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Jeu 1 Oct - 15:38


Where my demons hide...


Feat un démon et un random (?)

Une ligne blanche se dessinait à l’horizon. Le paysage défilait autour d’Yria alors que sa jument –finalement nommé Bruine à cause de son caractère désagréable- était heureuse de pouvoir enfin se lancer au galop. Cela faisait plusieurs jours maintenant que l’elfe voyageait en direction de la forêt des sapin blanc du continent de Zai’Lou. Elle profitait du voyage pour le moment tranquille et Bruine ne dépassait jamais le trot ce qui l’avait profondément agacé. Finalement, une fois les premiers arbres blancs comme la neige des sommets des montagnes des Four’Laan qui les surplombaient, l’arcaëllienne donna à sa monture l’autorisation de filer à toute allure.

Les premiers arbres grandissaient, la ligne décolorée se transforma bientôt en véritable frontière gardant l’accès à la chaine de montagne. Entrainé par l’habitude, Yria attrapa sa gourde et bu quelques gorgée alors que les saccades à répétition de Bruine rendait la chose difficile. L’elfe aurait pu profiter de cette instant, du vent balayant son visage et faisant voler ses cheveux, du paysage à la fois dénudé et harmonieux. Mais non. Evidemment son visage portait son habituel air sérieux mais plus encore son esprit était très loin d’être léger. Elle s’était lancé sur la piste de légendes obscures qui la mènerait certainement à la mort, mais aussi bizarre que cela puisse paraitre, elle n’avait pas peur.

Quelques mois plus tôt…

Le temps ne représente pas grand-chose pour les arcaëlliens fils de Daÿl. Le temps glisse sur eux comme les rayons de la lune sur la surface des océans donnant à résultat à la fois magnifique mais sans conséquences. C’est donc sans faire attention aux temps qu’Yria avait passé quelques temps, quelques mois, dans la bibliothèque du palais royal avec l’autorisation de la reine. Après tout ce n’était pas comme si la Tahora’Han avait quelque chose à caché et quiconque possédant la curiosité de parcourir les rangées poussiéreuses de parchemin jaunie pouvait obtenir cette autorisation. Elle était passé par la capitale suite à une affaire désagréable et avait choisi de creuser les, maigres, connaissance du royaume à propos d’une autre désagréable affaire.

Depuis quelques temps on murmurait, chuchotait de sombres histoires. On racontait que les prêtres des Hayert’Väal avait reprit du zèle et prêchaient avec véhémence une nouvelle prophétie, la seconde de l’existence d’Yria. Un prisonnier récemment piégé avait lui aussi déversé un charabia qui présentait quelques similitudes. C’est donc armée de patience et de détermination que la chasseuse se lança dans des recherche portant sur des « fragments d’özan ». La plupart des mortels considéreraient cela comme un non-sens mais elle avait vu bien trop de chose en seulement trois cent ans d’existence pour douter de l’existence d’une telle chose.

Après près de deux mois et demi à recouper des phrases sans queue ni tête, voyant à peine le soleil et son lit, ses efforts montrèrent enfin des fruits. Elle avait la quasi-certitude que ces « fragments » étaient en réalité des armes et avait même possiblement retrouvé la trace d’événements étranges récents. Un  criminel aurait fuit les Cité Blanche vers Zai’Lou après avoir provoqué quelques massacres. Les rapports parlaient d’un « Lorcq capable, sans gemme de technomancien, d’utiliser le fluide du feu », cet arcaëllien semblait plus avoir le comportement d’une bête assoiffé de sang que celui d’un mortel saint d’esprit. Elle s’était décidée à suivre la piste de ce criminel disparu depuis plusieurs décennie, après tout qu’est ce que cela pouvait bien lui couter ? Du temps ? Laissez-moi rire.

Retour au temps présent…

Cela faisait maintenant plusieurs minutes qu’Yria et Bruine longeaient le sous bois de la forêt des sapins blancs. L’elfe était à la recherche d’un endroit calme afin d’accrocher Bruine avant de se lancer à la recherche de ce qu’elle cherchait. Elle attacha finalement la bride à un jeune sapin, assez pour la retenir et assez légèrement pour qu’elle puisse s’enfuir en cas de danger. Elle récupéra son sac de provision, son arc, resserra sa ceinture d’où pendait le fourreau de son épée puis se mit en route. Certes elle était chargée mais elle ne tarderait pas à s’installer quelque part pour avoir un camp autour duquel elle ferait chaque jour des recherches. Après un court soupir et un dernier regard vers Bruine, Yria poussa une branche basse et pénétra dans la forêt.

hrp:
 

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Jeu 1 Oct - 20:53


Where my demons hide...


Feat un démon et un random (?)

Yria progressait lentement mais surement à travers les innombrable conifères tous semblables. Il était certain que sans le soleil, visible à travers les branchages, notre elfe se serait perdu en moins d’une journée. Cependant elle ne pouvait nier que le paysage était semblable à celui des contes de fée que sa mère lui contait étant petite. Les sapins blancs étaient presque lumineux sous l’astre solaire et l’on ne pouvait plus distinguer le sol des arbres. Un tapis d’aiguille aussi blanche au sol que sur les arbres recouvrait la terre et l’herbe verte ne surgissait que sous forme de touffes éparses.

En arrivant sur l’île Yria avait recueillit quelques témoignages d’ancien de village qui se souvenait bien du passage d’un lorcq semblable aux descriptions qu’elle avait trouvé. Tous affirmaient que le lorcq était parti s’exiler dans la forêt des sapins blanc. D’ailleurs, même si il était passé prêt des villages il n’était que de passage et refusait catégoriquement de se lier aux villageois pourtant hospitalier. Un drôle de voyageur. Réconfortée, au moins elle était sure de ne pas s’être trompé de continent et d’itinéraire jusque là. Néanmoins lorsqu’elle demanda si on avait vu le voyageur maitriser Mez tous la regardait avec de grands yeux : « Voyons, les lorcq ne maitrisent pas le fluide ! C’est bien connu. »

Evidemment et là se trouvait l’élément qui avait mis a puce à l‘oreille d’Yria mais pour l’instant elle ne savait si ce n’était qu’affabulation ou pas. C’est en remuant ses pensées que l’elfe progressait, ne faisant pas trop attention aux potentiels animaux qui la guetteraient. La forêt était connue pour être pauvre en faune et si un prédateur solitaire y avait placé sa tanière elle n’était pas encore assez profondément dans les bois pour menacer son territoire. C’est ainsi que réfléchissent les chasseurs et les chasseurs d’Hayert’Väal ne font pas exception, d’autant plus qu’ils ont raison de penser ainsi. Et pourtant Yria avait la désagréable sensation de sentir un regard sur ses épaules.

Après une longue, mais étonnamment facile, marche qui dura presque la journée entière l’elfe jugea qu’elle avait trouvé l’endroit ou monter son camp. Elle posa son imposant sac de provision et commença à ramasser du bois pour le feu, le regard ne l’avait pas quitté et elle ne s’était pas séparé de son arc et de son épée. Le soleil disparu au profit de la lune et les rayons argentés donnèrent une apparence encore plus féerique aux arbres, au sol, à la forêt tout entière. Le silence de la nuit n’était gêné que par le doux crépitement du feu jusqu’au moment ou il fut brisé. Une simple branche qui craque aurait suffit à alerté Yria, mais ce fut totalement différent.

Dans un fracas effroyable et une explosion d’aiguille qui fit sursauter Yria quelque chose tomba d’un arbre et s’écrasa juste à coté du feu. Immédiatement l’elfe se saisit de son arc, encocha une flèche et ramena l’empennage jusqu'à sa joue prête à tiré. Encore fallait-il qu’elle sache ce qui venait de se passer. Elle s’approcha lentement du tas d’aiguille blanche et sans aucune délicatesse donna un coup de pied dedans. Comme si le choc venait de le tirer d’une intense torpeur un petit Poë’Ra blanc comme neige réagit comme frappé par la foudre. Yria baissa son arme, ces petites bêtes étaient parfaitement inoffensives et une fois de plus elle avait surestimé le danger.

L’elfe soupira longuement tout en fermant les yeux et les rouvrit juste à temps pour voir une silhouette humanoïde lui sauter au visage. La chose, qui se révéla rapidement être une xen, n’avait même pas assez de force pour l’entrainer dans sa chute et se retrouva bientôt en boule sur le sol après avoir échoué lors de son offensive. Yria la détailla quelques secondes, elle avait de longs cheveux roux en bataille qui lui arrivaient jusqu'à la taille, deux ailes rougeoyante, la peau sale et des vêtements en lambeau. L’aventurière n’eut même pas le temps de parler avant que la petite arcaëllienne ne s’écrit :

« Tu es venue le tuer ! Il a dit qu’un jour on viendrait le tuer ! »

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Jeu 1 Oct - 21:47


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Feat un démon et un random (?)

Yria avait vécu de nombreuses expérience qui l’avait surprise, troublé, obligé à réfléchir sur elle-même, et cætera. Mais là, dès son retour à la capital elle s’achèterait de quoi écrire une autobiographie afin de noter toutes ces situations hors de la routine de l’arcaëllien moyen. Pour en revenir au sujet principal, cette petite xen qu’elle avait tant bien que mal réussit à calmer et à installer autour du feu, venait de s’exprimer en ancien arcaëllien. Non, elle ne faisait que parler en ancien arcaëllien ce qui compliquait grandement la communication avec Yria qui était âgée de, seulement, trois siècles et demi.

Au fil d’une conversation déstructuré notre elfe comprit que la jeune xen se prénommait Namasan et devait avoir autour de quinze ans. Elle vivait avec un vieux Lorcq qui l’avait sauvé alors que ses parents l’avaient abandonné étant une nourrisson, ce qui était une histoire commune pour les familles xen rurales. Lorsqu’Yria lui demanda pourquoi elle parlait l’ancien arcaëllien Namasan ne savait pas trop quoi répondre. La seule réponse compréhensible était que le vieux lorcq – Ius – parlait comme ça tout le temps donc elle parlait comme ça. A vrai dire elle ne savait même pas qu’il existait une autre langue.

Si vous vous demandez comment Yria peut avoir des bases plus ou moins solide en ancien arcaëllien (tout comme en ancien elfique d’ailleurs) il vous faut savoir qu’il fut un temps ou elle était une noble. A cette époque elle s’était intéressée à ces deux langues déjà archaïques il y a deux cents trente ans.

La discussion avait rapidement dérivé vu que la petite xen évitait systématiquement le sujet d’Ius, l’elfe avait donc tenté de répondre aussi clairement que possible aux questions de Namasan. Elle savait qu’il y avait un monde à l’extérieur mais elle était trop jeune pour partir et Ius ne voulait pas la laisser seule. Bizarrement tout dans son discours tournait autour de ce vieux lorcq mais à chaque fois qu’elle se rendait compte qu’elle commençait à en parler elle changeait de sujet. Finalement Yria lui proposa de dormir autour du feu et la petite accepta, elle ne voulait pas rentrer voir Ius.

L’elfe supposa qu’elle avait tout de même le droit de se déplacer librement dans la forêt et qu’en voyant quelqu’un arriver elle a été prise de panique. Il devait y avoir un problème avec Ius pour qu’un lorcq ai besoin d’une petite xen de quinze ans pour se défendre. La nuit passa et c’est sans délicatesse qu’Yria demanda après avoir manger :

« Ius a un problème n’est ce pas ? »

La petite brava son regard quelques secondes comme si elle allait de nouveau s’écrier quelque chose pour changer de sujet mais se ravisa. Elle regarda ses pieds puis la ration de survie matinale. La ration de survie puis ses pieds et chuchota un presque inaudible : « Oui… ». Puis, comme si elle venait de se rendre compte de quelque chose de très important elle recentra son regard sur les yeux carmins de l’elfe.

« Il est très malade ! Il faut le soigner ! »

« Va-t-il mourir ? »

« Pas si vous pouvez le guérir ! Il m’a dit un jour que les elfes étaient des magiciens capable de sauver les gens, vous pouvez le soigner ! »

Yria garda le silence mais ses yeux parlaient seuls. La gorge de Namasan se serra et ses yeux devinrent humides.

« Tous les arcaëlliens doivent mourir Namasan. »

Plutôt que de l’insulter, hurler au visage de celle qui ne pouvait pas sauver son père adoptif, la xen tourna les talons et commença à courir tout en laissant ses larmes couler. Yria se lancerait à sa suite une fois qu’elle serait prete, ce n’est pas dans cette forêt que les traces allaient disparaitre.

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Ven 2 Oct - 20:29


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Feat un démon et un random (?)

Yria avait plié le camp dans le silence dans le silence. Elle avait suspendu son sac de provision, dispersé le foyer de son feu de camp et s’était contentée d’emporter ses armes. Toujours les mêmes, toujours aux mêmes endroits. Une lame rangée dans son fourreau pendu à sa taille, un arc et son carquois sur le dos et une dague, plus proche des stylets qu’autre chose, camouflé derrière son mollet droit. Elle regarda le camp qui finalement ne lui aurait servit qu’une fois puis se mit en route. De toute manière au retour elle passerait par là de nouveau, pour l’instant elle devait se concentrer sur la traque de la petite xen.

L’elfe n’avait jamais vécu a la peine qu’endurait actuellement Namasan, ses parents avaient été aimant et était toujours vivant quelque part dans les Cités Blanches. Certes si elle savait maitriser Äan elle pourrait soigner ce « Ius », malheureusement ce n’était pas le cas et les soigneurs les plus proches était à plus d’une semaine de galop de la forêt. Quelques questions continuaient tout de même à tourner dans l’esprit d’Yria, Ius était-il le lorcq enflammé ? Pourquoi parlait-il l’ancien arcaëllien ? Et pourquoi avoir recueillit cette gamine après avoir provoqué des massacres et évité le contact avec les villageois de la région ?

Yria chassa ces interrogations de son esprit et se concentra sur les traces laissées par la petite arcaëllienne. Pendant presque deux heures les empreintes dans les aiguilles étaient parfaitement visible, apparemment la gamine avait une sacrée endurance. Par contre elle n’était pas bien maligne, avec ses ailes elle serait certainement allé aussi vite sans trop se fatiguer. Ou peut être voulait-elle simplement s’épuiser afin de défouler la colère et la tristesse qui blessait son cœur ? Peut-être… Une fois ces deux heures écoulées les traces devinrent un peu plus éparses, comme si elle prenait de courtes envolées. Puis bientôt il n’y eut plus que  de petits détails qui permettaient de certifier que Namasan était bien passé par là.

Le doute et la peur d’avoir définitivement s’effacèrent pour laisser place a une nouvelle interrogation, pourquoi le tronc du sapin blanc qu’Yria venait de touché était-il recouvert de cendre ? La fine pellicule blanche était identifiable à l’odeur que l’elfe avait sentit quelques heures plus tôt. De la cendre oui, mais aucune trace de conifère calciné et si un incendie était en train de se propager la température le laisserait pressentir. Seul le vent aurait pu le porter jusqu’ici et il n’y avait qu’une grande plaine autour de la forêt des sapins blancs. La réponse se trouvait donc plus profondément dans la forêt.

La présence des cendres facilitait grandement la traque, la moindre trace apparaissait comme une tache au milieu d’une œuvre d’art. Yria avait ralentit le pas, se concentrait moins sur les marque laissées par la petite xen et observait le monde qui l’entourait. Au fur et à mesure qu’elle progressait les sapins blancs se recouvraient d’une nouvelle couche d’albâtre et bientôt les aiguilles sur le sol ne furent plus visibles. S’il se mettait à neiger Yria n’aurait même pas pu différencier les flocons de glace et les cendres tant leur blancheur était pure.

Sans même s’en rendre compte l’elfe venait de faire son premier pas dans une immense clairière complètement circulaire et en son centre se tenait, seule et irréductible, une petit bâtisse de bois aussi blanc que le sol et la foret. La frontière entre la clairière et la forêt était si parfaite qu’il était impensable qu’elle fut naturelle, c’était comme si une force empêchait les conifères de prendre du terrain. Evidemment cette force semblait émaner de cette cabane. Yria traversa la clairière directement en direction de la maisonnette sans que rien ne se passe. La porte grinça légèrement lorsqu’elle la poussa mais ne couvrait pas les sanglots qui s’échappaient de l’intérieur.

Une simple chandelle illuminait faiblement la piece peu –voir pas- meublée. Namasan n’avait même pas remarqué l’arrivée d’Yria et ne quittait pas le chevet d’un arcaëllien au visage usé par l’âge Comme si il était animé d’un septième sens le vénérable lorcq se redressa sur ses coude afin de l’observer pendant de longue seconde de silence.

« Qui êtes vous ? »

La question avait été posée en arcaëllien commun.

« Yria Mal’Zeth. »

« Je sais qui vous êtes… vous avez travaillé pour Morloc… » dit-il avec mépris.

« On ne peut effacer son passé, moi autant que vous. »

Le regard du lorcq s’assombrit et Yria compris qu’elle était en face de la personne qu’elle cherchait. La petite xen qui ne pouvait comprendre ce qui se disait commençait à s’énerver mais Ius la rassura en passant un main une main affectueuse entre ses cheveux.

« Qu’êtes vous venu chercher ici ? » une quinte de toux agita sa poitrine et il du boire afin de se soulager.

« Poser des questions. Avant votre départ des Cités Blanches on vous a vu manipuler mez. Comment avez-vous fait ? »

Un seul mot traversa les lèvres de Ius : « Yämëy. »

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Ven 2 Oct - 21:59


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Feat un démon et un random (?)

Un lourd silence avait brusquement envahit la petite piece. Ius fixait Yria et le poids de son regard avait gagné en intensité, Namasan quand à elle semblait savoir de quoi il s’agissait et elle regardait avec une certaine crainte son père adoptif. Était-elle apeurée que le lorcq aborde ce sujet avec une pure inconnue ? Quoi qu’il semblait déjà savoir quelle rôle elle avait joué durant le règne de Morloc mais ça ne l’avait pas empêché de prononcer ce mot. En y repensant l’elfe se rendit compte que le lorcq qui s’éteignait devait avoir plus de cinq siècles et l’expérience qui l’accompagne.

Voyant qu’Yria ne réagissait pas vraiment à l’annonce de ce mot il s’efforça de s’asseoir sur le rebord de son lit. La petite xen tenta de le forcer à se rallonger et plus encore à ne pas faire ce qu’il s’apprêtait à faire mais elle ne pouvait rien faire face à la détermination du vieil arcaëllien. C’est à ce moment là qu’Yria se rendit compte de l’état d’Ius, sa peau était sèche et fripé de toutes parts, ses muscles atrophiés n’étaient que les vestiges de la force qui fut la sienne des décennies plus tôt. Toutes ses articulations semblaient le faire souffrir mais il ne faiblissait pas. La force pure des lorcq avait toujours impressionné Yria.

Il ordonna à Namasan de s’éloigner et pria l’elfe de ne bouger sous aucun prétexte. Le visage sombre la petite xen vint se ranger aux côté d’Yria sans lui adresser le moindre regard. Avec beaucoup de mal Ius tira du dessous de son lit une grande caisse de bois recouverte d’une imposante couche de poussière qui s’était amassée au fil des années. A l’aide d’un couteau il enleva les clous qui servaient à sceller le contenu de la boite, puis il poussa le panneau de bois. Sur un épais lit de cendre reposait un arc de facture très ancienne, archaïque.

« Voilà Yämëy. »

« C’est grâce à cette arme que vous avez manipulé le feu et avez causé des massacre ? »

La petite xen explosa : « Ius n’a rien fait de mal ! C’est Yämëy ! C’est un démon et il contrôlait Ius ! C’est à cause de lui qu’il a du fuir pour éviter que des gens comme vous viennent le tuer ! »

Le lorcq garda le silence, signe qu’il n’avait aucune intention de contredire les paroles de sa protégée. Yria, d’abord sceptique, reconsidéra ces nouvelles informations qui venaient éclairer d’obscure phrase retrouvées sur des parchemins de la bibliothèque. Inconsciemment elle fit un pas en avant mais s’arrêta en voyant la main du lorcq se lever.

« Maintenant que vous avez votre réponse, qu’allez vous faire Yria Mal’Zeth ? »

« Avant de vous répondre j’aimerai poser une dernière question, pourquoi avoir recueillit cette jeune xen ? »

« Namasan a beau affirmer que je ne suis pour rien dans ces massacres je les ai tout de même vu de mes propres yeux. J’ai vu mes mains prendre des vies innocentes. Je voulais me racheter mais je n’ai jamais eut le courage de me lier de nouveau à une communauté. Alors, lorsque je l’ai découverte abandonnée entre les sapins blancs j’ai vu une opportunité offerte par les dieux. Je l’ai élevé comme ma propre fille, je lui ai appris à chérir la vie plus qu’autre chose. »

Yria laissa planer un silence de quelques secondes puis reprit la parole.

« Dans ce cas je vais le prendre et l’emmener aussi loin possible de son existence. Non je l’emmènerai pas elle et je ne fais pas non plus ça par générosité. Si ce que vous dites est vrai cet arc est un fragment du pouvoir d’özan, je préfère autant le garder prêt de moi plutôt que de laisser les hayert’väal. »

Le lorcq acquiesça, il avait comprit les raison d’Yria vis-à-vis de Namasan sans qu’elle ait besoin de les expliquer. Ius s’apprêtait à refermer la caisse afin que l’arc puisse être transporté en sécurité mais il fut soudain prit d’une grosse toux qui lui déchirait les poumons. La petite xen accourra pour l’aider dans la précipitation, Yria n’eut pas le temps de réagir. Elle trébucha et s’écroula dans la boite.

Une seconde de silence. Une seconde de calme. Une seconde d’immobilité. Une seconde d’angoisse.

Déchirure.


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Sam 3 Oct - 10:44


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Dans une explosion de chaleur l’arc avait prit feu sur toute sa structure. Les flammes s’étaient propagées sur la boite qui contenait l’arc mais ne semblait pas s’étendre au reste de la maison. Le démon souhaitait seulement détruire le lieu qui l’avait retenu prisonnier toutes ces années. La main de Namasan s’était refermée sur l’arme et finalement elle se tenait désormais debout, le feu lécha ses vêtements et son corps sans pour autant la blesser. Un affreux sourire déformait son visage encore enfantin et elle agitait chacun de ses muscles comme si elle redécouvrait son corps. Ou plutôt comme si le démon découvrait son nouveau corps.

« Aaaaaaaah ! Enfin libre ! Ius mon vieil ami ma séquestration dans cette affreuse boite commençait à sérieusement m’énerver. Heureusement que tu m’as préparé bien sagement ce joli corps. »

Ius qui continuait à suffoquer le regardait avec des yeux plaintif, l’implorant de relâcher sa fille bien aimée sans pourtant prononcer le moindre mot. Yria n’avait pas tardé à agir, un court chuintement  puis un sifflement coupèrent le crépitement des flammes. Sa lame avait traversé l’air et avait laissé un long trait rouge sur le bras droit de la fillette. Sous la douleur Yämëy lâcha l’arc vecteur de son pouvoir, il n’est pas aisé de supporter la douleur après des années d’insensibilité. Namasan retomba lourdement sur le sol et l’arc fit de même. La xen avait certainement perdu connaissance et après un petit examen l’elfe statua qu’elle n’avait rien de grave donc elle se tourna vers Ius.

Il ne lui fallut qu’une seconde pour comprendre qu’il s’était déjà éteint. Ses yeux étaient clos et étrangement ses traits étaient paisibles, comme si il savait que l’elfe qu’il avait rencontré quelques minutes plus tot ferait en sorte d’épargner la vie de sa fille. Finalement l’existence du lorcq enflammé restera un mystère pour le reste des temps. Son regard dériva ensuite sur l’arc, Yämëy, et le souvenir oppressant de ce qu’elle venait de voir tournait en boucle devant ses yeux. Comment allait-elle faire pour gérer cette situation sans les conseils de la seule personne avec un minium d’expérience à ce sujet ?

Dans son dos elle entendit Namasan tousser, la petite revenait à elle. Elle allait ouvrir les yeux, chercher Ius et voir qu’il n’était plus de ce monde. Elle allait crier, pleurer, maudire tout ce qui tomberait sous son regard. Pour éviter d’avoir à gérer cette situation désagréable, Yria prit les devant. Elle se retourna et attrapa le visage de la petite xen entre ses mains.

« Écoute-moi Namasan. Concentres-toi tu dois m’écouter ! Tu vas te lever et courir. Tu vas te refugier dans la forêt. Écoute-moi ! Et tu ne reviendras que lorsque tu seras sur que je serai partie. Compris ? »

Les grand yeux carmin s’étaient fiché dans le regard apeuré de la fillette comme des hameçons acéré. Elle finit par hocher la tête sans vraiment comprendre ce qu’il se passait, elle avait oublié qui était cette elfe, elle avait oublié Ius. Tout ce dont elle se souvenait c’était cette impression d’être dévoré de l’intérieur et elle ne voulait plus qu’une chose : fuir. Elle se leva et couru, aussi loin et aussi vite que possible. Laissant la porte ouverte derrière elle, sa silhouette finissant par disparaitre dans la frontière naturelle de sapins blancs. Yria poussa un long soupir puis se retourna vers le corps sans vie de Ius, elle le réinstalla dignement dans son lit avant de faire quoi que ce soit d’autre.

Une fois le vieux lorcq paisiblement endormit sur sa couchette pour son dernier sommeille, l’elfe fixa son regard sur l’arc qui gisait toujours sur le sol. Elle ne se demandait pas ce qu’elle allait en faire, la réponse à cette question était déjà décidé dans son esprit. Elle revoyait simplement les images de Namasan tenant l’arc flamboyant, animée par une force maléfique. Elle n’avait pas peur, elle se demandait simplement si elle allait réussir car franchir les obstacles que la vie et les dieux vous impose et la seule manière de progresser. Elle déboucha la gourde, but de longue gorgée. C’était une sorte de rituel qu’elle effectuait à chaque fois qu’elle s’apprêtait à faire quelque chose d’affreusement stupide, un moyen de calmer ces doute et sa peur.

Elle s’installa en tailleur devant l’arme, puis, dans un geste qui ne laissait place à aucune hésitation, elle attrapa Yämëy.

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Sam 3 Oct - 12:46


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Pendant un court instant Yria visualisa son lac. Reflet de son esprit. Un paysage tout droit sortit des contes de fée avec un immense lac aussi lisse qu’un miroir avec sur ses rives une végétation verdoyante. Une grande étendu d’eau calme, que rien ne semblait pouvoir perturber. Cette vision ne dura, malheureusement, qu’une fraction de seconde. Dans un grondement infernal le ciel se déchira, des colonnes de flamme traversèrent le paysage, ravageant les bords du lac. Un vent plus violent qu’un typhon déferla et secoua le plan d’eau. Le démon prenait d’assaut l’esprit d’Yria et tentait de ravageait ce qui s’y trouvait pour bâtir son existence sur les ruines qui resteraient. L’elfe se défendait autant qu’elle le pouvait, faisant preuve d’une force de volonté impressionnante pour que le lac reste calme. Pour qu’elle reste calme.

Dans la cabane Yria avait hurlé, elle ne s’en était pas rendu compte car elle était bien trop préoccupé par son combat intérieur mais son corps lui aussi réagissait. Elle était toujours en tailleur mais ses cris déchiraient l’air à intervalle régulier, effrayant les quelques oiseaux qui vivaient aux alentour. L’arc, quant à lui, brulait avec bien plus d’intensité que lorsque Namasan le tenait. Yämëy s’impatientait, il ne comprenait pas comment une mortelle trouvait le courage de lui résister, alors il redoublait d’effort. Des langues enflammées jaillissaient et venait lécher le bois de la maison pendant que la main d’Yria commençait à changeait d’aspect.

Intérieurement le lac tenait bon, sa surface n’était plus aussi parfaite qu’auparavant mais il ne se laissait pas corrompre par la furie du démon. L’elfe avait l’impression d’être enfermé dans une bulle, un noyau, et autour d’elle se déroulait un siège qu’elle ne pouvait stopper.

« Ta résistance futile m’agace, elfe. »

La voix avait résonnée comme si un gong sonnait près des tympans d’Yria, la colère de la créature était palpable mais elle ne voulait pas faiblir. Plutôt trouver un moyen de s’ôter la vie si elle échouait. C’est généralement dans ce genre de situation ou l’on aimerait avoir le soutient, d’un proche, d’un compagnon ou même d’un mentor. Dans cette situation ou l’on commence à perdre espoir et ou la résistance que l’on oppose est plus symbolique qu’autre chose. Mais malheureusement la voie qu’avait empruntée Yria était marquée par la solitude depuis bien trop longtemps et il était bien difficile de revenir en arrière. De son lac elle voyait la fureur du démon tout ravager sur son passage, sa colère était plus grande encore que sa soif de sang.

Il était furieux d’avoir été scellé pendant des années, furieux de s’être vu privé d’un corps facile, furieux de la résistance de cette elfe. Mais plus encore il était furieux de ne pas s’être incarné dans une arme plus violente, de n’être relégué qu’à l’arrière. L’envie et la jalousie s’étaient changées en colère pour ne laisser place qu’au feu. Une simple mortelle ne pouvait vaincre une telle chose, mais elle ne se résignerait pas. C’est dans cette vision intérieure de l’apocalypse qu’une petite voix parvint jusqu'à ses oreilles.

« Madame ? »

La voix de Namasan résonnait dans son esprit comme un lointain écho mais elle ne pouvait lui répondre. Elle se retrouvait séquestrée dans son propre corps, incapable d’agir mais privant le démon d’une liberté totale. Libre tout de même.

Yria ouvrit les yeux. Non. Yämëy ouvrit les yeux, regarda l’insignifiante arcaëllienne qui lui faisait face et avant que celle-ci ne puisse ouvrir la bouche il attrapa le manche patiné de l’épée de cette désagréable elfe et dans un geste empli de violence il trancha. Namasan ne put même pas cligner des yeux. Sa tête partie à la renverse, uniquement rattaché à son corps par un lambeau de chair sanguinolent. Son regard hagard se vida de l’étincelle de la vie avant qu’une fontaine de sang ne jaillisse. Un grand sourire déforma le visage d’Yria avant qu’une expression affolé ne le remplace. La stupide elfe venait de cesser de protéger son lac adoré et le démon était reparti de plus bel à l’assaut. Il s’attendait à voir les dernières bribes de  sa conscience disparaitre, brisées mais rien cela n’arriva.

Il coulait, sa colère, sa haine, tout son être était en train de se faire submerger par cette elfe. Si sa colère était comme une tempête ardente incontrôlable ravageant tout sur son passage, il venait se heurter à un océan aux profondeurs insondables. Il m’est rare de dire cela car notre elfe a fait un travail impressionnant sur plusieurs décennies pour maquiller, puis étouffer ses sentiments. Mais là on pouvait le dire, ce démon venait de la mettre colère.

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Sam 3 Oct - 14:06


Where my demons hide...


Feat un démon et un random (?)

Yria ouvrit les yeux et cette fois ci c’était bel et bien elle qui avait soulevé ses paupières. C’était elle qui avait soulevé sa main tremblante pour la fixer pendant de longues secondes. Elle n’avait jamais était aussi heureuse de bouger ses muscles, sentir les odeurs et tout ce qui accompagnait l’existence physique des mortels. Mais elle ne pouvait pas se mettre des œillère et ne contempler uniquement le bonheur d’être en vie. Sur le sol reposait sa lame doré, tachées de sang, et à quelques centimètres à peine la mare rougeâtre continuait de s’étendre, à couler du cou ouvert comme d’une source intarissable.

Son regard descendit enfin le long de son bras vers l’arc qui a causé tous ces malheurs, mais avant d’y parvenir son regard se figea. La manche qui recouvrait son bras droit était totalement calcinée et sa peau, de sa main jusqu’au milieu de son bras, tombait en lambeau pour ne laisser que la trace du feu qui l’avait ravagé. Etrangement elle ne ressentait aucune douleur comme si cette cicatrice n’était là que pour rappeler qu’elle portait désormais un bien lourd fardeau.  Tout au bout, serré entre ses doigts comme si sa vie en dépendait, se trouvait Yämëy, l’arc enflammé d’özan. Sa main peina à s’ouvrir, comme si elle ne voulait plus lâcher l’artefact, mais finalement l’arc retomba sur le sol.

L’arc avait beau être séparé de son corps la voix du démon continuait de gronder à l’intérieur de son crâne. Jamais elle ne pourrait faire taire le démon qui s’était retrouvait piégé par sa volonté. En y repensant, l’elfe se rendit compte à quel point elle avait eut de la chance lorsque le démon pris par surprise, s’était retrouvé piégé. On ne peut pas dire qu’elle avait vaincu, mais au moins elle avait repris le contrôle de son corps. A partir d’aujourd’hui elle mènerait un combat de tous les jours contre cette présence malfaisante.

« Un jour tu te perdras, elfe. Et ce jour je serai là pour  t’écraser de l’intérieur. »

« Fais-moi une faveur, démon. Utilise mon nom comme j’utiliserai le tiens. A force tu finiras certainement par te lasser du terme elfe. »

« Quel orgueil pour une mortelle. »

« Non, je connait simplement mes limites. Je tiens d’ailleurs à te proposer un marché Yämëy. »

Un grand rire résonna : « Et tu ne te prétends pas orgueilleuse ? Tu ne peux rien m’imposer mortelle mais parle, je suis curieux de savoir ce que tu compte me demander. »

Un petit sourire naquit sur le coin de la lèvre d’Yria. Peut être parce qu’elle était certaine de pouvoir surprendre le démon en lui contant son histoire. Ou peut être parce qu’elle s’apprêtait à formuler sa demander d’une manière bien différente de sa manière de faire habituelle. Elle qui était tant habitué à ne prendre aucun risque avait bien changée.

« C’est assez simple en réalité. Prend d’assaut autant qu’il te plaira mon esprit mais lorsque viendra le temps ou j’aurai besoin de ton pouvoir tu obtempéreras. Evidemment il sera question de prendre la vie de mes ennemis, sinon quel serait ton intérêt ? »

Un nouveau rire retentit, moins empreint de mépris. Comme si la proposition de l’elfe l’avait amusé.

« Tu n’as pas froid aux yeux, mortelle. Tu prends un pari risqué. Mais cela fait longtemps que je n’ai pas pu m’amuser un peu, je vais donc accepter cela pour le moment. Mais n’oublis pas mes menaces car je tiens toujours mes promesses de morts, elfe. »

Yria était sortie de la maison et avait jeté un dernier regard triste sur ce lieu ou la vie de deux arcaëlliens se seront de nouveau éteinte sur son passage. Elle n’était cependant pas tout à fait satisfaite et alors qu’elle s’apprêtait à franchir les premiers sapins blancs elle s’arrêta.

« Yämëy ? »

Le démon avait beau garder le silence il ne pouvait se soustraire à son discours.

« Mon nom est Yria Mal’Zeth. »


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