En route pour Kaïl avec une pirate

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Dim 6 Mar - 14:24


Nous parlâmes en marchant. Je sentais qu’elle était plus intéressée par ma bourse que par ma personne mais qu’importe. J’avais assez tué pour devoir me faire pardonner aux yeux de Gar’Haz et Jurk. Je ne tenais pas à finir en spectre errant, sans but et sans finalité. Phadransie La Noire n’était pas des plus bavardes, je l’admets mais elle ne semblait pas vouloir ma peau comme nombre de gens ici-bas. Rien que l’idée de prendre la mer, j’avais l’estomac retourné. Je regardais du coin de l’œil La Noire surveillant les moindres de ses gestes. Je ne tenais pas à me prendre un coup sans pouvoir me défendre.

Après quelques temps de marche au travers de la ville, nous arrivâmes au port. Je négociais notre embarquement sur un trois-mâts qui se rendait à la capitale de Kaïl. C’était un navire touristique. Nous fûmes conduites à notre cabine où deux lits trônais harnachés au planché. Je déposais mon sac mais gardais ma bourse. Je n’avais pas une totale confiance en la pirate.

Le bateau quitta le port une heure après que nous nous soyons installées. Je me promenais sur le pont, ayant déjà la nausée. Par Thaä, j’étais banni du royaume de May’Veal ou quoi ? Mon regard se perdit dans les fonds de la mer. J’aperçue deux sirènes elfiques nager près de la coque. Je souris et… je vomis.

J’uis maudite…

Bougonnais-je de mauvaise humeur. J’allais à la cabine de la soigneuse, une xen. Je lui demandais des herbes contre le mal de mer qu’elle me donna en souriant. Elle m’expliqua qu’il fallait infuser les feuilles dans de l’eau chaude. Une fois que j’eus pris le remède, je cherchais La Noire sur le navire, espérant qu’elle ne s’attire pas d’ennuis.
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Lun 7 Mar - 2:34
Cette chienne de Mzékil a quand même bien de l'aplomb, se disait Phadransie La Noire, allongée sur sa couchette, bras croisés derrière la tête tandis que son œil fixait le plafond sans le voir. La nommée Sëya Nazen n'était plus avec elle, sans doute devait-elle se promener sur le pont. Quoique se tenir loin de moi par crainte de se voir dérober sa bourse n'a rien à voir avec l'aplomb en réalité. Cette donzelle est effrayée à l'idée que je décide de la voler, et la peur n'a rien à avoir avec l'aplomb. Et puis tout ceci n'est pas logique. C'est une salope d'invocatrice se prétendant demi-déesse. Elle devrait en temps normal déborder de confiance, et penser n'avoir aucune raison de me craindre. Or elle m'évite comme la peste. Si elle me craint, elle n'est pas si conne que ça, donc.

En proie à cette réflexion qui ne la mènerait nulle part, elle le savait, La Noire profitait en un même temps des remous des vagues, butant contre la coque du navire. De nouveau en mer, Phadransie se sentait bien. Sa place n'avait jamais été sur la terre ferme, depuis son plus jeune âge, elle le savait. De sa cabine, ses oreilles demeuraient à l’affût du moindre son. Elle devinait avec aise les marins qui affalaient le maximum de voilure hors de leurs vergues, le grincement des écoutilles menant au faux-pont, le vent battant les ailes blanches et déployées des trois mâts, le crissement du pont que l'on lustrait. Bercée par ce concert mélodieux, Phadransie finit par s'endormir.

Elle s'éveilla moins de deux heurs plus tard. Au-dehors, l'après-midi touchait à sa fin. La plupart des marins, nus jusqu'à la taille, se chargeaient de ramener contre leurs vergues une bonne partie de la voilure, laissant la marge nécessaire au navire afin de serrer le vent et profiter d'une belle poussée arrière. De toutes manières, ils traceraient bientôt un gyre, courant circulaire, qui profiterait à l'avancée du bâtiment. Phadransie savait tout cela sans même qu'elle n'eut besoin de tendre l'oreille à ce qu'il se disait entre les marins. Elle quitta sa cabine et sortit prendre un peu le soleil. A sa gauche, deux mousses aboutaient ensemble deux cordages. Ils s'y prenaient comme des merdes. Si j'avais été Capitaine, songea La Noire, ces deux-là auraient giclé vite-fait dos nu sous la quille du rafiot, May'Veal en soit témoin !

Afin de se changer les idées, elle s'en alla trouver le maître coq de bord. Ce dernier, un humain entre deux âges qui se présenta comme "Le Chef" accepta de lui tenir compagnie tandis qu'elle en profitait pour croquer dans quelques biscuits salés puis dérober une bonne bouteille.

-Hé la pirate, l'arrêta ce dernier, que tu t'emmerdes et trouve le temps longs, je veux. Même que tu viennes piquer dans les réserves pour ce soir, j'en ai pas grand chose à foutre, de toutes façons ce sont là les ingrédients pour le repas de ce soir que le Capitaine destine aux passagers. Mais en revanche c'te bouteille elle est à moi, alors t'es gentille tu gardes ton crochet loin.

Un large sourire vint s'étendre sur le visage de Phadransie. Elle déboucha la bouteille à l'aide de sa main valide et la porta à sa bouche avant d'en faire valoir le verdict :

- Un bon muscat, le Chef. Et bien fort. Quelques gorgées de cette merdaille et tu finiras vite par confondre ton bâbord et ton tribord. Il vaut donc bien mieux que j'emporte cte bouteille, pour la sécurité de tous à bord !

Faisant fi des jurons que lui balançait le maître coq, elle lui fit en une gestuelle qui se faisait expéditive :

- Râle pas traîne-rapière, j'te la revaudrait ta bouteille, face de rat.

Elle claqua la porte et se dirigea vers le gaillard avant. Derrière elle, le Chef pesta avant de se mettre à l’assaisonnement de son plat.



*


Phadransie La Noire avait passé sa soirée à vider tranquillement le petit muscat vanillé, dissimulée entre deux tonneaux dans la cale principale, non loin de la cahute. De cette façon, il demeurait tout-à-fait normal que la Mzékil la chercha des heures. Mais elle parvint à la trouver, alors que le ciel venait d’endosser son édredon sombre clairsemé d'étoiles. La Noire sourit à la Mzékil. Une fois n'étant pas coutume, elle était de bonne humeur. Les bottes posées sur une large caisse de bois et accoudée à un tonnelet, elle fit un large geste du crochet.

- Viens, assis-toi un peu. De toutes façons on a rien de mieux à faire pour l'heure, pas vrai ?

Alors autant que je commence à te mettre en confiance. Tu pourrais m'être utile toi et tes talents d'invocatrice.

Elle balança contre l'angle d'une caisse la bouteille vide, qui se brisa en moult fragments épars.

- Donc toi tu es...une espèce de moribonde anoblie qui...voyage seule, si j'ai tout bien compris ?

Elle dessina un sourire destiné à cette "demi-déesse".

- Et chasseuse de Hayert en plus de ça.

Phadransie hocha la tête, mimant un air interdit.

- T'sais quoi ma belle, je crois que tu as autant besoin de moi pour cette quête que moi j'avais besoin de cette bouteille !
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Lun 7 Mar - 10:20
J’avais retrouvé la pirate qui était en train de boire une bouteille. Elle m’invita à m’asseoir à ses côtés ce que je fis après une courte hésitation. Elle parla, je ne répondis pas. Moribonde anoblie ? Pourquoi pas après tout c’est ce que j’étais au fond. Elle me fit un sourire auquel je répondis timidement, cela devait ressembler plus à une grimace qu’un sourire. Je soupirais doucement lorsqu’elle parla de mon « métier ». Dans quoi m’étais-je fourré en copinant avec cette arcaëllienne ? Je n’avais pas l’habitude de fréquenter les marins d’eaux douces… Puis elle déclara que j’avais autant besoin d’elle qu’elle avait eu besoin de boire. Je me mis à rire de bon cœur. Je n’avais besoin que d’une personne et je l’avais laissée derrière moi. Morianne…

Je crois plutôt que c’est toi qui a besoin de moi, Pirate.

Dis-je une fois le rire calmé. J’observais sa réaction sans trop de surprise. Cela dû lui déplaire fortement que je pointe ce fait du bout du doigt. Je n’avais pas besoin d’elle, loin de là même. Par contre, elle, elle avait besoin de ma bourse et de mes laissé passer. C’était une évidence, elle était fauchée comme les blés et pas moi. Je secouais ma bourse qui tinta joyeusement. Juste pour l’emmerder.

Tu n’as plus un rond jeune fille, et moi je suis ton laissé passer.

J’avais l’impression d’être ma mère en disant cela. Je secouais la tête de gauche à droite. Une mouette de mille et une couleurs se posa alors devant nous et cria vers La Noire de façon agressive. Un messager de Thaä. Il me mettait en garde. J’ajoutais à destination de la pirate :

De quoi as-tu besoin ?

Je fixais l’oiseau sans le voir. Il se posa alors sur mon épaule et frotta sa tête contre ma joue. Je gratouillais ses plumes et souris. Je soupirais lorsqu’il disparut dans un nuage de poussière bleue.
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Lun 7 Mar - 10:52
- J'ai l'habitude de me démerder seule l'amie, je n'ai pas besoin de ton or. En cas contraire, il serait déjà à moi tu sais.

Phadransie fixa d'un œil alerte le nuage bleuté qui s'évaporant en même temps que la mouette colorée. Bien qu'elle fut un brin surprise par cette apparition, elle jugea plus adapté de n'en rien laisser paraître à la Mzékil.

- Mais je suis à la poursuite d'un navire, finit-elle par avouer un peu malgré elle, que je vais saborder. Rien qui ne te concerne pour l'instant, à ceci près : ce vaisseau grouille de marins Hayert'Väal. Il me faut du temps avant de le retrouver et réquisitionner un navire digne de mon nom ainsi qu'un équipage apte à faire tomber celui de ces fils de pute. Mais l'heure approche, par l'enfer, et il ne restera bientôt de ce navire plus même le souvenir !

Elle ressentit alors le besoin de boire immédiatement, mais n'avait plus de bouteille. Elle n'avait jamais évoqué le cas de ce bâtiment à voix haute, et n'avait parlé de ses projets à personne. Phadransie avait horreur de se mettre à nue ainsi. Si elle épouse ma cause alors tout ira pour le mieux, songeait-elle tout en soupirant et prenant une profonde inspiration, autrement, je devrai la tuer. Personne ne sait jusqu'à aujourd'hui. Personne ne doit savoir.  
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Lun 7 Mar - 15:02
Elle était si sûre d’elle et pourtant me semblait tellement fragile. Elle m’expliqua quelque chose qui m’intéressa grandement. Des pirates Hayert’Vaäl, ça valait son pesant d’or. Un sourire sadique s’afficha sur mon visage habituellement doux. Si je pouvais faire la peau à quelques adorateurs d’Özan tout en aidant une âme en peine, ça m’allait. Je tendis une main vers la pirate et lui tapota l’épaule en lui affirmant que j’étais prête à l’aider dans sa quête. Je me levais ensuite, m’étirant en grognant, et pris la direction des cuisines, j’avais faim. Le cuistot avait préparé le repas du soir et je m’installais à table afin de déguster son met. Je savourais la cuisine de l’arcaëllien et, une fois fini, je retournais à la cabine où je me déshabillais pour me retrouver en sous-vêtements et m’allongeais dans le lit. Je restais au-dessus des couvertures fixant le plafond. J’attendais La Noire. Mais le sommeil fut plus rapide qu’elle et il m’envahit comme une armée peut prendre possession d’un fort.

****

Le voyage se déroula calmement sans que je sois trop malade grâce aux herbes de la soigneuse. Quand Kaïl fut en vue, je me sentis soulagée de pouvoir poser pied à terre. Mais nous en avions bien pour une ou deux heures de navigation encore. Je cherchais la pirate sur le pont, elle devait se planquer entre deux caisse en sirotant une bouteille. Je ne parvins pas à mettre la main sur l’arcaëllienne. Je demandais à des gens s’ils l’avaient vu et tous me répondirent négativement. Je pestais de ne pas la trouver et retournais à la cabine espérant qu’elle y soit.
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Mar 8 Mar - 20:06
L'océan sonore
Palpite sous l'oeil
De la lune en deuil
Et palpite encore,
P.V



En marge de la classe passagère, étaient réuni à l'intérieur d'une même cabine deux hommes et deux femmes dont leur ennui commun avait été chassé de façon bien peu émérite. Phadransie La Noire apporta à ses lèvres la bouteille de rhum et en fit disparaître le dernier quart restant dans son gosier, prenant grand'soin de sentir jusque dans ses entrailles la chaude et puissante liqueur. Elle lança en direction de la femme Elfin lui faisant face :

- Tu as perdu, c'est fini pour toi ma belle.

La Noire n'avait jamais de doutes quant à ses capacités lors de concours de beuverie. Elle se redressa, évitant de justesse une entrevue peu recommandable avec l'un des quatre murs de la cabine. L'on put voir ensuite Phadransie arriver au niveau de ladite Elfin, et dans un craquement sec, lui déchirer sa chemise de façon grossière afin d'en extirper la bourse d'argent et d'or contenue dans la poche intérieure de cette dernière. Sans plus se préoccuper de la pudeur mise à nue de son adversaire, La Noire rangea à son tour ladite bourse.

- D'autres volontaires cul-de-traînes-merdes, pour se mesurer à Phadransie La Noire ?

Cette annonce sembla retourner l'âme des deux hommes, deux marins, qui se voyaient incapables d'avaler ne serait-ce qu'une goutte de plus. Phadransie La Noire avait déjà récupéré leur bourse à eux-aussi.

- Putain, vous n'êtes vraiment qu'un équipage de sous-merdes, cracha-t-elle avant d'éclater de rire, menaçant de s'écraser sur le sol de la cabine suite à un remous du navire, passant non loin d'un haut-fond.
- Toi aussi tu t...tangues La Noire, lui asséna d'un air malade la femme, à présent en sous-vêtements.
- Aye, mais moins que toi chérie.

Éclat de rire général. Phadransie La Noire entama sa route périlleuse, quoique plus très longue, jusqu'à la porte de la cabine.

- Tu sais la pirate, lui fit cette dernière yeux dans l’œil tandis qu'elle s’apprêtait à prendre congé, tu sais, tu p...peux rester ici avec nous c'te nuit si tu veux. Personne t'en em..empêche.
- Je des...descend à Kaïl, moi, railla La Noire en un rictus déformé.
- Alors autant passer une bonne s..soirée ensemble avant que tu ne déb..barques.

Nouvel éclat de rire des trois marins. Les deux hommes émirent des sifflements suite à ce qui semblait bien être une invitation. Phadransie brandit son crochet en direction de celle qui tenait le rôle de maîtresse bosco à bord :

- Espèce de ch...chienne !

Et elle claqua la porte.



~


Comme elle abandonnait derrière elle les trois marins avec qui elle avait bu toute la soirée, atterrée de l'odieuse proposition ne manquant pas de cran qu'elle avait pu entendre, puis lire dans le regard de la maîtresse bosco de bord, la pirate dit à l'attention de Sëya, une fois à l'intérieur de leur cabine :

- On arrive à Kaïl, ca y...y est.

Elle s'assit sur le rebord de son lit, mimant à merveille la sobriété. Il avait néanmoins fallut d'une phrase, prononcée précédemment afin que la jeune Mzékil prenne connaissance de l'état de sa compagne de chambre.

- A l'aube on s'ra dé..débarqué, qu'ils disent les marins.

Phadransie porta à ses lèvres le goulot d'une bouteille de rhum au verre d'un noir jais. Tiens, déjà vide ? Cette pirate, que l'on pu qualifier d'ivre à demi-morte, parvint néanmoins à sentir sur elle le regard de la Mzékil. Elle lui lança un regard ténébreux, quoique davantage autoritaire que mauvais.

- Puis t'sais quoi ma chérie ? C'est b...bon, tu peux sourire et arrêter d'avoir p..peur de moi. J'veux plus te la prendre ta bourse de princesse. J'viens de regonfler la mienne.

Elle se laissa choir sur le dos au milieu des draps, un sourire aux lèvres et commença à chanter d'une demi-voix :

Yo ho ho
L'océan sonore
Palpite sous l’œil
De la lune en deuil
Et palpite encore,
En Enfer ou ici Haut,
Nous sommes Maîtres des eaux
Sur le coffre de l'exécuté,
Une bouteille il a laissé
Yo ho ho
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Mar 8 Mar - 20:22
Elle n’y était pas, à mon grand désarroi. Où pouvait être la pirate ? Sûrement ivre dans une cabine à se faire culbuter… Non, ce n’était pas son genre… Quoi que… Non ! La porte s’ouvrit et je fixais La Noire entrer. Elle parla et… Ma parole ! Elle puait l’alcool. Elle devait être ivre morte mais jouait bien la sobriété. Elle m’avoua ne plus en vouloir à ma bourse ce qui, je l’admets, me rassura. Je m’étendis sur le lit alors qu’elle se mettait à chanter une ritournelle pirate. Je soupirais en écoutant, les bras croisés derrière la tête.

Phadransie, arrivées à quai on se sépare ?

Demandais-je timidement. Morianne me manquait. Sa douceur, sa présence et son sale caractère aussi. Ça allait être ma fête lorsque je la retrouverais… Enfin, qu’importe je l’allongerais et tout serait pardonné. Je me rendis compte que c’était la première fois que j’appelais l’arcaëllienne par son prénom. Phadransie… C’était assez poétique en fait bien que ça sonne trop pirate à mon goût. Je soupirais une énième fois. Mes paupières commençaient à se fermer doucement. J’avais envie d’une chaleur arcaëllienne pour me tenir compagnie. Je soufflais, songeant à Morianne une fois encore. La mzékils était si tendre à mon cœur. Il fallait que je la retrouve et vite.

Dis, Pirate, pourquoi tu bois ?

Lui demandais-je de but en blanc sans prévenir. Une houle plus violente me donna la nausée. Je me tins le ventre retenant un rot sonore. L’envie de vomir passa comme elle était arrivée. Sans bruit. Je me redressais, m’asseyant au bord du lit et fixant l’arcaëllienne d’un œil triste.

Tu es une belle arcaëllienne, c’est dommage de gâcher ta beauté avec de l’alcool… Enfin ça ne me regarde pas mais j’t’aime bien en fait et… Je voudrais pas apprendre que tu es morte sans avoir accompli ta quête.

Je lui souris doucement, timidement et amicalement. Elle m’effrayait un peu cette demoiselle mais j’avais une forme d’admiration pour elle.

Pour tes pirates Hayert’Vaäl, je t’aiderais et, si Thaä le veut, elle nous mettra en contact.
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Mer 9 Mar - 12:53
Semons ce qui demeure, ô passants que nous sommes !
Le sort est un abîme, et ses flots sont amers,
Au bord du noir destin, frères, semons des hommes,
Et des chênes au bord des mers !

Hugo




- Phadransie, arrivées à quai on se sépare ?

Sëya avait posé la question de façon fort timide. La Noire y vit là une preuve d'attachement à son égard, bien que minime.

- Ça me va, répondit-elle simplement, allongée sur sa couchette, encore entièrement vêtue.

Le silence qui s'ensuivit fut tant chargé de recueillement ainsi que de souvenirs de la part de la Mzékil, qu'il aurait aisément pu renseigner la pirate sur les véritables sentiments de sa compagne de voyage. Ces silences tonitruants lors desquels les sombres pensées secrètes de chacun semblaient jaillir et voler dans les airs, frappant de façon invisible chacune des personnes présentes dans la pièce. Néanmoins, la pirate demeurait trop ivre pour être sensible à ce genre de courant sensible. Encore une fois, ce fut Sëya qui rompit le silence installé.

- Dis, Pirate, pourquoi tu bois ? demanda alors la femme ailée. Tu es une belle arcaëllienne, c’est dommage de gâcher ta beauté avec de l’alcool… Enfin ça ne me regarde pas mais j’t’aime bien en fait et… Je voudrais pas apprendre que tu es morte sans avoir accompli ta quête.

A sa volonté, Phadransie eût pu opposer la sienne, et lui cracher au visage que ceci ne la concernait pas, ou bien encore qu'elle ne buvait qu'occasionnellement et seulement lorsqu'elle n'occupait pas de fonctions à bord d'un navire. Ce qui en soi, était totalement faux. C'est vrai ça, pourquoi je bois ? C'était la première fois qu'un tiers lui faisait une telle remarque, même sous forme interrogative. A ce "Dis, Pirate, pourquoi tu bois ?" La Noire parvint à y distinguer sous-jacent un : "T'es qu'une putain d'alcoolique". Sëya avait-elle raison ? La Noire ne savait même pas le dire. Elle se contenta de hausser les épaules en guise de réponse :

- Je n'ai pas l'intention de mourir tout de suite la Mzékil, rassure-toi. Tu entendras bientôt parler de moi sur Arcaëlle.

Mais qu'avait donc dit cette Sëya, en plus de ce soucis de boisson ? C’est dommage de gâcher ta beauté avec de l’alcool. Lorsque ces mots venaient à Phadransie et l'obligeaient à y penser, elle se redressa sur un coude, afin de fixer la Mzékil de son œil noir. Elle avait bien entendu ce qu'elle venait de lui dire, où bien était-ce un fameux tour causé par ce rhum ?

- Pour tes pirates Hayert’Vaäl, je t’aiderais et, si Thaä le veut, elle nous mettra en contact.

La Noire sembla alors s'adoucir :

- Ça aussi ça me va, Mzékil. De toutes façons je ne resterai pas trop longtemps en terres Kaïlles.

Phadransie La Noire ne demeuraient pas contre le fait de bavasser encore un peu avec sa compagne de chambre, hélas le revers de l'alcool vint la percuter comme à un enfant une bonne gifle, et elle s'endormit sans outre préliminaires.



~


Phadransie ne voulut pas prêter attention au martèlement des semelles de cuir descendant les escaliers sous l'écoutille, menant aux cales du Seventh Son. Elle ne le voulait pas, car elle savait avec précision ce que ces petits fracas réguliers annonçaient. Du fond de sa geôles, elle se recroquevilla sur elle-même, espérant par là opposer à son tourmenteur quelques difficultés lorsqu'il se pencherait sur elle. Elle chercha à l'aide de ses mains, sur le sol de sa cellule, n'importe quoi qui eût pu faire office d'armes, mais elle ne trouva rien. De toute façon à part de la pisse, il n'y avait jamais rien à trouver.

Déjà, le martèlement des bottes de marin approchait.

Phadransie tenta une nouvelle fois de faire céder l'épaisse chaîne qui entravait et reliait ses deux poignets entre eux, mais -encore une fois- ce fut une peine de perdue pour la jeune pirate.

Alors elle le vit. Silhouette noire parmi les ténèbres des geôles du Septième Fils. C'était un Elfe, il ne portait jamais de lanterne à bout de bras. Il ne portait jamais de lanterne, parce qu'il disposait d'une vision nocturne bien meilleure que celle de tous à bord. Les Aracnor et les Elfes étaient avantagés sur ce plan-là. Les humains ne l'étaient pas.

Elle le vit approcher de sa cellule. Dans les geôles aux côtés de la sienne, les prisonniers de guerre s'étaient déjà recroquevillés dans un angle, prêts à supporter ce qu'il allait advenir. Tous savaient ce qui allait se passer. Parce que le Lieutenant Alnözz Ildezzeeth n'était point reconnu pour sa complaisance. Phadransie l'avait disputé et humilié de nombreuses fois lorsqu'elle se trouvait encore à la tête du Seventh Son, en tant que future Capitaine du vaisseau. C'était il y avait moins d'un mois.

La clé grinça en s'enfonçant dans la serrure. Phadransie haïssait la virtuosité avec laquelle Ildezzeeth accomplissait cette demi rotation afin que s'ouvre la grille. Elle haïssait ses mains fines et délicates, elfiques, sans bagues, sans joyaux, sans même une cicatrice. Tout en cet Elfe pirate puait l’illusoire. Si Phadransie n'avait jamais apprécié les Aracnors, elle détestait bien plus les Elfes.

La grille s'ouvrit.

Elle choisit de prendre les devants en se jetant sur lui, au niveau de ses jambes. Elle tenta de le mordre au mollet, se jurant de lui faire lâcher un cri de souffrance, mais tout ce qu'elle parvint à récolter fut un coup de botte dans la mâchoire qui emplit sa bouche d'un goût de sang chaud.

- Tu n'abandonnes jamais toi, hein ?

Elle vit ses lèvres s'étirer en un sourire froid qui vous faisait frissonner des pieds au sommet du crâne. Mais Phadransie, ça faisait longtemps qu'elle ne frissonnait plus. Elle lui cracha au visage lorsqu'il approcha le sien, et sa peau blanche et parfaite en fut souillée. Si la corruption de toute une race devait avoir un nom, alors elle porterait celui d'Ildezzeeth. Il tendit la main et l’agrippa à la nuque, ce qui lui valut un nombre élevé de morsures et griffures. Mais Phadransie savait qu'à l'instant où il aurait quitté les geôles, ses cicatrices n'y paraîtront plus. Alnözz Ildezzeeth était un parfait maître du äan. Il la provoquait tandis que sa grande taille complétée par sa force lui permettait de venir à bout de la jeune femme de dix-sept ans qu'il avait sous les yeux.

- Capitaine Lamiedo, ricana-t-il, quelle blague.

Il la gifla. Elle aurait riposté si il ne l'immobilisait pas à la perfection. Alors qu'elle lui crachait son dégoût au visage, prenant la forme d'une glaire de sang, il éclata d'un rire sinistre avant d'abattre à plusieurs reprise ses poings au niveau de son visage. Enfin, il put la violer à sa guise.

Lorsqu'il se retira, prenant grand'soin de refermer la grille derrière lui, un halo de lumière étincelait doucement au creux de sa main gauche, éclairant une part de son visage victorieux. Phadransie savait ce que cela signifiait : il allait avoir recours à son äan afin d’effacer toutes les griffures et les morsures qu'elle venait de lui administrer. Comme si il ne s'était jamais rien passé.

- La nuit est courte, lâcha-t-il en un demi-sourire, je te conseille de reprendre des forces. Dès l'aube tu auras tout le Gaillard d'avant et d'arrière à briquer.

Alors Phadransie hurla :

- Je te tuerai un jour, fils de pute !!!

Il rit à ces menaces puis disparut. Phadransie déversa toute sa rage en tempête de cris qui durèrent jusqu'au petit matin. On vint la chercher pour la pousser sur le pont du Seventh Son.




~


La Noire ouvrit les yeux, s'apercevant qu'elle venait de crier dans son sommeil. Elle prit quelques secondes avant de se souvenir de qui, et d'où elle était. Elle jura. Les tambours de l'alcool pervers cognaient contre ses tempes. La Mzékil était réveillée dans le lit en face. A sa toute-contemplation, une Phadransie essoufflée au visage baigné de sueur. Cela faisait des mois qu'elle ne rêvait plus du Seventh Son.

- Morbleu...

La pirate se passa une main dans les cheveux, ayant contenu ses tremblements. Déjà, l'horreur de son passé nocturne s'éloignait d'elle.

- Rendors toi Sëya, fit-elle d'une voix presque inaudible, ça n'est rien.
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Mer 9 Mar - 20:01
Je m’étais assoupie quand soudain un cri me réveilla en sursaut. C’était La Noire qui se débattait dans son sommeil. Je m’assis sur le lit, un peu endormie, et la regardais s’éveiller. Elle me rassura avec des mots, du moins elle essaya. Je la regardais tout en me recouchant, qu’avait-elle vécue pour se mettre dans pareil état ? Qu’importe, je n’avais pas envie de parler mais j’avais besoin de sommeil. La vigie hurla alors :

TERRE ! TERRE !

Nous allions accoster sous peu. Je me levais et récupérais mes affaires avant de me rendre sur le pont. Mon cœur s’emballa, je sentais comme une présence bien familière près de mon âme. Morianne était-elle à Kaïl ? Je frissonnais sous le vent du petit jour. Resserrant ma cape autour de mes épaules, je m’avançais sur le pont où nombre de gens s’affairaient. Je retournais à la cabine pour dire à Phadransie qu’on approchait.

Nos chemins se séparent pour le moment, prends soin de toi.

Je ne sais pourquoi, je déposais un baiser sur sa joue droite. Je quittais ensuite la pièce et mis pied à terre lorsque la passerelle fut posée. Je m’enfonçais ensuite dans la cité d’Alzbey. J’espérais de tout cœur revoir la pirate pour l’aider dans sa quête. Je souris doucement, maintenant je devais mettre la main sur Morianne, ma douce mzékils.
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