Moesta et errabunda [PV Sëya Nazen]

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Ven 4 Mar - 12:50
Les dernières heures que passèrent Phadransie La Noire à l'ombre du Battalion furent pour elle une petite époque de bonheur. Le Battalion demeurait en fait un sombre établissement de Gahardel, qui avait un peu de la taverne et un peu du bordel. Planqué le long de la rue probablement la plus merdeuse de la cité aux hautes tours blanches, le bâtiment accueillait les réfugiés en masse, tous ceux ayant plus ou moins le don de se mettre à dos les autorités ou les contrebandiers les moins fortunés. On trouvait ainsi à l'intérieur du Battalion de Gahardel une ribambelle de fouineurs en des termes plus aimables,  brigands et ruffians en des termes qui le demeuraient moins.

Phadransie avait débarquée en Gahardel il y avait de cela près de dix mois à présent. La jeune femme avait désormais prit l'habitude de traîner au Battalion   pour plusieurs raisons. Déjà, cela la tenait éloignée des autorités Gahardellanes. Bien qu'elle ne soit point recherchée dans la cité, son débarquement avait déjà été remarqué à cause de plusieurs bagarres de rues qui avaient mal tournées, la plupart du temps pour ses agresseurs. Elle comptait à son actif également plusieurs larcins, qui lui permettait d'acheter le boire et le manger dans la cité, et puis surtout de prendre des paris au Battalion afin de s'enrichir davantage. La présence de criminels dans la taverne ne la dérageaient pas. Celle des putes, déjà plus, mais elle s'en était accommodée.

Après avoir servi plus de trois ans au bord de l'Ombre de May'Veal, cette frégate armée qui l'avait recueillie après qu'elle fut forcée de quitter le Seventh Son sur ce confetti d'île, La Noire avait regagné la terre ferme, bien involontairement d'ailleurs. Un conflit s'était élevé entre elle et le Capitaine semi-Lorcq du navire qui les portait sur les Grand'Eaux, et Phadransie avait tenté d'abattre à son visage une bouteille de rhum brisée. Elle aurait réussi son coup, si l'un des hommes d'équipages armé d'un tromblon n'avait pas tiré dans son dos, la blessant non seulement au flanc, mais lui détachant également en deux volées quasiment la main droite du bras. A partir de là, il avait fallu cautériser puis, la blessure allant en s'empirant, trancher. Mise aux fers de l'Ombre de May'Veal, elle dût s’accommoder de la parte de sa main avant d'être débarquée en Cités Blanches sans le sou. A partir de cet instant, plus de six mois lui avaient été nécessaires avant de se procurer le crochet de bonne facture qu'elle avait pu se faire fixer au bout du bras. Et dont elle adorait utiliser !

Sa convalescence demeurait donc la première et principale raison de sa présence prolongée en Gahardel. La seconde, c'était son rendez-vous avec le Tahora que l'on surnommait Éclair Cupide. Au prix élevé d'un certain nombre d'écus, il était prêt à fournir n'importe quelle information à n'importe qui. Souvent le visage masqué, on pouvait croiser le Cupide dans le rues les moins éclairées de la ville, souvent à l'heure la moins éclairée du jour. Passer par lui était difficile, et obtenir une entrevue l'était davantage, mais La Noire avait réussi ce petit exploit. Ce soir, elle saurait. Ce soir, en vue des réponses qu'elle obtiendrait, elle pourrait reprendre les mers et se mettre en chasse.
Comme ses pensées envers l'équipage du Seventh Son la submergèrent, elle ne sut contenir un frisson impudique qui lui balaya toute la colonne vertébrale. Elle se leva de sa chaise de bois, bouteille d'eau-de-vie en main, et quitta le Battalion sans se préoccuper de ses camarades de tables qui l'apostrophèrent. Qu'ils crèvent ces fils de pute.

Dehors, la nuit était tombée et il ne faisait jamais bon de traîner dans les rues souillées de Gahardel. Partout dans l'obscurité, de petits yeux jaunes ou rouges s'allumaient et la fixaient, tels des prédateurs à l’affût d'une proie. L'on entendait souvent le battement d'ailes furtif d'Elfins dans l'ombre ou de toute autre races. Sur les trottoirs, la débauche suivait son cours incessant et plusieurs enfants de réfugiés couraient à demi-nus. Ces visions rappelaient à Phadransie les quais merdeux de Port-Suppure où elle avait grandi. D'une certaine façon Gahardel lui convenait.

Elle termina d'une gorgée sa bouteille, jouissant pleinement de la sensation de chaleur acérée comme une lame qui traversa son gosier pour se lover dans son ventre. Puis elle jeta la bouteille au sol qui se brisa en deux. Sa soif n'était pas rassasiée, bien qu'autour d'elle le paysage commençait déjà à tanguer. Pour peu, je me croirai de nouveau sur l'Ombre de May'Veal. Elle n'avait pas évoqué, même mentalement, le Seventh Son.

Se rendant jusqu'au Fût de Gahardel afin d'y rencontrer le Cupide, une auberge dont la réputation n'avait point grand chose à envier au Battalion, Phadransie dû s'arrêter quelques secondes en s'appuyant sur un mur afin de laisser le sol se stabiliser. Elle s'en voulait d'avoir autant bu, alors que d'ici quelques heures le rendez-vous qu'elle attendait depuis des mois se déroulerait. Si, à une table du  Fût de Gahardel, quelques tournis involontaires lui faisaient oublier le lieu où elle était et se permettait l'allusion la plus éloignée à une plaisanterie contre les intérêts vrais ou supposés de L'Éclair Cupide, lui coupant ainsi tout accès aux informations que ce dernier lui réservaient, La Noire s'en voudrait terriblement. Elle prit le temps d'inspirer et expirer, puis jugea que tout ne tournait pas si vite et qu'elle était encore conscience de bon nombre de ses réflexes, ainsi que de la maîtrise de ses mots. Elle reprit sa route, l'auberge n'étant plus qu'a quelques centaines de mètres.

- Où tu vas comme ça la pirate ?

Morbleu, ils ont quoi ces fils de pute ? Quatre humains aux épaules larges comme un bœuf la toisaient, bloquant la ruelle que La Noire empruntait.

- Dégagez de là bâtards d'eau croupie, lâcha d'une voix sinistre Phadransie en brandissant son crochet, je n'ai pas le temps pour ces conneries.
- Ouais, tu tangues tellement que à coup sûr t'es pleine au trois quart, beugla l'un des hommes dont le visage lui était dévoré par une barbe broussailleuse.
- J'ai dis dégage, cracha La Noire de moins en moins patiente.
- Paye et passe.
- Va crever !
- On va t'apprendre à parler correctement espèce de pute !

Comme un même homme, les quatre gaillards venaient de dégainer quatre lames et se jetèrent sur La Noire. Cette dernière n'était point armée. Mais elle avait son crochet !

Elle parvint de justesse à se jeter en arrière afin d'esquiver le coup qui avait pour dessein de lui trancher les chairs. Quatre contre un. Et je suis ivre. Merde.
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Ven 4 Mar - 14:35
Encore une fois, j’avais abandonné Morianne en pleine nuit et avais pris une direction tout à fait au hasard. J’en avais marre de tourner en rond dans la capitale et de faire des petites missions sans grand intérêt. J’avais besoin de me changer les idées. J’avais loué un cheval à un vieil ermite mzékils. L’animal, jeune et pimpant, était rapide. J’allais vers l’Est, vers une rencontre peu commode et sans ambition. Je devais retrouver des Hayert’Vaäl et leur faire payer ma virginité volée. J’avais la rage au ventre et la bourse bien pleine. Les cheveux au vent, je galopais vers l’inconnu et l’aventure. A plusieurs reprises je fus confrontée à des bandits qui me laissèrent tranquille grâce à Löyen, mon loup. Je ne tenais pas à réitérer ma mésaventure passée.

Après des jours à chevaucher, j’arrivais devant une ville fortifiée, Gahardel. On m’autorisa à pénétrer dans la cité qu’au petit matin. J’avais passé la journée à errer et parier. La ville était pleine d’animations diverses qui contentait mon côté dépensier. J’avais laissé le cheval dans une écurie à l’entrée de la ville et m’était enfonçais dans les bas quartiers. La nuit était là depuis un moment quand je perçus les bruits d’une bagarre non loin d’un bouge nommé le Fût de Gahardel. Je ne me précipitais pas, je pris même mon temps pour arriver derrière les quatre humains qui agressaient une arcaëllienne ayant un crochet à la place de la main. Une pirate très certainement mais une femelle tout de même. Mon côté sauvage prit le dessus. Je dégainais en silence mon épée et lançais aux assaillants :

S’attaquer à une arcaëllienne, qu’elle masculinité de votre part ! Bande de gougnafiers putrides ne pensant qu’avec leur chibre ! Je vais vous donner une leçon que vous n’oublierez pas !

Leur réaction fut déconcertante… Ils se mirent à rire à gorge déployée. L’un d’eux me lança que la dame n’avait pas voulu payer son laissé passer et que, par conséquent, il allait lui apprendre les bonnes manières mais à sa façon. Mon sang ne fit qu’un tour dans mes veines, j’imaginais déjà l’arcaëllienne avec les vêtements arrachés par ces types malsains. J’étendis la main et fis apparaitre Löyen. Ils restèrent stupéfiés par ma magie peu commune.

Qu’est-ce que… ?
Je suis Sëya, fille d’une grande célébrité mondiale !

L’un d’eux se gratta le menton, semblant réfléchir. Le loup leur sauta alors dessus et attrapa le barbu à la gorge tirant un coup sec. Le sang afflua comme un rien et l’humain s’écroula en criant comme un cochon égorgé.

Sale pute !

Un des arcaëlliens se jeta sur moi, épée en main prêt à me tuer pour avoir pris la vie de son camarade.

Gar’Haz n’aura pas ton âme sale chienne ! J’en fais le serment !

J’esquivais son coup sans effort et parais le reste de ses attaques. Il pesta, souffla, grogna. Moi je restais de marbre. Je murmurais alors :

Mez’Umz, le singe de feu !

Un chimpanzé de flammes se matérialisa et attrapa les poignets de l’humain blond. Il cria de douleur, ce n’est jamais très agréable de se faire brûler au troisième degré. Il lâcha son arme et j’en profitais pour lui planter mon épée dans le ventre en disant à voix basse :

Je suis Sëya, fille de Thaä, nièce de Gar’Haz ! Crois-tu que mon oncle t’acceptera en son Royaume ?

Mon sourire était dément, avide de sang. Il ne restait plus que deux arcaëllien cupide et belliqueux ainsi que la pirate. Je lançais le chimpanzé sur les survivants qui se dispersèrent aux quatre vents sans demander leur reste. Je regardais la femelle et lui dis :

Tout va bien, mademoiselle ?
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Ven 4 Mar - 15:25
- Tout va bien, mademoiselle ?

Les survivants allaient en courant et lançant des cris de détresse que les râles suraiguës du chimpanzé de feu étouffaient. Phadransie prit quelques minutes pour observer cette Mzekil aux longues ailes noires repliées dans le dos et qui venait de se lancer dans le combat. C'était bien la première fois qu'un inconnu se battait pour elle. Désorientée à la fois par cette intervention quasi divine, et par les pouvoirs d'invocation de cette Mzekil qui se prétendait fille de Thaä (était-ce seulement possible ?), La Noire laisse quelques secondes s'écouler, durant lesquelles elle s'abaissa afin de se saisir de son tricorne tombé au sol durant l'affrontement pour le replacer avec une minutie exagérée sur sa tête, avant de répondre :

- Bien, l'amie. C'était plutôt original comme intervention, ça.

Elle tenta de se souvenir de son nom, la Mzekil l'avait prononcé durant le combat mais Phadransie ne s'en souvenait plus. Elle hésita entre lui donner le sien pour faire bonne mesure et se tirer, ou se tirer tout court. Elle ne devait pas louper ce rendez-vous. Aux côtés de la jeune femme aux ailes noires, un grand loup grondait. Ce loup avait mis en pièce en une seconde celui qui paraissait le plus dangereux des quatre lourdauds.

- Malheureusement je peux pas rester, je suis attendue quelque part.

Elle s'éloigna de cette pseudo fille de Thaä en lui faisant un signe du crochet.

- Si tu passes par le Fût de Gahardel demande Phadransie La Noire. Je risque d'y crécher quelques temps.

Qui sait si sans l'intervention de cette donzelle là ce combat n'aurait pas été le dernier pour La Noire ? Elle éclata d'un rire mental. Phadransie La Noire morte battue et violée par quatre fils de pute des ghettos de Gahardel ? Inconcevable !
Alors les images des mois passés en tant que prisonnière à bord du Seventh Son lui revinrent en tête. Phadransie cessa son rire.
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Ven 4 Mar - 20:00
Elle allait bien, c’était le principal. Elle ne me donna même pas son prénom, je n’en fis pas grand cas. Je m’engageais dans la rue à sa suite, pas que je la suive mais on se rendait au même endroit. J’entrais dans le Fût de Gahardel quelques minutes après elle. Il y avait tellement de monde que je ne la repérais pas ce qui me convenait pour l’instant. J’allais m’asseoir à une table commandant une bouteille de rhum avec du sucre de canne. J’attendis un instant avant qu’on me dépose le tout devant moi en me demandant de régler la somme immédiatement. Ils avaient dû se faire avoir par quelques malandrins par le passé. J’observais la salle, sombre et sale, cherchant des visages amicaux. Je n’en trouvais aucun. Pas surprenant dans un bouge tel que celui-ci. J’aperçus un tahora qui était dos à moi et face à lui un arcaëllien à la barbe noire et garnie. Ils chuchotaient et semblaient faire attention que personne ne les entendent. Je me servis un verre sans trop attendre portant le contenant à mes lèvres avec une certaine rapidité. L’alcool me brûla la gorge puis l’œsophage et enfin l’estomac. Cela me réchauffa un peu, il faut avouer que Morianne me manquait déjà depuis quelques temps. Son visage, sa douceur, son caractère de cochon… Elle risquait de me bouder quelques heures à mon retour à Hytraz. Je lui avais laissé une lettre lui expliquant mon geste. Je me servis un second verre et l’avalais d’une traite. J’avais tellement honte de ce qui m’était arrivé et j’avais besoin de comprendre pourquoi ma mère avait permis ça. Même si au fond je savais que je n’aurais pas de réponse en ce lieu ni en me saoulant.

Tristesse que cela…

Murmurais-je pour moi-même. Je regardais un instant le plafond. Il était jauni par la fumée des pipes. Une catin vint vers moi et me fis du gringue, je l’envoyais poliment promener lui disant que je ne tenais pas à choper de maladie. Elle due le prendre mal car elle me fit un doigt d’honneur. Je haussais les épaules. Son geste m’importait peu, de toute façon je n’étais pas là pour me faire des amis. Je soupirais en me servant mon troisième godet. Je le bus plus lentement, en savourant. L’alcool m’arrachait moins la bouche, mon palais avait fini par s’habituer au rhum. J’étais à une petite table ronde pour deux personne, la chaise face à moi était vide pour le moment. Soudain, un gros bois-sans-soif s’assit devant moi et me fit un clin d’œil.

Alors minette, ça te dis de goûter mon pistil ?

Je ne daignais même pas répondre, lui montrant des yeux mon arme. Il se leva prestement et s’en alla. Gougnafier !
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Sam 5 Mar - 14:17
Le Fût de Gahardel égalait bien deux fois le Battalion de par sa taille ainsi que sa réputation. Pour tout gibier de potence, maraud, criminel ou escroc, on pouvait même dire qu'il faisait bon y vivre. Les serveuses possédaient de nombreux atouts qui avaient pour dessein de mettre les clients à l'aise, et, pour la félicité de Phadransie La Noire, les putes ne venaient pas lui tourner incessamment autour comme un sale nuage de mouches.
Elle s'était assise au bord d'une table, n'ayant aucune idée de l'heure qu'il pouvait bien, ou devait bien être, commandant un rhum fort qu'elle régla immédiatement. De tous ses traits de caractère, Phadransie La Noire n'était point avare d'or. Au contraire, elle avait même tendance à dépenser plus que nécessaire si l'occasion s'y prêtait et demeurait assez aguicheuse à son œil.

Elle but d'une traite le demi de son verre, et attendit. Le Fût tanguait d'une manière fort singulière qui lui rappelait aisément le pont d'un navire. Phadransie se permit bien de terminer son verre et s'en recommander un, jugeant l'attente de plus en plus longue. Le Tahora Éclair Cupide était estimé d'autrui pour ses rendez-vous à l'heure où l'obscurité demeurait la plus élevée.

Et en effet, une silhouette ailée naquit soudainement aux côtés de la pirate. Quand on a une bonne bouteille dans le sang de cette manière, on ne fait hélas plus la différence entre un Tahora et un Elfin. Phadransie tomba dans un moment d'assurance surestimé et même d'imprévoyance totale. Face à elle ne se trouvait non pas le Tahora dit le Cupide, mais bel et bien trois Elfins.

- Morbleu, t'en as mis du temps l'ami ! lâcha La Noire en désignant à son visiteur -sans se soucier outre mesure de ses deux acolytes- la chaise vide face à elle.
- Il paraît que tu attends Eclair Cupide, interjecta l'Elfin à la tête de ce petit groupe.
- Où est-il ?
- Il est mort, tonna simplement la créature aux ailes grises. Ne l'attends plus.
- Tu me racontes quoi là, fils de pute ?

Phadransie s'était levée aussi vive que la foudre en plein orage ; et en effet le tonnerre grondait en son être. Tout tournait peut être, certes, mais la rage contenue dans son ventre l'empêchait de trop tanguer. Elle laissa s'affaisser sur la table son crochet, et s'écria l'oeil encore plus noir qu'ordinairement, de façon grossière :

- J'ai payé pour un rendez-vous avec ce Tahora de siresse ! Qu'il vienne sur l'heure ! Et d'abord t'es qui toi ?

Le coup de poing que l'Elfin expédia au visage de la pirate tonna, fort, et tout le Fût put l'entendre. Il l'avait saisie à la gorge à présent, la plaquant sur cette même table à laquelle elle venait de passer plusieurs heures assise.

- On m'appelle Reggard, rugit-il froidement soutenant le regard noir de la pirate, et il se trouve que je viens de la part d'un certain Marween. Marween le scarifié, cela te dit quelque chose ? Oui ? C'est normal, il y a une semaine on l'a retrouvé l'estomac ouvert en deux près du Battalion. Un bon coup de crochet en plein ventre que disent les autorités. Et tu sais quoi, Phadransie La Noire ? Il s'trouve que je suis un mercenaire itinérant dont la réputation n'est plus à faire, et Marween le Scarifié, c'était un vieux pote à moi !

On entendit un second coup dans toute l'auberge ; une volée à laquelle Phadransie n'avait pas songé vint l'expédier au sol. Elle sentait déjà les bottes de l'Elfin appuyer sur ses côtes. Et ce plancher qui ne fait que tanguer, putain !

- Dégage, cracha-t-elle en repoussant sa jambe du mieux qu'elle le put et se relevant, espèce de cul traîne-merde de putain, c'est toi qui a assassiné le Cupide ?
- Je suis mercenaire, lâcha-t-il la voix emplie d'un certain flegme, certains contrats payent bien.

Après cette réplique qu'elle avait crue venir d'outre-tombe mais qui lui été parvenue, Phadransie se vit trembler de rage. Elle se remit sur ses bottes et brandit son crochet au visage de son agresseur.

- C'est toi qui a buté le Cupide putain ! Sale...

Elle n'eut point le temps de terminer sa phrase que déjà serveuses et humains s'étaient avancés vers eux et criaient qu'ils ne souhaitaient « pas de bagarres à l'intérieur du Fût de Gahardel s'il vous plaît ».

- Fort bien, assura l'Elfin en trainant sa proie par les cheveux, nous terminerons cette discussion dehors.

Ses deux confrères ne quittèrent point son sillage. La porte de l'établissement s'ouvrit puis se referma sur ses charnières en claquant de façon bruyante.



*


Un poing qui, après sûrement maints autres combats, vint frapper la pirate en plein visage la fit tomber au sol de nouveau. Sauf que cette-fois ci elle put bien sentir sous ses paumes et au travers ses vêtements la fraîcheur du sol et l'humidité de la fange couvrant les rues merdeuses de Gahardel. Du sang coulait de sa lèvre éclatée, elle n'en fit point tant d'histoire et se redressa, passant à l'attaque. Elle comptait bien sur sa vivacité afin de subvenir aux effets néfastes de l'alcool, et elle avait donné tout ce qu'elle pouvait dans ce coup de crochet de furie enragée. Mais l'Elfin s'envola et, emportée dans son élan, elle s'écrasa de nouveau au sol. De nouveau, elle sentit la botte de son adversaire appuyer sur son ventre, lui coupant la respiration et l'empêchant de se lever.

- Tu cherches quoi exactement...pute de chiasse... ? souffla-t-elle la tête lourde.
- Phadransie La Noire, c'est bien cela ? Tu ne mérites pas que j'épargne ta vie, tu ne fais même pas un adversaire de valeur. Une pauvre ivrogne tout-au-plus.

Elle parvint à balancer sur sa jambe un crachat ensanglanté en écho au regard noir empli de rouges promesses. Un coup de pied formidable l'atteignit au ventre et l'envoya rouler. Après quelques secondes, branlante et toussant ses poumons, elle parvint à se relever. S'appuyant aux murs de la ruelle, elle commença à prendre ses jambes à son cou. L'Elfin croisa simplement les bras en la regardant faire. Au bout de trois secondes ainsi, avec grand'plaisir fondu dans la voix, il tourna son visage vers l'un des deux Elfins l'accompagnant qui dégaina un long arc courbé et fendu. La flèche que l'on destinait à La Noire fut encochée.
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Sam 5 Mar - 14:40
Je repérais trois elfins peu engageant se diriger vers quelqu’un que je reconnue comme la pirate. Je ne sue ce qui se dit mais cela vira à la bagarre, décidément cette arcaëllienne n’était guère des plus appréciés ici. Je décidais d’observer de loin sans intervenir jusqu’à ce que l’un des elfin tire cette demoiselle dehors par les cheveux. J’avais réglé ma bouteille, je l’embarquais donc avec moi vers la sortie. J’avais mis un peu de temps à bouger de ma place et quand j’arrivais dehors la pirate prenait la fuite. L’elfin tenant un arc visait l’arcaëllienne qui prenait ses jambes à son cou. Je fis mine d’être pleine comme une outre et bousculais le mercenaire lui faisant rater sa cible.

Oups… S’cuse l’ami…

Dis-je en lui posant une main sur l’épaule. Il me repoussa avec violence et m’insulta copieusement. J’arquais un sourcil, faisant mine de ne pas comprendre. Mimant le fait de ne pas tenir sur ses jambes, je tanguais tel un marin sur un navire en pleine tempête.

Désolée, messire…
Dégage, vas cuver ailleurs !

Je baissais la tête pour qu’ils ne voient pas mon sourire narquois. Etendant la main, je fis réapparaitre mon loup. L’animal sauta sur l’archer et lui arracha la carotide d’un geste vif. Les deux elfins survivants eurent un cri de stupeur.

A qui le tour ?
Sale pute !

Je dégainais mon épée et engageais le combat avec les deux arcaëlliens restants. Le combat fut assez difficile et fatiguant mais les deux elfins étaient au sol, raide comme des piquets. La pirate devait être loin maintenant. Et ma bouteille était cassée. Pestant, je retournais dans le bouge pour prendre une autre boisson. Je n’avais pas envie de partir à la poursuite de l’inconnue dans la nuit. Si elle avait du cran, elle reviendrait.
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Sam 5 Mar - 18:26
Encore quelques rencontre comme ça, songeait Phadransie en poussant la porte de la première auberge rencontrée après une bonne heure de filature, et il me faudrait choisir, quitter Gahardel ou me mettre à dos la demi de sa population.

- Une chambre, et sur l'heure.

Elle régla sans outre-mesure et se rendit dans ladite chambre. La Noire tomba plus qu'elle ne se coucha sur le lit. L'épuisement de ces derniers instants mêlé aux danses de l'alcool la fit sombrer dans un sommeil salvateur et immédiat.



*


La pirate quitta donc l'auberge au petit matin, une fois le point sur sa situation fait. Le Cupide étant mort, et la perte de sa main droite remplacée, plus grand chose ne paraissaient la brider en Cités Blanches. Elle devait donc se rendre au plus vite au port, signer son engagement à bord d'un navire, et reprendre la mer. Elle se languissait déjà des Grand'Eaux et de l'air du large.

Mais avant, elle se devait de venger l'affront qui lui avait été fait.

Sa lèvre ne saignait plus, et Phadransie estimait que ceci demeurait une bonne chose. Elle prit la direction du Battalion afin d'y trouvait celui qu'elle chercha. Moins d'une heure après cet échange, elle se dirigeait vers le Fût de Gahardel, prête à en découdre. Ces bâtards d'Elfins avaient osés la provoquer, elle. Ils avaient levé leur sale main sur elle. L'avaient tournée en ridicule, forcée à fuir. Ils allaient voir.

Elle stoppa net sa marche en apercevant une demi dizaines d'hommes en armure devant l'auberge. Prudente, Phadransie se dissimula dans l'ombre afin de les contourner. Sa vélocité naturelle lui permit de pénétrer dans le bâtiment par la porte arrière. L'aubergiste, un humain plutôt gras à la peau rose comme un cochon de lait l'arrêta tandis qu'elle s'apprêtait à grimper jusqu'aux chambres. Il posa une main grasse sur son épaule nue, l'amenant dans un même temps vers la porte fermée.

- Vous ferez bien mieux de quitter le Fût mademoiselle, lui intima-t-il sans néanmoins dissimuler son impatience de la voir s'en aller, les trois amis que vous avez tué hier viennent tout juste d'être déplacés par la garde de la cité.
- Que dis-tu ?

En même temps, Phadransie La Noire dégagea la main calleuse du gros homme, attestant avec force qu'elle ne bougerait point tant qu'elle ne l'aurait pas décidé.

- Les corps des trois Elfins venus vous trouver hier soir et que vous avez tué devant mon commerce ont attiré l'attention des autorités. Apparemment ça n'est pas la première fois que vous faites parler de vous dans ce coin-ci de Gahardel. Ils vous recherchent avec ardeur, pour vous envoyer derrière les barreaux, ce que j'en dis. Moi je ne veux pas d'emmerdes mademoiselle, comprenez ça. Je ne peux pas vous accueillir une journée de plus.

Phadransie La Noire laissa sa toute-place au silence qui vint s'insinuer après cette réplique. Alors comme ça...les trois Elfins qui lui cherchaient des noises la veille étaient morts ? Elle éclata soudainement de rire, à s'en tenir les côtes. Un rire vibrant d'une certaine perversion, mauvais et un brin lubrique. Putain, c'était trop drole.

- Ces fils de pute sont morts ? Vraiment ? Et c'est moi que la garde recherche !

Son rire cessa de lui-même lorsque son œil se posa sur une Mzékil qui descendait les escaliers menant au chambre disposées à l'étage du Fût de Gahardel. Que foutait-elle là, elle ? Était-ce seulement possible que...

Phadransie sentit brûler dans sa chemise, et avec une certaine frénésie le canon froid du tromblon qu'elle venait de se procurer dans la matinée, et qu'elle destinait à ses trois agresseurs Elfins. Le regard de la pseudo fille de Thaä croisa celui de La Noire. L'une des deux allait devoir engager la conversation, de toute évidence. L'aubergiste poussa de nouveau Phadransie vers la sortie.

- Allez vous-en si vous tenez à votre liberté passagère, râla-t-il. Si vous ne partez pas tout de suite, je vais devoir en avertir la garde.

Ce fils de pute cherchait à l'intimider. Phadransie n'en avait cure. Derrière son dos, les ailes noires de la charmante Mzékil flottaient au-dessus des marches d'escalier avec allégresse. La Noire l'emprisonna du regard.
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Sam 5 Mar - 19:42
J’attendis en vain, elle ne pointa pas le bout du nez et je bus comme un trou pour passer le temps. Quand ce fut l’heure d’aller dormir, je montais vers les chambres et m’écroulais dans le lit puant et poussiéreux. L’alcool aidant, je dormis sans rêver et sans difficulté.

Le soleil me réveilla à l’aube mais je restais étendue dans le lit poisseux pendant une heure ou deux. J’avais une migraine du feu des Dieux. Saleté d’alcool bon marché… J’ouvris et fermais les yeux à plusieurs reprises, la lumière me faisant encore plus mal au crâne. Je finis par me décider à me lever un peu à contre cœur. Le sol tournait dangereusement sous mes pieds mais il finit par se stabiliser après que je me sois lavée. J’espérais qu’ils servent un petit-déjeuner digne de ce nom. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je descendis les escaliers de voir la pirate se faire tanner par le tavernier. Il voulait qu’elle parte et vite. Si j’avais bien compris, il pensait qu’elle avait tué les trois elfins. Je souris timidement en arrivant devant l’arcaëllien. Je lui glissais une petite bourse dans la main lui disant de nous laisser seule. Il bougonna en sous-pesant l’or et finit par se retirer.

Viens, on va s’asseoir.

Dis-je d’une voix pâteuse à la pirate qui, à la lumière du jour, était plutôt jolie. Je regardais par la fenêtre la patrouille embarquer les corps. Ils allaient mener une enquête. Mais tout le monde est facile à corrompre, surtout avec un peu d’argent. Je soupirais en posant mon derrière sur la chaise de bois qui craqua sinistrement.

Pourquoi tu t’attires autant de problèmes, Pirate ?

Murmurais-je en soupirant. Le tavernier apporta deux cafés avec du sucre avant de repartir en s’inclinant devant moi. Je fixais l’arcaëllienne dans les yeux et ajoutais :

Je suis Sëya et toi ?

Banale en soi mais toujours utile. Connaître un nom c’est apprendre une histoire. D’autres clients commençaient à descendre dans la grande salle. Je n’y prêtais que peu d’attention. Ce qui m’intéressait c’était cette demoiselle à qui j’avais sauvé la mise par deux fois. Je l’observais sans rien dire de plus, sans sourire. J’avais un de ces mal de tête… Fini l’alcool de bas étages.
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Dim 6 Mar - 14:00
Jusqu'à présent, Phadransie n'avait point daigné répondre à sa mystérieuse interlocutrice Mzékil, l'obligeant ainsi à lui adresser la parole par trois fois. Elle insiste en plus cette garce.

- Phadransie La Noire. Je me rends vers le port des Cités au plus vite, lui envoya-t-elle comme l'on aurait envoyé une glaire au visage de quelqu'un. Tu veux m'y accompagner ?

Une telle proposition défait certainement la réputation rude et solitaire de Phadransie, cependant un soucis majeur se posait, et elle ne pouvait l'ignorer. Sa bourse s'était considérablement vidée, au point qu'il lui restait à peine assez pour l'achat d'un ou deux repas et une ou deux bouteilles. La nuit, dans les quartiers peu fréquentables, il est toujours possible de la regonfler de plusieurs écus et La Noire le savait, néanmoins la présence d'une personne fortunée -ou en tout cas déjà plus qu'elle ne l'était elle- à ses côtés l'y aiderait grandement. Au bout de quelques secondes, ayant usé d'une véritable réflexion, elle en était arrivé à la rapide conclusion qu'avoir cette Mzékil à ses côtés pour la journée, au minimum, ne lui serait que bénéfique. Dans l’état d'esprit en lequel elle se trouvait, deux options lui apparaissaient. Soit l'invocatrice était fortunée et de bonne humeur, et se chargerait du plus gros des frais que les deux femmes soulèveraient, soit elle ne se laisserait point corrompre par les manœuvres de La Noire, dans un tel cas cette dernière n'aurait qu'à la tuer afin de lui soutirer sa bourse et quitter les Cités Blanches au plus vite. Cette option la mettait même en appétit. Elle savait que cette Mzékil ferait un adversaire fort habile, mais n'oubliait pas non plus le tromblon qu'elle venait de se procurer. Il y avait trois coups à l'intérieur.

Phadransie La Noire chargeait toujours son tromblon de trois coups, jamais plus.

Le premier était destiné à l'actuel Capitaine du Seventh Son, l'Elfe Hayert'Vaäl Dazaën qui l'avait humiliée durant des mois.

La seconde à l'Officier elfique de ce même navire, épousant les mêmes idéaux et empreint de sadisme, Alnözz Ildezzeeth.

Le troisième coup était réservé pour tous les emmerdeurs qu'elle rencontrerait sur la route la menant droit au Seventh Son. Les emmerdeurs, où toutes personnes à la bourse plus garnie que la sienne.

Comme cette Mzékil à l'heure actuelle.

- Qu'est-ce que j'y gagnerai ? finit enfin par répondre son interlocutrice, assise à sa table et buvant son café. Mais pourquoi pas, je pense prendre un navire pour Kaïl.
- Vu que je ne m'éternise pas en Gahardel ça me semble être le meilleur moyen de...faire connaissance. Puis je préfère parler en marchant.

La Noire ajouta :

- Tu peux finir ton café et le mien si tu veux. J'bois pas de ces merdes.
- Un café c'est bien, si j'en bois deux je ne me contrôlerais plus. Allons-y dans ce cas, répondit la Mzékil en déposant une somme sur la table puis se levant.

Avare en mots, La Noire suivit sa nouvelle compagne. Elle quittèrent le Fût de Gahardel en passant par la porte arrière, évitant ainsi la garde.

- Les trois Elfins d'hier soir, lâcha enfin la pirate l'air sinistre, je ne crois pas me tromper en disant que c'est toi qui leur a fait leur fête, hein.
- Ils le méritaient, fit Sëya en enfonçant ses mains dans ses poches un sourire timide au coin des lèvres. Après tout, tuer n'est pas un art. Et puis... Je pense qu'ils n'étaient pas digne de fouler Arcaëlle.
- Et les premiers fils de pute d'hier là ? Le barbu et ses acolytes, eux aussi le méritaient j'imagine ?
- Oui. Je n'aime pas la violence et encore moins les mâles qui se permettent d'agresser des arcaëlliennes pour leur plaisir. Ils... Ils étaient indignes d'être et de respirer. Mais... Je culpabilise tout de même un peu. Tuer n'est pas une chose des plus tolérables. Prendre une vie c'est un peu perdre son âme.

La Noire n'avait point cessé son pas, mais il lui fallut cependant supporter l'arrivée d'un rire sournois.

- Et quel mal y a t-il à ça ? Tu culpabiliserais de prendre la vie de ceux qui t'ont provoquée ou humiliée ?

Alors la Mzékil aux longs cheveux arrêta son pas et baissa la tête vers le sol. Les deux Arcaëlliennes se trouvaient à l'embouchure d'une ruelle marchande.

- La vie est sacrée. Même si certains ne méritent pas forcément de l'avoir, s'ils sont là c'est pour une raison. Laquelle ? Je  ne sais pas. Mais chaque chose à une raison d'être.
-  Et la raison pour laquelle tu as buté les deux groupes de bâtards qui voulaient ma peau hier ? Ne me sors pas une connerie style "je n'aime pas la violence" ou "ils ne méritaient pas de vivre", je te croirai pas !
- Les mâles sont mauvais par nature, lui expliqua dans un murmure la femme ailée. Ils sont bruts et sanguinaires. Et puis... Si je n'avais rien fait c'est toi qui serait sans doute morte.

Un regard aussi profond que les abysses de May'Veal percuta l'invocatrice à la suite de ces mots.

- Je ne suis pas si facile à tuer l'amie, retiens-le ! Je m'en sors toujours.

Sans doute surprise ou intimidée, voire les deux, par l'impact et la haine que contenait cet œil, l'invocatrice ne répondit pas. Reprenant sa marche vers la sortie de la cité, La Noire poursuivit, intérieurement satisfaite de l'impression faite sur son interlocutrice.

- Kaïl c'est ça ? Tu vas foutre quoi là bas ? Et puis t'es qui au juste ? Une sorte de princesse, ou noble ou... ?

Que je sache. Si c'est une putain de princesse, il y a matière à exiger une belle rançon.

- C'était pas si sûr que ça hier soir, jeune pirate, rit la prénommée Sëya avant de soupirer puis murmurer : je suis une ancienne esclave de la principauté, anoblie par adoption. Mais je suis surtout une chasseuse d'Hayert'Vaäl, ces pourritures vont payer très cher pour leur camarade.

Alors la Mzékil, voilé de haine et l’œil crépitant de noirceur, parut se métamorphoser quelques secondes à la suite de ces mots. Mais Phadransie La Noire, bien que borgne, demeurait à l'affût de ces changements-là.

- J'en connais un ou deux, reprit La Noire avec quelques pâleur involontaire au creux de ses mots. Quel camarade ?

Un silence coupa cet échange. La Noire se tourna vers l'invocatrice, oeil dans les yeux, la forçant presque à lui répondre.

- Ceux qui m'ont volé ma... pureté. Ils voulaient me tuer mais avant... Ils... Enfin... Ils m'ont fait beaucoup de mal à dire vrai.
-Donc...Tu es une chasseuse d'Hayert ?
- Oui. Ils désirent tant assombrir le monde et tuer les enfants divins... ça me répugne !

Un second silence vint prendre place entre les deux Arcaëliennes. Dans le fait, la pirate exerçait en son être la plus profonde réflexion ; c'est à cause de cette dernière qu'un rictus acide se dessina doucement sur son visage pour qui aurait su le distinguer.

- Que comptes-tu faire à Kaïl l'amie ?
- Je ne sais pas encore. Sûrement retrouver ma conscience, rit la jeune femme ailée Je suis née à Kaïl, j'étais, en quelque sorte, orpheline. Un marchand m'a repéré et m'a emmené à Yban pour que je sois vendue. C'est drôle non ? Je ne suis jamais retournée là d'où je viens. J'aimerais connaître ce continent. Et puis, on dit que pas mal d'Hayert'Vaäl rodent là bas. Souvent c'est eux qui me trouvent mais je compte bien leur tomber dessus sans prévenir.
- Si je te propose que nous faisions cette traversée ensemble ?
- Pourquoi pas. Arès tout ne pas être seule est plus agréable.
- Yo ho, nous nous sommes donc entendues. Dernière chose la donze, n'as-tu jamais songé que tes invocations pourraient être fort utiles sur un navire ? Imagine donc l'impression que foutrait ton singe de feu de siresse sur le pont d'un bâtiment de Hayert'Vaäl, invoqué au bon coup de semonce..
- Hm... Je ne sais pas. J'ai le mal de mer donc je ne pense pas que je serais des plus utiles sur un navire.

Le mal de mer ? Elle se fout de ma gueule ? Il y a cependant un bon moyen, se dit La Noire, afin de sonder cette donze-là.

- Mais tu es prête à tout pour envoyer ces adorateurs de siresse dans le royaume de Gar'Haz.
- Oui, je suis prête à tout. Même à mourir.

Alors un sourire mauvais de perfidie vint charbonner le visage de Phadransie qui conclut l'acte en se passant la langue aux lèvres

- Et bien l'amie c'est décidé, je fais destination commune avec toi jusqu’à Kaïl...

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