qu'un Général en Maître qui vous toisait avec respect et parité. Les deux aristocrates lui signifièrent d'une voix presque commune leur point de vue. Ils étaient au service de Sa Majesté la Reine ainsi que du Royaume, et ne contesteraient aucun ordre donné.

« - Je n'aurais jamais eu la témérité de présenter à Votre éminence un si pâle visage, si je n'eusse considéré l'ampleur de votre noble présence face au silence du respect qui m'a retenu jusqu'ą présent. Notez cependant, Éminent Général, que si mon front peut sembler bas et bien fade, il n'en est point de même pour mon bras et pour mon aile. Mais de cette faiblesse un cœur de Xen est honteux car il ose espérer tout dans notre nouvelle union.

Le Pygargue ajouta après un hochement de tête.

- Je présenterai aux marins qui me suivirent autour d'Arcaëlle ces dix dernières années votre demande d'intégrer la marine Royale. Les conclusions, comme à vous, me semblent aujourd'huy difficiles à prévoir, cependant je ne me satisfais d'aucunes conjectures. C'est assez de constance en une si grand guerre, vous y conviendrez Votre Éminence, que de la voir venir, l'entendre, et ne point tant la subir.

Le nouveau Capitaine Horace De Klemmens ajouta :

- Port-Suppure demeure l'incarnation de l'engeance endurcie, Votre Éminence. Les hérétiques qu'elle couve sous son aile vous mèneront bien la vie dure, ainsi qu'à nous. Je verrai mon bâtiment, nos soldats, mes plus compétents marins, mourir au nom de notre Royaume ou bien détruire le mien. Dans les deux cas, celui d'une victoire ou bien d'une défaite, il y aura des pleurs.

Le Pygargue approuva d'un hochement à peine perceptible du visage tandis que Horace reprenait :

-  Cet objet de débauche deviendra pour notre peine, mon Général, soit digne de mes pleurs soit digne de ma haine. Veillez à rapporter à notre Majesté mes mots, et mon avertissement.

Le Pygargue termina cette tirade :

- D'un serment solennel qui peut cependant nous dégager ? Attendez-vous de nous que nous assiégeons la Suppure ? Vous seriez curieux, dans ce cas, d'observer les hérétiques nous entendre chanter d'un air dont s'étonnent tous ceux qui ne savent plus prier ! »
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Mar 9 Mai - 17:42
Le Général eut un sourire satisfait et d'une de ses grosses paluches, se saisit d'une plume et d'un parchemin. Il plongea la pointe de la première dans un bocal rempli d'encre de sèche avant d'inscrire quelques mots sur le second.

- Vos mots, Commodore, seront rapportés à notre Majesté, n'en doutez pas ! Cependant il me faut vous avertir, vous ne serez pas seuls dans cette aventure. Je placerai sous votre commandement, des bâtiments et des personnes choisies méticuleusement. Il s'agit d'officiers et de soldats ayant déjà eu à faire à des forbans pour la plupart, des hommes d'expérience, mais également quelques uns qui n'ont jamais posé le pied sur un navire... L'imminence de la guerre nous force hélas à accepter dans nos rangs des personnes de peu d'expérience mais dont les dons ont été généreux. Il faudra bien faire avec, d'autant que certains sont quelques dignitaires un peu trop zélés si vous voulez mon avis. Je garde cependant espoir que les premiers affrontements les... disciplineront quelque peu.

Le virenpien nota quelque chose sur son parchemin et prit un moment de réflexion. Il n'était pas très confortable vis à vis de ce dernier point. Il aurait préféré ne pas avoir à accueillir dans ses rangs de simples arrivistes, mais il n'avait pas les moyens de refuser leur générosité. Il faudrait à l'avenir que le Royaume se montre plus sévère quant au partage de ses richesses, il était clair que certaines familles en avaient quelque peu abusé. Ce n'était cependant pas son affaire, et il fallait qu'il fasse avec même s'il plaçait dans sas souveraine, l'espoir que les choses soient arrangées.

- Il me faut également vous confier, messieurs, quelques officiers qui seront vos seconds. Il est évident que nul ne pourra remplir mieux ce rôle que des hommes d'expérience. Je n'ai point encore trouvé de second pour vous, Capitaine De Klemmens, j'espère cependant que vous saurez convaincre l'un des votre de rejoindre l'armée, avec la promesse d'un grade de lieutenant en second. Mais pour vous, Commodore, le choix est fait, et j'espère que vous apprécierez la rigueur de cette personne, sa discrétion mais aussi sa faculté à gérer un équipage. Je l'ai d'ailleurs invité à se joindre à nous, il ne devrait plus tarder à présent.

A ce moment précis, on frappa à la porte et le Général invita, de sa voix grave, la personne à entrer. L'homme qui pénétra dans la pièce était grand, mince, avec un teint assez pâle. Il avait des cheveux blonds particulièrement longs qui encadraient son visage à la mâchoire carrée malgré des traits plutôt fins. Ses vêtements ne laissaient nul doute quant à son appartenance à la noblesse et l'épée d'officier à son flanc était signe de son appartenance à la marine royale. Il ne semblait pas avoir plus d'une trentaine d'années mais son regard était celui de quelqu'un qui avait connu les combats.

- Ah ! Et bien vous tombez à pic ! Messieurs, je vous présente le Lieutenant Jonathan Edward Drake. Lieutenant, je vous présente le Commodore...
- Michaël Vinzent De Everhell ! dit le jeune officier en articulant presque avec exagération ses mots. Je suis ravi de rencontrer le Capitaine qui se faisait nommer, il y a de cela quelques jours encore, le Pygargue et qui a eut la bravoure ainsi que la témérité de ramener le Prince de Palmyre au sein du Royaume. Un réel plaisir, sincèrement !

Il tendit sa main au commodore avec un air solennel. S'il n'en montrait rien, ses yeux, eux, luisaient d'une certaine intensité, comme si l'émotion était toute contenue en ces derniers. Rigoureux et discret... la preuve en était faite à l'instant. Le Général sembla quelque peu amusé par ce comportement et laissa échapper un bref rire roque, cependant le Lieutenant Drake n'y réagit point.

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Sam 13 Mai - 14:19
Sans toi, toute la nature
N'est plus qu'un cachot fermé,
Où je vais à l'aventure,
Pâle et n'étant plus aimé

Hugo



« Ce grand intérêt que vous prenez à servir le Royaume Maître Drake vous récompensera.

Le Pygargue répondit à l'invitation de ce jeune humain, et lui serra la main comme convenu. Ces dix dernières années passées en mer à courir la suppure d'Arcaëlle l'avaient quelque peu éloigné des rumeurs et des informations en vogue dans les Cités-Blanches. Il avait néanmoins cru comprendre, du temps où il avait séjourné chez lui après son entretien avec la Reine, que le dernier voyage en mer de Maître Jonathan Edward Drake avait été le plus apprécié par la couronne. Les deux hommes se lâchèrent la main, avec un demi-sourire. Leur échange de poignée s'était voulu à la fois rigoureux et posé. A l'image du Lieutenant Drake, songea Le Pygargue.

- Je ne sais chevaucher que la mer, Capitaine, répondit entre deux yeux flamboyants le jeune humain.

Un humain ? Il est vrai que les postes hauts-gradés dans la Marine Royale sont accessibles à tous, cependant du temps où je ne disposais point encore du commandement du Prince de Palmyre, la plupart des grands noms de la Navy appartenaient à des ailés.
Cependant, le Pygargue ne montra rien de sa réflexion et hocha la tête tandis que Maître Drake accueillait à présent la poigne de Klemmens. Une vraie poigne d'homme, songea le Xen. Une poigne de marin.

- Ce n’est donc pas sans passion, avançait Horace en retirant sa main de celle du Lieutenant.

Il reçut pour toute réponse une sourire, qui semblait franc, ainsi qu'un hochement de tête.

- La Maison Klemmens ? demanda alors Jonathan Edward Drake. C'est un honneur monsieur, j'eus le plaisir de naviguer sous le commandement de l'un de vos parents. Oh, c'était il y a fort longtemps.

Contre toute attente, Le Pygargue crut discerner l'ombre d'un sourire entre les joues sévères de son ancien Premier Lieutenant.

- Fort longtemps prétendez-vous ? Vous paraissez pourtant si jeune, Maître Drake !

L'humain répondit simplement :

- Tout autre qu’un pirate serait digne de mes services, Capitaine De Klemmens. Je n'ai pas votre expérience, il est vrai, mais vous non plus me paraissiez très âgé.
- Le seul mérite a droit de produire des flammes, intervint le Pygargue avec un demi-sourire. Que la fougue de la jeunesse vous donne des ailes, Maître Drake, à défaut de vous en avoir doté à la naissance. Vous devez savoir, fort probablement, qu'en mer les combats aériens prennent toute leur importance, tout autant que les combats navales. Il y a l'artillerie, et il y aussi la plume, comme nous avons l'habitude de dire à bord du Prince de Palmyre.

Le Pygargue se demanda, si ce jeune Lieutenant disposait de l'intégralité du mérite qu'on lui attribuait, en un tel cas pourquoi ne pas lui avoir confier directement un bâtiment ? Son manque d'expérience ? Sa jeunesse ? L'absence d'ailes ? Un Capitaine Royaliste était-il nécessairement ailé, de nos jours ? Et comment le principal concerné avait-il pris la nouvelle de son admission à bord du Reanspell en tant que Lieutenant ? Sans doute lui aussi espérait-il un commandement. A moins que, comme l'avait suggéré le Général Virenpien Sal'Han, le Royaume doive gérer une recrudescence d'aspirants n'y connaissant rien à la marine. En un tel cas, il manquait alors de bâtiments à monter.

- Pour vous instruire d’exemple, en dépit de connaissances liées au Reanspell, je vous ferai visiter personnellement le bâtiment qui nous portera sur les mers de l'Est. Et si cela ne vous importune, vous lirez le livre de bord, Maître Drake.

Le Pygargue ajouta avec légèreté dans la voix :

- Le Reanspell est un bâtiment plein de surprises. »
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Jeu 18 Mai - 9:17
- Ce serait grand plaisir que de pouvoir visiter ce fameux bâtiment, Commodore. J'ai grand hâte de faire connaissance des lieux.
- A la bonne heure ! Tant d'entrain me réjouit. Je suis sûr que vous formerez une bonne équipe, gronda la voix de Sal'Han. Quant aux aptitudes de Maître Drake, Commodore De Everhell, ne vous en souciez guère ! Si j'ai choisi de le mettre sous vôtre commandement, c'est que j'ai toute confiance en ses capacités. Il n'est peut-être pas en mesure de voler comme vous le dites, mais ses aptitudes au tir et à l'escrime compensent largement ce fait.
- Vous exagérez, Général ! Ce ne sont là que de modestes compétences... Je laisserai le Commodore juger, seul, de mes aptitudes.
- Tant de modestie... Cela vous honore, Lieutenant. Mais si fait, il me faut à présent vous demander de vaquer à vos occupations. Il me faut encore accueillir d'autres officiers, avec bien moins d'importance que je vous en ai donné, bien évidemment, mais le travail avant tout.

Le Général se leva de son énorme fauteuil et conduisit les nobles officiers du Royaume jusqu'à la porte de son bureau, les invitant ainsi à quitter les lieux, ne manquant pas de leur serrer la main au passage. Drake eut presque peur que le colosse lui broie les doigts ainsi, mais le virenpien avait une maîtrise parfaite de sa force, aussi fut-il soulagé de ne pas avoir été estropié.

Il semblait ravi, malgré son flegme apparent, il bouillait d'impatience de monter à bord du bâtiment sur lequel il allait bientôt servir. Cela serait certainement autre chose que « l'Intrépide » à n'en pas douter, navire qui fut précédemment témoin de ses services. Jonathan Drake comptait cependant faire preuve de la même assiduité, de la même hargne dont il avait déjà fait preuve auparavant, si ce n'est plus. En tant que second, il se devait également de faire attention à son étiquette, de jongler habillement avec les requêtes de l'équipage, tout en se montrant d'une sévérité toute militaire.  En tout cas, rien n'y personne, ne l'empêcherait de combattre ces maudits pirates.
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Jeu 18 Mai - 15:26
Sans toi, tout s'effeuille et tombe ;
L'ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Hugo



« Monsieur, pour conserver tout ce que vous avez d'honneur, lever votre épée un peu n’est pas un si grand crime. Tant que vous le faîtes afin de protéger le Royaume et le juste.

Le Pygargue hocha la tête en direction de Maître Jonathan Drake, sitôt qu'il eût prononcé ces mots. Ce jeune humain n'avait pas l'air de ceux qui s'ennuient souvent. Ni de ceux qui s'ennuient partout. Bien que le Général l'ait décrit comme éminent escrimeur, éminent tireur, et éminent marin, Le Pygargue lui devinait toute un large panel d'autres qualités. Un gentilhomme de pied en cap, à n'en point douter. Très droit, les mains croisées derrière le dos, le jeune Lieutenant répondit, tandis que Horace De Klemmens portait à ses lèvres une cigarette. Le trio avait enfin quitté l'enceinte du palais et de sa cour.

- Comme diraient nos prêtresses d'Othab, Commodore, je laveroys volontiers les tripes de ce veau que j'ai ce matin habillé.

Le Pygargue ne put s'empêcher de sourire très légèrement. Mais le Capitaine De Klemmens resta de marbre en rangeant dans sa poche ses allumettes.

- Non point Othab, Maître Drake, mais May'Veal. Il nous faut nous méfier des humeurs de cette grande Dame-là.
- Je passe régulièrement en son temple, convint Jonhatan Edward Drake, toujours le dos bien droit et la voix sereine.
- Elle vous en serait fort gré, répondit Le Pygargue.

Un instant, Le Pygargue se confondit en ses pensées. Quel homme fallait-il être pour donner ainsi un coup de sabre à un autre homme ? Et pire, quel homme fallait-il être pour déclarer la guerre au Royaume, un état d'abondance, de paix et de justice ? Les mauvais, c'étaient les hérétiques, les pirates qui adoraient le Seigneur des ténèbres, et non les marins qui levaient leurs sabres pour le Royaume. Il se devait de ne point l'oublier. De son côté, Klemmens ne s'arrêtait point d'examiner les nuances des réponses et des discours que lui faisait le jeune Lieutenant Jonhatan Drake. Dans l'ensemble, et le Pygargue n'avait point besoin de consulter l'avis de son ami pour le savoir, Horace De Klemmens et lui-même se réjouissaient de pouvoir compter parmi leurs rangs un marin de la trempe du Lieutenant Drake. Sa réputation n'étant plus même à faire.

Il aurait vraiment été prêt à commander son propre bâtiment.

Le Pygargue convint finalement d'une date de rendez-vous, avec Jonathan Drake et Horace De Klemmens, afin de faire découvrir à ce dernier le bâtiment qu'il allait commander, en ses moindres recoins. Il le conduirai également à la lecture détaillée du livre de bord du Reanspell.

- Et cette femme qui commandait le Reanspell ? demanda Jonathan Drake. Ne craignez-vous pas quelques représailles de sa part ?

Les yeux bleus du Pygargue croisèrent alors ceux, gris acier, de son compagnon. Il ignorait que le jeune Lieutenant était à l'information. Tout en tirant une bouffée sur sa cigarette, Klemmens reprit, fixant le ciel :

- Quelques grandes qu'elles soient, nos services présents pour les faire abolir sont plus que suffisants. Nous ne craignons point quelques entreprises ou représailles, comme vous dites.
- Compte tenu les mauvaises ripostes de son équipage que nous eûmes aucun mal à suivre à fond de cale, je vous dirai de ne rien en craindre, Maître Drake. Heureux le nom qu'elle a chanté, celui du Reanspell, car à présent il ne lui est rien. Ce bâtiment entre nos mains, Port-Suppure a perdu tout avantage sur notre marine.

Le Pygargue remarqua que son interlocuteur hochait la tête poliment, sans toutefois manifester son accord avec la tranquillité apparente de ses supérieurs.

- Nous sommes par ailleurs libre d'offrir au Royaume une réalité à l'égal de son Idéal, et non point toujours en-dessous, exposa Le Xen aux ailes noires. Songez, lorsque le Reanspell nous portera tous deux, que c'est pour cela que nous nous battons, chaque jour que les Dieux font.
- J'y songerai, Commodore, acquiesça du chef Maître Drake.
- La seule chose que Port-Suppure croit comprendre...commença Horace De Klemmens.
-...C'est que la folie est le seul refuge de la raison. Abandonné par les dieux, ils ont l'air du loup de nos forêts, pris au piège, qui n'a d'autres solutions pour en réchapper que de se ronger l'os. Aveuglé et perdu dans l’infini des possibles, ces forbans hérétiques sont guidés par le messager des ténèbres. L’innommable. Leur seul ami, leur pire ennemi.
- Dans cette entreprise commune, avant de marcher sur Port-Suppure, nous cultiverons leur ego jusqu'à le leur faire exploser, avança Klemmens en écrasant sous son talon son mégot. J'espère que vous croyez de toute votre âme en cette juste résolution, Maître Drake.
- Je me bats pour le Royaume, répondit humblement ce dernier, et je crois en ce pourquoi je me bats.
- Nous refusons de nous prostituer à la médiocrité d’une réalité hérétique. La Reine Amäly Tahora'Han compte sur nous et a tout notre soutien. A très bientôt, Maître Jonathan Drake. Je vous souhaite un bon retour en votre foyer. Et à très bientôt, sur le port des Cités-Blanches !

Il serra enfin la main du De Everhell, puis De Klemmens, avant de s'éloigner. Le Pygargue et Horace De Klemmens s'éloignèrent à leur tour, désirant prendre un fiacre afin de regagner leurs demeures respectives, mais une silhouette familière fit tressaillir le Commodore. Il posa une main amicale sur l'avant-bras de son ami.

- Rentrez seul, mon fidèle camarade. Je vous rejoindrai sans doute, un peu plus tard
dans la soirée.

~



- Hilena ? Que venez-vous faire ici, ma nièce ? Et seule, qui plus est.

Le Pygargue offrit le bras à la jeune femme qui s'en saisit. Timide ou gênée, elle baissa le regard sur les ruelles pavés qui descendaient vers le port.

- Mes yeux désiraient simplement vous voir mon oncle.

Il laissa un instant le silence prendre son souffle. Derrière elle, à quelque pas, la voiture tractée par deux chevaux blancs qui l'avait emmenée du manoir jusqu'au palais. Plusieurs heures de route.

- Ils me voient, répondit-il avec de la douceur entre les lèvres. Où désirez-vous vous rendre ?
- J'irai où vous irez.

Le Pygargue sentit un frisson incommode lui parcourir la courbe des ailes. Cela sonnait presque comme une promesse. Des mots mal choisis. Ou trop bien choisis, peut-être.

- Je vous montrerai volontiers le Reanspell, bâtiment qu'il m'ait été donné de commander, en l'honneur de notre Reine. Le port de Hytraz ne vous incommode point ?
- Cela conviendra, dit-elle avec modestie.

Collés l'un à l'autre, les deux parents descendirent vers le port au regard d'un crépuscule naissant. L'or du ciel paraissait fondre dans le creuset des vagues, et es bâtiments à quai n'en paraissaient que plus majestueux, plus grands. Non loin d'eux, des dizaines d'Hommes mêlés à des Virenpiens tiraient des pièces de dix-huit livres qu'ils mettaient en batterie supérieure à bord d'une frégate magnifique qui s'appelait La gloire de May Veal. Encore un peu plus loin, un vaisseau amiral, le Phoenix, défilait par son travers.

- Je souhaitais m'excuser auprès de vous, Oncle Vinzent, dit Hilena en resserrant légèrement la pression de ses petits doigts blancs autour de l'avant-bras de son parent.
- Avez-vous commise une faute ?
- Une faute ? Au regard des Dieux, et de votre père ! Je ne souhaitais nullement vous tenter, la nuit dernière. Cela était mal.
- Allons, ma chère nièce. Tranquillisez-vous, lui mentit Le Pygargue, car vous n'en avez rien fais.

Il lui parla d'océan et de bateaux les heures qui suivirent, soucieux de chasser de sa mémoire douloureuse ce chapitre encore récent. Sa nièce lui parut réceptive. Il trouva en elle un esprit éveillé, ennobli par une âme pure et élégant. Plus élégante lui parut-il, qu'il ne le serait jamais lui-même. Et très vite, la nuit se dessina au côté de la jeune Hilena, agrippée à son bras.

- Vous fûtes parfait, Oncle Vinzent.

Il rit légèrement.

- En quoi donc ?

Elle plongea alors son regard dans le sien. Un regard de flammes, un regard qui pouvait vous brûler la rétine et vous consumer jusqu'au cœur. Le regard d'une âme en souffrance, songea Le Pygargue. Le même que son père, à l'époque. Le même que mon frère...

- En tout.

Il prit son exemple, et vint s'asseoir à son tour sur l'un des bancs qui faisait face au grand port de Hytraz. Au-dessus de leurs têtes, des centaines de mouettes volaient librement sous un ciel en feu.

- Je m'en serais voulu de vous déplaire.

Elle lui sourit, et il se sentit étrangement petit.

- Vous souvenez-vous, mon oncle, nos escapades dans les jardins, lorsque nous étions enfants ?

Il sourit sous la commissure de ses lèvres. Avait-il était enfant un jour ? Lui qui effleurait du bout des doigts cette fleur de femme. Son souvenir ne s'était point dérobé à sa mémoire.

- J'avais alors presque trente ans, déjà, Hilena. Je me fais vieux.

Elle le regarda avec tant d'intensité, qu'il se demande si il ne venait pas d'insulter les Dieux eux-même !

- Ne dites point cela ! Vous êtes rigoureux, et fort. Et beau. Autant que vous le fûtes dans le passé.
- Mais justement, le passé est passé.

Vous êtes l'aube et le matin du cœur.
Charmez l'enfant, extases inouïes !
Et quand le soir vient avec la douleur,
Charmez encor nos âmes éblouies.

Mais Le Pygargue trouva inconvenant de déclarer à haute-voix ces quelques vers. Tout comme, il venait tout juste de se le rendre compte, il devenait inconvenant de laisser une femme en pleine ville, seule à seul avec lui, son vieil oncle, sous les étoiles Il se leva et l'aida à faire de même.

- Rentrons, ma nièce. Il est déjà très tard. Affreusement tard.

En prenant son bras, elle effleura sa main.

- Vous avez raison, je suis inexcusable, vous avez dû avoir une si exténuante journée. Et moi qui vous importune jusqu'au devant la cour du palais !
- Cette promenade fut un honneur que vous avez faite à ma personne. Vous ne m'avez pas importuné.
- Mais il fait nuit, Oncle Vinzent, sourit-elle.
- La nuit est douce.
- L'amour, c'est le cri de la nuit.
- Pardon ?
- L'amour, c'est le cri de l'aurore, l'amour c'est l'hymne de la nuit. Ce que le flot dit aux rivages, ce que le vent dit aux vieux monts, ce que l'astre dit aux nuages, c'est le mot ineffable : Aimons.

Le Pygargue ne sut quoi répondre. Pourquoi sa nièce lui parlait-elle d'amour. Encore une fois, elle abattit sur lui son regard étincelant comme la lune elle-même. Puis la chute.

- Lancelm me marie après-demain, Oncle Vinzent. Viendrez-vous ?
- Je...

Pour une fois, il fut pris de court. Quelque chose semblait s'être brisé. La lune se cacha derrière un épais nuage. Hilena n'avait pas dis "je me marierai", mais "Lancelm me marie".

- Doutez-vous de celui auquel il vous destine ?

Alors elle lâcha le bras de son oncle.

- Il me destine ? Vous n'avez point entendu ? Je me marie dans deux jours. Il n'est plus question de destin, Oncle Vinzent ! C'est un fait... C'est le présent.
- L'avez-vous rencontré, au moins ?
- Bien sûr.
- Vous convient-il ?
- J'ai dis que je l'avais rencontré. Point que je le connaissais.

Elle posa sa tête contre son épaule.

- Tout était si simple lorsque nous étions enfants. Vous cueilliez des fleurs pour moi. Vous avez été...comme un père pour moi.

La terre parut chanceler sous les semelles du Xen. Bervers avait prit la mer, choisissant la voie de la piraterie. Et sa fille unique...Sa petite fille. Il avait bien fallu que quelqu'un s'en soucie. Il aimait Hilena plus que tout.

- Si à vos yeux je brillais ma nièce chérie, c'était d'un feu personnel...
- Vous brillez toujours.

Ils grimpèrent dans un coche. Hilena De Everhell semblait physiquement épuisé. C'était auprès d'un berceau de chèvrefeuilles qu'il avait l'habitude, lorsqu'elle n'était encore qu'une petite enfant, de la prendre dans ses bras pour la baiser sur les joues.

- Vous planterez un rosier demain, mon Oncle. Près de la volière et de l'allée d'amaryllis. Comme ça, je le verrai de la fenêtre de ma chambre. Et leurs fleurs mêleront leurs parfums à ceux de ma toilette. Je penserai à vous quand vous serez en mer.

Une boule lui obstrua la gorge. Il se sentit comme un criminel de devoir abandonner sa nièce une seconde fois. Elle qui avait déjà été lâchement abandonnée par son propre frère. Il se sentait si sale.

- Le Reanspell n'appareillera point demain, Hilena. Nous avons encore du temps afin de profiter l'un de l'autre...
- Nous avons deux jours, lui dit-elle en pleurant. Après demain, je me marierai.
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Le masque de Kaliqua

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