Mer 16 Mar - 11:06
Je m’étais endormie dans les vêtements bien trop grands de mon adversaire. Le vent caressait mon visage comme une mère veillant sur son enfant malade. Dans mon sommeil je soupirais et grognais. Je rêvais de mon passé et de mon présent. Tout s’entremêlait. Et son visage s’imposait à moi comme une évidence. Emmä… Où était-elle actuellement ? J’ouvris brusquement les yeux, un bruit m’avait fait sursauter. Je me redressais sur mes fesses. Je regardais les alentours et vis deux formes arcaëlliennes se déplacer vers moi et mon feu. Une voix me hélas.

On peut faire halte avec toi, xen ?

C’était une tahora de belle allure aux cheveux très long et ocre. Son regard azur me fixait joyeusement. Encore un peu endormie je bougonnais qu’il n’y avait pas de soucis. Les deux arcaëlliennes s’assirent près du feu en soupirant. L’elfin était assez petite mais semblait dangereuse. La tahora sortie de son sac un quartier de viande et le jeta sur le feu. L’odeur réveilla mon estomac.

Où allez-vous ?
On va prendre un navire pour les Cités Blanches. Mon nom est Öthen et elle Oshen. Nous sommes sœurs. Enfin par le père.
Un mzékils ?
Oui et pas n’importe qui… Un conseiller de la Principauté…
Oh… Je vois.

Je souris poliment. La nuit se passa sans encombre et nous dormîmes comme des loirs. Lorsque le soleil se leva les deux arcaëlliennes étaient déjà parties. Je me levais, un peu courbaturée. Je montais sur mon cheval et pris la direction de la ville portuaire la plus proche.

****

J’étais à bord d’un navire qui s’était échoué suite à une tempête. J’étais prise au piège dans un cimetière d’épaves. Et, en plus, j’étais non loin de mon île natale.
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Ven 25 Mar - 0:17
Un jour qu'il s'en allait, "Oremus", - un Méchant
Le prit rudement par son oreille benoîte
Et lui jeta des mots affreux, en arrachant
Sa chaste robe noire autour de sa peau moite !
A.R


Joindre le cimetière d'épaves était chose facile. Il suffisait de suivre l'un des grands courant d'Arcaëlle, au nord de Tak'Nayu et à l'Ouest de Ray'Bauz. Le vent y était généralement contraire, la houle malmenait les navires qui cherchaient à naviguer à l'abri. Quand bien même ils auraient eu la chance de se saisir d'un vent arrière favorable, les coraux tailladaient les cordes, les fonds ne retenaient point l'ancre et et ne la laissaient point s'arrimer. A partir de là, ledit courant se transformait en gyre, c'est en dire en grandes rotations de courants entraînés par les vents de surface d'Arcaëlle. Il s'agit en vérité de la rencontre des courants chauds de l'Est et du Sud de ce monde qui, en venant se télescoper, formaient de gigantesques tourbillons.
Et pour couronner le tout, cette zone de rencontre et de danger ainsi formée se voyait très souvent familière de grains que les pirates d'Arcaëlle nommaient noirs. Grains noirs, car il s'agissait de tempêtes violentes, imprévisibles et ne laissant que peu survivants pour en parler.

Joindre le cimetière d'épaves d'Arcaëlle était facile, oui. Le joindre en un seul morceau, beaucoup moins. C'était pourtant l'objectif que Phadransie La Noire s'était fixée avec son équipage et sa fidèle Renarde, et qu'elle parvint à atteindre au prix d'immenses efforts. Pressés par les houles et les brises, les pirates eurent néanmoins la chance d'éviter tout maelstrom, et grâce en soit rendue à May'Veal, ne point sombrer dans un grain noir.

- Camarades, sourit La Noire debout sur le gaillard d'avant du brigantin, nous y sommes. Le cimetière d'épaves ! La vigie, reste attentive et signale-moi le moindre mouvement sur l'instant ! Renarde, prépare tes pièces et ton artillerie ma belle et branle-bas au combat ! Si nous repérons le Eighth Son, ça va gicler un max à la poupe. Pas de coup de semonce, nous profitons de la brume afin d'avoir nos ennemis par surprise. Toi, ajouta-t-elle à l'intention de l'un des marins, hisse le pavillon Lykosim. Ainsi, nos ennemis ne se douterons pas de qui nous sommes. Vu que ce brigantin était en partance de Kaïl pour Tak'Nayu, nous sommes tout-à-fait crédible. Je vais prendre la barre de ce rafiot personnellement, ça nous évitera d'entrer dans l'une ou l'autre de ces épaves démâtées et encalminées.  

Alors que ces mots venaient d'être prononcés et que tous s'activaient à leurs postes, Phadransie se fit timonière de bord. Son œil noir transperçait la brume flottante au cœur de cet endroit inhospitalier, à l'affût du moindre pavillon, du moindre mouvement. La manœuvre d'un vaisseau de la taille du Eighth Son n'a pas dû être chose facile dans un endroit tel que celui-ci, songeait La Noire plus impénétrable qu'elle ne l'avait jamais été dans sa vie, c'est à se demander ce que la huitième fille du Roi-Pirate foutait ici. Heureusement pour la pirate, le navire qu'elle barrait demeurait fin, élancé, et aisé à diriger. Ils louvoyèrent plusieurs heures au sein de ces fantômes éventrés ou décapités qu'étaient les navires infortunés. Sur le pont, on entendait clairement la Renarde qui bourrait ses canons, préparait des réserves de mèches et de poudre, vidait la Sainte-Barbe et donnait ses ordres aux hommes derrières leurs pièces de fer et de fonte. 

Phadransie La Noire erra dans le cimetière dura près de deux heures, sans avoir virer de bord une seule fois. Elle dû se rendre à l'évidence. Si le Eighth Son avait fait mouillage ici, il n'y était plus en ce moment-même.

- Capitaine, hurla la vigie, tartane en vue ! C'est un Royaume ! Cités Blanches ou Ray'Bauz je dirai, à son pavillon !
- Des survivants ?
- On dirait bien. J'en repère une dizaine...Non une quinzaine. Ils ne nous ont pas vu à cause de la brume ! J'ignore depuis combien de temps ils sont pris dans ce cimetière du feu de May'Veal !
- Capitaine ? demanda Renarde à Phadransie.
- Je mets le cap sur eux ! Allons cueillir ces pauvres agneaux égarés afin de leur prodiguer les soins qu'ils réclameront !




~



Cinq marins, et dix civils. En tout, quinze âmes que portait le tartane échoué. Cinq humains. Trois Xen. Un Mzékil. Un couple d'Aracnor. Un Elfe et trois Elfins. Tous sans exception avaient été faits prisonniers. Les races ailées avaient été enchaînées par le cou dans les cales du brigantin que contrôlait La Noire ; ainsi, il leur était impossible de s'envoler, la pirate ayant songé à leur laisser peu, voire pas de mou. Ces pauvres êtres demeuraient là, prostrés, le visage presque contre le sol, à attendre ce que le sort leur réservait. L'Elfe avait été tué, La Noire avait planté franchement et sordidement son crochet dans son crâne, arguant qu'elle "haïssait les elfes et ne voulait pas s'encombrer d'une telle sous-race de merde en tant que prisonnier". Les autres rescapés étaient pieds et poings solidement liés par des cordes, à même le sol de la cale, la navire étant trop petit pour comporter des cellules munies de grilles.

Il y faisait sombre, froid et humide.

Phadransie La Noire ajusta avec une minutie impeccable son tricorne au-dessus de son front, du bout de son crochet. Renarde la Rousse la suivait. Elle descendit l'écoutille menant aux cales, son œil lugubre foudroyant ses prisonniers et son crochet encore rouge du sang de l'Elfe dont le corps avait été sans ménagement jeté en pâture à May'Veal !

- Je vous souhaite la bienvenue à bord de mon brigantin d'emprunte ! sourit La Noire. C'est vrai, -elle mima un air navré- il y fait un peu froid et humide dans ses cales, mais vous verrez mes dindonneaux, on s'y fait vite ! Les Arcaëlliens se font à tout, d'ailleurs, et particulièrement au pire. Je dirai même qu'ils se complaisent obscènement dans le pire. N'est-ce pas là une particularité tout-à-fait exquise de leur caractéristique ? Allons, inutile de prendre de tels airs, on vous croirait déjà la corde au cou ! Vous allez me faire pleurer, mes amis ! En attendant, j'ai un petit aveu à vous faire. Vous n'êtes pas, comme vous avez pu, je m'en doute, le constater, à bord d'un Lykosim. Ce pavillon dressé était...comment dire ? Ah oui, voilà, le mot m'est revenu ! Un leurre ! Vous vous êtes fait avoir comme des merdeux, bande de traîne-gueule, mais de toute façons je pense que vous n'aurez pas eu le choix quand même. C'est un chouette endroit, ce cimetière d'épave de siresse ! Mais l'inconvénient, c'est qu'on s'y ennuie vite !

Elle brandit son crochet tout en s'approchant d'une jeune Xen l'air peu rassurée :

- Souriez ! J'ai prévu de quoi vous occuper durant la traversée ! Voyez comme je suis gentille. On va jouer à un jeu, vous et moi, bande de pourceaux immondes. Ça s'appelle : "vous répondez à mes questions ou je vous bute". Je sais, le titre de ce jeu est un peu long, mais il a un avantage particulier : on en saisit vite les règles !
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Mar 5 Avr - 20:28

Depuis que le navire s’était échoué, j’étais agrippée à une planche dans le cimetière d’épaves. Je priais tous les Dieux de nous venir en aide et, par chance, je fus exaucé. Enfin… Pas tant de chance que ça car nous fûmes attachés et jetés dans la cale. Elle était humide et froide mais surtout sombre. Je songeais à me transformer en chat pour me défaire de mes entraves, mais la peur me bloquait. Comment se faisait-il que j’avais peur ? Parce que j’avais vu celle qui semblait être la capitaine enfoncer son crochet dans le crâne d’un pauvre elfe en disant qu’elle n’aimait pas cette race. Il devait avoir à peine vingt ans et il était mort. Quel sort me réservait-elle ? Nous réservait-elle ? La trappe s’ouvrit laissant apparaitre un peu de clarté. Elle parla longuement mais je ne compris pas grand-chose, trop terrifiée à l’idée de mourir sans avoir accompli ma rédemption. Je baissais la tête quand son regard tomba sur moi, je retenais une rage naissante. Lorsqu’elle brandit son crochet sous mon nez, je pu sentir l’odeur du sang frais. Elle continua de parler. Quand elle eut finie, je pris mon courage à deux mains et me concentrais tant bien que mal. Mes os se tordirent, ma peau se rétrécit et mon corps se couvrit de poils. Je devins chat blanc. Une fois délivrais de mes entraves, je repris forme arcaëllienne. J’étais aussi nue qu’un bébé venant de naître. Désarmais, il me restait mes poings. Je me jetais sur la capitaine qui me semblait peu fréquentable.

Peste soit des gens comme toi ! Tu vas voir ce qu’une Vaibïaën peut faire même à mains nues.

Mon poing la heurta de plein fouet. Je reculais de trois pas pour éviter toutes ripostes.
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Dim 10 Avr - 16:34
J'eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme
Et grandir librement dans ses terribles jeux ;
Deviner si son cœur couve une sombre flamme
Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;

Baudelaire



Le coup atteignit Phadransie La Noire de plein fouet, butant contre son arcade sourcilière et manquant de peu de lui briser le nez. La Vaibïaën, après un si grand retournement de situation, devait être satisfaite de l'admiration qu'elle venait de susciter parmi les autres prisonniers, ainsi que du ridicule dont elle venait de couvrir la pirate à l’œil terrible. Un ridicule qu'elle ne lui pardonnerait pas !

Déjà, Renarde la Rousse s'était jetée sur la prisonnière, de nouveau sous sa forme humaine, et tentait de la maîtriser à la seule force de ses bras tandis que sa Capitaine se remettait du choc, pliée en deux. Puis La Noire l'agrippa par les cheveux et la repoussa avec une violence scélérate et inouïe !

« Elle est à moi !!!

Déjà, la rage de Phadransie La Noire l'avait faite se précipiter sur sa prisonnière, ouvrant grands les yeux de plusieurs. Crochet en avant, elle s’apprêtait à le lui enfoncer dans les chairs !

- Espèce de pute !! Tu crois être qui toi, oui toi, pour venir défier Phadransie La Noire ?! »
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Dim 10 Avr - 19:15
La rouquine me maintenait fermement m’empêchant de bouger ne serait-ce que le petit doigt. Je pestais et grondais sourdement tel un animal captif. J’observais La Noire et lui décochais un sourire provocateur.

Tu vas faire quoi ? Me tuer ? Vas-y, tu m’enlèveras une épine du pied pauv’ conne !

Je crachais à ses pieds tout mon mépris. Je n’avais plus peur de mourir, la vie m’avait offert ce que je voulais avoir. Elle avait beau me tenir par la tignasse, je ne craignais pas son courroux même à poil ! J’ajoutais sur un ton narguant :

Je suis Lilith, fille de Yakan. Je suis une arme vivante et toi t’es qu’une putain !

Je souris à ma réplique sentant que je touchais le fond de la cale. J’attendais que son crochet s’enfonce dans ma chair tendre et la narguais un peu plus.

Bah alors, t’as pas de cran La Noire ! Enfonce le ton salop de crochet ! Éventre-moi ! Montre que t’as des tripes à tout ton joli monde. T’attends quoi ? Que May’Veal te donne le sein ?

Il y eut des chuchotements dans les prisonniers. Je ne craignais pas de mourir, voilà ce que je tentais de me répéter dans mon esprit. Je m’attendais à tout moment qu’elle m’envoie danser dans les fonds marins avec une corde.

La Noire, bien pourrie comme pseudo ! Jparie que ton Papa est fier de sa fifille à la con ! Et que ta mère suce des bites chez Gar’Haz !

Je poussais loin la provocation afin qu’elle me lâche et que je puisse me transformer en bsurt pour lui arracher le crochet.
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Lun 11 Avr - 23:11
Par instants je meurs la mort du pécheur
Qui se sait damné s'il n'est confessé,
Et, perdant l'espoir de nul confesseur,
Se tord dans l'Enfer qu'il a devancé.

P.V



« JE NE SUIS PAS UNE PUTE PAUVRE TRAINEE !!! MON NOM EST PHADRANSIE LA NOIRE, JE N'EN AI PAS D'AUTRE ET JE SUIS SEULE CAPITAINE A BORD !!! VA CREVER EN ENFER !!! CREVE !! CREVE !! CREVE !! CREVE !! CREVE !! T'AIMES CA SALOPE HEIN ? CREVE !! CREVE !! CREVE !! CREVE !! CREVE !! CREVE !! CREVE !! CREVE !!

Alors que La Noire hurlait ces paroles à s'en déchirer la gorge, elle voyait le corps de sa prisonnière se tordre de douleur à chacun des coups de bottes qu'elle lui administrait ! La Noire ne réfléchissait plus ! La rage avait prit le pas sur tout autre chose en elle, à présent. On ne provoquait pas ainsi Phadransie ! On n'évoquait pas devant elle son ascendance ! Et surtout, surtout, on ne traitait pas Phadransie de pute ! Jamais ! Jamais !

Alors elle avait laissé son crochet s'abattre sur les chairs, les éclater, les massacrer ! Le coup était parti des côtes et avait remonté en une diagonale presque parfaite jusqu'à l'épaule opposée ! La Rousse avait alors lâché la captive comme elle tombait au sol en criant, le sang jaillissant de son corps, venant souiller jusqu'au visage de La Noire par lequel il se creusa. Alors, maintenant et seulement maintenant, elle avait levé le pied et cogné ! L'on entendait se répercuter dans toute la cale du vaisseau les chocs sourds et sanglant du cuir butant contre la boite crânienne, les dents et les gencives. A chacun de ses coups, Phadransie voyait du sang gicler. Le bout de ses bottes en fut tout recouvert !

- BAH ALORS SALOPE ??! TU LE REDIS PLUS LA, HEIN ?! C'EST QUI LA PUTE MAINTENANT ?!! VA CHIER PAUVRE SUCEUSE TRAINE-MERDE DE SIRESSE !!!

La Noire ne semblait point destinée à se calmer ! Elle cogna, encore et encore, jusqu'à ce que les cris se tarissent. Jusqu'à ce que le corps paraisse à un pantin désarticulé. Jusqu'à ce les prisonniers, tous sans exception, se mettent à pleurer ou à crier.

En fait ce fut la fatigue qui obligea La Noire à cesser. A ses pieds, celle qui avait osé la provoquer. Morte.

- Plus rien à dire espèce de chienne ?!

La Noire reprit son souffle, puis s'abaissa afin de récupérer son précieux tricorne qui était tombé lorsque le coup de la Vaibïaën l'avait atteinte au visage. Visiblement, de ce premier duel de coups de pieds et de poings, c'est elle qui venait de l'emporter. Phadransie La Noire tendit sa main à La Rousse, qui s'empressa de lui offrir de quoi éponger son front dégoulinant de sueur. Un rictus hautin, fier et grimaçant déforma quelques secondes sa face, puis elle rabattit d'un geste du crochet ses cheveux bruns en arrière, libérant quelques instants sa nuque. Enfin, elle expectora au visage inerte de son ennemie fraîchement -et de la façon la plus obscène qui soit- décédée une glaire qu'elle était allé chercher au plus profond de sa gorge. La Noire conclut la pièce qu'elle venait elle-même de jouer en écrasant de son talon la joue de la femme ailée. Elle déplaça doucement, un sourire sadique au visage, son talon au-dessus de l'oeil de sa rivale vaincue. Puis elle se mit à chanter, alors qu'elle approchait déjà de manière fort dangereux son pied ainsi armé de l'orbite oculaire !

Vins qui pétillent
Femmes gentilles
Sous des baisers brûlants d'amour
Plaisirs, batailles
Viv' la canaille
Je bois, je chante
Et je tue tour à tour.»


La Noire sembla alors renoncer à ce qu'elle s’apprêtait à faire. Elle venait de voir la Vaibïaën respirer ! Cette pute vivait toujours ! Phadransie sourit davantage et reposa au sol ses deux pieds. Tant mieux ! Elle attendra qu'elle soit réveillée pour lui arracher un-à-un les deux yeux et jouir de ses cris et ses suppliques ! La Noire tourna les talons en ordonnant d'enchaîner solidement cette femme à la Misaine. D'ici quelques heures, elle se réveillerait. Et là...

Mieux valait pour elle qu'elle n'ouvre jamais les yeux.
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Mer 13 Avr - 8:55
J’avais poussé la provocation très loin. Elle hurlait des « crève » tout en me saccageant. Incapable de me transformer, je me retrouvais bien vite au sol à cracher du sang. Intérieurement je pestais contre la pirate assoiffée de mort. Ma respiration était lente et irrégulière. J’étais dans un piteux état. On me traina ailleurs sur le navire. Où ? Je n’en avais pas la moindre idée. Accrochée par des fers, je ne pouvais me mouvoir. Ouvrir les yeux m’était difficile tant ils étaient gonflés. Je regardais le va et viens des marins entre mes paupière entre ouverte. J’avais le goût du sang dans la bouche, un goût désagréable et peu encourageant pour la suite des événements. J’implorais May’Veal de déclencher une tempête mais rien ne se passa. Soupirant, je retombais dans l’inconscience.

Marchand dans l’obscurité, elle vit une porte lumineuse. Etait-ce la porte du Pays des morts ? Elle l’ignorait bien. Elle s’approcha de la lumière mais fut repousser par un drôle d’être. Une créature à mi-chemin entre le tahora et le cheval.

J’ouvris les yeux et constatais que j’étais toujours nu mais aussi sous bonne garde. L’un de ces gardiens vit que j’étais éveillée et il le hurla. J’allais encore morfler. Je me débattis essayant d’arracher les chaînes. J’étais en trop mauvais état pour effectuer une métamorphose. Dieux, qu’allait-il advenir de moi ?

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Jeu 14 Avr - 22:20
Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.

Baudelaire



« Madame, elle a reprit connaissance. Elle a une sale gueule, mais à part sûrement un ou deux os fêlés, rien ne semble grave.

Phadransie La Noire grinça des dents comme elle s'était mise à la barre du navire Lykosim. Depuis plusieurs heures de navigation déjà, le brigantin quittait le cimetière d'épave.

- Cette pute a-t-elle dit quelque chose ?
- Rien madame.
- Vous l'avez bien attachée ? Elle ne peut plus se transformer de nouveau j'espère !
- Ben...en théorie madame, non.

Phadransie La Noire braqua sur l'homme qui venait lui faire son rapport son œil cauchemardesque. L'on aurait pu y voir une horde de démons y danser autour du feu de joie de ses iris.

- Prends ton flingue et suis-moi. Je ne suis pas là pour me fier à des putains de théories à la con morbleu !

Elle ordonna à la Renarde de barrer le navire pendant ce temps. Puis elle descendit la dunette et dépassa le Gaillard d'arrière, afin de se rendre jusqu'à la Misaine, sur l'avant du navire. Déjà, curieux, les flibustiers s'étaient amassés autour de leur Capitaine, près néanmoins à bondir jusqu'à leur poste si jamais elle le leur ordonnait. Éventualité n'étant pas à exclure !

Phadransie La Noire se campa devant sa prisonnière, fièrement. Hautainement. L'orgueil au cœur, elle la toisa ainsi plusieurs instants, puis lâcha d'une voix au moins aussi tranchante que son crochet -où que le canon du tromblon que fixait sur la Vaibïaën le pirate deux pas derrière elle- :

- Réveillée Chérie ? C'est bien, tu vas pouvoir répondre à mes questions si tu tiens à la vie. Quel est ton nom ? D'où viens-tu ? En quelle autre bestiole peux-tu te transformer ? Et que sais-tu sur le vaisseau pirate le Eighth Son...? »
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Ven 15 Avr - 8:04
J’avais beaucoup de mal à tenir les yeux ouverts. La douleur qui parcourait mon corps était insoutenable mais je devais faire avec. Arriva alors les pirates dont la capitaine. Elle me fixa avec une certaine fierté. Du moins ce fus mon ressenti. Elle parla et les mots eurent bien du mal à attendre mon cerveau. Déglutissant difficilement, je parvins à articuler mon prénom et nom.

Je… Suis…Lilith… Lilith… Yakan. D’où…. je ….. Viens ? D’une… île…. Mais essentiellement…. Du…. Royaume. Bsurt. Je… Peux… devenir… bsurt. Je peux… Combattre… Je …. Suis…. Née …. Pour… ça….

Un bref instant je retombais dans l’inconscience. J’ouvris de nouveau les yeux. J’étais perdue, quel était le but de ces questions ? Je commençais à mieux sentir mon corps mais pour quoi ? Pour la douleur insoutenable des os fêlés. J’essayais de me détacher, en vain, et restais bras et jambes tendus. Et là, je posais une question à la Noire :

Tu vas me tuer ?

J’avais réussi à prendre sur moi pour dissimuler douleur et peur.je vis alors l’un des marin se rincer l’œil. J’avais complétement oubliée que j’étais nue.

Pourrais-je avoir des vêtements ?
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Sam 16 Avr - 14:36
A moi forban que m'importe la gloire
Les lois du monde et qu'importe la mort?
Sur l'océan j'ai planté ma victoire
Et bois mon vin dans une coupe d'or.



«  Toi, apostropha la pirate en désignant de son doigt un Elfin -le seul être ailé de l'équipage, en fait- tu vas faire ce que je te dis.

L'Elfin en question ne s'en était point trop posé. Les instructions que lui communiqua en privée sa nouvelle Capitaine furent pour lui comme l'apparition d'un quelconque moyen d'échapper à ses tâches dans la mature. Il opina du chef, puis quitta sa cabine avant de prendre son envol. Ses grandes ailes grises aux plumes mal entretenues lui permettaient de voler haut sous la nue et par deçà les eaux, mais surtout, haut par delà l'épais brouillard qui planait sans cesse sur le cimetière d'épave. Il disposait d'une visibilité mauvaise, mais au moins lui-même avait ainsi peu de chances d'être repéré du ciel.

De son côté, Phadransie La Noire réfléchissait, assise à son bureau. Il y avait moins d'une heure de cela qu'elle avait battu cette Vaibïaën de ses bottes presque jusqu'à la mort, et à présent cette dernière devait rêver doucement de Gar'Haz entre trois saignements. Son visage allait très vite se charger de bleus et d'ecchymoses, et elle souffrirait grandement.

Mais pour l'instant, La Noire s'en foutait comme de son premier meurtre. Assise à son bureau, elle avait ôté son tricorne et faisait tourner entre les doigts de sa main gauche une pièce d'or, banale et basique. A défaut de pouvoir sentir contre sa paume le contact délicat et bien plus précieux d'un autre objet ! Le Eighth Son, seul bâtiment qu'elle pouvait monter et capable de rivaliser avec le Seventh Son, le Eighth Son avec à son bord quatre-cent tonneaux, cent barils de poudre, deux-cents âmes, vingt-huit pièces, au moins dix fois plus de munitions et surtout...
Elle se souvenait des termes du Furet comme si il les lui avait fait hier.

''Je ne doute pas que tu réussirais à tuer ta sœur facilement, mais ton véritable adversaire reste le Sixième Commandant du Roi-Pirate, le Capitaine du Sixth Son !  Léone Bartholomë.''

Oui, il y avait également à bord du Eighth des adversaires de taille, dont la dernière née de son père, et le sixième né, de toute évidence.

Son soucis présent, ce qui la captivait, n'était pas moins le Seventh Son que le Eighth Son. Un plus gros morceau, certes, mais à son bord, l'Elfe Capitaine Ildezzeeth. Et puis surtout, il y avait sa boussole. La boussole que le Capitaine Aracnor Tarentt qui l'avait formée lorsqu'elle était destinée à barrer le Seventh Son lui avait offert à ses dix ans. La boussole qui était passée entre les mains d'Ildezzeeth lorsqu'il avait levé la mutinerie et l'avait envoyée les fers aux chevilles dans les geôles de son propre vaisseau.

- Pour retrouver ma boussole, je dois trouver Ildezzeeth... Mais pour retrouver Ildezzeeth, il faut que je trouve ma boussole...

Elle soupira puis finit par s'endormir quelques heures. A son réveil, Phadransie sut se débarrasser de toutes les tracasseries de sa personne, se recoiffa et sortit sur le pont, prête à prendre la barre.

~




Phadransie braqua son crochet doré à l'or fin et étincelant sous la nuque de la Xen, l'obligeant ainsi à lever la tête. Des chaînes l'entravaient solidement, mais surtout la liaient à la Misaine à l'avant du navire. Ainsi, même si lui prenait l'envie de se transformer, elle devrait tout de même s'extraire des chaînes qui la maintiendraient un tant soit peu plaquée au mât. La Noire ne douta pas qu'elle en fut capable. C'est pour cela que le ruffian qui braquait son tromblon sur elle avait sa toute-utilité. Qu'elle tente de se transformer, et c'en serait finit d'elle. La Xen demanda à avoir ds vêtements. Un rictus déforma quelques secondes le visage de Phadransie. Des vêtements ? Sérieusement? Elle lui expédia un coup de genou au travers de l'estomac, de toutes ses forces ! Et Phadransie, sans être une armoire à glace, avait bien des muscles et bien des forces ! La prisonnière ne sut réprimer un cri de douleur et, ne fussent les chaînes l'immobilisant, se serait pliée en deux afin de cracher ses poumons !

- Ben alors la salope ? T'as déjà oublié les règles de mon jeu on dirait ! Si, si, c'est ce qu'il ressort de notre seconde entrevue là, alors je vais les réexpliquer pour toi, vois comme je suis gentille, reprit-elle en faisant mine de se masser la tempe de sa main gauche. ''Je'' suis la Capitaine. ''Tu'' es la prisonnière. ''Je'' suis celle qui pose les questions, et ''tu'' es celle qui y réponds gentiment en fermant sa grande gueule. ''Je'' suis celle qui a ta vie entre ses mains -où plutôt son crochet!- et ''tu'' es celle qui va mourir dès lors que je claque des doigts. Et hum..''je'' suis celle qui peut claquer des doigts, présentement et pas toi !!

Elle lui expédia une gifle qui, justice en soit rendue aux bagues qu'elle portait, déchira les lèvres de la prisonnière.

- TU ES SOURDE OU QUOI ?? TU ES CONNE OU BIEN ?! Pourquoi ne réponds-tu donc pas à mes putain de questions l'ailée ?! Je ne t'ai pourtant rien demandé de compliqué ! Vois ce que tu m'obliges à faire ! Ça me désole de devoir te punir comme ça, vraiment ! Ho, mais peut-être est-ce parce que ta nudité t'incommode ? C'est cela la Xen ? Tu as honte de ton corps ?

Elle tendit alors un bras derrière elle, sans daigner regarder le marin qui entreprit d'oter sa veste crasseuse, puis la posa sur le corps de la prisonnière, de façon grotesque et mal arrangée. Au moins couvrait-elle à présent ses seins et une bonne part de son intimité, même si la veste puait l'écume, la sueur et le tabac froid.

- Je reprends. Que sais-tu du Eighth Son ?

A l'instant où la jeune ailée ouvrait la bouche faiblement afin de, probablement, répondre à La Noire, une forme sombre se dessina dans la mature, fendant le brouillard puis vint se poser sur le pont du navire d'emprunt Lykosim. Phadransie reconnut l'Elfin qu'elle avait envoyé en mission, il y avait quelques heures de cela. Près de quatre heures maintenant, nota-t-elle. Sitôt, elle se détourna de sa captive.

- Alors ?
- J'ai volé dans un périmètre de plusieurs lieues à la ronde autour du sillage de notre coque, Capitaine, comme vous le vouliez. Et je n'ai vu personne.
- En es-tu bien sur ? As-tu bien exécuté ton travail, morbleu ! Par bâbord et par tribord ?!
- Aye, aye Capitaine.
- Un navire ne disparaît pas ainsi, par l'enfer ! Le Eighth Son ne devrait pas être très loin devant nous !

Cet échec la mit en fureur, et elle se demanda muettement si elle n'avait pas à faire là à un vaisseau capable de se téléporter ou bien de se camoufler. La Noire choisit de traiter la question plus tard et avec davantage de profondeur. Elle se retourna sur la Xen qui semblait terrifiée.

- J'ai changé d'avis finalement, fit-elle en grimaçant, je ne veux plus jouer à ce jeu et te poser des questions. Tu ne fais pas une joueuse distrayante. Tout ce que tu parviens à faire en fin de compte, c'est me lasser !

Phadransie La Noire n'eut ni hésitation ni déconvenue à se saisir du tromblon que le pirate derrière elle fixait sur la Vaibïaën en une rotation sur elle-même excessivement contrôlée. Elle vint appuyer le canon dans la bouche de la Xen, profond, avec force et violence, la réduisant au silence.

- Tu sais idiote, qu'à cette distance la poudre ça fait des ravages ? A moins d'un coude de distance, et tu peux me croire car je l'ai déjà expérimenté, la tête explose en partie, la chair brûle, les organes se rétractent et tout se déverse par l'arrière. Ça gicle un peu partout, aussi. Et ça tâche, il faut aimer se salir, disons-le. Mais tirer un coup d'aussi près. Je n'ai jamais tenté l'expérience, vois-tu. Et aujourd'hui, sous le regard de May'Veal, je suis affreusement tentée...

Phadransie La Noire éclata de rire, après quoi, à l'instant qui lui convint, elle fit pression sur la gachette !

CLAC!


Vide ! Le visage de la pirate changea du tout-au-tout, pour passer de la concentration la plus intense à l'hilarité la plus marquée ! Puis enfin, la rage la plus Noire. Elle se retourna vers le marin à qui appartenait l'arme, et lui enfonça son crochet dans le crâne. Le hasard faisant bien les choses, elle l'eut en plein dans l’œil, poursuivit son sillage descendant, arracha la paupière inférieure, ripa sur la joue qu'elle ouvrit en deux et déchira une part des lèvres. Le marin tomba au sol, hurlant et se convulsant, aveuglé, le visage en sang et les deux mains apposés sur sa face comme si il se trouvait déjà un pied dans le royaume de Gar'Haz ! La Noire le poussa du bout de sa botte, puis lécha son crochet avec plus de lascivité qu'on pourrait le dire en mots !

- La prochaine fois, quand j'ordonne à quelqu'un d'assurer les arrières de l'équipage, j'aimerai -si ça n'est pas trop vous demander, mes agneaux- qu'il ne se foute pas de ma gueule !

La marin fut jeté par-dessus le bastingage encore agonisant. Phadransie essuya son crochet avec minutie à l'aide d'un mouchoir blanc qu'elle balança derrière son épaule, puis ordonna à l'attention de la Vaibïaën :

- Crucifiez-là au-dessus de la hune, elle servira de décoration à notre Misaine. La mort sera lente à venir. Ça lui laissera le temps de réfléchir sur ce qu'il en coûte de défier Phadransie La Noire, terreur des Grand'Eaux et Reine des océans !

Elle s'assit sur un tonneau qui traînait là après s'être fait apporter une bouteille de rhum qu'elle portait à ses lèvres, prête à se délecter de ce spectacle. Déjà, les marins avaient ôté les chaînes entravant la Xen et sortis les clous ainsi que les planches de bois qui feraient office de marteaux.

- Capitaine, nous quittons le cimetière d'épave, tenta l'un des marins auprès de la femme qui leur servait de commandante, quel est notre cap désormais ?

Phadransie croisa puis allongea les jambes, observant la Xen trop faible pour se débattre face aux bras solides qui déjà l’assommaient à l'aide d'un bon coup de poing au visage, avant de la hisser jusque sur la hune par la voie des haubans afin de l'y crucifier, la portant sur l'épaule.

- Je vous avais promis de la bonne vieille piraterie, non ? Nous allons faire la mise à sac de la capitale côtière de Maäl sur Ray'Bauz et rançonner ses tours, ses nobles, ses prêtres ainsi que chacun de ses temples ! »
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Sam 16 Avr - 19:13
J’avais répondu à ses questions et elle me mettait un genou dans le ventre ? C’était quoi cette arcaëllienne aux humeurs néfastes ? Une demi-déesse ? Je fus clouée à des planches et suspendu. J’essayais de jouer avec mon fluide mais en vain. J’étais trop endolorie et fatiguée pour réussir quoi que ce soit. Et ce satané brouillard qui ne se levait pas ! Je me mis à pleurer en silence laissant ma douleur faire son office. Je regardais tout ce petit monde s’afférer pendant que je souffrais le martyr. Dieux, aidez-moi ! Implorais-je. C’est alors que la coque du navire fut secouée par une violente vague. Etait-ce ma chance ? Avec mes dernières forces je parvins à devenir chat et les clous de mes pieds furent arrachés. Je miaulais de douleur et repris forme xen. Restait les mains. J’avais les pieds en sang et ne pourrais probablement pas marcher. Avec le peu de courage qu’il me restait j’arrachais ma main droite des planches puis la gauche. Je me retrouvais au sol. Folle de rage et meurtrie, nue comme un bébé, je parvins à me déplacer vers le premier arcaëllien que je vis. Un elfin. J’enfonçais le clou que j’avais gardé dans sa jugulaire une fois, deux fois, trois fois et à l’infini jusqu’à ce qu’il ne respire plus. En colère, je massacrais son visage et ensuite lui volais ses vêtements. Une fois vêtue de ses guenilles, je marchais nu pieds vers ce qui semblait être le bureau de La Noire. On pouvait, cependant, me suivre à la trace car je laissais du sang derrière moi. Sans frapper j’entrais dans la pièce.

Tu… Tu vas crever salope !

Hurlais-je à demi-folle. Avec mon unique clou et aucune autre arme, je me jetais sur la pirate et lui enfonçais mon arme de fortune dans le bras.
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J'écris en #40A497
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Sam 16 Avr - 21:34
S'élance autour d'un treillis, et circule
Parmi la maladive exhalaison
De parfums lourds et chauds, dont le poison

P.V




La cabine du Capitaine du petit brigantin Lykosim n'était point grande. Un lit en bois soutenant quelques draps, une chaise, une petite armoire et un bureau modeste, supportant plusieurs cartes marines, une boussole, un encrier ainsi qu'une plume -que Phadransie n'avait jamais daigné utiliser, elle ne savait ni lire ni écrire.- , une boussole, un astrolabe ainsi que son sabre, posé simplement au-dessus tout ça le temps que devait durer son sommeil.

Heureusement pour La Noire, elle avait le sommeil fort léger ! Elle ouvrit l’œil à l'instant où s'ouvrait la porte de sa cabine. Elle eut tout juste le temps de bondir sur son sabre, à l'instant ou la Xen s'élançait sur elle !

- Tu... Tu vas crever salope !

La Noire lâcha le fourreau de son arme à l'instant où elle sentit quelque chose se ficher dans son bras. Elle cria de douleur, tandis que sa prisonnière tombait à-demi sur elle. Déjà, elle la frappait de son poing, laissant le clou enfoncé dans la chair de son bras gauche !

Putain mais c'est quoi cette chienne ?? Elle était crucifiée sur la Misaine il y a moins d'une heure ! Je l'ai vue !


Elle n'avait décidément pas menti lorsqu'elle lui avait confié, la veille, être née pour combattre ! La Noire hurla de rage et riposta par un coup de genou dans le bas-ventre de sa prisonnière, parvenant à la repousser ! Elle se retourna afin de chercher de nouveau son arme tombée à trois coudée, qu'elle agrippa malgré la souffrance !

- VA CREVER ESPECE DE GROSSE PUTE !!!

La Noire tenta de sortir la lame du fourreau, espérant la planter dans le crâne de cette salope, mais son geste fut arrêté une seconde fois par la Xen ensanglantée ! Phadransie La Noire riposta alors par un coup de crochet en plein visage ! Elle ignora si elle avait fait mouche, mais toujours est-il que son agresseuse cria puis chuta en arrière ! La Noire put se relever, elle repoussa les cheveux devant ses yeux d'un mouvement vif de tête, puis, renonçant au sabre de nouveau au sol, bondit sur la prisonnière, crochet en avant et prête à l'éventrer !

- Cette fois ça suffit pauvresse !!!
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Dim 17 Avr - 7:08
J’étais épuisée, endolorie et me vidais de mon sang. La Noire fut rapide et m’envoya valser sur le sol du navire comme un rien. Son crochet était prêt à m’éventrer, je fermais les yeux, c’était la fin. Non ! Jamais ! Je repoussais avec violence la pirate et me mis maladroitement debout. Mes pieds m’étaient douloureux ainsi que mes mains et l’ensemble de mon corps. J’avais un plan. Un plan pour vivre.

J’ai une proposition, Capitaine !

Hurlais-je désemparée et prête à tout pour vivre. Je tirais sur le haut qui ne couvrait pas grand-chose et me laissais tomber sur les fesses. Soit elle m’écoutait, soit elle me tuait. Je n’avais que deux options. Mon regard se plongea dans le sien.

Je sais combattre, j’ai grandi dans cette optique. Accepte moi à ton bord et laisse-moi tuer tous les Hayert’Vaäl qu’on croisera.

Ma voix était essoufflée, fatiguée et lasse. Je posais mes bras sur mes genoux et ajoutais :

J’ai tué ton unique ailé, tu vas avoir besoin de moi, non ?

Je baissais la tête et regardais le sang couler. J’aimais bien la ténacité de cette pirate à vouloir me voir mourir. Je lui expliquais que j’étais sans le sous et sans destination.

On peut faire affaire ma grande….

J’ignorais ce qu’elle cherchait mais je pouvais sentir ma détermination à ne pas mourir.
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J'écris en #40A497
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Lun 18 Avr - 13:35
Où vas-tu beau geôlier
Avec cette clé tachée de sang
Je vais délivrer celle que j'aime
S'il en est encore temps

Prévert



- Que sais-tu des pirates Hayert, toi ?  l'apostropha La Noire le crochet toujours brandi vers la Xen.

Et c'est parce que cette magicienne prenait du temps à répondre que Phadransie se jeta sur elle, de nouveau, malgré le fait qu'elle était assise à même le sol et ne paraissait plus menaçante. Au contraire, la véritable menace était le sillage sanglant qui suppurait de ses blessures aux paumes et aux pieds. L'impact du coup de pied qui renversa la Xen dépendit de la force que mit La Noire dans son execution ; et au vu de la rage évidente qui l'animait, il en eut grandement. Alors que sa prisonnière, affalée sur le sol, peinait à reprendre sa respiration, Phadransie lui écrasa la main sous sa botte, doucement.

-Je...ne sais rien, juste...qu'ils pourrissent les mers, lâcha enfin la femme ailée.
- Ta proposition me tente la chienne, parce que je suis justement à la poursuite d'un navire empli à en craquer de Hayert'Vaäl. Et si ce que tu dis est vrai, tu es effectivement le seule ailée de mon bord.

Puis elle ajouta en faisant tournoyer son crochet en direction de cette femme :

- Mais tu as osé me provoquer, moi, me porter un coup au visage, tu as essayé de me tuer durant mon sommeil. Si ça n'est pas honteux, ça ! Je ne tue jamais mes ennemis durant leur sommeil, moi. De nous deux, j'ai bien plus d'honneur que toi, et pourtant, on se tue à dire partout en Arcaëlle que les pirates n'en ont pas.

Très vite, la porte de sa cabine vint s'ouvrir, et la Renarde ainsi que plusieurs autres marins apparurent dans entrebâillement, inquiets. Ils venaient probablement de se rendre compte de la mort de l'un des leurs ainsi que de la disparition de la crucifiée.

- Tout va bien camarades ! les rassura Phadransie l’œil lugubre. Voici juste une salope dévorée par l'ambition et qui souhaitait marchander sa misérable vie avec la Capitaine de ce vaisseaux. Donc moi. Et j'étais justement en train de lui expliquer que sa vie, à mon œil, ne valait rien !

Elle lui écrasa la main de son talon tout en disant cela, puis ajouta en se détournant de la Xen.

- Je mettrai fin à ses jours moi-même et plus tard. En attendant foutez-moi ça en sentine, au pain sec et à l'eau ! Vous pouvez virer le pain, en fait. Juste ce qu'il faut pour ne pas qu'elle meurt, serait parfait. J'imagine que trop faible elle ne pourra plus se transformer.

Deux marins, qui figuraient parmi les colosses de l'équipage, agrippèrent la crucifiée et la portèrent de nouveau sous les cales, comme si elle ne pesait pas plus lourd qu'une défroque. Voyant que les marins ne se retiraient pas, La Noire ajouta à leur intention, en faisant mine de ne point se soucier du clou enfoncé de plusieurs centimètres dans son bras gauche :

- Il y a un problème ?
- Les vivres Capitaine. Avec tous les prisonniers à nourrir, nous n'en aurons jamais assez pour gagner Maäl. Sans compter que nous n'avons pas de poudre, et peu de munitions.

Phadransie La Noire tira une chaise du bout de son crochet afin d'y prendre place. Elle posa ses bottes sur le bureau et se laissa aller légèrement en arrière en pressant le dossier.

- Si fait. Je comptais regagner la Suppure histoire de lever quelques bâtiments, faire le stock de vivres, de poudres et de munitions, et me dégoter sous le crochet un plan et un guide de Maäl. Disposons-nous d'assez de vivres pour rejoindre Port-Suppure ?
- Quelques lieues en plus séparent Ray'Bauz de la Suppure, de là où nous sommes, répondit l'un des marins en se grattant la barbe, si les vents nous sont favorables, nous devrions y être avant que nos vivres s'épuisent. Mais les prisonniers et surtout cette Xen...
- Seront vendus en tant qu'esclaves dès que nous mouillerons dans le port de la Suppure ! Ce sont de l'or sur tête, si vous les achevez ou les faites passer par-dessus bord, nous y perdrons. De l'or, nous en aurons besoin pour mettre le navire en état et trouver des alliances.

Chacun des marins se surprit à acquiescer aux propos de leur noire Capitaine. Phadransie reprit :

- Ray'Bauz ne s'attendra jamais à ce qu'un équipage si réduit vienne les attaquer directement en leur capitale. Nous quitterons le continent plus riches que jamais !
- Ou en petits morceaux emportés dans les airs par les oiseaux sur notre cadavre se balançant au bout d'une corde...

Après un regard noir, Phadransie se releva, faisant marche amère vers l'homme qui venait de parler.

- Qui ici, parmi vous bande de fils de pute, désapprouve mon entreprise ? Je n'oblige personne à me suivre par May'Veal ! Si vous avez peur, libre à vous de ne pas reprendre votre place à bord une fois amarrés à la Suppure, et retourner prendre la tétines sous le jupon des putains ! Il y aura plus de sang et plus d'or pour les autres !

Les pirates acquiescèrent sans un mot. La Rousse esquissa un sourire en direction de sa Capitaine. Tous se retirèrent finalement, laissant la Capitaine et sa Seconde seule à seule. Cette dernière entreprit de délivrer son bras sanguinolent par la cause du clou qui y était enfoncé, puis de le bander après avoir lavé la plaie à l'eau-de-vie.

- Ça fait mal ?
- Non.
- Qu'allez-vous faire d'elle ?
- Dis-moi La Rousse. Sais-tu ce qu'est une Vaibïaën ?
- Non, Capitaine.
- Moi non plus. Je crois que ça doit vouloir dire ''guerrier d'élite'' ou ''gladiateur'', quelque chose comme ça.
- C'est possible, oui. Alors qu'en faites-vous ?
- Pour le moment je la garde à bord. Une fois à la Suppure, si elle est déterminée à nous prêter main forte pour la mise-à-sac de Maäl, elle repartira avec nous. En cas contraire elle sera vendue pour les esclavagistes de l'île.

~



Phadransie La Noire et son bâtiment Lykosim monté par ses trente-cinq hommes d'équipages plus les treize prisonniers tint bon le vent. Deux d'entre eux avaient été torturés durant le trajet, par la Noire, afin de savoir si ils avaiet aperçus dans le cimetière quelconque navire qui aurait pu être le Eighth Son. L'on entendit durant des heures les hurlements, respectifs, des deux prisonniers, mais il s'avéra au final que, si le Eighth Son était bien passé par le Cimetiède d'Epave comme l'avait prétendu le Furet, soit ce fut bien avant que le bâtiment Blanc ne s'y échoue lui-même, soit il s'était camouflé ou volatilisé ! Ces mauvaises nouvelles agacèrent La Noire qui se lassait déjà de ce petit brigantin, pour une véritable frégate aux voiles noires ou tout-autre bâtiment un tant soit peu équipé en voilures et en pièces. Un bâtiment qui ferait honneur à son nom, en vérité ! Une fois qu'elle ne put plus rien tirer de ses deux prisonniers, demeurant dans un état méconnaissables de chairs labourées, elle les avait fait passer par dessus le bastinguage. C'étaient deux bouches de moins à nourrir.

Ils durent se rationner à un demi setier d'eau par jour et pas plus d'un repas en fin de voyage, privant même de nourriture les prisonniers, mais parvinrent au final, sans plus de gêne, à Port-Suppure, siège de la piraterie de toutes les eaux du Sud d'Arcaëlle.


Port-Suppure


Phadransie La Noire s'était fixée un mois d'échéance, avant de repartir en course pour y piller Maäl. Un mois, le temps necessaire afin de vendre les prisonniers -car tout se vend et tout s'achète à la Suppure !-, mettre le Lykosim sur le pied-de-guerre, forger des alliances, engager quelques mercenaires parmi les pirates, et en apprendre plus sur le Eighth Son qui l'avait tenue en échec. L'or qu'elle gagnerait en ayant projet de vendre les prisonniers des Cités-Blanches lui étant trop précieux, elle se refusa à aller demander des réponses auprès du Furet une seconde fois. La Noire jugea donc plus utile de se séparer de sa Renarde le temps de cette échéance, lui intimant l'ordre d'espionner, de monnayer, de questionner, de torturer même si il le fallait, afin d'en apprendre plus sur le Eight Son et le Seventh Son. Des navires de cette renommée, à la solde du Roi-Pirate, ça s'est forcément vu reconnaître par le succès de quelques-unes de leurs entrerpises. Et dès qu'il est question de succès dans la Suppure, les rumeurs vont plus vite que la marée !

- C'est dix pièce d'argent pour s'amarrer à Port-Au-Nord et une de plus chaque jour dépassé une lune, vint lui dire un homme tout de noir vêtu au crépuscule de sa vie, aux joues creuses et au nez aquilin.

Il tenait à bout de bras une lanterne à l'intérieur de laquelle dansait une petite flamme. Le Lykosim de Phadransie venait de s'amarrer de nuit à la Suppure.

- Tu me chantes quoi là, vieillard ? La dernière fois que je suis venue jeter l'ancre à la Suppure l'amarrage n'était pas monnayé !
- La dernière fois que vous êtes venue ancrer à la Suppure Capitaine-à-l’œil-unique, elle n'appartenait à personne. Chacun était libre d'y venir et aller comme bon lui semblait.
- J'en déduis que ça n'est plus le cas. Quel fils de pute s'est senti assez de couilles, morbleu, pour se prétendre maître de Port-Suppure ?
- C'est un Capitaine pirate de renom. Il a mis sur pied une garde pour les docks et a établi une taxe pour l'amarrage. D'un autre côté il a pas tord moi j'dis. Dans tous les ports d'Arcaëlle les officiers fixent une taxe pour l'amarrage des vaisseaux. La piraterie est en plein âge d'or et du coup il devenait difficile pour tous les navires de mouiller à la Suppure. C'était sujet à problème.

Lorsque je barrais le Seventh Son tout le monde courbait la nuque quand je le faisais s'amarrer à la Suppure, songea La Noire, mais elle eut la sagesse de conserver cette pensée pour elle-même.

- C'est dix écus ou tu vas mouiller ailleurs, grogna le vieillard en rabatant sur sa chevelure malpropre son bandeau.

Phadransie La Noire s'acquitta de la taxe. Elle laissa à bord de son navire trois marins, en plus des prisonniers à fond de cale, et mit pied à terre après presque deux mois passés en mer. C'est là qu'elle le vit.

Tout vêtu de noir et de taille fort haute, avoisinnant les un mètre quatre-vingt-dix, sa peau très blanche contrastait avec le noir dont il se paraît, en plus de sa chevelure jais et ses lèvres de même couleur. Phadransie, depuis ses dix ans, l'avait toujours trouvé fort singulier. Il n'avait pas l'air d'un pirate, se disait-elle à l'époque. Pas de tricorne, pas de jambe de bois, pas de chemise et un regard à glacer les sangs. Des pupilles rouges et difformes, l'on aurait dit que l'enfer de Gar'Haz tout entier y était contenu. Des pupilles signatures du Roi-Pirate Aracnor. Une bague en forme de crâne ornait son index et jamais, ô grand jamais, il ne se séparait de son haut-de-forme. Jeune, d'environ trente-cinq ans, sa réputation sur les Grand'Eaux d'Arcaëlle n'étaient plus à faire.

Et il se trouvait là, debout et droit tel un fanion, sur les quais du Port-Au-Nord de la Suppure. Phadransie se crut défaillir, et elle dû faire un effort immense afin d'avancer vers lui après toutes ces années. Six ans maintenant. Il ne sourit pas en la voyant approcher, mais la salua en otant, puis reposant son haut-de-forme sur son crâne. Ses yeux brillaient et un rictus en coin déformait avec une certaine mesquinerie son visage.

- Je suis ravi de te revoir, Phadransie Lamiedo. Alors ? Tu ne salues pas ton grand frère et nouveau gouverneur de Port-Suppure ?




Elle ne répondit pas tout-de-suite, lui sant l'oeil dans les yeux. Une tempête d'eaux noires s'était levée dans le regard de Pharansie.

- J'ai des prisonniers à vendre, lui fit-elle avec la plus grande simplicité.

L'Aracnor Henry Tarentt hocha la tête, sans sourire. Il ordonna à l'intention d'un homme coiffé d'un bicorne, non loin de lui, d'aider au débarquement de la marchandise jusqu'à la place couverte de la Suppure, où la vente aurait lieu le soir-même.

- Quand je serai payée ?
- Sitôt que la vente sera conclue. En tant que dirigeant de la Suppure je touche mon dû immédiatement, grâce aux taxes fixées sur le prix de chaque têtes. Je prendrai ta part et te la renverserai sur l'heure.

Phadransie acquiesça.

- J'ai une Xen à bord, elle est dangereuse. Peut-être que cette pute me servira dans mes futures entreprises, je ne veux pas y perdre à la vente. Laisse-la moi pour l'instant.
- C'est comme tu voudras Capitaine Phadransie.

Henry Tarentt, quatrième fils du Roi-Pirate rabattit son haut-de-forme sur ses yeux tout en conduisant Phadransie La Noire jusqu'au fort surplombant l'île qu'il venait d'investir en sa qualité de premier et nouveau gouverneur de la Suppure.

- Allez, je t'offre un verre.

~



La Noire n'avait pas une seule seconde desserée de ses doigts la garde du sabre passé à son côté. Assise sur un divan orné de riches coutilles et étoffes entremêlées dans une toile arachnide épaisse et blanche, un verre de rhum ambré en main, elle écoutait celui qui se prétendait son frère (demi, en vérité) lui expliquer comment il avait prit le contrôle de Port-Suppure il y avait à présent six semaines. Personne ne vit rien venir, ce fut un coup facile à réaliser pour un Aracnor de sa renommée, à la tête d'un bâtiment comme le sien, le Fourth Son l'affaire fut vite réglée. Phadransie se décida enfin à lui poser la question qui, plus encore que le rhum, lui brûlait les lèvres.

- Tu vas te venger ?

Alors, à son grand étonnement, Henry Tarentt rit. Un rire franc se dépeignit sur son visage.

- Non, conlcut-il enfin en resservant un verre à Phadransie. Si je l'avais voulu, j'aurai très bien pu empoisonner ce rhum que tu descends depuis tout-à-l'heure, par exemple !
- J'ai attendu que tu le boives en premier. Je ne suis pas conne.
- Pourtant tu as commis des erreurs ma chère sœur, ajouta-t-il en portant à ses lèvres son propre verre.
- Vraiment ?
- Vraiment. Autrement, ton coup aurait réussi, et je serai mort. N'est-ce pas ?

Phadransie haussa les épaules et descendit d'une traite son verre. Elle commençait à avoir chaud, et le feu de cheminé allumé non loin d'elle n'aidait en rien. Néanmoins, elle sentait également avec la chaleur son propre malaise se tarir.

- Comment tu as fais ? demanda-t-elle enfin. Pour t'en sortir.
- Je t'aime beaucoup Phadransie, lui lança le Capitaine Tarentt en d'élégants propos. Tu es vive d'esprit et de caractère, fougueuse, entêtée et ne manque pas d'un certain panache. Même si parfois tu peux être aussi une vraie garce ! Vraiment, pensais-tu réellement qu'une vipère placée sous les draps de mon lit suffirait à me tuer ?
- Elle t'a pourtant mordu. Plusieurs fois ! Et tu es mort, sous mon œil ! Je m'en rappelle très bien !

Le pirate défit alors les trois premiers boutons de sa veste, dévoilant à La Noire son col nu et les empreinte de crochets, par trois fois deux marques, qui le marquaient.

- Je reconnais que ce fut très douloureux au début, et j'ai bien cru perdre la vie. Mais, Phadransie, c'était bien me sous-estimer ! Je suis le quatrième fils de Roi-Pirate Aracnor Avicular Lamiedo ! Le venin qui coule dans ses veines est certainement le plus puissant de toute la race Aracnor d'Arcaëlle ! Et ce même venin coule dans mes veines. Si j'avais été un simple Homme, comme toi, nul doute que je serai mort.

Phadransie quitta alors le divan sur lequel elle reposait depuis plus de trois heures. D'un pas lent, elle accepta enfin de lâcher la garde de son sabre et se dirigea vers l'une des fenêtre de la salle, offrant une vue imprénable sur toute la Suppure en contrebas, ainsi que son Port-Au-Nord.

- Bien joué, Tarentt.
- J'ai eu de la chance. Ton idée d'une vipère dans mon lit n'était pas entièrement mauvaise non plus. Je te l'emprunterai peut-être, pour un ou deux de mes ennemis, qui sait ?

Phadransie se saisit de la bouteille de rhum posée sur la table qu'elle vint plaquer directement à ses lèvres.

- As-tu des nouvelles du Septième fils ?
- Bien sûr. Ildezzeeth en est le Capitaine. Notre père en a fait l'Adopté. Le Septième fils. En ce moment il croise dans les eaux près de l'équateur, vers Kaïl.
- Je dois récupérer ma boussole.
- On dit que c'est le Capitaine du Seventh Son qui l'a.
- Alors on dit qu'il faut que je trouve le Seventh Son.
- Un conseil, Phadransie. Renonce. Ca n'est pas avec tes trente ruffians et ta coque de noix que tu sauras rattraper le Seventh Son en course. Et je crois bien qu'Ildezzeeth ne t'apprécie pas trop.

Avec mon Lykosim, non, c'est certain. Avec le Eighth Son, oui.

- Tarentt, je ne suis plus Lamiedo maintenant. Je suis...
- La Noire, je l'ai entendu, oui. Pardon pour t'avoir nommé Lamiedo tout-à-l'heure, l'habitude, tu sais...Et quel meilleur déguisement pour frapper Ildezzeeth que celui d'un retour d'entre les morts, crochet et cache-œil à l'affiche ?
- A-t-il prévu de revenir à la Succube ?
- Tous les pirates reviennent ancrer après leurs courses à la Succube.
- Tu as une date ?
- Non. Le Seventh Son pourrait affaler sa voilure sur le port demain, dans un mois ou dans un an, pour ce que j'en sais.
- Et toi ? Pourquoi as-tu quitté le domaine de May'Veal ? Où est le Fourth Son ? Je n'ai jamais vu ton navire.
- Tu n'es peut-être pas encore prête à le voir, rit le pirate. Il est amarré ici, à Port-Au-Sud. Et je mets la piraterie de côté, le temps de régler mes dettes avec l'or de la Suppure, puis je me remettrai en course, évidemment.
- Donc ce poste de gouverneur c'est du foutage de gueule ?
- Absolument pas, non. Port-Suppure a besoin d'un dirigeant, d'une milice, d'un ordre. Cette île est le siège de la piraterie du sud-est d'Arcaëlle Phadransie, imagine si une opération venait à être menée contre elle ?
- Aucune faction n'est assez folle pour cela. Nous disposons des plus beaux bâtiments d'Arcaëlle !
- Ton orgueil et ton amour de la piraterie déforment ta vision. Laisse moi te dire que les flottes des Cités-Blanches, du Royaume ou de la Principauté peuvent se montrer redoutables également ! Mais assez parlé de moi et de mes projets. Qu'en est-il des tiens ?  Tu disposes d'un navire Démocrate, donc.
- Je suis à la recherche d'alliances, pour attaquer le continent de Ray'Bauz.
- C'est un continent sauvage appartenant au Royaume avec les Cités-Blanches. Il n'y a pas grand chose à piller là bas.
- Nous allons rançonner la capitale, Maäl. Pour chacun de ses temples nous fixerons un prix. Pour chacune de ses universités nous fixerons un prix. Pour chacune de ses têtes importantes nous fixerons un prix. Et nous viderons la cité.
- Avec de la chance, Phadransie La Noire, sourit le Capitaine Henry Tarentt, tu pourrais même t'octroyer un beau vaisseau mouillant dans leur port. Mais fais attention à ses quatre tours de guet. De plus chacune des entrée de la ville est gardée, et les rondes sont fréquentes autour de son mur d'enceinte.
- Ca c'est mon problème. J'ai juste besoin de bâtiments pour m'épauler dans ce projet. On ne fais pas la mise à sac d'une capitale avec quarante hommes !

Le commandant du Fourth Son sembla réfléchir quelques instants, se couchant presque entièrement sur le divan couvert de toile épaisses et élastiques à la fois.

- J'ai peut-être ce qu'il te faut. Va sur Port-Ouest. Tu y verras ancré un bâtiment aux voiles brunes, un grand brick qui porte le nom de L'Orageuse. Trouve sa Capitaine, une certaine Vigga Vortensen. Elle mouille à la Suppure depuis plusieurs lunes, et cherche à se remettre en course avec la marée, dans les semaines à venir. Il me semble qu'elle a des dettes à la Suppure, et elle aussi souhaiterait une alliance.

~



La Noire aimait cette obscurité qui planait sur le pont de l'Orageuse, comme un manteau nocturne et épais qui recouvrait mât, voilures, pont, poupe et proue du navire. Elle passa prs de l'unique lanterne, près de la porte de la coupée, qui flambait doucement. La Noire ne se gêna pas pour l'éteindre avant de le briser sur le pont. Elle poursuivit son chemin quand une dizaine de marins lui tombèrent dessus.

- Je viens voir la Capitaine Vortensen. Annoncez Phadransie La Noire.

On la conduisit jusqu'à la cabine de ladite Capitaine. La Noire y entra après avoir tapé, y entra. La Capitaine ne prit pas même la peine de lever les yeux vers son invitée. Allongée sur ce qui semblait être un divan, une bouteille vide tronait autour d'elle. L'expression singulière de son visage lorsque son regard masqué croia celui de Noire vaudrait bien plus d'une page de description narrative. Phadransie referma la porte derrière elle, sentant déjà la température à l'intérieur de la cabine chuter de plusieurs degrés à chaque secondes.

- C'est toi Vigga Vortensen ?




La Capitaine Vortensen fit signe à La Noire de poursuivre, d'un geste expéditif du bras. Avec sa main droite, elle continuait à enrouler autour de son poignet ce qui semblait être un fouet de cuir noir, et de bonne facture. C'est quoi cette salope encore?

- Je suis La Noire, Capitaine d'un Lykosim d'emprunt actuellement à la Suppure. Il paraît que tu cherches des volontaires pour te suivre afin de repartir en course. Moi je cherche des alliés pour achever un projet qui rapportera gros. Je songeais à une entreprise commune.

La Capitaine Vortensen leva de nouveau les yeux -ce regard bleu si glacial- vers son interlocutrice, puis daigna enfin se redresser de son divan.

- Noire, tu dis ? Jamais entendu parler. Tu es qu'une gamine avec de grands rêves ma chérie, retourne chez ton père. Moi je parlemente avec des Capitaines pirates, des vrais.

La seconde suivant, Phadransie La Noire se jetait sur la Capitaine Vortensen le crochet en avant ! Cette dernière parvint de justesse à se jeter sur le côté, tandis que l'acier de Phadransie ouvrait presque en deux le divan ! La Capitaine masquée répliqua avec le fouet qu'elle avait en main ! Ce dernier s'enroula autour du poignet de Phadransie, qui fut tirée en arrière bien malgré elle, et s'écrasa aux pieds de la Capitaine de l'Orageuse. Mais La Noire ne s'estima pas battue pour autant, et se servit de sa main gauche afin de se saisit de la bouteille qui traînait là, et qu'elle abattit sur le pied de sa rivale, qui ne put s'empêcher de crier sous la douleur et relâcher son étreinte ! Alors Phadransie se dégagea de ce fouet qui la fixait à son ennemie, et bondit sur elle, sa main valide aggripée à son cou, prête à l'étrangler ! Ce qu'elle fit !
Tandis que Vegga Vortensen s'etouffait sous le coude de La Noire, cette dernière brandissait devant ses yeux son crochet doré, hurlant afin que chacun de ses mots atteigne parfaitement les oreilles de cette dernière :

- Il est de très mauvais augure, apprends et retiens-le en ce jour, d'accabler Phadransie La Noire ! Tu n'as jamais entendu mon nom, ici, à la Suppure ? Alors c'est que tu n'y connais rien en termes de piraterie !! Tu n'es qu'une sale petite pute qui se pâme parce qu'elle a un brick de siresse des dieux, rien de plus ! Maintenant tu t'excuses pour ton attitude !

Etranglée et s'étouffant, la Capitaine masquée parvint entre deux sifflements incontrôlés à présenter ses excuses à La Noire qui la relâcha. Les deux femmes reprirent leur souffle, ce qui fut pour l'une une opération plus longue et plus ardue que pour l'autre. La Capitaine Vortensen se redressa enfin, boitant et du sang gouttant doucement de son pied gauche, au travers le cuir de sa botte.

- T'es une vraie furie, toi, Noire. Je n'oublierai pas ton nom.
- J'y compte bien, grommela cette dernière l’œil transperçant son interlocutrice.
- Où mouilles-tu ?
- Port-Au-Nord.
- Brick ?
- Brigantin. Une cinquantaine d'hommes. Deux mâts. Mais c'est un navire d'emprunt.

La Capitaine Vortensen acquiesça du chef, puis entreprit de s'installer sur la chaise face à son bureau tandis qu'elle entreprenait le dégraffage de sa botte.

- Tu avais une proposition à me faire, Noire ? Je t'écoute.

La nuit passa, et lorsque l'aube menaça enfin de poindre à l'horizon, l'affaire fut conclue. Le Lykosim et L'Orageuse feraient voile ensemble jusqu'à Ray'Bauz.

~




Phadransie n'avait point tenu à prendre de lanterne ou de fanal afin de s'éclairer en descendant dans les cales de son propre navire. L'affaire avait été conclue avec la Capitaine Vortensen, et les prisonniers du bâtiment qu'elle avait croisé dans le cimetière tous vendus en tant qu'esclaves. Il ne lui restait plus qu'à équiper son bâtiment pour l'attaque de Maäl, qu'elle avait planifié dans quarante jours, environ. D'ici une lune, les deux Capitaines quitteraient Port-Suppure en voguant de concert sur les Grand'Eaux. La Capitaine Vortensen avait accepté de prêter à La Noire de l'or, ce qu'il lui manquait afin d'engager des mercenaires efficaces et d'apprêter son navire. Elles s'étaient entendues que Phadransie le lui rendrait avec les intérêt une fois le pillage et la rançon de Maäl faits.
C'est sans un sourire et sans un grincement de dents que la pirate vint trouver la Xen, liée par d'épaisses chaînes dans les cales de son navire, depuis plus d'un mois et demi à présent.

- Toi, la Xen qui a osé me manquer de respect, écoute-moi bien. Nous allons repartir en course, à bord de ce même navire. Je te laisse le choix. Soit tu viens avec nous, et nous donnes un coup de main dans la campagne que nous allons mener, sans mauvaises blagues de ta part, puis contre ces bâtards d'Hayert'Vaäl. Soit je te laisse ici, à Port-Suppure, île des pirates, où tu y seras vendue comme esclave. A toi de choisir chérie.
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Jeu 21 Avr - 15:06
La Noire m’avait jetée dans une espèce de cellule du bateau avec pour tout bien de l’eau. Affaiblie mais pas incapable, je décidais de prendre la forme d’un chat pour chasser les rats afin de reprendre des forces. Me nourrissant donc de rongeur, je fus assez vite en état de bouger plus. Je savais vers quel moment l’on m’apportait l’eau et je m’arrangée pour sembler faible. Mais, dans mon esprit incassable, j’avais un plan. Malgré le manque de lumière et l’humidité du lieu, je reprenais assez de force pour devenir bsurt. Mais je n’en eus pas l’occasion, la pirate fut plus rapide que moi dans la prise de décision. J’avais un choix à faire. Soit devenir esclave soit servir sous les ordres de La Noire. Je pestais tout bas. Mon choix était évident nom des Dieux. Je ne tenais pas à servir de vide couilles à un mal baisé. Je donnais donc ma décision à la Capitaine d’une voix fatiguée.

J’accepte de te servir, mais les Hayert’Vaäl sont à moi !

Décrétais-je avec hargne et vigueur. Mon estomac gargouilla alors ce qui me fit rougir de honte. Les rats c’est bien mais ça ne nourrit pas son arcaëllien. Enchaînée, j’avais une petite astuce pour être toujours attachée lors des visites, je voulus me lever. Je fixais avec mépris les chaînes et me transformais en chat. Une fois délivrée, je repris forme xen et tendis la main à La Noire afin de sceller notre pacte.
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