Dim 21 Fév - 18:37


L'Aube des Mondes.

Le commencement



Du temps infini naquit notre monde, une sphère sans vie et sans air. Au commencement il n’était qu’obscurité et noirceur. De ces ténèbres apparut une forme étrange, un être à la peau pâle et aux yeux rougeoyant. En position fœtale dans l’espace noir, il se déplia, écartant les bras. Le nouveau-né n’avait rien d’un bambin, il était déjà en pleine maturité. Sa chevelure se confondait avec la nuit éternelle et sa nudité laissait entrevoir qu’il était mâle. Il ignorait tout de son existence. Il leva sa main droite vers son regard et y compta cinq doigts fins et osseux. D’où venait-il ? Qui était-il ? Il comprit rapidement que sa mère était la nuit et son père le chaos. Issu de l’union de ces ténèbres infinies, il avait pu naître. La nuit et le chaos n’étaient pas à proprement parler ses parents mais plutôt ce qui l’engendra en lui donnant une constance. Il se choisit pour nom Özan. Il ne connaissait ni la peur ni l’amour. Il était le chaos et la destruction. Seul dans la nuit éternelle du monde, il ne chercha pas la lumière, cela lui convenait. Il aimait ce calme. Le temps passa et bien vite il se demanda jusqu’où pouvait aller sa puissance.

De sa bouche, alors que naissaient les volcans sans qu’il en ait la volonté, naquit un être tout aussi différent que curieux. Son aile droite était noire comme les ténèbres et la gauche blanche. Son corps était mixte, à la fois femelle et mâle. Özan se plia en deux afin de cracher cette créature de sa gorge. Couvert d’une matière visqueuse, le nouvel arrivant se leva et observa les vives couleurs rouges des volcans se refléter dans le regard de son père. La nuit ne lui plaisait pas, il voulait de la chaleur, de la lumière. Étendant ses ailes, le nouveau-né créa une bourrasque et le soleil entra dans l’atmosphère. Özan, mécontent, attaqua son fils mais, ce dernier, disparut comme par enchantement. Il se téléporta sans même s’en rendre compte et atterrit à l’autre bout du monde où tout était froid et blanc. Durant des jours et des nuits, il créa les cieux, plaçant le soleil pour le jour et la lune ainsi que les étoiles pour la nuit. Ainsi, l’obscurité n’était plus qu’un vague souvenir.

La glace, grâce au soleil, se mit à fondre créant les étendues d’eau. Le liquide rencontrant la lave incandescente engendra les sols. Les continents prirent forme mais pas vie. Tout n’était que désert de roches avec parfois de la glace. L’être aux ailes disparates se nomma de lui-même Thaä car cela sonnait bien. Thaä, père de la création, n’était pas satisfait, rien ne vivait en dehors de son créateur et de sa divine personne. Alors, il créa les autres, les Dieux d’Arcaëlle. Chaque divinité était assignée à une chose. May’Veal, par exemple, était la déesse des mers et océans. Seize dieux œuvrèrent ensemble pour le père. Tous ensemble, ils bâtirent le monde, semant la nature, donnant la vie aux animaux et, prit d’une envie de création, tous créèrent une race ou deux d’arcaëlliens.

Thaä engendra les mzékils aux belles ailes noires et les tahoras aux douces ailes blanches. Le premier de chaque lignée avait pour nom Mzékils’Han et Tahora’Han. Les deux arcaëlliens, encore jeunes et purs, s’allièrent pour guider les autres créations. Mais, dans ce monde quelque peu sauvage, il leur fallut créer les premières armes afin de se défendre contre les voraces carnivores. Ce fut le fier Mzékils’Han qui inventa la première lance et sauva son frère Tahora’Han d’un terrible bsurt, un loup de la taille d’un cheval à l’appétit insatiable. L’animal à la fourrure grise fut dépecé afin de confectionner des vêtements pour Mzékils’Han et Tahora’Han. Car, au commencement, l’arcaëllien vivait nu comme un bébé venant de naître.

Le temps passa, des enfants virent le jour. Mzékils’Han eut trois fils : Zaran, Utoc et Ballan. Trois fières arcaëlliens à la crinière aussi noire que leurs ailes. Tahora’Han, quant à lui, eut deux filles et un fils : Kïna, Lëlna et Urgan. Les deux filles avaient des yeux vairons et la chevelure blonde quant au jeune garçon il avait les yeux marrons et la chevelure brune. Les autres races enfantèrent aussi et le monde se peupla petit à petit. Kïna, en âge de se marier, épousa le fils d’un autre tahora : Balkar. Il était sage et avisé et commença à parler de construire des habitations en fixe pour les arcaëlliens. Ainsi naquirent les premiers villages puis les villes et enfin un Royaume. Thaä, encore très présent dans le monde, choisit la lignée Tahora’Han pour gouverner ce qui n’enchanta guère Ballan, troisième fils de Mzékils’Han. Envieux, jaloux et manipulateur, il monta ses frères et son père contre les Tahora’Han sous le regard coléreux des Dieux. Une nuit, Ballan s’introduit dans la chambre de Kïna et il la viola avant de la tuer elle et l’enfant qu’elle portait. Les Divinité, mécontentes de son acte de barbarie, lui lancèrent une malédiction ainsi qu’à ceux de sa race. Les mzékils ne pourrait se reproduire qu’avec les tahoras et les mzékils, s’ils venaient à féconder une autre race, donneraient naissance à une sous espèce : les elfins, des êtres stériles aux ailes grises ne pouvant les porter pour voler. Honteux d’avoir maudit les siens, Ballan s’exila sur une île lointaine avec son épouse et son fils.

L’île de Ballan finit par devenir un Royaume et le reste du monde un Empire sous la coupe bienveillante des Tahora’Han. Lëlna avait repris la suite de sa défunte sœur sur le trône d’Arcaëlle, donnant naissance à des jumelles et un fils. Ballan, lui, n’eut qu’un seul enfant, sa femme l’ayant répudié après son geste odieux. Il éleva ce fils dans la haine de l’Empire Tahora’Han. Ötha, l’unique héritier du Royaume Mzékils’Han, inculqua cette haine à ses propres enfants qui à leur tour donnèrent ce poison à leur engeance.

Quinzième de sa lignée, Uther, fils d’Äyan, fomenta un plan pour ravir le trône de l’Empire. Il avait eu un fils dix-sept ans plus tôt, Arhnt. Après avoir envoyé une missive à l’Impératrice Saräh afin d’unir le Royaume et l’Empire, il envoya son fils cadet à Kaïl, continent principal de l’Empire. Là, il fut accueilli par la fille de l’Impératrice, Keira âgée de quinze ans. Leur amitié naquit d’un simple regard. Durant des années, ils étudièrent ensemble, faisant enrager les précepteurs par leurs multiples pitreries. L’Impératrice en place voyait dans cette alliance un couple fort qui règnerait avec sagesse. Mais, les Dieux étant joueurs, cela ne fut jamais écrit. De plus, le peuple se détournait du culte ce qui déplaisait fortement aux Divinités. Tout a une fin qui en réalité est un commencement. Le père d’Arhnt avait un machiavélique plan et son fils en était l’instrument. Le jeune mzékils, insouciant et innocent, n’en savait rien et commença à tomber amoureux de la belle Keira. L’arcaëllienne aux yeux vairons, l’un bleu et l’autre vert, le faisait frémir et rêver. Le jeune arcaëllien au regard pourpre s’imaginait tant bien que mal épouser sa belle blonde. Cependant, le brun fut déçu lorsque cette dernière jeta son dévolu sur un noble tahora. Refoulant sa peine, il accepta d’être le témoin de cette tahora qu’il aimait plus que tout, espérant devenir un jour son amant.

Dix années s’étaient écoulées depuis leur rencontre et cinq autres étaient passées depuis le mariage de la Dauphine. Arhnt était devenu conseiller à la cour et, Keira allait monter sur le trône sous peu. Lorsque la tahora fut couronnée, Arhnt lui fit don d’une bague fine et ornée d’une toute petite émeraude. Néanmoins, ce jour-là, le Prince Mzékils’Han reçu une missive de son père. Un courrier lui expliquant les tenants et les aboutissants de son rôle dans le plan machiavélique du Mzékils’Han. Le jeune arcaëllien, tenu par le sang, dû se plier à la volonté d’Uther.

Gardant le secret, devenant de plus en plus distant, Arhnt attendit l’arrivée de la flotte de son Roi. Le palais Impérial fut assaillit en l’espace de quelques heures, trois mois après qu’Arhnt eut reçu la missive. Keira parvint à fuir avec quelques soldats mais, fou de colère, le Prince Royal tua l’époux et la fille de sa bien-aimée puis il assassina son propre père. Avant de lui couper la gorge, il lui reprocha de l’avoir fait aimer son ennemie.

La guerre dura cinq longues années, dévastant villes et villages sur son passage. La colère des Dieux était grande et, pour punir les dirigeants, ils envoyèrent la peste. Le monde souffrait et agonisait. Sur la plaine Nord, les troupes de Keira avaient planté leurs tentes tout comme l’armée d’Arhnt. N’en pouvant plus de ces batailles continuelles, elle rédigea un mot qu’elle fit porter à son ancien ami par un valeureux soldat qui ne reçut, en récompense, qu’une mort atroce. Le mzékils sourit en lisant les mots tracés à l’encre noire sur le vieux bout de parchemin. La guerre avait asséché son cœur et seul le pouvoir lui donnait l’envie de vivre. Il sauta de son fauteuil et alla quérir ses conseillers pour une ultime réunion.

« Notre chère Keira fait une proposition bien plus qu’alléchante chers conseillers. Elle me propose un duel au court du quel le trône d’Arcaëlle sera mis en jeu. Le vainqueur deviendra le maître incontesté de l’Empire. Cela aura lieu à l’aube demain matin. Faites dire au forgeron de préparer ma plus belle lame !
- Oui, mon seigneur ! Clamèrent les conseillers. »

Le ciel nuageux ne laissait pas voir le lever de soleil, Keira était dans sa tente avec son amie et confidente, une xen aux ailes orangées. L’arcaëllienne, inquiète pour sa souveraine, la supplia :

« Renonce à ce stupide duel ! Dans ton…
- Silence ! Cria presque Keira, Je me dois d’alléger au plus vite la souffrance de mon peuple ! Ce combat est l’unique issue à cette guerre stupide ! »

La xen s’inclina, les larmes aux yeux. L’Impératrice sortie de sa tente pour ne pas voir son amie pleurer. Elle attrapa la longe d’Ejon, sa jument noire et monta en selle. L’heure approchait inlassablement. Ses troupes étaient alignées, espérant voir Keira renoncer. C’est là qu’elle vit la gamine d’à peine quinze ans. Une elfe à la chevelure des blés et au regard vert. Dans ses yeux on pouvait lire la peur. Keira s’approcha de la petite et lui intima de la suivre. L’enfant obéit. Keira s’arrêta près de la forge où travaillait un jeune elfin. Elle le congédia afin d’avoir le champ libre pour parler à l’elfe.

« Quel est ton nom ?
- Ayelline, Majesté. Répondit-elle en s’inclinant toute tremblante.
- Prends ce bracelet ocre, lorsqu’il virera au bleu tu devras guider l’être près de toi.
- Je… Je ne comprends pas, Majesté…. Bredouilla l’elfe.
- En temps et en heure tu saisiras mes mots. Cherche et trouve celle qui sera de mon sang. Va-t’en maintenant. Prends Plume-D’hiver et galope vers le sud. »

L’enfant s’exécuta sans dire un mot de plus, quittant le campement avec pour guide un bracelet ocre. Keira se rendit vers le centre de la plaine, suivie par ses troupes. Là Arhnt l’y attendait. L’Impératrice eut un pâle sourire en se souvenant vaguement d’un entraînement avec son ancien ami, mais le passé était désormais loin derrière elle. Elle sauta au bas de sa selle, imité par le souverain Mzékils’Han. Ses yeux rouges luisaient d’une lueur malsaine, presque mesquine. Priant Thaä de venir en soutien à ce combat, la tahora se mit en garde. Cela fit sourire Arhnt de façon machiavélique. Il sentait la détresse et l’angoisse de son ancienne alliée.

« Beau matin pour mourir, n’est-ce pas Keira ?
- Je ne périrais pas sous ta lame, frère. »

Clama-t-elle avec hargne. Les ailes noires du mzékils se déployèrent, le rendant encore plus impressionnant ; il attrapa son épée et la fit tournoyer comme si elle ne pesait rien. Attrapant la garde à deux mains, il se mit en position d’attaque. Le glas de la fin sonnait dans les esprits des soldats. Déployant ses blanches ailes, l’Impératrice utilisa Ka, le fluide de foudre. Malheureusement, l’éclair fut dévié par le fluide du vent du jeune mzékils. Sans attendre, il s’envola vers les nuages brumeux des cieux. Keira le suivit d’un battement d’ailes. Le combat pouvait commencer loin des regards, dissimulé par la voûte céleste. Au travers des nuages feu et foudre animaient le ciel de couleur vive. Le bruit du fer se croisant résonnait tel le grondement d’un orage. C’est alors que la pluie se mit à tomber fortement. Keira porta une estocade à Arhnt qui esquiva sans difficulté. Il se mit à rire et plongea vers la tahora, lui portant un coup à l’aile gauche. L’Impératrice fit une chute de quelques mètres vers le sol et parvint à atténuer le choc contre la terre en battant de son aile droite. Le mzékils se posa près d’elle, il mit un genou au sol et attrapa la blonde chevelure de l’ancienne souveraine d’Arcaëlle. Crachant un peu de sang au visage de son ancien ami, elle murmura :

« Le monde que tu créeras sera à l’image de ta victoire : déloyal.
- C’est toi qui, malgré ton état, a proposé ce duel. A mort, non ?
- Tues moi mais un jour la vengeance viendra du ciel.
- Je suis… magnanime, ta honte te tuera plus lentement que mon épée, mais tu périras en paria. En hors-la-loi. Si je te vois, ce sera à la pointe de mon épée, ma sœur. »

Il relâcha les cheveux de la tahora et se leva. Brandissant son épée il hurla sa victoire. Keira était inconsciente quand on vint la retirer du champ de bataille. Elle fut emmenée par son amie et confidente vers une forêt sauvage où personne ne la chercherait. Le règne d’Arhnt commença dans le sang des innocents. Quiconque s’opposait à lui était décapité et sa tête était mise sur un pic à l’entrée de la capitale.

Trois mois s’écoulèrent, Keira semblait perdre toute ses forces, mangeant à peine et buvant que lorsque le besoin s’en faisait réellement sentir. Le jour de l’accouchement arriva rapidement. Car, l’Impératrice déchue portait la vie en elle depuis maintenant neuf mois. Soufflant et haletant, elle pria vainement les Dieux de lui venir en aide. Ce jour d’automne, elle mit au monde deux fils. Kale, signifiant justesse et Paï, signifiant force. La mère perdit la vie dans ce combat et ce fut son amie qui emmena les deux orphelins. Elle leur cacha leur héritage jusqu’à sa mort. Personne ne devait savoir que Keira avait eu des descendants. Car de cette descendance viendrait la paix.

Les années passèrent, les Dieu-Empereurs se succédèrent. Le monde fut asservit et l’esclavage devint une norme. La peine de mort, l’enfermement en arène et l’emprisonnement sans jugement entrèrent dans les mœurs. Le monde bascula dans la peur. En l’an 179 de l’ère Mzékils’Han, Morloc, qui était le troisième Dieu-Empereur, monta sur le trône. Il avait vingt ans et était le seul fils encore en vie du dernier dirigeant d’Arcaëlle. On lui offrit une jeune tahora à la crinière rousse en mariage, son prénom était Abby. Sans aucune douceur, la nuit de leurs noces, Morloc engrossa la pauvre jeune arcaëllienne de dix-neuf ans. Durant les neuf mois de sa grossesse l’Impératrice ne vit pas son époux qui préférait la compagnie de ses esclaves femelles. Il aimait faire souffrir, il aimait la torture et, par-dessus tout, avoir le dessus.

Abby était dans sa chambre avec sa servante. Les contractions étaient très rapprochées, elle haletait, soufflait, souffrait. Mais, la joie se lisait sur son visage, elle allait donner la vie, le plus bel acte en ce monde. Après des heures de travail et l’aide d’une accoucheuse, un petit garçon tout aussi roux que sa mère vint au monde. Le Dieu-Empereur pénétra dans la chambre de son épouse et attrapa le bébé. Il enleva les linges afin de voir le sexe de l’enfant et, surtout, la couleur de ses ailes. Son regard devint furibond et exorbité lorsqu’il constata que son héritier était un tahora. Il insulta copieusement la jeune mère et lui assura :

« Aucun de ta maudite race ne viendra sur mon trône. Jamais tu ne reverras cet enfant ! »

Il passa la porte, son rejeton sous le bras et disparut dans le couloir menant à la tour la plus haute. Là, il jeta le nouveau-né en criant :

« Utilise tes ailes si tu veux vivre et ainsi tu seras digne d’être mon fils ! »

Repliée sur elle-même dans son lit, la jeune tahora pleurait amèrement cet enfant perdu à jamais. Celui qui était son époux n’était qu’un monstre avide de pouvoir et de dominance sur le monde. Elle se promit de ne plus jamais donner la vie mais le destin en décida autrement. Quelques années plus tard en l’an 190 de l’ère Mzékils’Han, un autre petit garçon vit le jour. Un nouveau-né aux ailes noires, au regard de feu et à la chevelure ébène. Morloc, satisfait, lui donna son prénom, il se nommerait Zack. Cet enfant devrait pourtant se montrer digne du trône tout au long de sa vie. La première année de vie du Prince de sang fut heureuse et sembla bénie par les Dieux eux-mêmes. Abby choyait le petit être qu’elle avait porté en son sein durant neuf long mois. Un lien très fort unissait la mère et l’enfant.

Pendant ce temps, dans les bas-quartier de la capitale, un prophète annonçait à qui voulait l’entendre qu’une Elue des Dieux verrait bientôt le jour. Son regard serait celui de son ancêtre Keira. La rumeur vint jusqu’au palais. Cependant, au commencement, Morloc prit ça pour les délires d’un vieux fou. La prophétie se déversa dans le monde et l’espoir commença à naître dans le cœur des arcaëlliens. Le Dieu-Empereur ne pouvait tolérer cela. Il lança un avis de recherche sur le prophète afin qu’il soit conduit devant lui. Il ne fut pas bien difficile de trouver le vieil aveugle unijambiste. Le vieux xen fut conduit au palais où il fut jeté devant son souverain.

« Parle-moi de la prophétie, xen !
- Altesse, une tahora viendra des tréfonds de la terre pour vous défaire. Elle aura les ailes plus blanches que la neige et un regard exceptionnel. Directe descendante de Keira la Douce, annihilée par votre ancêtre, elle viendra reprendre ce qui lui revient de droit. »

Le vieil ailé se mit à rire et Morloc entra dans une colère noire. Il se leva brusquement de son trône et se jeta sur l’unijambiste riant de lui. Attrapant à sa ceinture une dague, il commença à entailler les ailes bleues de papillons du vieillard qui hurla de douleur. Une fois qu’il eut fini de torturer le pauvre aveugle, il confia son destin au bourreau. Il fit venir les annonceurs, ceux qui criaient les nouvelles lois, ainsi que des soldats en grand nombre. Il décréta d’une voix froide et dure :

« A partir de ce jour, toutes tahoras naissant en l’an 192 ou après appartiendra à l’Empire. Elle sera, de par sa naissance esclave. Celles qui seront dissimulées par leur famille feront l’objet d’une punition. Maintenant partez, informez le peuple ! »

Il se mit à réfléchir, son épouse, cette chienne, était une tahora. Elle risquait de venir en aide aux enfants. Il ordonna alors son exécution. Abby, ayant eu vent de son funeste destin, prit la fuite trop rapidement. Elle abandonna le petit Zack aux griffes de son père. Volant nuit et jour, elle avait choisi un lieu où la Résistance s’était largement installée, un continent oublié de l’Empire : les Cités Blanches.

Abby fut recherchée afin d’être exécutée mais personne ne lui mit la main dessus et cela fut un soulagement pour la jeune arcaëllienne qui attendait à nouveau un enfant du vil Dieu-Empereur. Cet enfant-là ne vivrait pas dans la peur ni la haine de l’autre. Il serait béni des Dieux et fera preuve de compassion, mais jamais ce bébé ne connaîtra l’identité de son père.

Dans le secret et la nuit naquit l’enfant de la prophétie. Elle était tellement petite et avait un si grand destin… Ses parents la cachèrent, elle fut nommée Mélinda. Son père lui enseigna le combat dès qu’elle put comprendre les mots. Cependant la famille fut dénoncée par un arcaëllien à qui le père devait de l’argent. Les parents furent exécutés et l’aventure de l’Elue des Dieux commença lors de cette tragique nuit. Bien qu’elle souffrit de la perte de ses parents, elle prit la direction des Cités Blanches, havre de la Résistance. En chemin, elle rencontra un vieux mage qui lui enseigna le fluide durant deux ans puis elle reprit son chemin.

Le temps passa et elle fut enlevée et vendue comme gladiatrice. Elle montra sa force et son destin se dessina un peu plus. Lors d’un transfert, elle prit la fuite avec d’autres combattants dont Ayelline, sa guide. Ayelline était une elfe de plus de deux-cent ans qui conduit en bon lieu la tahora. Là, elle rencontre Kaï’Jad Wasen, une aracnor. Cette dernière était l’une des cinq chefs de la Résistance. Elle prit Mélinda sous son aile tout comme l’ancienne épouse du Dieu-Empereur Morloc. Mélinda peaufina son art du combat et effectua quelques missions. Puis vint le jour de la guerre. Dirigeant les troupes, elle tua le Dieu-Empereur mais, malheureusement, elle fut capturée par les conseillers qui l’enfermèrent dans une cellule. Les conseillers de Morloc cachèrent la mort du souverain absolu d’Arcaëlle et la disparition du Prince héritier.

Dans l’ombre, les Hayert’Vaäl s’organisaient pour prendre le pouvoir sous les ordres de Thäos le Grand Prêtre. Ils infiltrèrent le Palais et tuèrent tout le monde sauf l’Enac, la gardant pour la sacrifier à Özan.

Aux Cités Blanches, Impériaux, Lykosims et Résistants érigeaient un plan pour reprendre Kaïl aux mains de Thäos. Une autre guerre se profila et le Grand Prêtre abdiqua et fuit. Le monde fut divisé en trois États : la Principauté, la Démocratie et le Royaume.

Nous sommes aujourd’hui en l’an 427.

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