L'Aube des Mondes
Bonne visite dans notre univers.

Mar 21 Fév - 11:49
Le Prince d'Hytraz, un des plus merveilleux navires de la flotte Royale. Actuellement amarré au port d'Hytraz, capitale des Citées Blanches pour une durée indéterminée. Il porte à son bord un équipage dirigé par le Capitaine Pygargue.

Le Pygargue, vous avez fait dernièrement une demande d'audience auprès de la Reine, vraisemblablement pour lui faire un compte rendu des dix dernières années que votre équipage et vous même avez passé en mer dans le but d'éradiquer les menaces maritimes qui pèsent sur le Royaume : les Pirates. Un objectif qui cache également une quête de vengeance pour retrouver votre honneur perdu : retrouver l'Eradicate afin de faire payer à votre frère, le prix de sa trahison envers votre famille.

Nous sommes un beau matin, au port d'Hytraz, le 21 de Saven, et vous vous trouvez dans votre cabine, frais et dispos, le visage bien rasé et les vêtements impeccables, comme toujours. Mais cette fois-ci, cette allure sans faille est doublement justifiée car la veille, vous avez reçu de la part d'un messager royal, la missive suivante :

(Cliquer pour agrandir)


Le texte de la lettre en brut:
 


Vous vous êtes donc préparé pour ce jour très spécial où vous allez enfin pouvoir faire le compte rendu de ces 10 longues dernières années d'efforts et de labeur. Je vous laisse donc décrire vos préparations pour cette assemblée extraordinaire, et le chemin que vous allez prendre pour vous rendre au palais.
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Ven 24 Fév - 21:20
Éloigné de vos yeux, Madame, par des soins
Impérieux (j'en prends tous les dieux à témoins),
Je languis et me meurs, comme c'est ma coutume
En pareil cas, et vais, le cœur plein d'amertume,
A travers des soucis où votre ombre me suit,
Le jour dans mes pensers, dans mes rêves la nuit,

P.V



La voix du Xen Horace De Klemmens était presque étouffée par le saisissement, et montrait tout l'excès de l'estime qu'il destinait à son élève et capitaine. Il boutonna d'un geste assuré les derniers boutons de son col montant, bleu cobalt aux couleurs de sa Maison. De générations en générations, songeait le Pygargue, les De Klemmens, Xen aux grandes ailes cobalt, se faisaient une place dans la marine royale. Capitaine de bâtiment, Lieutenants, Armateurs de masse, Amiraux, Vice ou Contre Amiraux... On trouvait le nom de Klemmens présent partout sur les ports Royalistes. Sans son second, le Pygargue songea qu'il n'aurait jamais réussi à accomplir tout ce qu'il avait accompli ces dernières années.

Le Pygargue se souvenait de son premier jour à bord du Prince de Hytraz. Le jour où, armé de sa fameuse Commission, il avait vu son rêve éveillé prendre forme. C'était un hymne que des dizaines et des dizaines de chœurs avaient repris ensemble lors du départ de la caravelle du port de la capitale du Royaume. Le temps était radieux en ce jour, plus de dix ans en arrière. Le ciel était un paysage a lui-seul et l'atmosphère avait des baisers qui caressait les nuques. Cet hymne, en son honneur qui plus était, jamais Le Pygargue n'avait pu l'oublier. Magnifique dans son uniforme de Capitaine du Royaume, les ailes noires brillantes et bien droites dans son dos et le haut-de-forme placé avec minutie sur son crane, le regard fier et sentant la main d'Uoc'Thuy posée sur son épaule, le jeune capitaine avait salué ses hommes et avait traversé d'un pas fier l'allée encadrée de badauds, de marins et d'aristocrates venus lui souhaiter bon départ. Horace de Klemmens était sur ses talons, comme depuis le jour de sa naissance. Et ce chant de corsaire, ce chant de marin, Le Pygargue avait été surprise d'en ressentir chaque voix, chaque mots dans son cœur, et de sentir des cœurs dans le vent marin ce beau jour. Ce jour-là, il avait redressé et peins à neuf tous les arcs triomphaux de la maison De Everhell.

« M'estimez-vous présentable ainsi ? demanda Le Pygargue à son éducateur et Premier Lieutenant, Horace De Klemmens.

Ce dernier ne trouva à la vue de son Capitaine ni nœud à accommoder, ni pli à parfaire, ni manchette à agencer. Il était fort bien présentable.

- Tu es très bien, Mickaël.
- Espérons que nous sachions nous accommoder avec noblesse des honneurs que la Reine m'accorde en me recevant.

Un sourire, fin, imperceptible, flotta sur les lèvres si souvent pincées de Klemmens. Il observait son Capitaine, ce garçon qu'il avait lui-même éduqué, ayant grandis ensemble, il y avait des années de cela. A présent, c'était un homme.

- Peut-être n'auriez vous bientôt plus à supporter le port d'un patronyme d'oiseau, avança le Xen en croisant les bras.

Le Pygargue ne fit point de réponse. Il se contenta, scrutant de ses yeux azurs et fins son reflet dans un miroir, afin d'arranger là les plis de ses manchettes, puis son nœud de cou.

Horace de Klemmens, âgé de trente-sept ans précisément, regagna son habituel air austère. Natif de la cité de Hytraz, cet éducateur et académicien, diplômé de droit, de législation et de marine suivait Le Pygargue dans sa chasse aux forbans depuis le début. Malgré l'avancée de son temps, la rigueur et l'intransigeance apparente aux traits de son visage, il arrivait encore à Horace de Klemmens de rêver. Lorsqu'il comparait les Grand'Eaux et leur brume caractéristique des mers de l'est à des nuées s'amassant sur un océan faite d'une éternité de chaudes larmes.

Ces élans lyriques aéraient son âme, il en avait conscience mais ils demeuraient rares.

La mer était belle pour Klemmens, il prenait plaisir à naviguer. Il était vrai, que les De Klemmens étaient depuis des générations et des générations de francs diplômés de l'académie navale du Royaume, c'était donc vrai qu'il n'avait guère eu le choix concernant son orientation professionnelle, mais Horace de Klemmens était un Grand du Royaume. Et un aristocrate, contrairement à un pirate, fais ce qu'il doit, et pas ce qu'il veut. Néanmoins, il avait eu de la chance sur le plan professionnel dans sa vie. Il avait apprit à aimer la mer. Et aujourd'hui, il accompagnait le Pygargue jusqu'aux portes du palais de la Reine Amäly Tahora'Han.

- D'où te vient la mine que je te vois arborer ? demanda le Second en arrangeant et lissant, pour la centième fois peut-être, ses cheveux noirs ordonnés.
- La mine n'a point d'origine plus précise Maître Klemmens, rassurez-vous.

Le Pygargue avait le cœur comme celui d'un enfant de treize ans. La beauté, et la bonté de la Reine était légendaire. Et aujourd'huy, il allait la rencontrer. Horace De Klemmens sortit alors sa tabatière, alluma une première cigarette à l'aide de son briquet en silex puis tira une large bouffée. Il souffla la fumée par les narines, plus léger. Plus apte à la réflexion. Le Pygargue vit du coin de l’œil les grandes ailes poudreuses de son éducateur tressaillir à la première latte tirée, comme à chaque fois. Il le connaissait.

Les instructions contenues dans la Résolution des Deux Maisons traitant d'affaires, des droits et des devoirs liant la maison De Everhell à la maison De Klemmens prescrivaient bon nombre d'engagements. Lorsque Horace de Klemmens s'était présenté pour la première fois en tant que précepteur et éducateur au Pygargue, c'était dans la même année que celui où Bervers De Everhell avait abandonné derrière lui sa maison afin de se livrer à la piraterie dans l'Ouest. Le Pygargue consultait ce gigantesque ouvrage vieux de près de quatre cent ans, la fameuse Résolution des Deux Maisons, Klemmens et Everhell, à la lumière du soleil passant à travers les verrières du salon du manoir. Il était âgé d'à peine vingt-cinq ans. Klemmens en avait tout autant.

Le Pygargue n'oublierait jamais cet instant où cet homme, vêtu de ses plus beaux habits, la cape enroulée autour de l'épaule, le pourpoint doré de rubans, accrochant les rayons du soleil au travers la verrerie s'était présenté à lui. Il avait simplement hoché la tête à l'attention de son futur élève, bien droit dans l’entrebâillement de la porte, le chapeau à la main. Le Pygargue avait refermé dans un claquement sec la Résolution des Deux Maisons afin de saluer ce jeune homme que le valet venait de conduire depuis le hall. Avec le temps, Le Pygargue songea là qu'il s'agissait du premier chaînon de sa destinée.

« Michaël Vinzent De Everhell, s'était-il présenté en serrant la main de cet homme aux traits graves et aux cheveux coupés courts et bien plaqués. Messire De Klemmens, j'imagine ?
- Horace De Klemmens, pour vous servir Messire, conformément à la Résolution des Deux Maisons, qui lie nos deux familles depuis plus de quatre siècles.

Le Pygargue avait senti la commissure de ses lèvres se détendre. Il avait remit sur sa tête son haut-de-forme avant d'inviter cet allié ailé improbable en une telle période de crise à s'asseoir sur l'un de divan.

- Vous étiez, me semble-t-il, -il s'interrompit quelques secondes afin de se saisir du verre de vin qu'un valet apportait aux deux hommes- un ami de mon frère ?

A ces propos, Horace de Klemmens qui avait comparu les ailes hautes, le regard assuré, le maintien ferme et plein de confiance cilla lorsqu'il peina à allumer sa cigarette.

- Un ami proche, répondit-il enfin.

Le Pygargue but une gorgée de vin, hésitant sur la suite de la réplique. Klemmens tira une bouffée de tabac qui parut lui rendre son assurance. Le Pygargue se souvint que les De Klemmens demeuraient tous de grands marins. Il était vrai, que les membres de cette maison étaient depuis des générations et des générations de francs diplômés de l'académie navale de l'Empire, des Capitaines, des officiers, des ingénieurs marins, des lieutenants ou des têtes de l'Amirauté. Lui qui désirait prendre la mer et laver l'affront qu'avait fait Bervers à sa maison se trouvait probablement face à un Capitaine. Horace de Klemmens dit enfin, d'une voix grave de sens.

- Je l'ai connu lorsqu'il était encore un homme de bien. Et à en juger aujourd'huy par le regard lourd de pleurs de son géminé que j'ai sous les yeux, il n'en est plus un.

S'extirpant de ses souvenirs, le Pygargue se leva presque d'un bond ! Klemmens avait terminé sa cigarette. Il en ralluma automatiquement une autre.

- C'est aujourd'huy. dit simplement le jeune Xen en serrant sous son coude son carnet de bord, toutes ses notes, son épuisette et sa fameuse commission.
- C'est aujourd'huy, confirma Klemmens.

Il aida Le Pygargue à passer les bras dans son manteau, qu'il boutonna lui-même.

- Aie l'âme pleine de foi, Mickaël, et demeure assuré dans tes demandes. Pour le reste, nous sommes aristocratie Royaliste et les bonnes manières nous sieront tousjours. Si nos cœurs ont pris des yeux, c'est sans doute afin de contempler de Hytraz le beau et la vie. N'oublie point cela.
- Je n'espère point un régiment royal des vaisseaux de la Compagnie de la Reine, ajouta le Pygargue en tentant de contrôler sa nervosité.

Horace de Klemmens hocha simplement la tête. Tous deux couvrirent leur tête de leur chef, et quittèrent le Prince de Hytraz. Comme convenu, le Xen, après une révérence pleine de noblesse, se présenta auprès desdits officiers en faction.

- Capitaine du Prince de Hytraz mouillant à quai : Le Pygargue. Ci-contre à ma droite, Maître Horace De la Maison Klemmens, Premier Lieutenant de ce bord.

Il leur tendit la convocation.

- Nous convoitons par la présente une entrevue imminente auprès de Sa Majesté, la Reine Amäly Tahora'Han si cela répond à ses douces attentes. Je n'entendoys que là nous ne rencontrions résistance.

Horace De Klemmens, son haut-de-forme coincé sous l'aisselle, hocha du chef :

- Ne voulant doncques aucunement déranger notre bonne Reine, maintenant je vous rends francs et suggère de ne point vous rendre coupable de notre retard, comme par cette commission. »

Tandis que les officiers en question consultaient ladite commission, les deux Xen restèrent là à attendre, patiemment. Une pensée troublait le Pygargue. L'Eradicate courrait toujours.



Le Prince de Palmyre (caravelle):
 


Le Pygargue et son Second, Klemmens:
 
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Sam 25 Fév - 10:41
Comme à son habitude, William avait, ce matin même, enfilé sa tunique pour aller au travail. Comme tous les jours, il avait avalé un frugal petit déjeuner et s'était rendu à l'armurerie pour y récupérer son équipement de garde royal, croisant au passage, Emily. Aaaaah ! Emily... Que n'aurait-il donné aux dieux pour que la gestionnaire des équipements ne s’intéressa à lui ne serait-ce qu'un peu. Mais inlassablement, il recevait toujours la même attention de sa part : un « Bonjour ! C'est bon, vous pouvez y aller ! » suivit d'un geste las pour lui indiquer qu'il pouvait passer.

Un jour, il l'espérait, il aurait un peu plus d'attention de sa part, un jour il serait quelqu'un reconnu de tous, et non pas simplement William, le garde royal, ou comme certain de ses collègues aimaient l'appeler : Bill ou Billy. Le tahora, jeune d'à peine une vingtaine d'années, avait passé son concours de garde royal à l'académie militaire au sein même de la capitale des Citées Blanches. Il avait reçu des notes correctes, sans toutefois se démarquer du lot. Mais Billy n'était pas du genre à vouloir se faire remarquer, non. Son rôle de garde royal en faction devant le Palais de Hytraz lui allait amplement, et il n'en demandait pas plus. Sauf peut-être un regard plus attentif d'Emily.

Ce matin là, il y eut, comme de nombreuses fois, des visiteurs venus tout spécialement au Palais pour des affaires importantes ne le concernant absolument pas. Il devait cependant s'assurer que ces personnes étaient bien ce qu'elles prétendaient et ne menaçaient en rien la sécurité du Royaume. Il aurait été ennuyeux pour lui qu'un criminel entra par son manque d'attention au sein même de la royauté. Il devait donc faire preuve de jugement et de prudence quant aux personnes qu'ils devaient laisser passer. C'est à ce moment précis que deux personnes forts bien vêtues, et faisant visiblement office dans la marine, s'adresser à lui, se présentant comme étant le « Capitaine du Prince de Hytraz mouillant à quai : Le Pygargue » et « Maître Horace De la Maison Klemmens, Premier Lieutenant de ce bord ».

Le Pygargue... Le Pygargue... Où avait-il déjà entendu ce nom, déjà ? Le tahora fit un effort de concentration incroyable pour se rappeler où et quand ce nom avait effleuré ses oreilles toujours parfaitement propres. Ah mais oui, voilà ! Ça lui revenait à présent. Il y a de cela dix ans, alors même qu'il était encore à ses études au sein de la garde royale, il avait pu assister au départ de la caravelle, le Prince de Hytraz, et à son bord, le capitaine nommée à sa charge n'était nul autre que le dénommé le Pygargue. On avait informé le jeune officier en faction, que le Capitaine était attendu pour une conférence avec la reine en personne.

Billy se retint de dire « Ah ! C'est vous ! » par politesse, et aussi parce qu'on lui avait appris à tenir sa langue quand ce n'était pas nécessaire de parler. Son rôle en revanche, lui dictait de faire son travail comme il se devait et de vérifier l'identité de ces hommes devant lui. Il prit la convocation qu'on lui tendit et vérifia son authenticité ainsi que la lettre de marque du Pygargue, qui attestait de son statu avant de dire à haute et intelligible voix :

- Officier de la Garde Royale en faction, William Guèrevent. Nous vous attendions, Capitaine. Si vous le permettez, je me ferrai le devoir de vous escorter jusqu'à la salle d'audience où vous serez entendu par notre majesté la Reine. Je ne peux suggérer à Maître De Klemmens que de faire montre de patience et de bien vouloir attendre séant qu'on lui fasse signe d'entrée si sa présence est requise par les hautes autorités du Royaume.

Le blondinet resta de marbre, mais il garda ce quelque chose de courtois avant d'inviter le Capitaine à le suivre. Il avait pour lourde tâche à présent de conduire ce xen jusqu'à la Reine afin qu'il soit entendu par celle-ci et il accomplirait son devoir jusqu'au bout.

***

Comme à son habitude, Amäly Tahora'Han s'était, ce matin même, levée de bonne heure. Ses fidèles servantes, l'avaient aidé à revêtir ses habits royaux, une robe blanche, somptueuse, ceinturée à la taille par une ravissante boucle en forgé dans le noble métal qu'est l'or, une cape tout aussi pure et soyeuse, accroché à ses épaules par de magnifiques épaulières dorées qui faisaient cependant pâle figure à côté du joyaux du Royaume Tahora'Han : la couronne. Posée délicatement sur la tête de la Reine, elle lui donnait une allure toute particulière et sied à ravir avec ses longs cheveux noirs de jais.

Après avoir bénéficié d'un royal petit déjeuner composé part le plus adroit des cuisiniers du royaume, qui sélectionnait les plus beaux produits des paysans les plus fidèles au Royaume, La Reine Amäly se dirigea vers son affaire la plus urgente du moment : l'assemblée extraordinaire qui avait lieu ce matin même afin d'y entendre le compte rendu de dix ans de service du Capitaine qu'elle avait désigné pour être celui d'un des navires les plus formidable de son Royaume, le Prince de Hytraz.

En vérité, elle avait fondé beaucoup d'espoir en ce jeune officier xen qui s'était à plusieurs reprises présenté afin de prendre le commandement d'un navire. Il était bon d'avoir, selon elle, des personnes avec autant de détermination que le Pygargue. Elle avait ouïe dire à sa cour, que le jeune Capitaine aurait en réalité, fait parti de la noble famille des De Everhell qui fut jadis très proche du Royaume et tombée en disgrâce suite à la trahison d'un des membres de leur famille. L'histoire de cette famille ne lui était pas inconnue, aussi s'était-elle renseignée sur le xen avant d'accepter, il y a dix ans de cela, sa toute dernière proposition à laquelle elle n'avait pu faire objection, bien au contraire. Le but et la mission étaient nobles et profitables à tout le Royaume.

La Reine pénétra sous bonne escorte à la salle d'audience où elle s'installa sur le trône qui n'attendait qu'elle. Elle congédia sa garde, constituée d'hommes et de femmes, et attendit patiemment que le conseil royal se rassemble dans la salle.

Composé de nobles familles, mais également d'officiers militaires, qui eux mêmes, étaient pour la plupart de nobles gens, le conseil fit son entrée petit à petit. Mais ce qu'elle attendait avec encore plus d'impatience, c'était l'arrivée du jeune Capitaine du Prince de Hytraz. Le récit de dix ans en haute mer, à affronter les ennemis du Royaume, serait sûrement des plus palpitants. Savoir si son entreprise avait porté ses fruits, était de loin sa plus grande préoccupation. Le visage aussi serein que rigoureux, elle fixait l'entrée, la tête haute, accueillant comme il se devait ses invités qui se présentaient à elle avec révérence.
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Sam 25 Fév - 16:23
Il est hors de notre pouvoir de renoncer à cet amour.
- Hélas ! dit Ogrin, quel réconfort peut-on donner à des morts ?



Le Pygargue songeait à cette mer brillante et cristalline comme un miroir qui soutenait sur ses embruns le Prince de Palmyre et la Black Wasp. Il pénétra à l'intérieur du palais de la Reine Amäly Tahora'Han, le cœur gros. Puis ses pensées allèrent à sa Maison. Depuis combien de temps, d'années, de siècles les membres de ces derniers n'avaient-ils plus contemplé, de leurs yeux, la Reine tant aimée ? L'ampleur de ce qui se jouait en cet instant sembla peser bien lourd, tout-à-coup, sur les épaules du Pygargue. Néanmoins, il resta concentré, son haut-de-forme coincé sous son bras. Il s'était décoiffé dès l'instant où les officiers à l'extérieur lui avaient autorisés l'entrée du palais.

Sitôt qu'il atteignit la salle du trône, occupée par tout ce beau monde qu'il salua en prenant le temps d'une révérence parfaitement maîtrisée et bien marquée, il la vit. Elle demeurait là, belle à se damner, assise sur son trône, la couronne d'or relevant avec une délicatesse quasi divine les traits délicats de son visage. La Reine brillait d'un feu personnel, encadrée de ses deux grandes ailes noires, délicates, fines, plus fines qu'aucunes autres. Devant tous, posé là comme une cible, le Xen s'agenouilla aux pieds du trône, main bien à plat sur la poitrine, attendant qu'on lui donne l'ordre de se relever. Il réprima ce sentiment d'admiration totale qui lui dérobait sa voix, jusqu'à la prochaine fois. Ici, on était à des lieues des salves de mousquetade et des magasins aux poudres.

Sitôt que son genou toucha terre, le Pygargue sut qu'il ne vivrait que pour défendre et plaire à la Reine Tahora'Han.

« Ma Reine, si j’étais roi, je donnerais l’empire, et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux. Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre. Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire, pour un regard de vous ! Je suis ce Capitaine-là que l'on nomme Le Pygargue. A votre service, Majesté, je viens offrir tous les miens. »
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Sam 25 Fév - 18:53
Les mots du Capitaine résonnèrent dans la salle du trône alors que le silence régnait désormais sur les convives. Tous avaient les yeux rivés sur le Pygargue, tous le regardaient avec attention. Les sentiments n'étaient pourtant tous pas égaux. Certains admiraient l'audace du xen, d'autres apprécièrent les mots, mais ils y en avaient aussi qui le dévisageait avec méfiance, voir même avec mépris ou même étaient-ils scandalisés. Cela avait fait en tout cas forte impression.

La Reine, elle, resta droite et fière, puis à la surprise de quelques arcaëlliens dans la salle, elle dévoila un de ses plus beaux sourires. Elle était charmée par cette délicate attention, par ces mots qui étaient d'une telle bonté et d'une telle flatterie. Elle les savaient vrais, l'homme ne pouvait mentir, elle en avait la certitude. Elle avait l’expérience des beaux parleurs, de ceux qui manient les mots pour flatter l'ego, mais d'aucun n'avait eu une telle consistance, une telle véracité dans la manière de le dire et de le penser.

Sa majesté Amäly Tahora'Han se leva et fit signe au xen de se relever avec une voix aussi douce et délicate qu'un flocon de neige se déposant sur la main.

- Je vous remercie, Capitaine. Vos mots me touchent au plus profond du cœur. J'ai espoir que tous mes loyaux sujets aient autant d'amour pour moi et autant de ferveur à servir ainsi le Royaume que vous ne semblez en avoir. Nous n'en serions que plus grands encore. Je vous en pries, Capitaine Le Pygargue, relevez vous.

Elle attendit que le xen se relève et sans se départir de sa prestance et de son charisme presque surnaturel, la Reine le regarda dans les yeux, toujours avec ce sourire aux lèvres. Elle savait à présent qu'elle avait fait le bon choix il y a de cela dix ans. L'homme était toujours droit, l'homme était toujours fidèle et fier. Il n'en fallait pas plus à sa Majesté pour avoir foi en lui. Cependant, elle préférait garder son enthousiasme avant d'entendre le récit de ses exploits qui, elle l'espérait, seraient à la hauteur du remarquable Capitaine.

- Je vous remercie tous d'avoir répondu présent à notre assemblée extraordinaire. L'ordre du jour, est le suivant. Sieur Merebior, je vous pries.  
- Hum hum ! Oui, tout de suite, votre Majesté.

Un homme d'une quarantaine d'année en apparence s'avança pour se mettre au côté de la Reine. C'est un elfin, très mince, au visage creux et long, dont la pomme d'Adam saillait de sa maigre gorge marquées, tout comme le reste de son corps, par l'age. Malgré cet air rachitique et quelque peu maladif qu'il semblait avoir, il n'en était pas moins énergique et doté d'une certaine prestance. Les cheveux blonds vénitien, solidement attachés à l'arrière en un élégant catogan, il portait un habit des plus sophistiqué comprenant un pourpoint mauve du plus bel effet ainsi qu'un pantalon serré du même coloris.

- Hum hum ! toussota-t-il une nouvelle fois en réajustant son monocle. Moi, Altir Merebior, en ma qualité de consultant et écrivain publique royal au service de sa Majesté la Reine Amäly Tahora'Han, vais vous décrire l'ordre du jour. Nous sommes ici présent pour recueillir le témoignage de dix années de services du Capitaine Le Pygargue, détenteur du diplôme officiel de Capitaine de la marine Royale à l'académie d'Hytraz et qui a officié au nom du Royaume.
- Merci, Sieur Merebior ! s'exclama la Reine. Et bien je vous en pries, Capitaine Le Pygargue. Faites nous le récit de ces dix années de service. Et surtout, n'omettez aucun détail, nous sommes à votre écoute.
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Dim 26 Fév - 17:04
De chaque branche, gouttes vertes,
Des bourgeons clairs,
On sent dans les choses ouvertes
Frémir les chairs :

Rimbaud



Le Pygargue s'autorisa enfin, sur ordre de la Reine, à relever la tête. Son haut-de-forme coincé sous son aisselle, sa cape impeccablement lissée derrière ses épaules, il se tint bien droit, comme un piquet, tête haute et regard profond et sincère. On le laissait prendre la parole. Tout autour de lui, l'auditoire prêtait oreille. Grands Dieux, que cet instant ait bonne place en ma mémoire. C'est le regard, doux et posé de la Reine, qui rassembla auprès du Pygargue ses forces et la prestance dont il se nourrit avant de commencer :

« Du feu de mes années passées, Majesté, je souhaiterai attiser votre considération. Du zèle et des batailles qui, pour vous, les ont enflammées puis consumées. Lorsqu'on ceint l'épée en votre nom, ma Reine, la chaleur se répand du couchant à l'aurore.

Il désigna la paperasse et les différents carnets qu'il portait avec lui.

- Tout ce que je m'apprête à vous conter, oyez, se trouvé rédigé par ma main dans mon journal de bord. Mon Maître Lieutenant, Messire Horace de la Maison Klemmens, a tenu lui aussi toutes ces années notes qu'il conserve à bord du Prince de Hytraz. Si toutefois, d'ordinaires, vous souhaitiez les consulter, ils demeurent, je le prise, à votre entière disposition.

Il ajouta après que le silence ait pris son souffle :

- Je porte également sur moi la commission signé de votre douce main, dix années auparavant, qui me fit don du commandement et m'autorisa à élever sur mes mâts l'étendards du Royaume de par les mers d'Arcaëlle. Ce Royaume sur lequel le soleil ne se couche point, car lorsqu'il disparaît des nues des Cités-Blanches, c'est afin de s'élever sur les terres de Ray'Bauz.

Le Pygargue crut discerner, à la commissure des lèvres de la magnifique Tahora, un sourire qui palpitait là, comme un baiser. Il en eut des frissons jusque dans les écailles poudreuses de ses fines ailes. Craignant soudainement d'importuner l'assemblée et sa Majesté, il poursuivit, d'une voix davantage pressée.

- Voici à l'intérieur de ce carnet le nom de tous les bâtiments remarquables, alliés ou ennemis, sur lesquels je croisai lors de mon périple. Ils sont en tout au nombre de deux-cent-dix-neuf. Pour chaque vaisseau, j'y ai ajouté les détails de son Capitaine, ses Lieutenants et officiers lorsqu'il y en avait, la nation qu'il servait, le pavillon arboré, la nature de son voyage et les effets de notre rencontre sur les océans. Dois-je, Majesté, vous en faire la lecture ? J'ai autrement pris la liberté d'en rédiger une copie, afin que vous puissiez librement la consulter et la conserver.

Après s'être légèrement raclé la gorge, baissant humblement la tête lorsque les yeux de la Reine vinrent l'effleurer, il annonça à l'attention de tous les Royalistes présents :

- Sur les deux-cent-dix-neufs bâtiments, cent-sept d'entre eux n'étaient assujettis à personne et croisaient sur tout-un-chacun pour leur propre compte. »
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Mar 28 Fév - 12:37
L'assemblée semblait attentive aux mots du Pygargue. Son discours des plus dithyrambique, captivait tant par la forme que par le fond. « Deux-cents-dix-neuf ? » répétait-on avec ahurissement, « Des ennemis ? Des alliés ? Qui donc ? » murmurait-on à l'autre coin de la pièce. La Reine n'eut qu'à lancer un regard pour que les discussions cessent et que le silence revienne. Pas un mot ne sorti de sa royale bouche et pourtant, tous la regardèrent dans l'attente de ses ordres.

- Sieur Merebior, voulez-vous bien, je vous pries, m'apporter cette copie !
- Certainement, votre Majesté !

L'écrivain se dirigea d'un pas altier vers le Pygargue et se saisit délicatement du manuscrit que ce dernier lui tendit. L'elfin fit alors demi-tour et présenta la copie du journal à la Reine qui le prit entre ses fins doigts d'ivoire. Elle l'ouvrit et le feuilleta brièvement mais avec la plus grande des attentions, comme si chaque page, chaque mot, chaque petit boucle de lettre avait son importance. Elle ne lut que quelques passages afin de se faire une idée des événements relatés par la plume du Capitaine, et referma finalement l'ouvrage avec douceur.

Elle prit soin de le confier à nouveau à son consultant et écrivain officiel pour finalement reporter son attention vers le Pygargue sans se départir de son sourire bienveillant. Elle n'aurait pu tout lire en si peu de temps mais faisait confiance aux mots qu'avait prononcé le Capitaine. Sans le quitter des yeux, elle ordonna alors :

- Sieur Merebior, veuillez confier ce journal au général Sal'Han. Je suis persuadée que les détails qui sont contenus dans cet ouvrage seront précieux aux yeux de nos armées.
- Bien évidemment, votre Grâce !

L'elfin reprit sa démarche pompeuse et se dirigea vers un immense virenpien qui lui même s'approcha d'un pas cérémonial. Il avait de belles écailles d'émeraude, et faisait bien deux fois la taille de l'écrivain, enclavé dans une armure reluisante et impeccable, portant dans son dos une magnifique cape blanche. Le Général Sal'Han siffla légèrement de satisfaction et s'inclina devant la Reine.

- Je vous remercie, votre Altesse ! Ces renseignements seront, à n'en point douter, capitales pour nos actions futures. Il se tourne vers le Pygargue et ajoute : C'est de l'excellent travail, Capitaine. Je vais étudier cela en détail, et convenir des mesures à prendre par la suite.

Il s'inclina à nouveau devant sa suzeraine, et se replaça parmi les autres invités. Une voix s'éleva alors de l'autre côté de l'assemblée. Il s'agissait d'un vieil homme corpulent, un xen aux ailes teintées d'orange, de noir et de blanc, arborant des motifs plutôt distinctifs, même si ceux-ci commençaient à subir les ravages du temps et à se voir ainsi décolorés.

- Et quand est-il de ces ennemis du Royaume ? Avez-vous rencontré des Hayert'Vaäls sur votre sillage ? C'est bien pour cela que nous vous avons confié le bâtiment que vous dirigez actuellement, non ? Sont-ils une menace imminente pour notre Royaume ? Les conflits actuels en territoire de Kaïl sont alarmants ! Il nous faut des réponses !

Il replaça son pince nez d'un geste de son index boudiné. Le ton de sa voix n'avait rien d'amical, et le Pygargue avait une idée de l'animosité qui animait cet homme au double menton et à la perruque blanche bien ajustée. Il s'agissait de Benedict Walterion, le doyen de la famille Walterion que l'on disait rivale à la famille De Everhell depuis des décennies. Le bruit courrait même que l'homme aurait encouragé Mickaël Bervers De Everhell a suivre la voie qu'il a choisi et à jeter ainsi le déshonneur sur cette famille rivale. Mais rien de concret ni d'avéré ne pouvait étayer cette thèse.

La Reine sembla courroucée par cette prise de parole indésirable, fronça les sourcils et dit alors avec la plus grande des fermetés.

- Il ne me semble pas que nous vous ayons donné la parole, Comte Walterion.
- Mes excuses, ô ma Reine, mais ne sommes nous pas ici justement pour éclairer ce fait ?
- Il est vrai, Comte, mais à l'avenir, je vous prierez de me consulter avant de prendre la parole ainsi. C'est moi et moi seule qui décide comment ce déroule cette audition. N'oubliez pas que vous servez l'intérêt de la couronne, et non les vôtres.
- Mais bien sûr, votre Excellence. J'en suis navré. Cela ne se reproduira plus, dit-il avec un sourire qui en disait long sur sa mauvaise foi.

La belle et royale Amäly se tourna alors vers le Capitaine Le Pygargue et, un peu agacée encore par l'intervention inopportune du Comte, lui demanda alors :

- Pourriez-vous, Capitaine, répondre à la question du Comte ? Même si son intervention était inopportune, la question demeure toutefois pertinente.
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Jeu 2 Mar - 20:34
Donne-moi tes mains que mon cœur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.

Aragon



On n'oubliait pas la Maison des Walterion. Même après dix ans passés à courir sus aux océans d'Arcaëlle. Mais Le Pygargue ne jugea pas utile de se troubler pour autant. La politique, les discours de sourds, s'occuper des ennemis de la Maison, c'était le travail d'autres personnes au sein de la famille. Pas le sien.

« Oyez, Dames et sires, que je ne demeure qu'un Capitaine de caravelle, répondit calmement le Pygargue. Non un mestre de camp ou un général d'infanterie. J'ai capturé grand nombre de bâtiments et de marins au cours de mes années en mer, beaucoup de barques que je condamna moi-même. C'est grâce à vous, ma Reine, que mon rêve impossible a pu prendre corps, cependant je ne dois pas me souvenir que vos ordres intimaient pour mes valeureux marins et moi-même, de nous en prendre aux ennemis du Domaine qui tentent d'envahir Kaïl. Je m'estime donc capable de vous tenir informé de l'état des océans d'Arcaëlle. Non celui de ses terres.

Il laissa le silence prendre son souffle, clignant des yeux sous ceux de la reine aux ailes noires déployées.

- Au cours de mes longues années en mer, j'ai surtout pu en apprendre plus sur ces eaux près de la tristement nommée Port-Suppure. En son sein, les habitants, malappris et partisans de démons et d'Ozan, obéissent aussi peu aux lois religieuses qu'aux lois civiles. Les dames y sont réputées volages, les hommes avides et n'hésitant pas à trafiquer avec les pires forbans pour arrondir leurs bas de laine. Ajoutons à cela les méfaits de la boisson et nombre de crimes impunis. J'ai même pu voir, de mes yeux, un grand Capitaine être renvoyé de la Suppure par le Gouverneur en lui-même, cela pour "débauche". Franc vaurien que ce gouverneur, que je soupçonne de servir Özan également. Ces pirates aux pires des maux, majesté, qui ont tellement longtemps erré dans les tourments qu'ils ne se souviennent plus de rien. Non point des hommes, mais des bêtes. Et les représailles que je dû ranger envers eux, je les fis non comme à des humains, des elfes, des aracnors ou des ailés, mais comme à des chiens. Pour en revenir à cette capitale de la piraterie, cette île malpropre à laquelle nous n'aurions su trouver patronyme plus approprié, on y tient commerce galant à chaque coin de rue. Les femmes sont très jeunes, trop jeunes. Dans ce royaume-ci, avec un peu d'or on peut acheter aussi bien le noble que le vilain. Tout est à vendre, sauf le Joly Roger national. Et même lui, on le trafique en douce à la première occasion. J'ai mis aux fers, majesté, plus d'un de ces Capitaines de navires. La monnaie dont je payais au fil des ans la rançon qu'ils estimaient n'était que de boulets de canon. Et à chaque fois, je venais en personne la leur régler. Je me dois cependant de vous informer, Ô ma reine, qu'un certain nombre de mes prisonniers furent offerts à la Principauté ou des Démocrates, qui en firent ce que bon leur semblait. Ceci, en échange de bons gages pour moi, mes hommes et mon bâtiment. Par exemple, le droit, entre autre, d'occuper librement leurs ports. Je leur remettais leur ennemi, pieds et poings liés par mes soins impérieux, ils me remettaient l'or qui était posé sur leur tête. Cet or, j'en ai fais bon usage afin de parfaire ma course. J'en ai tenu chaque détail à l'intérieur de mon journal de bord, approuvé par mon maître greffier. Sachez, majesté, que presque tous les vauriens Hayert'Vaäl ayant juré allégeance sur mer à Özan le perfide finirent pieds nus, rasés, la corde aux reins et en cierge en main, comme il est de cours en quelques endroits des terres Démocrates ou de la Principauté, à se repentir devant les Dieux, ou bien à subir la question, puis la peine capitale. Lorsqu'ils avouaient, nul ne pouvait les soutenir, sinon la corde. Mais je n'en ai occis aucun à mon bord, respectant nos lois, ma reine. Ceux que j'ai conservé se trouvent en ce moment-même dans les cales du Prince de Hytraz, dans l'attente de leur passage entre les mains de vos officiers, puis de notre justice.

Un silence vint trouver sa place à la fin de ce monologue inspiré. Le Pygargue fit une nouvelle révérence, demeurant courbé devant sa reine.

- Acceptez également en gage de mon amour et de ma bonne foi, ma reine, un bâtiment qui devrait vous être familier. La si mal-nommée BlackWasp, voilée à la Royaliste et qui vous appartenait autrefois, avant l'attaque de Kaïl. Pleine de ses nouveaux occupants assujettis prisonniers du Royaume. Son Joly Roger, je l'ai fais abaisser. Il est tombé raide, pour votre regard ma reine. Comme un oiseau qui s'écrase.

Sans oser se redresser, son chef et ses papiers toujours sous le bras, il conclut :

- J'ai également pour votre plaisir les cartes inédites, dessinées par mes soins, de territoires marins qui nous étaient encore inconnus. De nouvelles sondes ont été réalisées principalement dans les eaux de l'Est. Les plans du cimetière marin demeurent également, ainsi que toute la côte est de l'Archipel des Maures qui encadrent Ray'Bauz. Nous avons caboté longuement en ces hauts-fonds. Enfin, pour répondre  complètement à Son Excellence le Comte De Walterion, en m'appuyant sur le nombre fort élevé de Hayert'Vaal que je rencontrai sur mers, j'en déduis que leur simple existence menace quiconque aspire à protéger sur Arcaëlle la vie, les lois, et la paix. Ils devront tous être détruits, je l'escompte. Car si leur simple mention permet comme je le constate d'ajouter le trouble dans cette pièce, imaginez ce qu'il en serait de tout un régiment armé. »
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Dim 5 Mar - 11:44
Le comte Walterion sembla quelque peu contrit, mais nul doute que ces nouvelles étaient pour les moins satisfaisantes. Il ne pouvait rien y redire et garda le silence, ne tentant pas même de demander la parole à la Reine qui continuait, par moment, de le surveiller du coin de l’œil afin de s'assurer qu'il ne se permis aucun autre débordement. Mais la personne pour laquelle Amäly Tahora'Han avait le plus d'attention en ce moment même, c'était pour le jeune Capitaine qui ne tarissait point d'éloge en sa majesté, ni de détails importants et intéressants sur ses activités lors de ces dix dernières années de loyaux services.

A son ordre, le sieur Merebior, toujours aussi serviable et utile, s’enquérait des cartes promise par le Pygargue qui promettaient d'être des découvertes fortes intéressantes. C'était, au yeux du scribe, des biens encore plus précieux que l'or, les bijoux, ou même les plus grandes richesses du Royaume. La connaissance, la sagesse, et la découverte était pour lui des ressources inépuisables que tout Arcaëllien devrait choyer et même s’enorgueillir. La Reine, quant à elle, semblait plus que satisfaite de tout ce travail apporté et se faisait une joie d'entendre que le Capitaine respectait les lois du Royaume, même à bord de son bâtiment, et ce, même dans les contrées les plus éloignées.

L'autre bonne nouvelle était que le Reanspell qui, au grand désarroi de la Reine, avait été renommé BlackWasp, avait été récupéré par le Capitaine, aux mains de maudits forbans, ceux là même qui avaient attaqué la citée de Maäl. Sa majesté ne pouvait rester muette face à cela.

- Ainsi donc, vous avez récupéré le Reanspell que ces forbans nous ont dérobé lors de l'attaque de Maäl... Je n'ai de mots pour vous exprimer toute la gratitude que le Royaume a pour vous, Capitaine le Pygargue, j'espère cependant nos actes vous seront plus éloquents. Si personne n'y voit objection, je souhaiterai que votre courage et vos actions soient récompensées ici même. Avec l'accord de mes conseillers et représentants militaires, je souhaiterai confier à votre commandement, le bâtiment que nous nommerons à nouveau comme il se doit, le Reanspell, ainsi qu'un nombre d'arcaëlliens et d'arcaëlliennes assez conséquent pour diriger un tel navire une fois qu'il sera desservi de tous ses captifs. Bien évidemment, nous vous laisserons le choix de ces hommes et femmes qui pourront rejoindre cette entreprise que j'espère vous voir continuer à diriger. Vos efforts ont été très payant, Capitaine, et il me serait que par trop pénible de ne pas vous voir grandi par tant de mérite.

L'assemblée sembla de l'avis de la Reine et après quelques échanges, tout le monde s'accorda à dire que la proposition de sa Majesté était une juste récompense pour les efforts du Pygargue et qu'il serait bon de lui donner les moyens de faire grandir son entreprise qui bénéficiait à la Couronne. Il y eut également moult échanges à propos des Hayert'Vaäl et des mesures à prendre les concernant, ainsi que sur la situation alarmante de cette nation de pirates qui avait été évoqué avec le cas de Port-Suppure.

- Très bien ! L'affaire est entendu ! Garde ! Faites venir le Premier Lieutenant Horace De Klemmens. Nous aimerions l'entendre et également qu'il soit présent pour cet instant particulier. Nous souhaiterions récompensé l'homme qui à si bien servi à vos côtés, Capitaine.
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Lun 6 Mar - 23:38
Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t'en vas ?

Hugo



Devant tant de bienveillances de la part de la Reine Amäly Tahora'Han, Le Pygargue sentit les mots lui échapper. Lentement, il se redressa, afin de paraître bien droit. Serré au corps et fort bien ajusté, il sentait son gilet de velours sous le pourpoint aux manches finement brodées le presser. Lorsque il put enfin paraître bien droit face à la reine, main sur le cœur, haut-de-forme sous le bras, il la remercia simplement, en de charmants termes. Le Pygargue avait été élevé comme un aristocrate, car il en était un. Et comme lui avait dit son cher Horace, contrairement au pirate, l'aristocrate fait ce qu'il doit, et non ce qu'il veut. Un instant, alors que le trouble dans lequel le plongeait depuis le début de cette entrevue la beauté de la Reine clignait des yeux, le Pygargue se vit revenir en pleine face ses devoirs envers Sa Maison. On le lui reprocherait. Il ne pouvait partir du palais et de la cour sans avoir laissé auprès de la Reine son nom. Seulement son nom, il s'en était volontairement dépossédé, dix ans en arrière. Il ne pouvait donner un nom empli de souillure à l'attention de cette femme qui respirait la perfection.

Il fut interrompu dans ses pensées par l'arrivée de Maître Klemmens, l'habit bien lissé et impeccable, ses cheveux coupés courts rabattus en arrière sur sa nuque et fort bien peignés. Horace, mon très char camarade. Est-ce que vous voyez vous aussi, la Reine comme je la vois ? Et son regard qui embellit toute choses.

Le commandement du Reanspel était une surprise merveilleuse pour Le Pygargue. Un espoir finalement inespéré. Ne pas devoir le demander à la Reine lui ravit l'âme. Il se sentait indigne de revendiquer quoi que ce fut auprès d'une telle figure.

Horace De Klemmens, haut-de-chef sous le coude à la façon de son Capitaine, s'inclina avec grande noblesse.

« Majesté Amäly Tahora'Han, maîtresse du Royaume et des deux Continents, je suis Maître Horace de la Maison De Klemmens, et votre obligé à mettre en service si tant est que vous puissiez le désirer.

Il ajouta, yeux clos :

- Précurseurs des sublimes, la Maison De Klemmens sert le Royaume sur les mers depuis des siècles, sans faillir. Comment pourrait-elle la servir encore aujourd'huy ? »
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Sam 11 Mar - 11:02
La Reine Amäly eut un sourire des plus doux envers le second Horace De Klemmens lorsqu'il se présenta à elle. Oui, la noble famille De Klemmens avait toujours servi loyalement le Royaume sur les mers et océans d'Arcaëlle et la Reine en était bien consciente. Elle ne pouvait ignorer le passé de cette famille prestigieuse, et en même temps, Horace de Klemmens, lui avait donné une opportunité de récompenser à nouveau la loyauté de cette famille. Elle se leva, droite et fière, le visage toujours enjolivé par ce sourire si généreux, si bienveillant.

- Maître De Klemmens, c'est une joie de vous avoir parmi nous en ce jour tout à fait remarquable. J'ai ouï dire par le Capitaine le Pygargue si présent que vous avez servi à ses côtés sans jamais faillir un seul instant et avec un talent remarquable.
- Votre Majesté, j'en suis fort aise, mais je n'ai fait là que mon devoir envers la Couronne, commença Horace avant de s'interrompre, voyant que la Reine voulait prendre à nouveau la parole.
- Vous êtes bien modeste, Lieutenant De Klemmens. Si je vous ai fait venir ici, c'est pour récompenser cette loyauté et ce talent que vous vous efforcez à mettre à notre service. J'ai également pensé qu'il aurait été juste pour vous d'assister à la remise au Capitaine Le Pygargue des droits de commandement du Reanspell.

La Reine laissa une petite pause courte, mais suffisante pour laisser à Maître De Klemmens de saisir correctement l'information qu'il venait d'entendre avant de reprendre.

- Et avec son accord, j'aimerai vous nommer capitaine à son bord. Étant son second, j'estime que ce droit vous revient tout naturellement, sauf si bien sûr vous préférez confier cette tâche à un autre capitaine.

Tout le monde semblait déjà s'accorder sur ce fait, même l'écrivain officiel de sa Majesté commençait déjà à préparer les papiers qui officialiseraient ce fait au regard de la Couronne. En tout cas l'occasion était trop belle, et elle ne se reproduirait sans doute jamais. Des corsaires, ainsi récompensés, c'était une chose bien rare en ces temps, on avait rarement vu telle chose. Cela aurait même été honneur pour la Reine, si elle l'avait pu, de récompenser ces arcaëlliens par une promotion de grade, mais on ne promeut pas des corsaires.

HRP:
 
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Lun 13 Mar - 20:26
Nous avions tous les deux la forme de nos âmes.
Tout ce que l’un de l’autre ici-bas nous aimâmes
Composait notre corps de flamme et de rayons,
Et, naturellement, nous nous reconnaissions.

Hugo



Le mouvement complète ainsi les propos, aurait pu songer Horace De Klemmens aux côtés du Pygargue. Les deux hommes demeuraient voix close. Que dire devant tant de bonté ? De reconnaissance ? De sublime ? Le Pygargue parvenait presque à murmurer muettement sur ses lèvres les vers en vigueur à la capitale des Cités-Blanches avant qu'il ne prenne la mer. La Reine Amäly Tahora'Han est la loi infini. Et devant la loi infini, toujours les méchants ploient. D'un épagneul, elle fait un lion.

« Majesté...Nous sommes...Je ne sais comment vous exprimer toute ma gratitude...

Ce fut tout ce que parvint à articuler Le Pygargue. Il se sentait tellement petit face à la grande reine Tahora. Qu'ajouter de plus ? A ses côtés, Horace De Klemmens, même si on ne doutait pas de son émotion, parvenait apparemment mieux à la dominer. Tous deux portaient leurs haut-de-forme sous le coude, à la façon de galants personnages. L'aristocratie Xen de certaines familles Royalistes était connue et réputée pour son art de la galanterie, poussé presque à l'extrême.

- Bien sur, reprit Le Pygargue, je déléguerai à Maître Horace de la Maison Klemmens le commandement du Prince de Palmyre.
- J'en suis fort aise ainsi que fort saisi, votre Majesté, murmura Klemmens après une révérence respectueuse. Le flot roulant n'est point un chanteur de romance, ajouta le Xen avec pondération. Cependant je demeure convaincu que pour porter sur son aile vos bâtiments et vos couleurs, il célébrerait la plus belle des mélodies. C'est ce refrain-ci, Ô ma Reine, et qui porte votre nom, que je ferai résonner aux quatre coins d'Arcaëlle, en tant que Capitaine du Prince de Palmyre. Votre volonté sera mienne.
- Nous jurons, reprit Le Pygargue, sur notre honneur d'hommes Royalistes, de marins et de Xen, de ne jamais vous déplaire.

Il dû se taire tandis que de l'assistance quelques murmures s'élevaient. Lorsqu'il leva de nouveau la voix, presque tremblante d'émotion, il était certain que tous présents l'entendaient.

- Je requiers de votre part le droit et l'honneur, Ma Reine, de chasser les pirates Hayert'Vaäl adorateurs de l'hérétique sur les océans d'Arcaëlle. Si vous m'accordez votre bénédiction, je ferai de l'esprit du Royaume un cœur. Et ce cœur de flammes, je le déposerai humblement à vos pieds. Je serai pour vous, le sourire de l'aube et l'odeur de la rose. Si vous m'accordez cette faveur... »
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Jeu 16 Mar - 11:00
Les murmures s'élevèrent encore parmi l'assistance avant que la Reine ne lève légèrement sa main d'un geste si gracieux que tous l'observèrent sans un mot. Comment ne pas succomber au charme d'une telle dame ? Comment ne pas se plier face à tant de sublime ? Du plus grand empereur, au plus ignorant des gueux, il n'y aurait nulle personne ne pouvant céder à sa magnificence. Le Royaume avait rarement connu souveraine aussi charmante, aussi gracile, aussi pleine de bonté et de grâce. Cette splendeur qui cachait également une force insoupçonnée. La Reine était loin d'être sans défense, elle savait par les mots mais aussi par le fluide à briser ses ennemis, bien qu'elle utilisa plus l'un que l'autre. Le maniement de l'épée ne lui était pas non plus inconnu bien qu'elle ne fut pas la meilleure bretteuse du Royaume. Mais rien n'égalait sa beauté ni sa délicatesse, pas même sa voix qui pourtant, captivait tout un chacun.

Elle se leva de son trône, faisant ainsi plier genoux à tous ceux présent dans la salle. Le scribe royal en fit même tomber son monocle tant il fut surpris par la soudaineté de la chose. La Reine s'approcha d'un pas solennel vers le Pygargue et apposa ses mains gantées sur sa tête.

- Moi, Amäly Tahora'Han, descendante directe de l'Enac, Melinda Tahora'Han reine parmi les reines, Souveraine du Royaume et de toutes ses terres au-delà des océans, vous accorde, Capitaine Le Pygargue, ma bénédiction. Soyez tous témoins, en ce jour, du don que j'offre à cet homme fidèle au Royaume à tant d'égards. Aussi loin que puisse vous porter notre amour et notre bienveillance, nous saurons attendre dans le vive espoir de votre retour, je n'en doute point, triomphal, les bras chargés de ce cœur de flammes qui ne demande qu'à être pris de vos mains qui ont déjà tant fait. Que brûle votre cœur et vos espoirs pour le Royaume comme brûleront, je l'espère, les milliers d'autres cœurs d'Arcaëlle pour notre nation. Gardez aussi en votre mémoire la douceur du foyer qui est le votre et battez-vous pour lui offrir cette chaleur que tous méritent.

La Reine se recula, retirant délicatement ses mains de la tête du Pygargue avant de le regarder avec toujours autant de bonté qu'elle n'en avait fait preuve jusque là. Elle lui fit signe de se relever et ajouta.

- Levez-vous, à présent, Capitaine. Montrez-vous droit et fier comme vous l'êtes pour votre nation, montrez-nous à tous comment un homme sait se tenir devant les ennemis du Royaume. N'oubliez jamais à quel point, notre bénédiction, vous emplit d'amour et de devoir pour les êtres vivants d'Arcaëlle, et à quel point il est important de les protéger de la malveillance des Hayert'Vaäls. Soyez toujours bon et juste, soyez toujours le sourire de l'aube et l'odeur de la rose, et si ce ne sont les dieux qui vous récompenseront, ce sera moi, votre Reine, ainsi que le Royaume tout entier.
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Lun 20 Mar - 1:53
On les insulte ! Alors, ils ont là quelque chose
Qui leur fait mal, allez ! C'est terrible et c'est cause
Que se sentant brisés, que, se sentant damnés,
Ils sont là, maintenant, hurlant sous votre nez !

Rimbaud



« - Les dieux d'Arcaëlle qui veillent sur le Royaume viennent de me combler en tous points, majesté. On prétendra dès lors nombreux à ma personne, je le gage, aujourd'huy que je resplendis par vos mots.

Le Pygargue se releva alors, comme le lui avait ordonné la Reine. Il prit grand'soin de se tenir bien droit. La Reine faisait exactement la même taille que lui. L'espace d'un instant, leurs regards se croisèrent. Les yeux bleus du Xen ne purent supporter très longtemps ceux, auréolés d'une lumière quasi divine, de la magnifique femme ailée. Elle eusse été semi-déesse, songea Le Pygargue, que je n'en aurai suggéré aucune surprise.
Assez rapidement, il baissa le regard, humble, et imité par Horace De Klemmens à ses côtés. Il pensait que la Reine allait reprendre la parole, mais ce fut le silence qui s'installa entre eux deux. Si proches. Et cependant si loin. Brillaient sous les cils de la Reine Amaly Tahora'Han une intelligence et une force qui venaient soutenir l'âme noble.

- Cependant, reprit alors Le Pygargue en rompant le silence. Je me dois, Ô ma Reine, de vous avertir d'un fait qui se déroba à ma mémoire. Votre bâtiment, le Reanspell, a été modifié par la femme qui le monta lorsque je le lui dérobai. Celle-là même qui, je me le suis laissé dire, participa à l'attaque de nos terres par-delà les domaines de May'Veal. Se trouvent à présent à bord de la frégate un mortier de marine en fonte de bronze. Sur ce mortier, majesté, une gemme y est incrustée. Une gemme libérant l'accès au fluide.

Quelques murmures parcoururent l'assemblée. Le général Virenpien paraissait manifester un intérêt soudain pour les paroles qui venaient d'être prononcées. Horace De Klemmens ajouta :

- Un mortier de marine flambant neuf, muni d'une gemme flambante neuve. Nous n'avions point osé faire sur quelques cibles l'essai de son fluide, car nous ne doutions point que ce dernier demeure dévastateur. Du reste, nous ignorions donc à cette heure quel fluide est contenu dans ce rubis.
- Un mortier de marine, ainsi qu'une pièce de fer de trente-deux livres. Elle également montée d'un rubis libérant le fluide. Ce dernier, nous avons pris la liberté, Maître Horace et moi-même, de le mettre à l'essai. Il s'agit, comme nous nous en doutions, de Mez. Très utile face à des bâtiments faits de bois.

Cette fois, les murmures qui s'élevèrent de l'assemblée furent plus bruyants. Le Pygargue crut discerner quelque chose, un éclair, tilter sous les cils de la Reine. Il n'osait pas vraiment la regarder dans les yeux.

- Les hérétiques, conclut-il en baissant tout-à-fait le regard, ont gagné en puissance. Les Dieux nous ont offert de reprendre le Reanspell. Mais qu'en est-il des autres bâtiments qui mouillent à la tristement nommée Suppure ? Ont-ils été eux-aussi modifiés ? De nombreux hérétiques peuvent s'offrir les services d'un technomancien.
- C'est scandaleux ! glapit le Comte Walterion en montant sur ses grands chevaux -et il fut rapidement soutenu par plusieurs voix muettes-. Confier une telle arme de guerre à un simple chasseur ! Enfin, cet homme n'est même pas Corsaire ! Encore moins Amiral, ou Général !

Une seule chose importait aux oreilles du Xen que la Reine contemplait. Il ne voulait pas la décevoir. En attendant qu'elle lui offre ainsi, à la vue de tous, sa bénédiction pour le commandement du Reanspell, il s'assurait que rien ni personne, pas même la Reine elle-même si elle le souhaitait, ne puisse la lui ravir ! Avait-il attendu précisément cet instant afin de déclarer à haute voix que le Reanspell avait été transformé en artillerie lourde et machine de guerre inestimable ?

En son for intérieur, Le Pygargue sentit le regard de la Reine le brûler. Il voulait le commandement du Reanspell, c'était la vérité. Il en avait besoin. Mais la vérité était aussi qu'il avait été tant troublé par la prestance de la Reine, qu'il en avait oublié de mentionner à sa souveraine ce détail concernant le troisième-rang qui mouillait actuellement à Hytraz...Un oubli qui l'arrangeait grandement !

Bervers court toujours.

- Je crois ne pas pouvoir mieux terminer cet acte que par une courte notice des différents procédés en usage parmi les pirates, gronda alors à ses côtés Horace De Klemmens. On les brime ! Alors, ils ont là quelque chose qui leur fait mal ! C'est terrible et c'est cause que se sentant insultés, que, se sentant damnés, ils sont là, maintenant, hurlant sous votre nez ! Ce fut le cas lors de l'attaque de Maäl ! Grace au Reanspell, à cette prise qu'Uoc'Thuy nous accorda, je jure sur mon honneur et celui de ma Maison, majesté, retourner cette arme contre ses promoteurs.

Le Pygargue ne cilla pas. Dans son dos, le Comte reprenait, déjà plus fort.

- Le Reanspell ne peut pas être confié à son état à n'importe quelles mains !

Un Mzékil, un peu en retrait, ajouta :

- Un tel bâtiment devrait immédiatement être intégré à la marine royale, majesté.
- Le Reanspell, reprit tonnerre grondant Klemmens face à ses opposants, portera haut et fier les couleurs du Royaume !
- Sous le commandement d'un fruste chasseur de pirates ! reprit le Comte Walterion empourpré jusqu'au gosier. Un petit chasseur qui a reprit le bâtiment, mais a laissé échapper la pirate qui le déroba sur Ray'Bauz ! Qu'Uoc'Thuy nous vienne en aide ! »

Silencieux, Le Pygargue cligna des cils. La Reine s'apprêtait à parler.
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Mer 22 Mar - 17:50
Ses yeux étaient plissés dans une expression sévère qui n'augurait rien de bon pour ses interlocuteurs qui faisait maintenant silence en la voyant bouillonner de l'intérieur. Était-elle en colère contre le Pygargue qui avait oublié de mentionner les canons si spéciaux à bord de son nouveau bâtiment ? Ou bien voyait-elle d'un mauvais œil que les hommes et femmes de la cour qui l'entourait si présent osent contester son autorité ? Elle se leva, et dans un calme froid, elle prit la parole avec un courroux contenu mais bien existant.

- Ne vous avais-je point demander mon autorisation pour prendre la parole, Comte ?
- Si, vôtre altesse, mais...
- En ce cas, pourquoi entends-je le son disgracieux de votre voix sans que je ne vous ai convié à en faire usage ?
- C'est que...
- Ne me jugez-vous donc point assez compétente, Comte, pour juger moi-même de la nécessité de confier ou non le Reanspell dans l'état actuel qu'il l'est aux bons soins du Capitaine ?
- Ce n'est pas cela, ma Reine, je voulais juste être sûr que...
- Comment osez-vous douter de vôtre Reine ? Ceci est la dernière fois que vous intervenez ainsi dans cette assemblée. La prochaine fois qu'il m'est donné d'entendre vos paroles sans même y avoir été convié, Comte, j'userai de mon autorité suprême afin que vous ne soyez plus membre de cette assemblée pour l'année à venir. Ai-je étais suffisamment claire à vos oreilles, Comte Walterion ?
- Oui, vôtre Excellence... Bien entendu, vôtre Excellence.

Elle se tourna vers toute l'assemblée et ne se départit point de son ton courroucé et de sa sévérité apparente. Elle resta droite et fière et regarda de haut toutes ces personnes comme son statut lui en donnait le droit. Il n'y avait que le bord de sa lèvre, qui tremblotait très légèrement, qui aurait pu trahir sa nervosité à ce moment là.

- J'ai cependant entendu votre opinion chers membres de cette assemblée, et il est de mon devoir d'y répondre. Nous avons donné notre parole au Capitaine, il ne lui sera pas retiré le commandement du Reanspell. Le Royaume n'a qu'une parole. Il serait cependant imprudent de laisser le commandement du Reanspell en cet état aux ordres du Capitaine le Pygargue, malgré toute l'estime que nous lui devons et malgré tous les efforts qu'il a fourni pour montrer sa fidélité envers notre nation.

Il y eut comme un soupir de soulagement parmi l'assemblée et tous semblèrent ravis d'entendre cette décision, toutefois, la Reine ne semblait pas avoir terminée. Il fallait maintenant qu'elle tranche la question, qu'elle définisse ce qui allait se passer par la suite.

- C'est pourquoi j'ai décidé, par les pouvoirs qui me sont conférés, de nommer Sieur Le Pygargue Commodor de la Marine Royale. Ayant étudié à l'académie de Hytraz, le Capitaine est tout désigné pour entrer dans la Marine Royale. Il sera désormais sous l'autorité du Général Sal'Han ici présent et devra se plier aux ordres qui lui seront confiés par le Royaume.
- Je serais honoré de compter le Capitaine Le Pygargue dans nos rangs, s'exclama le général virenpien de sa voix grave.

Des murmures s'élevèrent et certains manifestèrent des réserves quant à cette décision. Le Comte Walterion parut scandalisé mais n'ouvrit point la bouche de peur d'être banni de cette assemblée. Cette décision ne faisait visiblement pas l'unanimité, même si certains semblaient toutefois y être favorables.

- Si toutefois, le Capitaine Le Pygargue souhaitait garder son indépendance et son statut de corsaire, il lui sera demandé de restituer ces canons si spéciaux aux soins du Royaume lors de la mise en scellé des biens qui sont présents sur ses bâtiments, avec évidemment une compensation pécuniaire digne de ce que le Royaume peut offrir pour toutes les peines qui ont été encourues lors de la récupération de la BlackWasp ainsi que pour ces dix années de bons et loyaux services. Quant au sort de cette femme pirate qui a dérobé le Reanspell... il sera temps d'y remédier une fois Port Suppure nettoyé de sa crasse et de ses vermines.

Elle tourna ses ravissants yeux vers le visage du xen et lui offrit un doux sourire qui se voulait des plus rassurant avant de lui demander :

- Nous ferez-vous l'honneur d'accepter nôtre proposition, Capitaine ?
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Jeu 23 Mar - 12:50
A quoi bon vivre, étant l'ombre
De cet ange qui s'enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N'être plus que de la nuit ?

Hugo


« Si fait majesté. Votre proposition m'est toute destinée. S'on la pourroit élever à affaires divines, bien que tel mot puisse sembler impertinent à tous.

Le Pygargue sentit son corps, tendu comme une arbalète, se détendre sous ce regard, ce sourire, qui lui étaient destinés. Il hocha la tête à l'attention de la Reine Amäly Tahora'Han.

- C'est...C'est un véritable honneur, au-delà des mots, que vous me faites-là par ce titre de Commodore de la Marine Royale. Maître Horace et moi-même prendrons les commandements, sous les ordres de Monsieur le Général Sal'Han ci-présent. Quant au Reanspell... Majesté, un mot de vous et je le démantèlerai moi-même. Je ne désirai nullement vous abuser. Ma gaucherie affecte pour vous une fausse mièvrerie. De la couronne du Royaume j'usurperai tous les droits, et me baignerai dans le sang de nos Reines, si ma pensée profonde était celle-là au moment où vous me donnâtes votre bénédiction. »

Sous les yeux de l'assistance, le Pygargue termina sa réplique en abaissant légèrement le regard face à la Reine. Dans l'attente d'une réponse. Il espérait que la sincérité de son cœur avait percé au travers les mots.
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Ven 24 Mar - 19:06
La Reine resta un moment silencieuse devant les propos du Pygargue, sans toutefois se départir de son sourire rassurant.

- Je ne vous aurais donné ma bénédiction si je n'étais pas sûr que vos intentions étaient des plus mauvaises. Je vous crois sur parole, Commodore Le Pygargue. Vous aviez tant de choses à dire à cette assemblée, tant d'années à résumer, qu'il aurait été que par trop sévère de condamner votre oubli que vous n'avez pas manqué de rectifier. C'est lors des scellés qu'il aurait été plus... tragique que nous nous rendions compte de la chose.

Elle se pinça légèrement les lèvres en gigotant légèrement des doigts. La tension était palpable mais la Reine tiendrait ses paroles malgré les regards qu'elles sentaient sur elle. Il y avait dans cette assemblée des personnes qui ne partageaient pas les mêmes visions qu'elle de la gouvernance sur le Royaume. Certains n'étaient que des nobles embourgeoisés, avides de richesses et de prestiges qu'ils ne méritaient sans doute pas. Elle les savait méprisant et influant mais pas au point de lui porter le moindre préjudice. La Couronne prévalait de surcroît et personne n'aurait osé s'en prendre à la divine lignée de l'Enac. Mais ils pouvaient toujours se montrer de redoutables empêcheurs de tourner en rond.

- Je vous sais reconnaissant des privilèges que je vous octroie, sachez aussi qu'ils vont de paire avec un devoir tout aussi conséquent. J'espère vos ailes assez légères pour vous porter assez haut malgré le poids de ces fardeaux que seront les vôtres. Il convient toutefois d'officialiser tout cela. Général Sal'Han, je vous pries !
- Bien sûr, ma Reine. Les offices auront lieux d'ici une semaine, le temps de vérifier tous les scellés et de remplir les documents pour faire de ce gentilhomme un officier à part entière de l'armée. Nous organiserons une cérémonie pour introniser Sieur Le Pygargue ainsi que son second, le Lieutenant Horace De Klemmens et tous les autres officiers qui attendent leur monter en grade. Je vous souhaite la bienvenue dans notre armée, puisse Ge-Ban couronner vos combats de succès et May'Veal être clémente lorsque vous naviguerez fièrement, nos couleurs hissées hautes !
- Et puisse Gadvaoi gonfler vos voiles, Commodore ! Je compte sur vôtre fidélité et votre talent pour nous débarasser des forbans qui gangrènent les mers d'Arcaëlle. En attendant, je déclare officiellement cette assemblée terminée. Vous pouvez disposez messieurs dames. Thäa veille sur vous.
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Lun 27 Mar - 22:15
Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t'en ailles
Pour qu'il ne reste plus rien.

Hugo








L'assemblée fut dissoute sur ordre de la Reine Tahora'Han, et l'on escorta les deux Xen jusqu'à la sortie du palais. D'ici quelques jours, les prévint-on, devraient leur être livrées leurs invitations pour la cérémonie officielle de l'intronisation. Cette dernière aurait lieu au palais royal, à la capitale, et dans une semaine jour pour jour. A travers les mots de l'officier royal, on sentait de l'estime. Peut-être davantage. Cependant, Le Pygargue ne désirait point s'envelopper de vaines illusions. Il quitta le palais royal coude à coude avec son fidèle Klemmens, le chef de nouveau au front, et s'étonna de se trouver assoiffé. Le Prince de Palmyre et le Reanspell demeuraient à quai, fort bien gardés. Néanmoins, après des années passés à bord du Prince à courir les vagues des quatre coins d'Arcaëlle, ce bâtiment était devenu comme une seconde maison pour Le Pygargue.

Il invita Horace De Klemmens à partager un verre de vin à l'intérieur de sa cabine. Rien ne manquait au décor. L'armoire à la devanture de verre, le grand bureau d'acajou verni, la bibliothèque, le coffre des cartes en ébène. Un rideau blanc pour séparer le bureau du lit, puis de l'autre côté de la salle, la verrerie donnant sur la petite volière. Un bâtiment fier, que le Royaume avait érigé à l'intérieur de ses chantiers navals, pour moi, se surprenait à songer le marin Xen.

Il sortit deux verres en cristal, ainsi que sa plus vieille et meilleure bouteille de vin, et servit son fidèle Second avant de se servir lui-même. Assis sur des fauteuils bon empire confortables, jambes croisées, ils trinquèrent. La première gorgée prise accompagna le silence, brisé seulement par le clapotis de l'eau contre la coque de la caravelle Royaliste. Ce fut Le Pygargue qui prit en premier la parole, tout en dégrafant de son épaule sa cape comme son compagnon pinçait déjà entre ses lèvres une cigarette.

« Par vos actions inestimables, Horace, les bénédictions que la notre Reine m'octroya furent doublées.

D'un geste calme, le compagnon du Xen posa le verre sur la bureau, et fit à son Capitaine un signe de la main l'arrêtant dans ses propos.

- Lis les histoires antiques, tant Royalistes que de toutes autres nations, Mickaël. Tu apprendras que honneurs sont dus à ceux qui les méritent.

Et il se racla la gorge, savourant probablement la première latte de tabac, puis la première gorgée de vin. Le Pygargue sourit en entendant les propos de son Lieutenant. Lorsqu'ils étaient seul à seul, parfois, il arrivait à Klemmens de le tutoyer. Bien evidemment, cela demeurait encore très mal vu au sein de l'aristocratie Hytrazane, mais May'Veal avait ses propres domaines, ainsi que ses propres lois. Et les deux Xen avaient passé plus de dix ans ensemble.

- Cette entrevue m'aura néanmoins précipité dans l'ombre la plus affreuse, concéda le Pygargue à son ami et éducateur. Mais quelque noble feu dont nous pûmes brûler, puis-je toutefois en blâmer tout-un-chacun ?
- Si fait, accorda Klemmens en reprenant une gorgée de vin.

Le Pygargue soupira.

- Tant de sublime. Tant d'élégance. Tant de puissance, en une seule femme. Et c'est  sur cette divine créature que demeure toute l'étendue de mon amour. Il palpite, là, comme un fidèle époux, à ses pieds.

Le sourire de Horace s'effaça de ses lèvres ordinairement serré. Klemmens ne souriait de toutes façons jamais. Ou une fois tous les dix ans. Il continua de lamper son vin, écoutant les éloges que faisait le Pygargue de la Reine, les approuvant de temps à autre de grands hochements de tête ou de quelques phrases réconfortantes à sa suite. Puis un silence tomba alors. Il semblait crier tout haut ce que les deux ailés pensaient tout bas. Dix ans à chasser le pirate sur les mers d'Arcaëlle. Et Bervers courait toujours.

Je le tuerai.

- A quoi songes-tu ?
- Je me questionnais, Maître Klemmens.
- Sur quoi donc ?
- La cérémonie d'intronisation aura lieu dans une semaine. Que faisons-nous ? Si les Dieux, possédant de grands projets pour nos deux personnes, à cette-dite cérémonie présents souhaitaient nous en confier la nature. Nous ne pouvons nous permettre le moindre retard, nenni ! Le moindre écart nous est fortement omis, également.

Klemmens posa son verre, vide, sur le bureau.

- La nuitée n'est-elle apaisante pour l'esprit ? Vois, comme la lumière du crépuscule pénètre à travers la verrière. Quelque trouble qui frappe ton esprit, Mickaël, je demeure convaincu qu'il trouvera solution demain au matin.
- Vous avez sans doute raison, mon ami.
- Veux-tu quand même m'en faire part ?

Le Pygargue termina également son verre. Il laissa alors valser ses yeux bleus, son regard pondéré, dans ceux gris comme l'acier de son camarade.

- Vous demeurez marié, vous aussi, Horace ?

Il acquiesça du chef, sans répondre. Sans esquisser de sourire, naturellement.

- Peut-être, tenta Le Pygargue, devrions-nous profiter de cette semaine de répit afin de délaisser le bord du Prince de Palmyre ainsi que du Reanspell, afin de retourner saluer nos Maisons respectives.

En dix ans, songea intérieurement le Xen aux grandes ailes écailleuses, voilà bien la première fois que Klemmens et moi-même nous séparerons.

- Je laisse à votre soin le poids de la décision, répondit sagement Horace de Klemmens en hochant la tête.
- Je n'ai qu'une hâte, Maître Klemmens. Regagner les domaines de May'Veal afin d'achever ce que nous avons démarré, il y a dix ans de cela.
- Je le conçois. Cependant la situation nous glisse désormais entre les doigts. Tu ne devras prendre tes ordres qu'auprès du Général Sal'Han.
- Oui mais B...

Horace arrêta son Capitaine d'un doigt levé.

- Nenni ! Point de ce nom ici !
- Demeurer dans la crainte d'un simple patronyme ne demeure point censé, Maître Klemmens.
- Point de crainte en moi, seulement du respect. Nous sommes trop près du palais afin qu'une telle souillure prenne sa place en ces quais. La Reine Amäly Tahora'Han dort tout près.

Le Pygargue respecta la pensée de son Second.

- Il n'empêche. Tristesse pleine de pompe et d'enflure. Faiseur d'histoire. Tare familiale. Flagorneur de suppure, fouilleur de ténèbres ; il fait ombre au soleil et à Hytraz. Et il empoisonne l'air du Royaume que nous aimons à respirer.
- Je connais ta peine.

Klemmens avait posé une main amicale sur l'épaule de son ami. Un instant, leurs deux ailes se frôlèrent et cette petite étincelle les fit tressaillir tous deux. Klemmens retira vivement sa main. Il l'avait douce.

- Mickaël.

Le Pygargue releva vers son Second son regard.

- Comptes-tu pour rien Ge-Ban qui combat à nos côtés ?

Le regard gris de Horace relevait avec audace toute la noblesse de son âme, songea ce dernier.

~


Horace De Klemmens avait été marié plus tard que le Pygargue. Un mariage arrangé, cela allait de soi. Il avait célébré ses noces avec celle qui était devenue son épouse, alors âgé de vingt-et-un ans tout rond. Ensemble, ils avaient eu le temps de concevoir trois fils, avant que, à vingt-huit ans, n'appareille le Prince de Palmyre. Frédérique était l'aîné. Puis venaient Maxwell, le cadet, puis Nathanaël, le benjamin. Aujourd'huy, Frédérique De Klemmens était un jeune Xen noble de quinze ans. Maxwell en avait treize et Nathanaël dix. Horace n'avait pas vu grandir ses enfants. Cependant, avait noté le Pygargue, il n'en avait que très peu parlé durant ces dix années en mer.

Quel homme, cet Horace ! Et quel cœur ! Oui, quel grand cœur ! Pas une plainte, pas une larme, pas une lamentation pour son propre sort, pour son propre foyer ! Et toujours une main amicale et une épaule solide pour mes peines. Que je l'estime avec grandeur !

Le Pygargue convint donc que lui et Klemmens se sépareraient durant cette semaine d'attente. Semaine au cours de laquelle, ils se rendraient donc tous deux dans leurs maisons respectives. Le Pygargue n'avait aucune envie de franchir de nouveau les portes du manoir. Mais, comme le lui avait sans cesse répété son tendre ami : un aristocrate, contrairement à un pirate, ne fait pas ce qu'il veut. Il fait ce qu'il doit.

Tous deux dépêchèrent donc une voiture, et quittèrent l'agitation de la capitale des Cités-Blanches. Les comtés Everhell et Klemmens se dressaient, tout proches, à l'orée de la capitale. Comme si les rois de jadis nous avaient chassés du paradis.

Le Pygargue avait été marié, lui, à Mashaëlle Andrice, mais ils n'avaient point eu le temps de concevoir d'enfant avant que May'Veal ne l'asservisse. Une fois en dehors de la capitale, ils louèrent deux chevaux, et se séparèrent. Le rendez-vous était fixé dans une semaine. Le Pygargue savait qu'un billet de sa main avait été envoyé par un valet jusqu'aux bons regards des siens, dans le manoir de sa Maison. Quant à savoir quelle sorte d'accueil lui réservait-on...

Ce furent les mots de son fidèle Second qui résonnaient à son oreille lorsqu'il franchit les portes de la cour des De Everhell : L'homme qui abandonne trop de temps sa femme à maison de plaisance verra prétendre nombreux à sa personne.

~



Il avait fallu plusieurs jours à celui qui se faisait appeler Le Pygargue afin de s'habituer au passage des ans. Ses souvenirs étaient vieillis. Sa mémoire faussée. Sa réalité distordue. Dix ans passés en mer, cela changeait bien plus qu'un homme. Le jeune cousin Lancen qui agitait du bout de ses petits doigts un mouchoir blanc, à l'appareillage du Prince de Palmyre ce fameux jour était à présent un jeune homme fort bien fait de sa personne et que l'on s’apprêtait à marier. Les petits étaient grands. Les grands étaient vieux. Les vieux étaient encore plus vieux, ou alors morts. Tous lui semblaient plus retors.

L'absence de chaleur humaine que suscita son retour le peina un peu. Les premiers jours seulement. Il était habitué à n'être qu'un fils de second-rang. Une pâle copie. L'enfant prophète, ça n'est pas toi, disait-ton déjà à l'époque...

Les hommes le saluaient poliment, une poignée de main, un soulèvement de chef, deux-trois questions, puis on se désintéressait de lui. Avec les femmes, cousines et tantes, cela différait légèrement. Elles demeuraient plus curieuses. Comment étaient les "autres mondes" d'Arcaëlle ? A quoi ressemblait Ray'Bauz ? Quelles étaient les nouvelles de Maäl ? Quels sortes de villes peuplaient les domaines de la Principauté ? Des Démocrates ? A quoi ressemblaient les hommes des autres nations ? Tak'Nayu demeurait-elle si exotique qu'on le disait ?

Le Pygargue passa bien plus de temps en compagnie des femmes que des hommes, et il narrait avec patience aux enfants et aux jeunes le récit de ses exploits. Il se consolait de ce désintérêt masculin et quasi-général pour ses aventures et sa propre personne, en se répondant à lui-même que les enfants étaient curieux d'apprendre, eux. Il espérait que de ses propres expériences, de ses récits, les jeunes De Everhell tireraient leçons enrichissantes pour leur avenir.

On lui pria rapidement de cesser de narrer ses récits aux mots que le bon goût proscrivait. On l'encouragea à tout coucher sur papier, afin de se lancer à l'écriture d'un roman, mais de cesser de bourrer le crâne aux jeunes nobliaux. Les plus âgés craignaient un récit aux allures de contes qui feraient se détourner les enfants de leur vocation de De Everhell. Un pirate dans la famille, cela était déjà trop.

Alors, le Pygargue se sentit plus seul que jamais, et il souhaitait déjà son retour pour la capitale. Il n'avait pas réussi à cacher à Lancelm, son père et grand chevalier De Everhell, son échec quant à la capture de Bervers. Au moins, s'était rendu compte le Pygargue, l'opinion qu'il conserve de ma personne n'a point démérité. Son œil ne me voit pas plus qu'avant.

Même sa femme lui semblait une étrangère. Il la trouva belle mais ne pouvait la regarder. Les arbres croissent bien en feuillage ! se faisait lui-même violence le Pygargue. Que mon cœur croisse en amour !
Mais il ne ressentait rien de cela.

Le troisième jour lui sembla déjà être le troisième mois, et il accueillit l'arrivée entre ses murs de Horace De Klemmens avec un soulagement plus que notable ! Peu s'en eût-il fallu qu'il le serre entre ses bras ! Ce cher Horace qui, en tout bon Klemmens, passait saluer la Maison De Everhell. Après tout, la Résolution des deux Maisons faisait bien de leurs deux familles des sœurs ! Horace fut très bien accueilli. Les deux hommes s'apaisèrent mutuellement en passant pus de temps ensemble deux-à-deux qu'avec tout le reste de la Maison, Everhell et Klemmens compris ! Les jours filèrent, les deux Xen s'étaient mis ensemble à la rédaction de ce fameux récit de voyage, en partant de la réécriture de notes qui avaient, elles-même, déjà été réécrites ! Un travail harassant qui leur prenait journées et nuitées.

- Comment avez-vous trouvé Frédérique ? demanda un jour Le Pygargue à son Premier Lieutenant.

Horace De Klemmens avait porté à ses lèvres une cigarette que son allumette avait embrasé en un seul frottement.

- Grandi, répondit finalement Klemmens d'un ton surprenant de neutralité.
- Ah. Et donc ! Et Nathanaël ?
- "Je me figure encor sa nourrice éperdue, qui devant les bourreaux s’était jetée en vain. Et faible le tenait renversé sur son sein."

Le Pygargue sourit.

- De la poësie. Honora De Dupré ?
- C'est exact, acquiesça Klemmens en tirant une large bouffée de sa cigarette.

Le Pygargue n'insista pas plus. Visiblement, les enfants de son ami ne l'inquiétait point tant que cela. Pas de nouvelle, bonne nouvelle, n'est-ce pas ? Il osa alors confier à la sagesse de son camarade ses peines vis-à-vis de son retour chez lui. Klemmens sut trouver les mots afin de réconforter son Capitaine. Dans moins de trois jours la Reine présiderait à la cérémonie d'intronisation.

- Vous voilà Capitaine, Monsieur De Klemmens...avait souri Le Pygargue, ému.
- Je suis fier de vous, Mickaël. Commodore De Everhell.

Mais les traits du visage de ce derniers avaient cillé, avec l'ombre de son sourcil.

- Ne me nommez point ainsi. Point tant que je n'aurai effacé la tare.

Klemmens avait écrasé son mégot avant d'allumer une seconde cigarette.

- Comme il te siéra, Mickaël. Tu as toute ma confiance.

Horace De Klemmens disposait de la sienne.

~



Le Pygargue cligna des yeux, de nouveau. Une plume à la main, le stupéfait Xen, animait ses pensées à la question devant la missive, ô fort courte, qu'une main féminine avait déposé sur le coin du bureau de sa chambre.

- Par Uoc'Thuy...

Il invoqua sans vraiment s'en rendre compte plusieurs fois de suite le nom du Dieu. Entre son index et son majeur, le papier lui collait à la peau.



"Vos récits, n'ont rien de criminel, oncle Vinzent. J'aimerai les entendre encore. Vos mots furent retenus dans mon esprit, et y demeurent encore. Rejoignez-moi quand sonnera la mi-nuit dans ma chambre à coucher. Je vous y attendrai.

Hilena."




Hilena De Everhell, nièce unique du Pygargue, était la fille de Mickaël Bervers.

~



La dernière fois que Le Pygargue avait vu sa nièce, la jeune Hilena n'était qu'une enfant. De tous et de toutes, nuls doutes que c'était elle qui l'avait le plus surpris à son retour parmi les siens. De fille, elle était devenue femme. Et quelle femme ! Belle à souhait, de bonne âme, de bonnes courbes, d'élégance et de bon esprit. Si déjà, à l'époque, elle était fleur, là voilà devenue miel ! Et nombreux devaient être ceux, le Pygargue n'en doutait point, qui devaient souhaiter y goûter ! Hilena avait vingt ans. On s'apprêtait, elle aussi, tout comme le cousin Lancen, à la marier. Hilena avait l'âge de se livrer aux délices d'aimer ! Le Pygargue avait ressenti une immense gêne, chaque fois qu'elle était venue le trouver, lui prenant le bras, l'entraînant, comme à l'époque, dans les jardins et le nommant "oncle Vinzent" avec le sifflement d'un impétueux oiseau. Que répondre à cela ? Il se sentait vieux, infiniment vieux à côté de sa nièce.

Et la voila qui s'amusait à glisser des invitations écrites sur le coin de son bureau !

Lorsque l'horloge sonna la mi-nuit, Le Pygargue alla trouver sa nièce. La pièce était plongée dans le noir, mais l'éclairait légèrement les restes d'un feu de cheminée. Elle était vêtue simplement, d'une chemise de nuit qui la rendait presque sauvage, les jambes nues -trop nues !- auréolées de cette lumière rougeoyante ! Le Pygargue suffoqua presque en refermant derrière lui la porte de la chambre de Hilena. La fille de mon frère.

Sans un mot, il vint s'asseoir sur le lit à baldaquin, à côté d'elle. Un instant, les deux se perdirent dans la contemplation des braises dans le lit de cheminée. Aucun ne parla. Du coin de l’œil, Le Pygargue vit la jeune femme enrouler entre ses doigts délicats sa chevelure jais, offrant à son regard dérobé lla tentation de sa nuque.

- Il n'a nullement été question d'entendre mes récits, n'est-ce pas ?

Le silence prit son souffle. Le Pygargue remarqua ce qui traînait en désordre sur le bureau de Hilena. Candélabre, écritoire, plume d'oie, papier et encrier. Si les grands océans faisaient trembler l'éternité, c'était bien sa nièce qui le faisait trembler lui à cet instant précis. On était à des lieues des hamacs accrochés aux barrots, des cales pleines jusqu'au faux pont.

- Non...
- Pourquoi m'avoir écrit, dans ce cas ?
- Vous amener jusqu'à moi.
- M'amener jusqu'à votre lit, rectifia la Pygargue la voix tremblante.
- Vous y êtes, mon oncle.
- J'y suis...

Il la sentit ravaler sa salive. Alors, sans un mot, elle descendit du lit. La blancheur de ses pieds nus contrastait avec l'austérité du carrelage du manoir. Le Pygargue songea qu'il devait être glacial. Hilena vint se placer face à lui, comme il tenait résolument la tête basse, fixant le feu mourant dans l'âtre sans le fixer. Elle ôta alors sans se presser son chemisier, et dévoila sa nudité aux yeux de son oncle.

- Hilena...
- Ils disent tous que je suis jolie, le coupa-t-elle.

Ses seins avaient des rougeurs de fraise, mais Le Pygargue savait qu'en cet instant ils n'avaient rien à envier à celles de ses joues. Il s'empêcha de la regarder, se leva et l'aida à se rhabiller.

- Vous l'êtes, confirma-t-il en boutonnant lui-même le chemisier.

A présent, elle pleurait tout-à-fait.

- Conservez vos saintes promesses, je vous en prie ! dit-il en élevant la voix légèrement. Par Uoc'Thuy ! Hilena, je suis votre oncle !

Entre ses pleurs et ses raclement de gorge, il discerna deux timides : "je sais...je sais..."

Le Pygargue était admiratif de sa voix de femme. Sa voix chaude et vibrante, qui pouvait, il n'en doutait point, aussi bien séduire, charmer, que commander. Pourquoi diable une aussi belle enfant le tentait-il, lui ? Il avait bientôt quarante ans !

- Je suis un homme marié, Hilena ! Êtes-vous folle ?

Et elle pleurait encore, en s'excusant de mille et une façons. Le Pygargue se releva, les jambes et les mains tremblantes. Pauvre Hilena ! Comment pouvait-elle savoir ? Comment pouvait-elle se douter, elle, enfant, des réactions que suscitait son simple geste, celui de laisser aller au sol son déshabillé, sur un homme qui n'avait plus vu de femme depuis plus de dix ans ? Elle ne s'en doutait pas, bien sûr...

A moins que...

Le Pygargue sentit monter en lui une colère froide.

- Qui a exigé de vous que vous fassiez cela ?

Une étincelle fila dans son regard, et il sut qu'il avait vu juste.

- Oncle Vinzent, je ne voulais pas...Je ne...
- Qui était-ce, Hilena ?

Elle s'était laissée tombée sur le lit, pleurant toujours.

- On va me marier bientôt. Il est Grand du Royaume. Mais vieux. Ho oui, vieux ! Et lui n'a point de récit à mes oreilles ! Pour ma première fois, j'aurai cent fois préféré vous, mon oncle, que lui !

Tant de peine toucha le cœur du Pygargue. Il s'accroupit afin de demeurer à la même hauteur que sa nièce. Il joignit ses mains, si douces, si froides, dans les siennes.

- Hilena, n'ay je faict suffisante demande ? Dites-moi la vérité.

Elle plongea son regard, son regard d'enfant, dans le sien. Ses lèvres soufflèrent un nom. Le Pygargue crut qu'on venait de le gifler. Il quitta la chambre de sa nièce fort furieux !

~



- PÈRE !

Le Pygargue ouvrit à la volée les doubles portes du salon ! A cette heure tardive de la nuit, toute l'aile est du manoir dormait. Seul Lancelm demeurait là, assis dans un fauteuil purpurin, la Résolution des Deux Maisons posée sur ses genoux, et qu'il lisait. Ou plutôt relisait, pour la centième fois, millième fois peut-être. Pieds nus, sa canne de palissandre à la poignée d'ambre et d'ivoire posée contre l'assise du fauteuil. Le Pygargue entra comme une tornade, interrompant Lancelm dans sa lecture, un verre de rouge posé à son chevet.

- Pourquoi ?

Lancelm ferma l'immémorial grimoire qui faisait la Résolution des Deux Maisons et s'appuya sur sa canne afin de faire face à son fils. Ses deux grandes ailes poudreuses étaient aussi noires que celle du Pygargue.

- Pourquoi quoi ? Quelle mouche vous pique à cette heure-ci ?

Le Pygargue se saisit de la Résolution des Deux Maisons qu'il brandit sous le nez de Lancelm.

- Grand Dieu ! Si vous prévoyez que digne de notre Maison Hilena doive de Bervers racheter la faute, fallait-il vraiment que vous fûtes exécrable et odieux à ce point-là ?

Et il éleva la voix, reposant avec force le grimoire !

- Je demeure un homme marié, père ! J'implore Uoc'Thuy de vous ramener à la raison ! Nous avons toujours été la galanterie faite hommes ! Comment avez-vous pu présider à une telle chose ? Comment avez-vous pu même imaginer que votre fils unique s'abaisserait à de telles engeances ! Je ne puis le croire, nenni !
- La sauvegarde de la lignée, Mickaël Vinzent. La sauvegarde de la lignée, répéta Lancelm calmement.
- Je ne suis point...
- Vous êtes le frère unique de Mickaël Bervers, l'enfant prodigue, le Xen prophète, la fierté aristocratique !
- Cela ne justifie point...
- Cela le justifie !

Chaque mot de son père paraissait arracher par lambeaux au Pygargue un remord douloureux du fond de son esprit ! Il tenta néanmoins de tenir tête au vieux Xen qui le dévisageait avec sévérité.

- Père, je vous implore ! Vous ne pouvez demeurer censé et soutenir ce fait ! Hilena n'est qu'une enfant. Je demeure son oncle. Et unie à l'épouse que vous m'avez vous-même choisie par les liens sacrés du mariage ! Serai-je à vos yeux un tel homme ? Qui déshonore son épouse ? Qui profane sa propre nièce ?

Alors, Lancelm éleva la voix à son tour.

- Vous êtes le dernier sang de Mickaël Bervers ! Vous, et elle ! Et donc notre chance la plus remarquable afin de concevoir héritier digne de notre nom et de notre lignée !
- Je m'y oppose.
- Tu ne le feras point.
- Je vous préviens, j'ai dépassé aujourd'huy l'âge où vous me ferez taire à coups de canne ! C'est non.
- Tout ce qui reste encor de fidèles à la lignée des De Everhell viendront aujourd’huy renouveler leurs vœux. Je vous le dis : vous lui ferez cet enfant ! Puis je la marierai !
- Ainsi faisoit vos vœux. Point les miens.
- Après graces rendues aux Dieux, je m'adonnoient à penser par le pire, à jouer de fortunes mauvaises, comme de ces petits passetemps que vous aimez et faict !
- Je ne comprends point.
- Avez-vous seulement touché votre femme, depuis votre retour en Cités-Blanches ? rugit alors Lancelm ! Nenni ! L'avez-vous seulement regardé, monsieur mon fils ! Non, bien-sûr ! Qu'ais-je faist à Jurk afin de mériter enfant comme cela ! Tous voient d'un très mauvais œil votre étroitesse avec ce monsieur De Klemmens quand Mashaëlle se lamente dans des draps froids la nuit ! Et bien ! Qu'attendez-vous mon fils ! Des conseils paternels, peut-être ? Je pensais que vous avez pourtant dépassé l'âge où l'on doit vous déniaiser ! Par de tels procédés, que réclamez-vous de plus ? Une compagne davantage désirable ? Alors ne vous tourmentez plus ! Je vous l'ai trouvée !

Le Pygargue ne put que demeurer sans voix sous le coup d'une telle réplique. Lancelm reprit en portant le verre de vin à ses lèvres.

- Deux déshonorables pour fils, tour à tour, voilà qui fut mon seul lot.
- J'ai reçu la bénédiction de la Reine...

Ce fut tout ce que parvint à articuler le Pygargue. Sa voix avait des allures d'oiseau mourant. Lancelm reposa son verre.

- Et après ? La belle affaire ! A quoi cela nous avance-t-il ? En vain l’injuste violence
faite par tes manières à notre famille impose son lot ! Voilà ou j'en suis, donc. Un fils hérétique pirate. Et un autre niais et qui a honte de son propre nom !

Les yeux de Lancelm étaient fixes et glacés et ses membres roides. La silhouette appuyée sur sa canne semblait, pour le Pygargue, digne de présider aux tortures de l'enfer.

- Au moins le temps effacera la bévue de Mickaël Bervers. Point la votre !

Tremblant, désespéré, décu, le Pygargue se jeta sur son père, doigts avant ! Il l'agrippa au col, prêt à le plaquer contre le mur, mais il n'eut bientôt entre les mains que pourpoint de soie, chemise de coton et cape ! Le Xen s'était transformé en une seconde, et fondait déjà sur son fils ! Un oiseau noir, gigantesque, à l’œil infernal renversa plusieurs bibelots et fit basculer une table ! Le Pygargue buta, et avant qu'il ne put comprendre ce qui lui arrivait, il vit le prédateur ailé foncer sur sa personne, bec avant, comme un couteau aiguisé prêt à percer ! Son seul réflexe fut de protéger ses yeux avec ses coudes en tombant ! La seconde qui suivait, la canne que Lancelm appuyait sur la gorge de son fils, oppressant sa respiration, le malmenait un peu plus à chacun des mots de son père, nu et étendu sur lui !

- Ecoutez-moi bien monsieur Mickaël Vinzent, car je ne me répéterai point de seconde fois ! Fuyez tout ce tumulte, obéissez à ma voix, et dans le palais de Hytraz à vos sens agités venez rendre la paix ! Je ne veux plus entendre prononcer ce nom, "Pygargue" ! Vous vous présenterez au Général Sal'Han, que les Dieux bénissent son nom, en tant que "Capitaine De Everhell" ! Dès que cette cérémonie d'intronisation aura lieu, je vous veux exemplaire ! Non, je ne puis croire que vous nous couvrirez de honte une seconde fois ! Voyez votre trouble et votre faiblesse en face. Dix années et l'un des plus beau bâtiment du Royaume ne semblent point suffisant à votre personne afin d'honorer vos engagements ! Courez sus à vos ennemis tant que vous le pourrez, monsieur mon fils, vous resterez une mauvaise graine que je déplore ! Que pensez-vous de vingts ans ? Ou trente, peut-être ? C'est bien, notre bien-aimée Reine vous intègre à la marine royale ! Sauf que notre Maison n'a que faire d'un Commodore ! Ce qu'il nous faut, à nous, joyaux du Royaume autrefois étincelant de mille feux, c'est un nom ! C'est de l'honneur ! C'est de la grandeur ! Entendez-moi bien, monsieur mon fils ! Vous nous donnerez ce nom ! Vous nous rendrez une part de cet honneur ! Vous produirez un peu de grandeur dans votre misérable existence de marin ! Le ciel même a pris soin de me justifier ! Et sur d’éclatants succès ma puissance établie fait jusqu’aux toutes dernières générations respecter notre nom ! Maintenant, s'il advenoit que l'air feust pluvieux et intemperé, tout le temps d'avant disner estoit employé par votre personne, comme de coustume, à faire un héritier à votre nièce ! Vous mènerez l'affaire tel comme je l'estoit, et sera conclu de même manière ! Autrement, je puis vous le promettre ; Lorsque revenant de votre trouble vous sentisse tout à coup un homicide acier ou quelques autres malheurs en votre sein, peut-être du hasard ils vous paraîtront comme un ouvrage !

Lancelm laissa aller son fils.

- Que la paix de Saän soit sur vous, mon fils. Je vous souhaite bonne route jusqu'à Hytraz.

~



Le Pygargue arrangea son chef avec minutie. La semaine d'attente qui séparait l'entrevue royale de la cérémonie d'intronisation venait de s'écouler. Et c'est de nouveau accompagné de son cher éducateur et Premier Lieutenant que le Xen se présenta aux portes du palais. Il arborait une mine replié. Encore une fois, il tendit aux gardiens l'invitation à son nom et à celui de Messire De Klemmens. Et il se présenta comme :

- Commandant du Prince de Palmyre, Capitaine Mickaël Vinzent De Everhell. »

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Jeu 30 Mar - 14:24
William s'était encore une fois levé de bonne heure ce matin. Encore une fois il avait enfilé sa tunique de garde royal et s'était rendu à son poste. En chemin, comme tous les autres jours, il avait croisé la douce Emily. Il n'avait encore eu aucun regard de sa part. Encore une fois, il avait du se contenter de son simple désintérêt pour lui. Mais comment faire pour attirer son attention ? Comment faire pour qu'Emily le regarde comme il le rêvait ? Au lieux de cela, il avait le droit à la mine patibulaire de Wallace, son camarade en faction devant le palais royal qui n'avait de cesse de le provoquer en l'appelant par son surnom : Billy.

Quelle fut sa surprise en voyant alors venir à lui en se présentant, le commandant du Prince de Palmyre qui toute fois, usa d'un autre patronyme ce qui ne manqua pas d'étonner notre homme. Il regarda le gentilhomme d'un air décontenancé et bégaya alors :

- Mais... vous... Je veux dire... Bonjour Capitaine, mais... Vous... Je croyez que... Oh bon sang, mais alors le Pygargue est un De Everhell ?
- Oula oula ! On va se calmer !
gronda Wallace. C'est quoi ces histoires ? J'aime pas beaucoup ça ! De Erverhell ou pas, quelqu'un qui change ainsi de patronyme, c'est louche !
- Oui mais... on ne peut tout de même pas lui refuser l'entrée !
objecta William.
- Oh non ! Moi je prend pas le risque de laisser entrer de telles personnes... Y a un truc louche là...
- De grâce ! s'exclama une troisième voix. Vous n'escomptoyez tout de même point de laisser séant à l'entrée du palais royal un tel gentilhomme portant le nom de la famille des De Everhell !

Un homme se présenta alors face aux gardes qui restèrent cois devant lui. Il s'agissait d'un xen à la chevelure rousse, attaché en une longue natte fini par l'un des plus beaux rubans qui ait été donné de voir aux habitants d'Hytraz. Ses ailes portaient des motifs oranges, blanc et noir, et frétillaient d'excitation tandis que sa stature, elle, demeurait droite et inflexible. Il portait une tunique aux teintes olive, son couvre-chef sous le bras, portant à sa ceinture une épée d'officier ainsi qu'une dague à peine dissimulée sous ses étoffes de tissus. Mais ce qui marquait le plus, c'était son visage, un visage au nez pincé, aux yeux plissés, dont la couleur n'était pas perceptible tant il avait les yeux mi-clos, ainsi qu'un long sourire qui fendait son faciès en deux tel qu'on aurait pu le confondre avec la tête d'un renard.

- Qu'est-ce que... bougonna Wallace. Qui êtes vous au juste ?
- Oh ! Il est vrai que l'injustice que j'eus le déplaisir de voir là m'eut ôté toute forme de politesse ! J'en suis fort navré ! Je me présente : Maître Godfrey De Vulpère, au service de sa Majesté notre bien-aimée Reine ! J'escomptai, si vous le permettiez, conduire Sieur Capitaine Mickaël Vinzent De Everhell, futur Commodore  de la Marine Royale et Maître Horace De Klemmens, si je ne m'abuse, jusqu'au lieu dit de leur fort proche nomination à des aspirations nobles que la Royauté leur octroya bientôt ! Il se trouva que je sois, n'en doutez point, l'un des officiers à bénéficier d'un même et pareil privilège pour des services dont j'honorai notre patrie. Que dis-je, notre patrie, notre Royaume éternel qui toujours se voit illuminé, car lorsque le soleil se couche sur les Citées Blanches, c'est pour mieux se lever sur Ray'Bauz. Un Royaume de lumière ne peut décemment être appelé « patrie ». C'est d'une grossièreté dont vous ne me tiendrez, je l'espère, point rigueur. J'eus la langue, par trop souvent, bien pendue et il arriva que les mots sortissent de ma bouche plus vite qu'ils ne naquirent dans mon esprit.
- Je... bégaya William.
- Oh ! Mais regardez moi m'ouïr avec autant d'amour propre qu'un Narcisse à l'apogée de sa prétention à la beauté des doux mots qui sortent de mes lèvres. Je m’égare encore ! Puis-je m'enquérir de la requête que je vous ai formulé plus tôt ?
- Et bien... Faites mon brave ! Faites ! s'exclama Billy qui n'était plus très sûr de lui.
- Oui... Faites... bredouilla Wallace qui ne semblait pas avoir tout saisit de l'affaire en cours.
- L'affaire est entendu ! Je vous remercie de votre compréhension messires !

Le rusé gentilhomme se tourna vers ses compatriotes xen avec l'un des sourires les plus larges que l'on eut pu voir en tout Arcaëlle. L'on put également apercevoir ses yeux, pour une fois moins plissés que de coutume, des yeux d'un jaune fauve, presque verts, reflétant la part bestiale qui sommeillait en tout xen, mais plus particulièrement chez cet homme portant le nom des De Vulpère. Il s'inclina tellement devant eux que l'on eut cru qu'il formait une équerre parfaite.

- Il ne m'ait été donné plus grand plaisir et honneur depuis bien des lunes que d'accompagner deux gentilshommes tels que vous. Je suis navré de m'être présenté de la sorte, cela manquait cruellement de cérémonie, mais nous en auront notre lot, tantôt. J'espère ne vous avoir point froissés, messires.
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Ven 31 Mar - 10:40
- Mons Bourguignon, vous avez pillé cette galanterie là quelque part.
- Vous avez raison Monsieur. C'est dans ses yeux que je l'ai prise.



« - Maître Godfrey De Vulpère ? demanda Le Pygargue tout en s'inclinant d'aussi noble manière face à ce personnage-ci. Sans doute est-ce la faute de quelques longues années passées sur les océans d'Arcaëlle, mais votre nom ne revient point à ma mémoire. La noblesse d'un tel personnage, arrêtant cet imbroglio, en d'heureux souvenirs devrait allègrement changer ces pertes de mémoire.
- Votre grandeur, Excellence, n'a d'égal que vos manières, ajouta Horace De Klemmens en se prosternant également.

Impeccables dans leurs bels uniformes, les deux Xen se mirent à suivre d'un bon pas la route que ce Maître De Vulpère leur ouvrait. En dépit de ses élégantes manières, de sa démarche assurée et de ses vêtements impeccables, un air sombre ne quittait point le Capitaine qui paraissait presque marcher au tombeau.

Alors que le premier souriait en leur ouvrant la route, l'air bien détendu, les deux autres conservaient un air bien plus que sérieux. La lame du Pygargue battait contre son flanc à chacun de ses pas, en concert avec celle de son Lieutenant. D'une tête plus petit qu'eux, le Xen de Vulpère qui devait cacher, sans nul doute, des métamorphoses animales des plus impressionnantes, paraissait enjoué. Le Pygargue remarqua que le pommeau de sa lame étincelait, d'acier de première qualité, auréolé d'une gouttière centrale. Ils n'avaient pas cessé de marcher.

- Les temps sont changés, avança le Pygargue à leur guide. Plutôt que de faire honte au Royaume, je préfère encore la peine de l'exil. Et plutôt que parader devant la cour et mon général avec un patronyme d'oiseau, j'aime mieux me faire présentable avec un nom qui pourrait, qui sait, grandir un jour notre patrie aux yeux d'Arcaëlle. »
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Dim 2 Avr - 11:39
Le renard avait le sourire aux lèvres et les yeux plissés dans une expression toujours aussi joyeuse d'apparence. De Vulpère... Le nom de cette famille ne disait absolument rien, ni à Horace, ni à Mickaël, et pour cause, cette famille n'était pas des plus populaires, tout juste connu d'un petit cercle de la cours. Une famille qui n'avait jamais fait aucun bruit et ne s'était jamais montré très éloquente à la cour. Et pourtant le jeune homme avait un magnifique parler à n'en point douter. C'est toujours avec cette mine réjouie qu'il répondit aux mots que lui adressa du Pygargue.

- Ah... oui... Je crus comprendre que votre nom fut quelque peu tombé en disgrâce il y a de cela un peu plus de dix années maintenant... Cela est fort dommageable ! Il me semble que la cause en était dû à un autre membre de votre famille, si je ne m'abuse... Oh ! Mais n'en prenez nullement offense, ce ne sont là que des mots. Vous m'avez l'air tout aussi gracieux qu'un pygargue en plein vol ! Ahahah ! Vous saisissez le trait d'humour ? Bien sûr que vous le saisissez... Ce n'était pas très subtil...

Il continua de rire, l'air gêné. Il se mit finalement à avancer, passant outre ce moment quelque peu dérangeant avant de reprendre la parole tandis qu'il conduisait ses confrères jusqu'à la cour du palais, passant pour cela par un somptueux vestibule tout de marbre blanc, de soieries ocres et bleu roi, ainsi que des tableaux de maîtres, représentant des moments de la vie des habitants de la cour.

- Outre cette mauvaise plaisanterie, j'eusse était ravi d'être en votre noble présence, messieurs. Il n'est pas donné à tous les De Vulpère de pouvoir ainsi côtoyer De Everhell et De Klemmens ainsi à la fois et j'en suis bien forte aise. Si j'eus pu me permettre, pourquoi ainsi reprendre patronyme qu'est le vôtre après avoir pris tant soin à le dissimuler ? Non que je trouvai la chose étrange, il m'eut été donné l'occasion d'usiter d'un sobriquet tout aussi farfelu, mais révéler à présent votre véritable nom... c'est fort impressionnant, non que je m'en plaigne cela étant dit.

La curiosité animait les propos du xen, mais était simple questionnement ou y avait-il derrière cela quelques affaires ? Nul n'aurait su le dire en cet instant car rien sur son visage ne laissait transparaître quelconque fourberie si ce n'est son sourire qui s'affichait en toute occasion.

***

La gorge serrée, tout comme son corsage, la plus noble des dames du Royaume regardait par la fenêtre de son palais pour y apercevoir la cour en contrebas. Les soldats s'y positionnaient déjà pour accueillir ceux à qui l'on rendrait honneur aujourd'hui même. Serait-il au rendez-vous, celui dont elle espérait secrètement la présence afin d'en apprécier d'autant plus sa réussite ? Assurément, il n'y avait nul doute à avoir là dessus, mais tout de même, il fallait bien qu'elle s'en inquiéta. Elle avait placé tant d'espoir en cet homme qu'elle n'aurait supporté le poids de la déception que cela entraînerait en cas contraire.

- Que regardez-vous, ma Reine ? questionna une voix qui s'éleva dans son dos.

La souveraine se retourna pour faire face à un vieil humain engoncé dans un vêtement impeccable de majordome royal. Du fait de son vieil âge, l'homme avait la peau du visage qui pendait légèrement, des cheveux blanc clairsemés ça et là sur son crane marqué par les tâches de vieillesse, cependant il ne perdait rien de son élégance et ses yeux d'un bleu azur étaient toujours aussi vifs.

- Nulle chose qui pourrait vous intéresser, je le crains, Alphare. J'escomptais juste observer de ma fenêtre la grandeur de notre armée qui se tient en place et lieu de la cour ici bas.
- N'est-elle point merveilleuse, vôtre Altesse ?

La Reine jeta un nouvel œil vers la fenêtre avec un regard quelque peu mélancolique.

- Si, elle l'est. L'on pourrait même se vanter d'avoir l'armée la plus noble et la plus prestigieuse de tout Arcaëlle, mais c'eut été vantardise que cela. Nous devons nous montrer modeste et ne point attirer de jalousie.
- C'est votre beauté, ma Reine, qui attise toutes les jalousies, je le crains. Il n'est d'égal à votre exquise personne, hormis peut-être les dieux d'Arcaëlle. La modestie ne saurait tenir place en vous.
- Et pourtant il faut bien nous en revêtir, Alphare. Quel exemple serions-nous si nous montrions si peu de considération pour les choses les plus simples ? Je veux justice et paix en Arcaëlle et non débauche, jalousie, et haine. Lutter contre la corruption est l'un de nos principaux souci. Bien des nobles familles, hélas, montrent peu d'intérêt à faire preuve d'amour et de compassion envers le peuple...

Le majordome leva un sourcil, essayant de sonder avec précaution les mots de la Reine. Il ne s'agissait point de s'attiser les foudres de quelques nobles familles, cela aurait été fort peu commode.

- Auriez-vous des doutes sur quelques familles de la cour, ô ma Reine ?
- Je ne me permettrai point de condamner toute une famille sans en avoir la preuve légitime... mais il se dit des choses Alphare. Il se fait aussi des choses sur lesquelles nous n'avons point contrôle. C'est pour cela que j'ai fait appel à eux...
- A « eux », vôtre Altesse ?
- Mes yeux, Alphare... Les yeux de la Couronne. Ceux qui voient sans se révéler, ceux qui vont là où je ne peux aller, ceux qui se permettent ce que notre rang ne pourrait nous permettre.
- Et de qui s'agit-il cette fois-ci ? Si cela n'est pas trop indiscret, vôtre Grâce.

La souveraine lança un regard agacé au majordome et objecta :

- Cela l'est !
- Mes excuses, vôtre Altesse...

L'homme s'affaissa bien bas pour montrer à quel point il était désolé de son indélicatesse. La Reine n'en fit point son affaire et porta à nouveau son attention vers la cour.

- En attendant j'escompte voir celui pour qui mon cœur a frémi à la vue de sa dévotion pour notre cause. Rare furent les occasion qui m'eurent été donné de voir pareille fidélité, pareille courtoisie à mon égard. Et ses ailes et ses cheveux si noirs, sont pourtant pleins de lumière et d'espoir, soupira-t-elle avec émotion.
- A vous entendre, vôtre Majesté, l'on pourrait croire que vos sentiments pour cet homme qui se fait nommer le Pygargue, dépasse ce que la courtoisie permet entre un noble gentilhomme et votre royale personne.

Le serviteur avait bien deviné, et la souveraine s'en voyait confuse, mais elle ne se départit point de son assurance. Elle nia cette forme d'amour que le majordome voulait lui attribuer par ces mots.

- Voyons, Alphare ! Je ne vous permets point de faire pareilles accusations à l'encontre de mes sentiments. Ils sont purs, sincères et dénués des intentions que vous leur prêtez. Je ne puis vous laisser dire pareilles calomnies. Il est fort bel homme et manie avec virtuosité, les mots les plus savants de notre langage, mais en rien je ne puis succomber à cela. Et puis que dirait notre époux, notre mari, pour qui nous nourrissons un véritable et sincère amour ?
- Certes, vôtre Majesté, certes. Mais pour le moment, point d'héritier en vue, et le peuple s'inquiète... La guerre est à nos portes et si vous veniez à mourir...  

La Reine se courrouça et jeta un regard des plus glacials au Maître Alphare qui se sentit bien petit à ce moment là malgré sa grande taille et la droiture de son corps.

- Que voulez-vous insinuez par là, Maître Alphare ?
- Je dis simplement que parfois... il faut savoir forcer les choses...
- Si vous n'étiez point mon majordome et un ami de longue date, je vous aurais fait enfermer pour ces mots, Alphare... Vous allez trop loin ! Dois-je également vous rappeler que mon sang est à ce point maudit que le fruit de cette union interdite engendrerait un elfin et qu'ainsi la chose serait flagrante ?

Le majordome s'en repentit bien vite. Il sentait qu'il était allé bien trop loin et une nouvelle fois, il dut se plier et s'excuser bien bas pour sa bravoure mal placé.

- Je regrette, vôtre Altesse... Veuillez pardonner mes mots qui ont dépassés ma pensée. Je ne voulais nullement vous manquer de respect.
- Vous êtes pardonnés, Maître Alphare. Comment pourrais-je faire autrement sans vous ? Cependant soyez avisé de ne point présenter de sitôt pareilles propositions indécentes.

A nouveau, l'attention de la Reine se porta vers l'extérieur, et tout en bas, enfin, après tant d'attente, elle aperçu cet homme qu'elle attendait impatiemment, accompagné du fidèle Horace De Klemmens... et d'un autre homme dont elle avait également la connaissance. Quelle étrange coïncidence que ces personnes là soient réunis par les circonstances se dit-elle alors que sa discussion portait sur les trois hommes...

- Il est temps, Maître Alphare ! Je dois m’enquérir de mon devoir envers la Couronne que je représente. Tachez de veiller sur moi !
- Je le ferais, mon enfant ! Comme je l'ai toujours fait !
- Alphare, voyons ! Je ne suis plus une enfant ! Cela fait bien longtemps à présent.
- Je le sais, ma Reine... Mais à mes yeux vous serez toujours cette enfant souriante et plus resplendissante que le plus brillant des soleils d'été.
- Merci, Alphare ! A tantôt !
- A tantôt, vôtre Altesse.

C'est avec émotion que la souveraine Amäly Tahora'Han quitta ses appartements pour rejoindre la cour et présider l'office qui y aurait lieu. Elle avait tant hâte que son cœur battait fort dans sa poitrine et qu'elle crut un instant avoir à s'évanouir. Mais sa volonté à respecter son devoir fut bien plus fort, et malgré sa fragilité passagère, elle continua la tête haute.
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Lun 3 Avr - 20:53
Tu m'entoures d'Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t'envoles
Pour que je m'envole aussi.

Hugo



« Que pensez-vous, en votre entendement, de ce Mons De Vulpère ? demanda Le Pygargue à son Premier Lieutenant une fois que l'étrange personnage au sourire jovial se soit retiré d'un pas léger.
- Peu de mauvaises choses.

Le Pygargue força un peu la question.

- Qu'en parait-il des bonnes ?

Horace De Klemmens laissa ses doigts glisser dans la poche à l'intérieur de son veston, à la recherche de sa tabatière. Mais sitôt qu'il l'eût trouvé, il les retira vivement, comme s'il venait tout juste de se rappeler qu'il se trouvait au beau milieu de la cour du palais royal. Pour rien au monde il n'aurait osé allumer une cigarette en un te lieu, même si, Le Pygargue le devinait aisément, il en crevait d'envie.

- Maître Godfrey De Vulpère, au service de sa Majesté, finit par lâcher enfin Horace. Une personne tout-à-fait estimable, sans doute.
- Sa démarche est celle du loup. avança le Pygargue, haut de chef sous le coude, observant à une quarantaine de pas ledit Godrey De Vulpère.

Horace De Klemmens releva le menton.

- Du loup ?
- Ou du renard, se corrigea le Pygargue. Un terrestre.
- Il affecte pour nos attentions une fausse douceur, et par là de sa Maison arborant le nom, au regard de notre reine il nous peindra de bonne familles.
- De bonne famille mon cher Horace...Que nos Dieux vous entende.
- Tu sais bien Mickaël qu'un chascun a son sort prédestiné.
- Je faisais simplement allusion à celle que ce raffiné gentilhomme à énoncé lui-même.

Un silence vint prendre son souffle entre les deux Xen.

- A quoi penses-tu ? demanda Klemmens.
- Cette souriante vertu, vous en contentez-vous ?
- Ma foi je...
- En ces vestements tant propres et accoutrements tant nobles, j'escompte que notre divine majesté n'y perd nullement au change. J'avancerai que ce Maître De Vulpère est l’œil et l'oreille du Royaume. Et cela l'a amusé de se découvrir devant nos personnes.

Horace De Klemmens émit un petit raclement de gorge comme la silhouette de ce Godrey disparaissait entièrement parmi les soldats et la foule. Au-dessus de leurs têtes, le soleil luisait avec radiance.

- Lui feriez-vous grief de ce statut ?

Mais avant que le Pygargue puisse donner réponse à son Second, un mouvement de foule imposa le silence dans la cour. Tous les arcaëlliens présents avaient posés genou à terre, tête basse, Le Pygargue et Klemmens ne faisant point exception à la règle. Lorsque la Reine passa près de lui, le Capitaine du Reanspell sentait son âme entière s'embraser, comme s'il se trouvait à côté d'un astre incandescent. De toute évidence, la cérémonie allait commencer. Lorsque la magnifique souveraine ailée inclina imperceptiblement les courbes de ses ailes et celles de son cou, observant le Xen et le gratifiant d'un simple "Vous êtes venus, Capitaine." il se sentit tant indigne que ses ailes tressaillirent.

- C'est que, Ô majesté, on peut me réduire à vivre sans grandeur, mais ne peut me résoudre à vivre sans honneurs. Je recevrai ceux-là, dussent-ils demeurer les derniers de mon existence de Royaliste.

Une élégance fabuleuse circulait dans le sillage de la Reine.

- Et je jure, dans la nuit où le sort me plongera, de les porter toujours en moi. Les porter pour vous. »
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Sam 8 Avr - 17:49
Les tambours résonnèrent, ainsi que les flûtes. Une marche militaire s'organisa sur la place tandis que Le Pygargue et son fidèle second, Horace De Klemmens, digressez sur l'identité de Godfrey De Vulpère. Ce dernier disparu d'ailleurs parmi les officiers présents, tel une chimère qui disparaît lorsqu'on la quitte des yeux. Le silence se fit et les tambours cessèrent lorsque la Reine fit son apparition. C'est avec immense sourire et royale prestation que celle-ci salua la venue du Capitaine qui ne put s'empêcher de répondre par d'élégantes tournures de phrases. A cela, la souveraine répondit par un petit hochement de tête et un sourire d'autant plus éclatant.

Général Sal'Han, dit-elle tout simplement lorsque ce dernier ce présenta à elle.
Je vous remercie, vôtre Grâce. Puis-je ?
Faites, Général ! Ne nous faites point attendre plus longtemps.
Oui, vôtre Altesse.

Le Général virenpien fit un signe de la main et un officier se mit alors à s'écrier :

Portez... armes !

Les soldats s'exécutèrent dans un magnifique mouvement coordonné et portèrent donc leur sabres ou leur fusils - pour ceux qui en possédez – sur le côté.

Présentez... armes !

D'un même mouvement, ils portèrent leurs armes devant eux, les présentant comme il l'était demandé.

Portez... armes !

Le même mouvement se fit en sens inverse, les soldats repositionnant leurs armes sur le côté.

Reposez... armes !

Ainsi ils posèrent les armes face au regard bienveillant de la Reine qui félicita d'un bref geste à l'encontre du général, cette armée si bien coordonnée. Les tambours résonnèrent à nouveau avant de se taire et de laisser la voix de l'officier imposer le silence et faire appel.

Lieutenant de la Marine Royale, Haytham Seawalker.

L'officier en question se présenta et se mit en file devant les autres.

Lieutenant de la Marine Royale, Collins Kenway.

La personne concernée fit de même que son compatriote et se positionna à ses côtés.

Lieutenant en second, Horace De Klemmens.

C'était au tour d'Horace de se présenter et il prit grand soin de soigner quelque peu son apparence avant de faire le pas et de se mettre aux côtés des autres lieutenants appelés. S'ensuivit une courte liste d'officiers appelés à être promus avant que ce ne soit le tour du Capitaine Le Pygargue dont le véritable nom fut appelé.

Capitaine, Mickaël Vinzent De Everhell.

La Reine en fut surprise, peut-être tout autant que le Pygargue à qui elle jeta un œil. Ainsi, le Capitaine était un De Everhell derrière son sobriquet ? Mais comment se faisait-il que son nom soit ainsi dévoilé ? Sûrement s'était-il présenté ainsi en arrivant et avait-on changé son nom à l'appel. Mais elle était fort curieuse de savoir pourquoi un tel changement. Elle devrait pour cela attendre... pour l'heure, il était question de le promouvoir.
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Mer 12 Avr - 12:28
Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Hugo



Le Pygargue laissa entrer en lui, et sans réelle difficulté, après les derniers affres de son retour à la capitale, la vénération qu’appelait cette cérémonie. Cette fois-là, comme le jour du départ de son fameux Prince de Palmyre dix ans en arrière, l'atmosphère avait des baisers de feu sous un soleil de plomb. Les soldats de l'armée et ceux de la marine royale, parfaitement séparée mais à la fois unis sous une même bannière et un même bataillon, exécutaient les mouvements exigés avec une coordination tant parfaite que ça ne pouvait que friser l'admiration. Le Royaume avait jalousement des airs de grandeurs. Et il n'a absolument rien à envier à la Principauté ou à la Démocratie, songeait le Pygargue.

Puis on appela son nom. Le chef sous le coude, le regard vif comme celui d'un aigle, le pas assuré, l'air noble venant soutenir la naissance de l'âme, le cadet De Everhell se mit en marche afin de venir prendre sa place non loin du Général Sal'Han.

Nous y voici, mon très cher Horace. Vous, Capitaine. Moi, Commodore. L'aboutissement de tout un rêve. Le quasi aboutissement...se corrigea-t-il de lui-même.

Que le sort, quel qu'il soit, trouve toujours le Royaume maître d'Arcaëlle.

Il se concentra alors sur la suite de la cérémonie d'intronisation dans une allure tout-à-fait irréprochable. Dans sa poitrine, son cœur battait ses côtes comme le marteau l'enclume.
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Dim 16 Avr - 11:13

Tour à tour, les officiers présents pour être honorés d'une promotion furent visités en face à face par le Général Sal'Han et la Reine Amäly. Tandis que le général déclarait les propos qu'il convenait pour introduire cette montée en grade et en prestige, la souveraine félicitait ces personnes pendant qu'un autre officier leur remettait leurs nouvelles décorations. Ils en vinrent à Horace De Klemmens devant lequel le Général s'arrêta et, en gardant son extrême rigueur, déclama haut et fort :

Lieutenant en second, Horace De Klemmens, en réponse aux efforts que vous avez fourni pour remplir votre devoir envers votre patrie et envers les résultats brillants qu'ils ont fourni, je vous nomme officiellement Capitaine de la Marine Royale. Veuillez recevoir toutes mes félicitations, le prestige, les droits mais aussi les devoirs que cela implique.

La Reine vint à sa suite et gratifia Horace d'une main amicale sur son épaule ainsi que d'un sourire d'ange.

Mes félicitations, Capitaine. J'espère que vous vous montrerez toujours digne de notre confiance et que vous seconderez toujours aussi bien le Capitaine De Everhell... ou plutôt le futur Commodore De Everhell.
Je ferais au mieux avec toutes les capacités que la nature et l'expérience m'ont donné, vôtre Majesté, répondit sobrement Horace. Et même plus, s'il le faut, rajouta-t-il sans plus attendre.
Veillez bien sur lui. Nous fondons bon espoir en lui.

Horace resta silencieux face à ces derniers mots tandis que la Reine se dirigeait vers un autre officier. Le Capitaine De Klemmens fut décoré à son tour et après une attente qui fut presque interminable, ce fut le tour du Pygargue. Le général déclara sobrement, avec toutefois un sourire se dessinant sur son visage, à peine voilé par son expression rigoureuse :

Capitaine, Mickaël Vinzent De Everhell, en réponse aux efforts que vous avez fourni pour remplir votre devoir envers votre patrie et envers les résultats brillants qu'ils ont fourni, je vous nomme officiellement Commodore de la Marine Royale. Veuillez recevoir toutes mes félicitations, le prestige, les droits mais aussi les devoirs que cela implique.

Amäly s'avança à son tour vers le jeune et nouvellement promu Commodore. Tout comme pour Horace, elle posa une main sur l'épaule du xen et lui offrit un sourire qui aurait pu faire pâlir de jalousie la lueur la plus radieuse du soleil.

Je vous félicite, Commodore. Je suis ravie que vous ayez pu arriver jusque là. Puisse vos aspirations rester toujours aussi nobles et May'Veal être magnanime durant vos prochaines expéditions. Les yeux de la Couronne sont posés sur vous avec la plus grande des attentions et toute notre bienveillance.
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