L'Aube des Mondes
Bonne visite dans notre univers.

Yria Mal'Zeth, chasseuse d'Hayert'Vaäl [PNJ]

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Jeu 16 Juil - 23:53


Pour vous servir



Informations

☩ Yria
☩ Mal'Zeth
☩ 351 ans

☩ Membre du Royaume
☩ Non intéressée, mais vous pouvez toujours tenter votre chance
☩ Membre des chasseurs d'Hayert'Väal
☩ Elfe
☩ Une lame courbe, une dague, un arc d’ébène avec son lot de flèches



Caractère

Deux cents ans. Une durée suffisante pour changer le comportement d’un homme du tout au tout. D’un homme… ou d’une elfe.

Yria est une elfe et peu importe combien son histoire a éloigné son comportement de celui de ses semblables l’empreinte de sa race reste visible. Elle est fière de son héritage, de son histoire et de ses actes. Elle n’est pas de celles et ceux qui nient les moments les plus sombres de leur vie, pas plus qu’elle ne regrettera un échec cuisant. Les années lui ont appris qu’échouer est désagréable, mais qu’hésiter est mortel. Il est cependant assez rare qu’elle soit confrontée à une telle situation, l’échec. La longévité impressionnante des elfes et la diversité des péripéties qui ont jonché sa vie l’ont doté d’un esprit flexible et de la capacité à s’adapter aux plus improbables des situations. Comme si ce n’était pas assez Yria fait preuve d’un sang froid terrifiant, peut importe ce qui devrait l’inquiéter. Si un gazeran affamé se dressait devant elle c’est à peine si elle cillerait des yeux. Attention, cela ne veut pas dire qu’elle ait une chance de s’en sortir… quoi que.

Cependant Yria n’est pas exactement comme ses semblables, elle n’est pas sujette à de longs moments de mélancolie et n’a jamais compris pourquoi les autres elfes éprouvaient une attache si grande au passé. Depuis aussi longtemps qu’elle peut s’en souvenir elle a vécu sur les routes ou, lorsque ce n’était pas le cas, se battait pour conserver sa liberté vis-à-vis des autres. Pourquoi sa mémoire aurait-elle le droit de l’enchainer ? Indépendante, elle abhorre profondément qu’on lui donne des ordres et ne s’est elle-même placé dans une situation de servilité qu’une seule fois : au moment ou sa vie dépendait de sa capacité à courber l’échine.

Mais voilà, étouffer ses émotions, la peur, la pitié, l’orgueil pendant des décennies a laissé une profonde marque dans son être. Aujourd’hui, alors qu’elle tente de briser de son image en s’ouvrant au reste du monde et d’œuvrer pour sa prospérité, elle ne parvient pas à se révéler aux autres. Elle semble hautaine, froide, distante. Croyez-moi, il est bien ardu de se débarrassé des mécanismes que vous avez huilé pendant longtemps. Trop longtemps. Cependant Yria n’est pas stupide, loin de là, et à compris sa difficulté à paraître agréable, différente de ce qu’elle était auparavant, elle a donc abandonné cette quête qu’elle juge impossible. Ou du moins elle ne fait pas plus que le nécessaire à ce niveau et a décidé que ses actes seraient les seules choses importante.

Notre elfe se sert donc de tous ses atouts dans cet unique but, que ce soit ses connaissances à propos des ressources de son monde, ses relations avec les têtes pensantes à travers le monde, tous ses anciens associé ou même sa légendaire et éternelle méfiance. Elle ne cherche pas à faire pénitence, le pardon. Elle sait pertinemment que le peuple et les mémoires ne changent pas aussi facilement, elle ne tente plus de se faire comprendre et fait simplement ce qu’elle pense juste et utile pour les autres. Elle observe, écoute, apprend, déduis aussi vite que possible puis use des informations fraîchement acquises à son avantage.

Au final voilà ce qu’est Yria en apparence, un morceau de glace brute et éternelle. Informe certes, mais les plus observateurs d’entre vous pourraient voir un éclat, un reflet scintiller au milieu de ce froid inhospitalier. Et si vous réussissez à briser la glace vous découvrirez la partie immergé de l’iceberg, ce qui se trouve au milieu du froid. Vous y trouverez un grand lac que rien ne semble pouvoir perturber, ni le sirocco sifflant, ni les créatures qui viennent si abreuver. Yria a travaillé cette paix intérieure pendant des décennies au milieu de sa muraille de glace et aujourd’hui elle souhaite le partager.

Physique

L’homme qui côtoie l’elfe se rend rapidement compte que le temps glisse sur la peau de son ami et l’envie. L’elfe lui comprend son fardeau, qu’il verra ses proches amis s’éteindre et des empires disparaître pendant que lui, restera.

Trois siècles, cinq décennies et une année, l’arcaëllien qui observe Yria est souvent bien loin de se douter que malgré sa quarantaine d’années humaines il n’est qu’un enfant à côté d’elle. Et pour causes : les traits de l’arcaëllienne n’ont pas évolué depuis sont passage à l’âge adulte et la seule chose qui pourrait trahir les années qui s’entassent derrière ses pas sont ses deux oreilles légèrement pointue. Notre elfe n’est ni excessivement grande, ni trop petite du haut de son mètre soixante-dix. Sa peau, originellement aussi blanche que la neige de la mer du nord, est désormais halée preuve des heures passées sous le soleil à cheval, ou dans la cour à frapper des mannequins sans relâche.

Son corps peut sembler faible au premier coup d’œil, ses formes restent celles d’une femme même si elles ne sont pas bien impressionnantes et elle n’est pas bien impressionnante : pas de muscles proéminents, de veines saillantes ou de manches gonflées par le volume de ses bras. Ne vous détrompez pas, il est fini le temps où elle n’était qu’une noble, une érudite maîtrisant le fluide avachie derrière son bureau à dicter les ordres. Sous le cuir souple de sa tenue se dessinent de fins muscles bels et bien visibles. Cependant elle ne se repose évidemment pas sur sa force physique pour se défendre et la tenue qu’elle porte habituellement le démontre parfaitement. Légère, permettant la meilleure amplitude de mouvement possible avec le minimum d’effort, n’offrant aucune protection, sobre. C’est la tenue traditionnellement portée par les assassins… et les plus grands escrimeurs. Pendant les dernières décennies Yria a taillé son corps dans le but de pouvoir agir seule, de se débarrasser des menaces sans aide.

Cependant elle n’est pas devenue une barbare, attention, elle garde précieusement ses tenues d’apparats pour les occasions qui le demande. Qui plus est, Yria possède naturellement une certaine prestance, une aura de respect. Peut-être est-ce parce que son nom provoque les messes bases ? Grâce aux épreuves qu’elle a surmontées ? Sa nature elfique ? Nul ne le sait, pas même moi. Comme tous les elfes, Yria a gardé les traits et la beauté de ses vingt ans. Les courbes de son visage sont douces et ne comportent nul défaut, comme celles de tous les elfes. Les légères rides qui marquent les aînés parmi la race des anciens ne se sont pas encore installées, peut être devra-t-elle attendre encore un ou deux siècles. Son visage est encadré par une longue chevelure d’un blanc pur qui lui arrive jusqu’au milieu du dos et qui, fut-il un temps, ne faisait qu’un avec la blancheur de sa peau.

Et enfin, au milieu de ce visage aux traits légers, parfaits mais ne débordants pourtant pas de beauté, se trouvent deux grands yeux carmin. Même si cette description les aborde en dernier ils sont généralement la première chose que l’on remarque si l’on pose son regard sur elle. À vrai dire, c’est la seule chose qui est réellement en relief, la seule partie de son corps assez magnétique pour pouvoir fasciner un homme. Enfin, pourrait, son regard pourrait être une arme de séduction s'il n’était aussi froid malgré sa couleur sanguine.



Histoire

La guerre dYwen était finie depuis quelques années déjà, le dieu empereur savourait sa victoire et la résistance se faisait aussi petite que possible pour éviter de provoquer un nouveau massacre. Et pendant ce temps-là, dans un petit village non loin de la capitale naissait Yria. Fruit de l’union de deux elfes qui avaient choisi des années auparavant de vivre dans la campagne, au milieu des petites gens, afin de vivre avec un calme et une simplicité que seuls ces gens-là connaissent. Si les premières années furent difficiles une fois la confiance des fermiers et des villageois acquise la routine quotidienne se mit naturellement en place. Le père travaillait la terre, cultivait les légumes et les graines et la mère allait régulièrement au village pour vendre ce qu’ils ne consommeraient pas. C’est dans cet univers que la petite Yria allait grandir.

Il ne se passa pas grand-chose de remarquable pendant sa petite enfance, avant de savoir marcher elle restait le plus clair de son temps avec sa mère qui très tôt commença à lui apprendre ce qu’elle savait. Ces connaissances s’étendaient des grandes lignes de l’histoire du monde aux règles du monde actuel, elle n’était pas une érudite mais elle avait su accumuler des bribes de texte, de parole au fil des années. Yria apprit aussi à lire et écrire ce qui n’était pas très rependu à la campagne et elle s’empressait d’ailleurs à aller raconter ce qu’elle avait appris aux autres enfants du village dès qu’elle fut capable de gambader librement.

Dès que ce fut possible elle passa le plus clair de son temps en compagnie de ceux de son âge même si elle n’était pas de celles qui accompagnent les garçons dans leurs cent coups. Pendant que les plus zélés grimpaient sur les bottes de foin et les toits de chaume, elle souriait en les regardant tenter vainement de garder leur équilibre. Et lorsqu’elle n’était pas au village elle écoutait sa mère lui apprendre mille et une chose sur le monde immense qu’elle ne connaîtrait certainement jamais. Cependant une fois qu’elle eut atteint l’adolescence elle découvrit grâce à ses parents un moyen de s’évader, elle allait apprendre les bases de la maîtrise du fluide. Même s'ils n’étaient pas de grands-maîtres, en tant qu’elfes ils avaient su utiliser presque naturellement les plus faibles apparitions de ce pouvoir.

Yria se tourna très vite vers le fluide Dën et chaque jour, lorsque le soleil se couchait et que les travaux de la journée prenaient fin, elle marchait jusqu’à la rivière qui traversait la terre non loin de la ferme. C’était à la fois un moyen de se laver des traces du travail manuel et un merveilleux endroit pour s’exercer. À travers la maîtrise du fluide l’elfe atteignait une paisibilité qui devint bientôt indissociable de sa vie, on peut dire qu’elle en était devenue dépendante et par conséquent : dépendante de la maitrise de Dën.

Ainsi passèrent les trente premières années de sa vie, marquées par un calme simple et un désir de liberté et de découvrir le monde grandissant. Cependant l’arcaëllienne n’était pas stupide, elle savait bien que quitter sa vie du jour au lendemain n’était pas possible si elle ne savait pas comment survivre sur les routes. Il fallait simplement que le destin l’aide un peu.

Le ciel se teintait de chaudes couleurs orangées et chaleur disparaissait peu à peu, laissant sa place à la fraîcheur de la nuit tant attendu pendant la période la plus chaude de l’année. Yria revenait de la rivière par le même chemin qu’elle emprunté depuis des années tant et si bien qu’elle n’accordât aucune attention à l’endroit ou elle posait les pieds. Après tout les personnes empruntant ce chemin de campagne devaient se compter sur les doigts d’une main, rien ne changeait d’un jour à l’autre. Ses pensées dérivaient vers la vie des marchands itinérants, voyager sans attache, découvrir aussi bien les habitants que les richesses de ce monde, si elle avait la possibilité de choisir elle opterait certainement pour une telle existence.

Les cliquetis de plaques de métal s’entrechoquant et une voix rauque la tirèrent de sa rêverie, surprise elle ne se risqua pas à tenter de découvrir l’origine de ce bruit étranger. Il se cacha tant bien que mal derrière un imposant rocher au bord du chemin et tenta de savoir si elle devait, ou non, rester caché. Elle n’avait jamais croisé de bandit mais elle ne voulait pas perdre la vie pour une rencontre malchanceuse. Tendant l’oreille elle réussit à rassembler les bribes indistinctes et compris trois choses : un homme s’adressait à d’autre personne, ils devaient aller à un endroit (certainement non loin du village) et ils faisaient partie de la résistance.

Cette révélation l’avait un peu chamboulé, évidemment elle savait ce qu’était la résistance, ce qu’ils avaient fait et leur combat toujours actif contre la lignée des dieux empereurs. Ces gens, ces hommes, ces femmes et même parfois les enfants étaient considérés comme des ennemis publics. Le cerveau d’Yria fonctionnait à toute allure et il ne s’arrêta pas même une fois que les quelques soldats renégats s’éloignèrent d’elle. Elle rentra chez elle, le pas rapide et le regard inquiet. Elle n’en parla pas à ses parents et même si ceux-ci n’étaient pas dupe et avaient bien remarqué que quelque chose tourmentait leur fille, n’abordèrent pas le sujet. Sage décision, l’elfe n’était pas prête à en parler et se demandait encore quoi faire.

Elle savait quelque chose à propos d’individus qui allaient probablement causer du tort à l’empire. Leur échec était inévitable mais leur simple capture après qu’ils aient accompli leur méfait n’allait certainement pas apaiser le courroux de l’empereur. Voilà ce que redoutait Yria : que la colère de l’empereur s’abatte sur le village et la ferme de ses parents. Que ce soit dans un mouvement de violence indistinct ou pour chercher à déraciner toute trace de rébellion. Que devait-elle faire pour éviter ça ? N’en parler en personne ? Informer ses parents ? C’est l’esprit troublé qu’elle décida de s’en remettre à la nuit et à ses conseils.

Le lendemain elle avait pris une décision, elle irait informer l’autorité impériale. C’était la manière la plus juste d’agir, ne pas mentir aux soldats, ne pas mentir à la loi, ne pas mentir au dieu empereur. Alors que le soleil continuait son ascension elle réquisitionna le cheval d’un villageois en lui promettant de le lui ramener puis se mit en route. Elle n’allait à la capitale, trop lointaine, trop impressionnante, elle allait se contenter de rallier la ville la plus proche et d’informer le capitaine de la garnison. Après une petite demi-journée de voyage Yria arriva enfin à la ville. C’était la première fois qu’elle pénétrait dans un lieu aussi imposant mais n’y prêta pas plus d’attention que ça, elle se concentrait sur la mission qu’elle s’était imposée.

Elle s’attendait à mille et une péripéties, évènements bloquant sa progression. Rien de tout cela n’arriva. Elle atteignit rapidement la garnison et demanda à rencontrer le plus haut gradé en ces lieux. L’arcaëllien qu’on lui présenta était un mzékil aux traits taillés au couteau âgé au moins d’une cinquantaine d’années, malgré tout sa présence était rassurante et sa voix étrangement douce. Ils s’installèrent autour d’une table nue dans une pièce isolée et Yria commença à parler, elle raconta tout, le trajet, le moment de la journée, le ton des voix, les paroles prononcés. Le soldat ne la coupa pas, ses yeux d’un noir profond étaient rivés dans ceux flamboyants de l’elfe.

Une fois son récit finit il la considéra quelques instants avant de la remercier, au nom du peuple, de la garnison et de l’empire. Il tira ensuite une bourse de sa ceinture et la posa sur la table. C’était, dit-il, sa récompense pour avoir rendu un grand service à l’empire. Les mains légèrement tremblantes, Yria attrapa la sacoche de cuir et son regard s’élargit lorsqu’elle aperçut le reflet doré qui s’en échappait. La bourse était remplie de pièce d’or. Elle tenta de refuser une telle somme mais le mzekils ne voulut rien entendre. Elle ne resta pas plus longtemps en ville et lorsqu’elle arriva chez elle après avoir rendu le cheval au villageois, elle expliqua tout ce qui c’était passé ces deux derniers jours à ses parents.

Le destin venait de lui offrir son aide, elle n’avait plus qu’à saisir sa chance. Peu de temps après elle fit ses adieux à ses parents, à la ferme, à la rivière et aux habitants du village. Elle retourna à la ville ou, grâce à la bourse de pièce d’or, elle acheta un attelage, une grande quantité de vêtement, deux chevaux et se mit en route vers le reste de sa vie. Vers le reste du monde. Et sa liberté.

Ainsi commence l’existence de marchande itinérante d’Yria, elle s’était longuement préparée pour ça en espérant que ce jour arrive et avait demandé des conseils à de nombreux marchands itinérants. Cependant elle se rendit rapidement compte que le monde du commerce était bien plus dur que ce qu’elle avait pu imaginer et se retrouva sans le sous à plusieurs reprises. Elle ne pouvait se résoudre à abandonner, elle avait déjà découvert tant de nouvelles choses et bien plus encore l’attendaient. Il lui fallait trouver une solution, quelque chose qu’elle pouvait faire parallèlement à son activité de marchande et qui lui permettrait de subsister même dans les moments les moins favorables. Le souvenir de la bourse pleine d’or remonta à la surface de son esprit et la solution se révéla d’elle-même.

Afin de préserver sa liberté Yria était prête à se rabaisser au point de trahir tout le monde autour d’elle. Elle laissait désormais trainer ses oreilles et son regard là où il ne le fallait pas pour ensuite rapporter d’intéressantes informations aux garnisons des villes. Attention, il n’était pas question de servir des particuliers, elle ne rendait des comptes qu’à l’empire et à l’empire seulement.

Pendant soixante-dix ans Yria vécu de la sorte, partagée entre le commerce de tout et n’importe quoi et l’espionnage de grand chemin au nom de l’empire. Étrangement cette formule marcha dans des proportions inattendues, elle s’enrichit rapidement et commença a engager afin d’étendre son influence. Ces arcaëlliens endossaient le rôle de marchands itinérants à la solde d’Yria et lui rendait régulièrement des compte, évidemment eux aussi avaient pour mission de rapporter à leur patronne ce qu’ils entendaient ci et là. Une organisation comme celle-ci demande d’avoir une grande confiance en ceux à qui l’on confie du travail et pourtant l’effet fut totalement opposée sur le comportement d’Yria.

Plus les années passaient, plus la réussite lui souriait, plus elle se fermait au monde. Son regard devenait impassible, elle ne laissait plus transparaître ses émotions et n’accordait sa confiance qu’a de très rares personnes. Peut-être ne faisait-elle que s’adapter au monde dans lequel elle s’aventurait ? D’autant plus que plus les années passaient plus elle informait des membres importants de l’empire à propos de sombres complots. Le nom d’Yria Mal’Zeth se fit d’ailleurs connaitre dans la noblesse d’Alzbey car elle était bien la seule roturière n’étant pas une courtisane à connaitre autant de monde à la cours. Ses « employés » quant à eux se firent connaitre sous le nom de « chuchoteurs » même si personne ne sut jamais d’où cet acronyme provenait et les petites gens prononçaient ce nom sans savoir ceux qu’il désignait. Finalement l’existence d’Yria Mal’Zeth la marchande itinérante se termina à Alzbey, dans le palais impériale au moment ou une roturière fut anoblie par le dieu-empereur Morloc pour service rendu à l’empire.

Suite à ça une nouvelle vie commença pour Yria, elle s’installa dans les hauts quartiers de la capitale dans une somptueuse demeure. Le bâtiment lui servait aussi bien de place où coucher et de lieu de travail pour régler toute ses affaires. Des rapports provenant de marchand et de chuchoteur des quatre coins du monde parvenaient jusqu’ici et les plus rares des matières étaient étudiés entre ces murs. L’empire de la Mal’Zeth était aussi réel que celui de Morloc, elle était les yeux et les oreilles d’un tyran, envoyait à une mort certaine des centaines de personnes par ans en les dénonçant a l’armée. Sa réputation parmi les nobles était mitigée et ses actes étaient maudits par tous les résistants d’Arcaëlle qui ne pouvait rien y faire. Nul ne connaissait l’identité de la reine des chuchoteurs.

La vie d’Yria, devenu un quotidien régulier, ne fut troublée que par deux fois. Quelques dizaines d’années après son anoblissement le prophète annonça la venue de l’Enac, celle qui triompherait des dieux-empereur, protégée des dieux et porteuse de leur volonté. Furieux, Morloc fit comprendre que le maitre mot d’Yria devait désormais être « Trouver l'Enac ». Enchainé à la volonté du tyran assurant son existence l’elfe accepta sans rechigner et usa de toutes ses ressources dans ce but. Vous ne pouvez pas imaginer le déshonneur qui plana sur son nom lorsqu’elle fut devancée par un simple fermier, mais elle n’en avait cure car l’Enac était toujours dans la nature. Morloc ne serait apaisé que par la vue de la tête de cette Tahora séparée du reste de son corps ou si elle se retrouvait enchaîné, nue et dans son lit. Il n’était pas l’heure de relâcher son attention.

La seconde exception dans le quotidien de la noble marchande fut bien plus remarquable, elle se trouvait sur l’île de Ray’Bauz afin de signer un traité commercial et fit une rencontre inattendue. Alors qu’elle tentait, par pur loisir, de découvrir l’identité d’une jeune femme qui tentait désespérément de lui mentir, la ville dans laquelle elle passait la nuit fut la cible d’un raid de résistants. Les pauvres hères voulaient libérer leurs camarades captifs dans les geôles de la caserne. Intrigué, et réveillée en plein milieu de la nuit, Yria décida de prendre les devants et d’aller là ou les choses intéressantes se passaient. Elle sortit donc de la ville et rejoignit ce qu’elle pensait être le point de ralliement des forces rebelles, les fluides et le fracas des armes se déchaînait alors qu’elle se faufilait à travers les arbres.

Finalement, elle la vit. Au milieu de ses compatriotes se dressait cette fameuse tahora qui agitait l’empire et les continents depuis si longtemps. Les deux arcaëlliennes se toisèrent en silence quelques secondes mais ce précieux moment fut interrompu par la riposte de la garde qui revenait en force. La bataille faisait rage et les deux femmes continuaient à se toisait, aucune des deux ne savait exactement qui était l’autre, mais l’électricité qui parcourait l’atmosphère rendait chacune des deux sure d’une chose : celle qui se dressait en face d’elle devait être considérée comme une ennemie mortelle.

Cependant, la mort vint d’une autre manière et de la main d’un autre acteur de la scène. Un assassin des grands boulevards avait décoché un carreau empoisonné qui transperça de bout en bout l’épaule de la tahora. Le meurtrier, aussi vantard que stupide, ne tarda pas à se faire décapiter par un soldat qui passait par là mais le monde ne serait pas le même si la vie de la tahora s’était éteinte à ce moment là. Comme le disaient les légendes et les rumeurs les dieux veillaient sur leur protégée et n’allaient pas la laisser périr. En plein milieu de la bataille apparut la silhouette fantastique d’un bsurt couvert de couleurs aussi diverses que surnaturelles. Yria, qui n’avait pas bougé depuis que la tahora avait été mortellement blessé, pouvait voir l’émissaire de Thäa s’approcher de la future dépouille de l’Enac.

Prit de panique les soldats des deux camps s’enfuirent de peur de provoquer le courroux du père des dieux, mais l’elfe restait immobile. Après tout ce n’était pas tous les jours que l’on pouvait une véritable apparition divine, et elle devait bien avouer que c’était impressionnant. Elle s’attendait à voir le bsurt poser son museau sur le corps de la mourante, le voir se nimber de lumière puis comme par magie, celle qui était inconsciente quelques secondes plus tôt se relèverait. Rien de tout cela n’arriva. L’animal divin se contentait de fixer l’elfe de ses grands yeux. Le message était clair dans l’esprit de l’impériale : le chef du panthéon lui demandait de soigner l’ennemie mortelle de son maître. Devait-elle le faire ? La question ne se posait pas, elle n’avait pas le choix. En était-elle seulement capable ?

Aussi impassible que si elle achetait des fruits au marché d’un petit village perdu, l’elfe demanda l’aide du dieu afin de sauver sa protégée. Visiblement il ne semblait pas enclin à agir directement mais il lui demandait quelque chose qui était au-delà du pouvoir de l’arcaëllienne. Le Bsurt s’écarta légèrement afin de la laisser avancer jusqu’au corps de l’Enac, il avait accepté. Intérieurement, Yria exultait. Elle venait tout bonnement de conclure un marché avec un dieu et qui plus est, le grand créateur. Cependant elle n’avait pas le temps de sauter de joie, la vie s’écoulait du corps de la tahora comme de l’eau dans un seau percé. Faisant appel à tout le fluide qu’elle pouvait et grâce au surplus de pouvoir accordé par la divinité elle parvint à purifier le sang de la mourante. Épuisée par cet effort, elle s’évanouit.

À leur réveil les deux ennemies de la veille n’avaient pas la force de s’affronter. Affaiblies par la fatigue et libérées du fardeau de la guerre, elles parlèrent librement. L’Enac, de son vrai nom Mélinda s’avéra être une jeune femme incomplète. Utilisé dès son plus jeune âge comme un symbole pour la résistance elle n’avait jamais eut de vie, ni décidé quoi que ce soit au sein de ce qui devait être son armée. Malgré le fait qu’elles appartenaient à deux camps en guerre la tahora demanda les larmes aux yeux à son aîné ce qu’elle devait faire. À ce moment précis cette enfant n’était qu’une poupée de chiffon entre les mains d’Yria, un bloc d’argile qu’elle pouvait modeler comme bon lui semblait. Elle aurait pu la liguer contre la résistance, la pousser à se rendre pour la libérer de sa misérable existence, mais n’en fit rien.

Yria était fatiguée. Fatigué de la paranoïa grandissante de Morloc, de la vie de noble, elle se rendait compte qu’elle avait perdu ce qu’elle désirait le plus conserver : sa liberté. Elle était enchaînée au dieu empereur par son contrat et son titre de noblesse comme les esclaves le sont par leurs chaînes. Elle conseilla donc à Melinda de prendre un peu de recul sur le monde puis, une fois qu’elle serait prête, reprendre le contrôle de la résistance sans rendre de compte à ses généraux. Une fois la discussion terminée, la tahora s’envola et disparu à l’horizon. Pour la première fois depuis longtemps un sourire véritable se dessinait sur les lèvres de l’elfe ?

Pendant les mois qui suivirent cette rencontre Yria se désengagea peu à peu de ses « activités » à la capitale, les nombres de rapport des chuchoteur diminua et bientôt on ne parlait plus que de marchandise entre ses murs. Morloc était furieux, évidemment, mais avait beaucoup à faire avec le soudain regain de vitalité de la résistance et pendant que les troupes impériale perdaient du terrain Yria regardait le ciel et félicitait Melinda. Finalement le dieu-empereur fut vaincu et après les incidents des adorateurs d’Özan la tahora monta sur le trône.

Une nouvelle fois il était temps pour Yria de changer de vie, tout d’abord elle prit une décision déchirante : celle de dissoudre les rangs des chuchoteurs. Il n’était pas question de simplement abandonner l’activité d’espion à grande échelle, mais bel et bien la fin de l’organisation commerciale d’Yria. L’araignée quitte sa toile et rend la liberté à ses petits. Ensuite elle décida de rejoindre ses parents qu’elle surveillait du coin de l’œil depuis longtemps, une fois la famille réunie ils partirent s’installer sur le continent des cités blanches. Notre elfe, même si ce n’était que pour un court moment, désirait retrouver la vie simple et paisible qui avait marqué son enfance.

Elle restait loin de la politique et rattrapait le temps perdu avec ceux qu’elle avait quitté il y avait bien longtemps de cela. Elle garda cependant une liaison régulière avec Mélinda, évidemment les conseillers de celle-ci la voyaient d’un mauvais œil. Après tout ils étaient ceux qui avaient véhiculé les idéaux de la résistance et elle, avait œuvré à la détruire. Pendant ces années de simplicité elle redécouvrit le travail de la terre, le contact de ceux qu’on aime et les longues heures de méditation à manipuler le fluide. Elle vécut cette vie pendant presque quarante ans, jusqu’au moment ou l’appel de la route se fit de nouveau ressentir. Yria ne parvenait pas à rester en place plus d’un demi-siècle semblait-il, il lui fallait un nouvel objectif.

L’elfe découvrit sa nouvelle vocation pendant un pèlerinage lors duquel elle faisait le tour des cités blanches seule, juste accompagnée de son destrier. Le soleil s’effaçait à derrière elle alors qu’elle s’apprêtait à dépasser une crête et arriver dans un petit village où elle passerait la nuit. Malheureusement l’accueil ne fut pas aussi agréable que prévu. Le village, minuscule et perdu dans les montagnes, était entièrement ravagé. Il n’y avait plus aucun bâtiment debout et les rues étaient jonchées de cadavres, de femmes, de vieillards et d’enfant. Yria progressait prudemment à travers la scène de massacre, l’odeur était insoutenable et la monture rechignait à avancer. Sur la place centrale se trouvait la signature ostentatoire de l’auteur de cet œuvre de mort, un immense symbole d’Özan fait à partir des bras des habitants.

Révolté par cette vision Yria prit juste le temps de recommander les âmes des villageois à Gar’Haz et Jurk, brûler le village puis se hâta de rallier la capitale. Elle devait s’entretenir avec Mélinda à propos du danger que représentaient les Hayert’Väal, la reine plus que quiconque pouvait la comprendre. Cependant sensibiliser un peuple, un gouvernement, vis-à-vis d’un danger est une chose mais y participer y est une autre. Si Yria voulait prendre part à ce combat, que ce soit pour protéger le peuple des cités blanches, la paix durement acquise ou chercher le pardon, elle savait qu’elle était loin de pouvoir affronter les exécuteurs d’Özan.

Elle décida donc de s’installer à la capitale et de tout reprendre par les bases. Elle s’inscrivit, malgré son âge, à l’académie des fluides et des armes en tant qu’élève. On dit souvent que les elfes sont des êtres d’une patience légendaire mais les autres races sont loin de savoir la vérité. Pendant cent ans, ni plus, ni moins, Yria fortifia son corps et son esprit. Elle apprit à se battre auprès des meilleurs qui n’avaient d’autre choix que d’accepter puisqu’elle venait tous les jours apprendre, même si on la rabrouait chaque jour. Elle fit passer l’apprentissage des armes avant celui du fluide puis, lorsqu’enfin elle se sentit prête elle se fit forger une épée qui l’accompagnerait pendant tous ses combats. Certains diront que si elle avait réellement voulu rejoindre le combat contre les adorateurs d’Özan elle aurait dû le faire plus tôt. Ne pas attendre un siècle. Nul ne sait ce qui l’a poussé à attendre aussi longtemps pas même moi… enfin si, mais c’est un secret.

Quoi qu’il en soit, elle fait désormais partie des chasseurs d’Hayert’Väal, un groupe qui traque et extermine les graines du mal. Malheureusement ce combat n’est vraiment actif que dans les cités blanches, il reste encore beaucoup de travail à accomplir.

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Mer 19 Aoû - 0:32
Salutation adoratrice du chaos !
Signale nous lorsque tu auras terminé ta fiche, que nous lui donnions une note et t’attribuons tes points d'xp Wink
Cordialement,
le Staff <3
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Jeu 20 Aoû - 3:07
Voilà j'ai fini ! Seulement 3909 mots pour l'histoire, oui je suis fier de moi.
J'attend le jugement d'un collègue :3
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Ven 21 Aoû - 1:00
Bienvenu cher elfe ^^
Je viens dévaluer ta fiche, tu gagne 30 XP, félicitation :-)
Tu peux vite courir créer ta fiche de fluide ainsi que ton carnet de voyage pour gagner d'autre XP
Bon voyage dans notre monde cher Arcaëllienne ^^

Le Staff
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